Les hortensias sont des végétaux assez simples à gérer. Sauf… sauf quand des petites bêtes s’y installent. Plus communément appelée ‘Cochenille’, la Pulvinaire de l’Hortensia (Eupulvinaria hydrangea) est un petit insecte dont la présence est reconnaissable à l’œil nu : des amas blancs cotonneux de formes allongées se trouvent sur les tiges et sous les feuilles du végétal infesté. Les cochenilles et pucerons se divisent en de nombreuses sous-espèces, mais leur point commun est leur faculté à proliférer même en milieu plutôt hostile, ainsi que leur résistance croissante face aux insecticides. Ces petits insectes viennent dévorer les feuilles de vos plantes d'appartement, les blessant et freinant ainsi leur croissance et leur développement sain. Les défenses de nos plantes sont bien faibles face à l'assaillant, mais la nature a prévu une échappatoire, grâce aux huiles essentielles.

Identifier et comprendre le cycle de vie des cochenilles
Les amas blancs cotonneux sont, en fait, des sacs de ponte protégés par des sécrétions blanches cireuses et qui renferment près de 3000 œufs chacun. La maman cochenille pond une seule fois par an, en général au mois de mai. Au printemps, une fois sorties du sac de ponte blanc et cotonneux, les larves passent leur temps à se nourrir de la sève. A l’automne, les insectes et les dernières larves se déplacent vers les rameaux de la plante pour hiberner… tout en continuant à s’alimenter. Et au printemps suivant, les bestioles retournent vers les feuilles tendres, faciles à sucer, et poursuivent leur cycle de développement avec de nouvelles pontes, de nouvelles larves etc.
C’est une cochenille caractéristique et relativement fréquente. Les femelles matures sont les plus facilement observables. Elles sont relativement grosses (jusqu’à 8 mm) et se présentent sous la forme d’une petite carapace marron accolée à un gros amas cireux et blanc. Les jeunes larves sont de forme ovale et mesurent moins d’un millimètre. C’est à partir du mois de Mai que l’on observe les femelles adultes sous les feuilles. Celles-ci ont alors un ovisac développé pouvant contenir 3000 œufs. La femelle meurt rapidement après la ponte des œufs et son corps (petite carapace marron) se détache de l’ovisac. Les premières éclosions ont lieu au mois de Juin et se prolongent jusqu’en Juillet. Dès le printemps suivant, les larves rejoignent de nouveau les feuilles où elles vont poursuivre leur développement pour atteindre le stade adulte. C’est une espèce invasive introduite dans les années 1960.
Les cochenilles de l’hortensia piquent la plante afin d’en prélever la sève. Les cochenilles rejettent un liquide poisseux appelé miellat. Celui-ci va recouvrir le végétal et entrainé le développement d’un champignon noir : la fumagine. Tout d’abord il convient de ne pas fertiliser les plantes attaquées par les cochenilles.
Synergie aromatique : la puissance des huiles essentielles
La synergie complète repose sur un mélange précis pour maximiser l'efficacité. Prenez votre flacon vide, et ajoutez : 5 gouttes d'huile essentielle de Petit Grain Bigarade, 5 gouttes d'huile essentielle de Menthe Poivrée, 10 gouttes d'huile essentielle de Géranium Rosat et 20 gouttes d'huile alimentaire (colza, tournesol, olive,…). Bouchez (clic !), homogénéisez puis étiquetez votre flacon. Votre synergie est prête !

L'huile essentielle de Géranium Rosat, par la combinaison de l'acide formique, du citronellol et du géranium, agit particulièrement efficacement pour éradiquer les cochenilles et autres envahisseurs. Cet insecticide et insectifuge naturel va pénétrer dans les feuilles touchées par ces ravageurs, qui vont alors l'ingérer en même temps de la plante, ce qui leur sera fatal. De plus, la partie volatile de l'huile essentielle de Géranium Rosat sera inhalée par les survivants, ce qui permettra de les éradiquer rapidement.
Dans l'huile essentielle de Menthe Poivrée, ce sont le menthol et le menthone qui vont agir contre l'envahissement de vos plantes par cochenilles et pucerons. Le large spectre d'action de cette huile contre les aphidiens, c'est-à-dire les pucerons, en fait l'huile essentielle idéale pour compléter l'action des deux autres huiles et éradiquer aussi bien pucerons que cochenilles. Ces composants biochimiques vont stopper net la prolifération des pucerons noirs pour sauver votre plante de l'invasion.
L'huile essentielle de Petit Grain Bigarade est composée en grande majorité d'un terpène, connu sous le nom de limonène. Il agit comme un insectifuge puissant, qui va détruire les germes et les œufs et larves, tout autant que les champignons et les insectes qui peuvent se développer sur vos plantes. En inhalant cette huile essentielle, les cochenilles et pucerons vont très rapidement être atteints et mourir, laissant votre plante saine et sans parasite. Associé à l'huile essentielle de Géranium Rosat, le Petit Grain Bigarade sera sans pitié contre ces parasites !
Précautions et sécurité dans l'usage des huiles essentielles
Utilisez des huiles essentielles adaptées à un usage en phyto-aroma : chémotypes définis, analyses chromatographiques disponibles, ChromaCert® dans l’idéal. Les huiles essentielles contiennent des composants biochimiques potentiellement allergènes, il est donc recommandé de réaliser le test allergique avec le mélange avant toute utilisation. Ces précautions s'appliquent dans les conditions d'application et de dosage citées ci-dessus. En cas de doute, consultez un spécialiste.
Pour un usage en phyto-aroma, cohérent avec la recherche scientifique et la documentation disponible, il est essentiel d’utiliser une huile essentielle rigoureusement sélectionnée dans ce but. C’est une question d’efficacité, mais aussi de sécurité. Pour cela, assurez-vous d’avoir le bon chémotype : c’est la base, cela vous garantit que vous avez affaire à la bonne espèce, cultivée dans la bonne région, et qu’on parle bien de la même partie de la plante. Le bon profil chromatographique est également requis, car les huiles essentielles ont les propriétés de leurs composants, et la composition d’une huile essentielle d’un même chémotype peut fortement varier. Charge à chaque fabricant de vous prouver qu’il a exclu les mauvais lots : cahiers des charges et chromatographies publiques, garantie Chromacert, etc. La biodisponibilité des huiles essentielles est telle que nous vous recommandons également d’utiliser des huiles essentielles BIO, ou à défaut avec au moins une analyse pesticides négative publique.
En ce qui concerne les utilisateurs autorisés : OUI pour les adultes et les enfants de plus de 6 ans. NON pour les femmes enceintes et allaitantes, ainsi que les enfants de moins de 6 ans.
Mode d'emploi et techniques d'application
Diluer le mélange dans 1L d'eau, et ajouter 1 à 2 gouttes de savon noir liquide ou de liquide vaisselle. Agiter fortement puis pulvériser la solution sur les plantes à traiter. La pulvérisation est le mode d'application le plus courant et le plus simple. Toutefois, les huiles essentielles, malgré leur insolubilité, doivent être diluées afin de pouvoir en utiliser l’essence extraite des plantes. Eric Petiot conseille ainsi de mélanger les huiles essentielles à un agent tensio-actif (du liquide vaisselle bio ou du savon noir) et à un solubilisant comme de l’huile végétale (colza) avant de les diluer dans l’eau. Pour les arbres, d’autres modes d’application plus efficaces sont la perfusion ou l’injection qui permettent d’éviter les brûlures foliaires.
Lutter contre les cochenilles farineuses sur les plantes d'intérieur
Évitez les applications trop rapprochées de savon noir qui peuvent asphyxier les stomates des plantes. Respectez un intervalle minimum de 7 jours entre chaque traitement naturel. Une surutilisation du vinaigre blanc acidifie progressivement le sol et nuit aux micro-organismes bénéfiques.
Stratégies complémentaires : Lutte biologique et mesures mécaniques
La lutte mécanique et/ou culturale sont très importantes. Par exemple, nettoyer vos plantes infestées de cochenilles sera l'un des meilleurs moyens de s'en débarrasser. De plus, les produits phytosanitaires fonctionnent mieux sur de petites populations. Vous pouvez également sortir vos plantes. Un changement de climat, de température, de luminosité… /!\ Ne mettez pas vos plantes en soleil direct au début ! Poser un filet anti-insecte (insect-proof) avant l'arrivée des mâles lors de la période de reproduction, réduira ainsi la population de cochenilles. Vous pouvez l'installer directement sur vos cultures ou vos plantes situées en extérieur.
L'introduction de prédateurs naturels est une méthode écologique éprouvée. La coccinelle Cryptolaemus montrouzieri, aussi appelée coccinelle australienne, est un prédateur efficace ! Elle joue un rôle essentiel dans la lutte biologique contre les cochenilles, en particulier contre les cochenilles farineuses (Pseudococcidae). Les adultes et surtout les larves de cette coccinelle se nourrissent activement de cochenilles (œufs, larves et adultes). Les larves ressemblent elles-mêmes à des cochenilles farineuses (aspect blanc et duveteux), ce qui trompe leurs proies et facilite leur approche. Une larve peut consommer des dizaines de cochenilles par jour.
La chrysope, notamment l'espèce Chrysoperla carnea, est un insecte auxiliaire très utile connu pour être un prédateur vorace de nombreux ravageurs, y compris certaines espèces de cochenilles. Ce sont les larves qui sont les plus actives. Elles se nourrissent notamment des œufs et jeunes stades larvaires de cochenilles farineuses et cochenilles à carapace molle. Polyphages, elles se nourissent également de pucerons, d'aleurodes et d'acariens.
Gestion des fourmis et assainissement du milieu
Les cochenilles se nourrissent de la sève des plantes et rejettent un liquide sucré appelé miellat. Les fourmis raffolent de ce miellat et protègent les cochenilles contre leurs ennemis naturels pour être certaines de pouvoir en récolter ! Elles peuvent même déplacer les cochenilles vers des zones plus sûres ou plus riches en sève, contribuant ainsi à propager l'infestation. Il faut alors mettre en place des anti fourmis avant de démarrer un traitement contre les cochenilles !

Isolez immédiatement les plantes infestées dans une pièce ventilée. Remplacez intégralement le terreau contaminé et désinfectez les pots avec du vinaigre blanc avant rempotage. Cette méthode élimine 95% des œufs cachés dans le substrat. En extérieur, installez des plantes hôtes comme la bourrache ou le fenouil près des arbres pour attirer les coccinelles et favoriser la biodiversité. Stérilisez systématiquement les outils de taille avec de l'alcool à 90° après chaque usage. Nettoyez les supports de culture à l'eau vinaigrée pour éliminer les œufs résiduels.
Diversité des cochenilles et adaptation des traitements
Distinguer les espèces permet d'adapter les traitements. Les cochenilles farineuses présentent un corps mou recouvert de cire blanche. Perceptibles sous forme d'un amas cotonneux blanc et de petits filaments, elles sont fréquentes sur les plantes d'intérieur et les agrumes, plus rarement sur les plantes d'extérieur. Les cochenilles à carapace ont des corps présentant une coque protectrice de couleur brune ou noire qui se plaque aux branches pour se dissimuler. On les retrouve plus souvent sur les végétaux extérieurs. Les cochenilles à bouclier ou cochenilles pulvinaires sont recouvertes d'un ovisac blanc cotonneux qui se termine par une plaque brune dure, sorte de bouclier.
Il est très difficile de se débarrasser des cochenilles même pour un professionnel du végétal qui a accès à plus de produits phytosanitaires que les particuliers. En effet, les cochenilles sont protégées soit par un bouclier de cire ou de chitine, soit par des filaments laineux. Cependant, des cochenilles présentes sur une plante âgée et bien implantée en extérieur ne causera pas beaucoup de dégâts. Il existe d'autres méthodes naturelles comme l'alcool à 90° : imbibez un coton-tige dans l'alcool et appliquez-le directement sur les insectes. Cette technique permet de cibler précisément les cochenilles sans affecter les parties non infectées de la plante. Il est recommandé de répéter ce processus tous les deux à trois jours jusqu'à ce que les cochenilles soient totalement éradiquées.
Le savon noir est un allié précieux dans la lutte contre les cochenilles. Il suffit de diluer une petite quantité de savon noir dans de l'eau tiède et de pulvériser la solution sur les plantes infestées. Comme pour l'eau savonneuse, cette méthode atteint la couche cireuse des cochenilles et les asphyxie. Répétez cette opération toutes les semaines jusqu'à disparition complète des parasites. Non seulement cette méthode est respectueuse de l'environnement, mais elle est également sûre pour les autres insectes bénéfiques. Enfin, pour lutter contre les cochenilles, il est possible d'utiliser de l'ail et du thym, qui s'appliquent aussi bien en préventif qu'en curatif. Ces plantes bio renforcent la résistance des végétaux face au stress et stimulent leurs mécanismes de défense naturels.

Perspectives sur la phytothérapie végétale
Le recours aux huiles essentielles pour le jardinage possède de nombreux avantages. Certaines repoussent les ravageurs (esters), d’autres perturbent le développement des parasites (lactones) ou ralentissent le développement de champignons (flavonoïdes). Lors de leur application, elles peuvent être agressives pour les voies respiratoires et la peau. Les huiles essentielles répulsives permettent de repousser les insectes. L’huile essentielle d’ail (aillium sativum) est particulièrement populaire grâce à son vaste champ d’action. Les huiles essentielles insecticides, telle que l’huile essentielle d’ail, détiennent des propriétés pour lutter contre les pucerons, les fourmis ou les chenilles. Dans les huiles essentielles fongicides, on retrouve l’efficacité de l’huile essentielle d’ail contre l’oïdium. Contre la moniliose, le mildiou et la tavelure, il est recommandé d’utiliser l’huile essentielle d’origan sauvage. D’autres experts employeront plutôt l’orange douce, le citron, le clou de girofle ou le tea-tree pour s’attaquer au mildiou.
Maintenir une surveillance constante des plantes est essentiel pour prévenir les infestations. Examinez régulièrement les tiges, feuilles et racines pour détecter toute activité anormale. Adopter cette habitude permet d'agir vite et efficacement dès les premiers signes d'intrusion, limitant ainsi les dommages sur vos plantes chéries. Notamment, surveiller les plantes nouvellement achetées avant de les intégrer avec celles que vous avez déjà pourra prévenir l'importation de parasites externes. Nettoyer soigneusement les outils de jardinage entre chaque usage empêche la propagation involontaire de cochenilles et d'autres nuisibles d'une plante à l'autre. En utilisant de l'alcool à brûler ou une simple désinfection à l'eau savonneuse, les risques de contamination croisée sont considérablement réduits. C'est un petit effort supplémentaire qui fait une grande différence dans le maintien de la santé globale de vos plantes.
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