L'arrosage est une composante fondamentale de la culture des plantes, qu'elles soient en intérieur, dans un potager ou sous serre. Loin d'être une simple tâche routinière, il s'agit d'un équilibre délicat qui, s'il est mal géré, peut avoir des conséquences dévastatrices sur la santé et la productivité des végétaux. Comprendre les besoins spécifiques de chaque plante, reconnaître les signes de sous-arrosage et de sur-arrosage, et adopter les bonnes techniques sont des compétences cruciales pour tout cultivateur, du novice à l'expert.

Les enjeux de l'arrosage : Pourquoi l'équilibre est vital
De nombreux facteurs entrent en jeu pour profiter d’une culture réussie et généreuse. Les lampes, les nutriments, la circulation de l’air et l’humidité jouent tous un rôle important dans la croissance optimale et la vivacité d’une culture. Toutefois, l’arrosage n’est pas toujours aussi simple qu’il n’y paraît. De nombreux cultivateurs ont l’impression qu’il suffit d’inonder complètement leurs plants chaque jour pour satisfaire leurs besoins en eau. Or, l’arrosage des plants est un exercice d’équilibre qui demande du temps et de l’expérimentation pour être parfait.
Les plants sont constitués d’environ 90 % d’eau qu’ils utilisent pour assurer des fonctions physiologiques clés telles que la transpiration et la photosynthèse. Un apport d’eau insuffisant ou excessif peut entraver ces processus vitaux. En quantité insuffisante comme en quantité trop importante, l’apport en eau peut avoir des effets dévastateurs sur la santé des végétaux. Et l’on ne se méfie pas assez de l’excès en eau pour nos plantes.
Les dangers du sur-arrosage
Le sur-arrosage est une erreur facile à commettre lorsqu’on cultive des plantes, et c’est souvent dû aux cultivateurs à la main lourde qui s’inquiètent du fait que leurs plants ont besoin d’une hydratation constante. Un excès d’eau peut entraîner de graves problèmes pour les plants et entraver l’absorption d’oxygène. Les plants utilisent en fait leur système racinaire pour respirer de l’air, en plus d’absorber de l’eau et des nutriments. Un surplus d’eau vient engorger le terreau, remplissant les micropores et privant les racines de l’air nécessaire à leur survie. Puis, c’est la plante qui va commencer sa lente descente aux enfers.
Lorsque le sol est très compact, ce qui est le plus souvent le fait de sols très riches en argile, l’eau y reste piégée longtemps, les racines sont donc noyées et s'asphyxient. Excepté bien sûr les plantes des zones plus ou moins humides. Noyées, les racines s’affaiblissent rapidement, donnant le top aux champignons pathogènes présents dans le sol pour s’y attaquer. Le phytophthora et le pythium sont deux de ces champignons pathogènes. Ils vont se nourrir des tissus des racines. Celles-ci ne peuvent plus faire leur travail de pourvoyeuses de nutriments et d’eau. Les semis sont particulièrement sujets au sur-arrosage qui provoque la pourriture des racines et la « fonte des semis » qui cause leur affaissement.
Les conséquences du sous-arrosage
Trop d’eau peut certainement causer des dommages aux plants, mais un manque cause aussi des ravages sur la vigueur, la croissance et les rendements. Un déficit d’eau entraîne toujours un mauvais développement des racines. Le manque d’eau ne permet pas à la plante d’alimenter ses fruits suffisamment, entraînant un développement réduit, anormal, voire rachitique. Certaines variétés de fruits ou légumes peuvent devenir totalement insipides en cas de trop grande irrigation. Le manque d’eau, appelé stress hydrique, entraîne très souvent une montée en graines. Le sous-arrosage, souvent négligé, peut avoir des conséquences néfastes sur la santé des plantes.
Identifier les signes d'un problème d'arrosage
La première étape pour remédier aux plants sur-arrosés ou sous-arrosés est de détecter les symptômes de cette problématique. Étonnamment, les signes de noyade sont à peu près les mêmes que ceux d’un manque d’eau. La plante va commencer à flétrir, à se ratatiner. Les feuilles vont jaunir. Et lentement, la plante sèche. Malheureusement, quand un jardinier voit une plante qui commence à flétrir, son premier réflexe est de penser que la plante manque d’eau. Alors, il arrose plus. Parfois beaucoup plus! Juste pour être certain de réhydrater la plante molle. C’est ici qu’on passe en mode surarrosage… et qu’on accélère le trépas horticole.
Signes de sur-arrosage
Si l’asphyxie racinaire due à l’excès en eau chez une plante est un problème si courant, c’est parce que, au départ, tout se passe sous la surface, et que lorsque les parties aériennes, donc visibles, sont touchées, il est bien souvent trop tard pour agir.
- Sol détrempé : Bien entendu, un sol ou une terre saturée d’eau est en soi une indication clé d’un sur-arrosage. Un sol gorgé d'eau est un signe évident de sur-arrosage. Les racines des plantes ont besoin d'oxygène pour survivre, et un excès d'eau peut les priver de cet élément vital. Pour évaluer l’excès d’humidité, les cultivateurs peuvent insérer leur doigt dans les 3 premiers centimètres de la terre ou opter pour la méthode du soulevé de pot pour comparer. Il suffit d’enfoncer légèrement un doigt dans la terre pour sentir qu’elle est humide même longtemps après un arrosage.
- Feuilles molles et flaccides : Les feuilles commencent à jaunir, généralement en partant du bas, et sont plus ou moins ramollies. La plante perd ses feuilles, qu’elles soient déjà jaunes ou encore vertes. Le jaunissement des feuilles, surtout celles situées à la base de la plante, peut résulter d'un excès d'eau.
- Feuilles qui s'enroulent vers le bas : C'est un signe que la plante est en souffrance et tente de conserver l'humidité.
- Ramollissement des tiges et des feuilles : Un excès d’eau peut entraîner le ramollissement des tissus végétaux. Si vous constatez que les tiges et les feuilles perdent leur rigidité, c'est peut-être le signe d'un arrosage excessif.
- Retard de croissance : La base de la tige devient sombre, parfois visqueuse, et de la moisissure peut apparaître au niveau du collet de la plante, voire à la surface du substrat.
- Autres symptômes : Peuvent se former des pustules ou des petites zones liégeuses, qui correspondent aux endroits où les cellules végétales ont été détruites du fait de la pression de l’eau. Au niveau du sol, vous pourrez aussi voir des moucherons qui tournent au-dessus de la terre. Une fine mousse verte peut être présente et la terre sent la vase ou, du moins, une mauvaise odeur.
- Racines endommagées : Les cultivateurs ont tendance à ignorer les racines, car contrairement aux parties aériennes des plants, elles restent loin des yeux, et donc loin du cœur. En raison de leurs fonctions vitales, la santé des plants s’effondre rapidement lorsque les racines sont touchées. Si elles sont brunes ou noires, molles, qu’elles ont une mauvaise odeur, cela indique une pourriture.
Signes de sous-arrosage
Il existe des signes révélateurs qui indiquent qu’il est temps d’arroser vos plants. Là encore, l’examen des 3 premiers centimètres du sol est un moyen fiable de s’en rendre compte. Une autre façon de savoir s’il est temps d’arroser est d’observer attentivement les plantes.
- Substrat sec au toucher : En vérifiant le sol, si celui-ci semble sec au toucher, il est probable que vos plantes aient besoin d'eau. Un sol sec peut compromettre l'absorption des nutriments essentiels.
- Terreau détaché des bords du pot : Un autre indicateur subtil de sous-arrosage est lorsque le terreau se détache significativement des bords du pot. Cela suggère que la plante n'obtient pas suffisamment d'eau pour maintenir une structure stable.
- Enroulement des feuilles : Certaines plantes, comme les Calatheas, réagissent au manque d'eau en enroulant leurs feuilles. C'est une stratégie de conservation d'humidité, mais cela peut également indiquer la nécessité d'un arrosage supplémentaire.
- Affaissement du feuillage : Un signe plus évident de sous-arrosage est un affaissement flagrant du feuillage. Les plants insuffisamment arrosés ont souvent des racines sèches et stressées qui perdent leurs poils racinaires, des structures essentielles à l’absorption de l’eau.
- Terre plus claire : Jetez un œil à la couleur de la terre. Une terre humide est plus foncée qu’une terre sèche. Grattez la terre sur quelques centimètres pour vérifier que le sol est encore suffisamment humide.
Comment bien arroser ses plantes d'intérieur - Truffaut
Remédier aux problèmes d'arrosage
Une fois le problème identifié, il est crucial d'agir rapidement et correctement pour sauver la plante.
Sauver un plant sur-arrosé
Parfois, il est tout simplement trop tard pour appliquer des méthodes préventives.
- Assécher le terreau : La première étape serait d’arrêter d’arroser. Commencez par placer une cale ou un bloc de bois sous un côté de votre pot. Orientez ensuite un ventilateur vers la surface du sol. Si possible, augmentez légèrement la température. Enfin, appliquez une généreuse couche de matériaux absorbants sur la surface pour absorber l’excès d’humidité comme de la perlite ou de la fibre de coco sèche.
- Transplanter en cas extrême : Les conseils ci-dessus fonctionneront dans la plupart des cas de sur-arrosage. Cependant, dans les cas extrêmes, vous devrez retirer votre plant de son contenant. Placez votre main à plat sur la surface du sol, la tige entre l’index et le majeur. Placez votre plant sur une surface propre et plane.
- Inspecter et tailler les racines : Enlevez délicatement tout le terreau qui reste autour des racines. Inspectez alors les racines. Utilisez un sécateur propre et coupez tout signe de pourriture des racines. Si elles sont brunes ou noires, molles, qu’elles ont une mauvaise odeur, supprimez-les en les coupant à l’aide d’un sécateur préalablement désinfecté. Celles qui sont blanches et fermes sont saines, il faut les garder. Bien sûr, si toutes les racines sont pourries, vous ne pourrez rien faire.
- Rempoter : Prenez un nouveau contenant et remplissez-le de substrat frais. Faites un trou dans le substrat suffisamment grand pour la motte de racines. Rempotez votre plant dans le nouveau contenant. Maintenant que l’on sait comment remédier au sur-arrosage. Rempotez votre plante dans un terreau neuf et ne l’arrosez pas pendant quatre ou cinq jours. Vous éviterez de la mettre en plein soleil pour qu’elle ne se déshydrate pas.
- Pour une plante en terre :
- Déterrer et replanter : Déterrez la plante et enlevez avec délicatesse la terre autour de ses racines. Si certaines d’entre elles sont noires ou brunes, molles et dégagent une odeur nauséabonde, coupez-les avec un sécateur bien désinfecté. Ensuite, il est possible de la planter dans un autre endroit où le sol est moins argileux, ou bien de la planter dans un pot.
- Créer une évacuation d'eau : Si la zone est en pente, creusez une tranchée à proximité de la plante, plus ou moins profonde selon la taille du système racinaire, afin de donner à l’eau présente une voie d’écoulement. Si c’est efficace, vous pourrez pérenniser le système en installant un tuyau et en le recouvrant de terre.
- Aérer le sol : Utilisez une grelinette ou autre fourche-bêche pour creuser des trous profonds tout autour de la plante et remuez afin de créer des cheminées d’aération.
Réhydrater un plant sous-arrosé
Maintenant que l’on sait comment remédier au sur-arrosage, tournons-nous vers les plants sous-arrosés. Si vous arrosez trop vos plants après une période de disette, vous risquez de leur faire plus de mal que de bien.
- Aérer le sol : Commencez par créer des trous d’aération dans le sol à l’aide d’une baguette.
- Arrosage par le bas : Une fois cet objectif atteint, remplissez un bac peu profond d’eau et placez votre pot sur le bac. L’arrosage par le bas permettra à votre plant d’absorber l’eau au fur et à mesure qu’il en a besoin, sans risquer de sursaturer le substrat.
- Reprendre un arrosage normal : Continuez à arroser normalement, mais seulement une fois que les 3 cm supérieurs du sol sont complètement secs. Votre plant devrait retrouver sa pleine santé en l’espace d’environ 3 jours. Il se peut que certaines des feuilles les plus touchées ne se rétablissent pas.
Les facteurs influençant l'arrosage
Plusieurs variables entrent en jeu pour déterminer les besoins en eau d'une plante.
La nature du sol et du substrat
La nature du sol agira sur sa capacité à retenir l’eau. Une terre sablonneuse ou contenant des cailloux aura une moins bonne rétention. Elle sera plus perméable et aura tendance à sécher plus rapidement. Malheureusement, le sol sera aussi moins riche en nutriments puisque sa texture ne permettra pas de les maintenir. À contrario, une terre argileuse agira un peu comme une éponge. Vous avez un doute ? Inspectez le sol de votre serre au moyen d’une tarière (outil servant à vérifier l’efficacité de l’arrosage en carottant le sol pour s'assurer de l'état du sol en profondeur). En cas de sol trop sablonneux, sachez qu’il est possible de corriger la composition de votre sol en y ajoutant de la bentonite.Pour les plantes en pot, l’incorporation d’éléments fibreux comme les fibres grossières de tourbe, les fibres de bois, de coco ou de certains produits minéraux comme la perlite, améliore l’aération du substrat tout en favorisant son humectation (Morel, 1991). On peut ainsi atteindre une rétention en eau de 70 % du volume du substrat, soit une disponibilité en eau de 400 ml par litre de substrat, ce qui augmentera sensiblement l’autonomie du système pour l’été prochain!
La taille du pot
La taille correcte du pot : la taille du pot que vous utilisez dépendra de la variété que vous cultivez et de la taille que vous voulez donner à vos plants. Les autos et les petites variétés photopériodiques se portent bien dans des pots de 11 l, tandis que les plants plus grands à dominance sativa préfèrent des pots de 15-20 l.Il est aussi important de s’assurer que le pot de culture est muni de trous de drainage. Eh non! On n’empote pas une plante directement dans un cache-pot! Loin de moi l’intention de dire que les cache-pots sont dommageables. Au contraire, ce sont eux qui apportent la touche déco et, pour certaines plantes, la petite réserve d’eau qui s’accumule au fond du cache-pot peut sauver des vies. Toutefois, si le cache-pot devient une piscine hors terre pour plante en pot de plastique… ça ne finira pas bien! Il est important de vérifier occasionnellement si le cache-pot est rempli d’eau.
Le type de plante et son stade de développement
Chaque type de plante aura des besoins différents. Certaines espèces sont plus gourmandes en eau comme la plupart des variétés possédant de grandes feuilles. De même, certaines plantes possèdent des racines superficielles qui ne leur permettent pas d’aller chercher l’eau en profondeur. Ce sont aussi ces plantes qui ont besoin d’être irriguées plus souvent. À l’inverse, pour les espèces possédant des racines profondes, arrosez moins souvent mais de façon plus abondante. Sachez enfin que les variétés anciennes, bien que plus difficiles à trouver, supportent mieux le manque d’eau que les variétés modernes.L’irrigation doit s’adapter aux besoins spécifiques des plantes selon leur stade de développement. Aussitôt après le semis, évitez d’arroser en trop grande abondance. Vous éviterez de déterrer les jeunes plants involontairement. Même chose les 15 à 20 premiers jours : limitez l’irrigation excessive de façon à laisser les racines se développer. Au stade de jeunes pousses, continuer à arroser sans excès de manière à éviter de noyer les racines. Durant la période de maturité, fruits et légumes ont davantage besoin d’eau qu’en phase de croissance. Arrosez environ deux fois plus à ce moment-là.L’eau est primordiale pour la survie des jeunes pieds dont le système racinaire n’est pas encore développé. Sans eau ou lorsque l’eau vient à manquer, la faible prospection racinaire ne permet pas de capter d’eau en profondeur, ce qui peut rapidement causer une contrainte hydrique sévère. Les jeunes plants doivent être arrosés généreusement (5 litres environ) au moment de la plantation, puis au cours des premières années lorsque cela est nécessaire. La fréquence d’arrosage après plantation varie en fonction du type de sol et des conditions climatiques, il peut être moins volumineux, en général 3 à 5 litres suffisent. L’arrosage doit être répété plusieurs fois afin de permettre au jeune plant un bon développement racinaire. Ne pas arroser les feuilles des jeunes plants mais directement la base du pied. Ne pas attendre de voir des symptômes de carence en eau avant d’arroser.

Les conditions environnementales : Température et humidité
En hiver comme en automne, les températures modérées vous permettront d’espacer l’arrosage de vos cultures. Une irrigation tous les deux jours voire quelques jours par semaine suffira. À l’inverse, en cas de forte chaleur, souvent dès le printemps et durant tout l’été, adaptez logiquement le besoin en eau de vos plantations.Maintenir une humidité uniforme : visez une humidité de 70 % pendant la phase de semis, 60 % pendant la phase de croissance et 40 % pendant la floraison. Réduire les températures : maintenez votre espace de culture à la température la plus basse si vous rencontrez fréquemment des problèmes de sous-arrosage.Dans une serre de jardin, les plantes sous abri sont elles aussi soumises à des conditions variables. Selon la saison, l’heure et l’ensoleillement, la température mais aussi le taux d’humidité varieront.
L'heure de l'arrosage
De façon générale, les plantes ont davantage besoin d’être arrosées le matin. Si le temps est chaud, arrosez également le soir de façon à compenser l’évaporation qui s’est produite la journée. Évitez toutefois de trop arroser en soirée.
La qualité de l'eau : Un élément souvent négligé
Même si ces informations sont cruciales, vous ne devez pas non plus ignorer la qualité de l’eau. Qu’est-ce qui fait qu’une eau est de haute qualité ? Et comment la déterminer ?
Le pH de l'eau
Le pH est une échelle numérique utilisée pour mesurer l’acidité ou l’alcalinité d’une solution avec 7 qui représente la valeur médiane de la neutralité. Un pH trop élevé ou trop bas peut causer des problèmes aux plants, car le pH de la source d’eau peut dicter la capacité d’une plante à absorber les nutriments. Les plants ont tendance à préférer un pH d’environ 6,5. Le pH peut être mesuré très facilement avec un pH-mètre pour tester un échantillon d’eau de ruissellement. Le ruissellement est l’eau qui s’écoule de vos contenants de culture après avoir traversé votre substrat.

Les PPM (Parties Par Million)
Les PPM sont un autre facteur important de la qualité de l’eau. Les PPM, ou parties par million, sont une méthode de mesure de la quantité de minéraux dissous dans la source d’eau utilisée. Le fait de connaître la teneur en PPM de l’eau permet aux cultivateurs d’éviter de donner à leurs plants trop ou pas assez de minéraux. On peut utiliser les compteurs TDS, des appareils qui mesurent le total des solides dissous, pour mesurer le PPM d’une source d’eau. Le contrôle des PPM est assez avancé et, bien qu’utile, il n’est pas essentiel pour les novices qui cherchent à trouver une solution.
Les filtres à osmose inverse
Bien que le total des solides dissous dans votre eau puisse être adéquat, toutes les substances présentes dans une source d’eau ne sont pas bénéfiques pour votre culture. Les filtres à osmose inverse sont une excellente option pour éliminer presque tout ce qui se trouve dans une source d’eau, ce qui permet aux cultivateurs de ne rajouter que ce qu’ils veulent introduire dans leurs plants. Les filtres à osmose inverse sont capables d’éliminer entre 95-99 % des sels dissous dans un échantillon d’eau et constituent donc une méthode standard de nettoyage de l’eau à l’échelle industrielle.
Techniques et systèmes d'arrosage
Maintenant que vous savez à quel moment arroser vos plantations, encore faut-il le faire correctement.
L'arrosage manuel
L’arrosage manuel est le plus simple mais aussi le plus long. Un simple arrosoir suffira, alimenté par un tuyau d’arrosage pour éviter les allers et retours fastidieux. Dernier risque lié à l’arrosage manuel : la tendance à arroser plus qu’il ne faut. Pensez à bien aérer dès que vous constatez de la buée sur les parois de votre serre.Privilégiez une eau tempérée, ni trop froide ni trop chaude. Comme vu précédemment, chaque variété a besoin de plus ou moins d’eau. Pour les variétés de pleine terre, inspectez la terre pour savoir quand arroser. Pour les plantes en pot, verser en eau l’équivalent d’environ 10% du volume du pot.
L'arrosage automatique
Le matériel d’irrigation automatique offre de nombreux atouts. Plus économe en eau, il offre un gain de temps considérable passée la phase d’installation. Surtout, il répond au plus juste aux besoins en eau de vos plantations en éliminant le risque de sur-arroser ou de sous-arroser. L’arrosage automatique est un système d’irrigation des plantes qui évite toute intervention humaine et qui se contrôle à l’aide d’un programmateur. L'usage d'un programmateur est bien évidemment indispensable pour déclencher et arrêter l'irrigation. L’arrosage n’est alors plus une contrainte. Même en cas d’absence de l’utilisateur, les espaces verts sont toujours irrigués.

Types de systèmes d'arrosage automatique
- Arrosage en surface : Cette méthode d’irrigation consiste à placer les tuyaux directement sur le sol. Elle peut fonctionner aussi bien à forte pression qu’à basse pression. L’arrosage en surface est très simple à installer. C’est la raison pour laquelle il est généralement employé pour de petites et moyennes surfaces comme les jardins ou les potagers par exemple. Ce système offre l’avantage de pouvoir être déplacé d’un endroit à un autre facilement.
- Arrosage enterré : Cette méthode consiste à installer un réseau de tuyaux enterrés qui alimentent directement les différents accessoires d’arrosage, les tuyères et les turbines. Ces accessoires sont disposés sur les tuyaux. Ils sortent de terre pendant la période d’arrosage avant de retourner sous terre une fois la saison terminée. L’arrosage enterré s’utilise majoritairement sur des parcelles étendues comme les gazons ou les cultures agricoles. Ce système permet de rendre totalement invisible l’installation et facilite le passage de la tondeuse, par exemple. Cependant, la mise en œuvre est plus complexe puisqu’il est nécessaire de creuser de nombreuses tranchées.
- Goutte à goutte : Il s’agit d’une méthode d’irrigation qui permet un arrosage localisé des plantes. L’eau s’écoule très lentement via un système de goutteurs directement au pied de la plante afin de la nourrir en profondeur. Ce système est très utilisé en agriculture pour de grandes surfaces mais elle est également employée dans des potagers ou des jardins. C’est le mode d’irrigation parfait pour la culture des tomates ! Seule précaution de l’arrosage au goutte à goutte : évitez d’arroser toujours le même côté de vos plantes. En apportant plus d’eau aux racines d’un côté, vous risquez de sous-alimenter l’autre partie des racines en nutriments. Pour palier à ce risque de déséquilibre, changez simplement le tuyau de place de temps en temps.
- Micro-aspersion / Brumisation : Ce système fonctionne sur le principe de la brumisation. Une légère brume très fine est émise à 360° via les micro-asperseurs. Cette méthode d’arrosage fonctionne grâce à un système par aspersion, c’est-à-dire qu’une tête émet l’eau à 360°, ce qui permet d’arroser une large surface de manière uniforme. C’est un mode d’arrosage par le haut, très doux, qui d’une certaine manière reproduit les précipitations naturelles. Il ne présente aucun risque de lessivage ni de perturbation des racines. Il est plutôt réservé aux cultures nécessitant un taux d’humidité important. Vous le rencontrerez sur les cultures de semis et systématiquement à l’intérieur des serres tropicales. Démarrez par le système de goutte à goutte puis passez à l’arrosage par aspersion.
- Arroseur oscillant : Cette méthode consiste à arroser les surfaces en éventail avec des jets très hauts. Le système oscille de gauche à droite en arrosant une très large surface.
- Arroseur canon : Couramment utilisé sur les terrains agricoles, l’arroseur canon projette l’eau au moyen de jets saccadés. L’eau est envoyée avec puissance pour atteindre de longues distances.
Avantages et inconvénients de l'arrosage automatique
Avantages :
- Gain de temps : En premier lieu, ce système d’irrigation offre un gain de temps considérable.
- Gestion optimisée de l'eau : L’arrosage automatique permet également une bien meilleure gestion de la distribution et de la consommation d’eau. En effet, puisque la quantité d’eau par jour est déterminée au préalable, il n’y a aucun risque de gaspillage ou de surconsommation. L’arrosage est, en plus d’être quantifié, de meilleure qualité.
- Précision de l'apport : L’arrosage automatique permet de déverser l’eau là où la plante en a le plus besoin.
- Flexibilité horaire : L’automatisation permet un arrosage à toute heure de la journée ou de la nuit, une période idéale pour irriguer puisque les risques d’évaporation sont réduits.
Inconvénients :
- Coût initial : Cependant, même si un arrosage automatique garantit une irrigation contrôlée et unifiée, il présente tout de même quelques inconvénients. C’est un système qui peut être onéreux dans certaines configurations. Le choix d’un système d’arrosage automatique s’effectue également en tenant compte de son budget. Les prix varient donc en fonction des types d’arrosage. Bien souvent, c’est l’installation en elle-même qui coûte cher tandis que le coût des produits reste limité. Pour un arrosage automatique goutte à goutte, par exemple, l’installation peut coûter entre 4 et 6 euros le m².
- Complexité d'installation : Il est souvent nécessaire de faire appel à un professionnel pour concevoir les plans et déterminer le positionnement de l’arrosage automatique. Certains systèmes d'arrosage sont très complexes à mettre en œuvre et nécessitent l’intervention de professionnels.
Stratégies d'arrosage pour des périodes d'absence
Vers un apport d’eau automatique : Un bon moyen d’éviter cette déshydratation progressive du substrat est de réfléchir à un apport automatique. Le volume apporté sera fonction de la taille de la plante (et donc de son potentiel transpiratoire) et de la taille du pot (et donc du potentiel évaporatoire du substrat). Ce volume est évalué à partir de la disponibilité en eau du substrat, qui est mesurée entre deux états hydriques extrêmes du substrat, à savoir un état saturé après égouttage et un état provoquant un stress hydrique à la culture. Ce volume, multiplié par le volume du pot, donne la réserve hydrique du substrat. L’apport du tiers de cette réserve à chaque irrigation quotidienne répond à la majorité des situations.
Cette approche donne une dose d’irrigation de 240 ml pour un pot de 4 litres avec un substrat drainant composé de tourbe et d’écorce et 400 ml pour un substrat peu aéré composé de tourbe et de sable (Nicolas, 1991). Ces doses correspondent à une plante cultivée en serre et doivent donc être diminuées dans le cas de plantes en intérieur, surtout si elles sont placées dans un endroit limitant leur consommation (lumière et température limitées). De plus, le volume apporté devra être idéalement inférieur au volume nécessaire pour saturer le substrat en eau. En effet avec une humidité sub-optimale, la plante va mettre en place des mécanismes de limitation de l’utilisation de l’eau comme la fermeture des stomates de manière plus précoce et plus longtemps sur la journée. Il est donc judicieux d’appliquer une restriction hydrique pour augmenter l’autonomie du système substrat-plante mais en faisant attention à ne pas placer la plante en stress hydrique, ce qui serait préjudiciable à sa qualité visuelle.
Étapes avant une longue absence
Voici donc les étapes à réaliser avant une longue absence, à tester au moins une semaine à l’avance.
- Assurer l'hydratation de la motte : S’assurer que la totalité de la motte du substrat est bien hydratée, sinon procéder comme indiqué ci-dessus.
- Diminuer l'évapotranspiration :
- Limiter la transpiration : Enlever la plante de la pièce la plus chaude et surtout éviter le soleil direct (derrière une fenêtre au sud) mais aussi rentrer les plantes de balcon qui bénéficieront d’une atmosphère plus humide et moins chaude à l’intérieur.
- Limiter l’évaporation par le substrat : En le surfaçant avec un paillage organique (disque de fibre, broyat de bois), minéral (ardoises broyées, graviers), voire plastique (disque découpé).
- Choisir le mode d'apport de l'irrigation :
- Passif par le dessous : Avec un pot à réserve d’eau et remontée capillaire vers le substrat par des mèches en tissu.
- Passif par le dessus : Avec une bouteille à l’envers, avec soit le bouchon percé avec un trou de 3-4 mm de diamètre soit en le remplaçant par une bougie poreuse, l’objectif est que la bouteille délivre une petite quantité d’eau en continu. Cette solution est à tester pour adapter le débit à la plante et le volume de la réserve à la période d’autonomie !
- Actif avec horloge et pompe : Alimentant un ou plusieurs pots par un réseau de goutteurs. Le volume délivré par goutteur étant fixe l’augmentation du nombre de goutteurs par pot permet d’adapter la dose au volume du pot. Cependant, la mise en place d’au moins deux goutteurs par pot est conseillée pour conserver une bonne hydratation de la totalité du substrat en évitant la formation d’un seul bulbe d’humectation sous le goutteur, qui réduit le volume utile du substrat. Une phase de mise au point et de test préalable est obligatoire pour déterminer le rapport entre le temps de fonctionnement de la pompe et le volume délivré par le goutteur, mesuré en remplaçant le pot par une bouteille graduée ou par pesée (avant de le remettre dans le pot!).
- Actif avec smartphone ou climat in situ : Avec smartphone (mettre une alarme) ou par mesure du climat in situ (pot connecté mesurant l’évolution de l’humidité du substrat et déclenchement à un seuil). Là aussi un test préalable est indispensable ! Dans ces deux derniers cas, le moment de l’apport doit éviter les heures les plus chaudes où l’évaporation est forte. Aussi un apport le matin et un autre le soir, pour permettre à la plante de retrouver un équilibre hydrique pour la nuit, sont à privilégier. Cet équilibre permettra, si ce n’est de la croissance, au moins un fonctionnement des tissus en maintenant un flux de molécules (comme les sucres et les éléments minéraux) entre les feuilles et les racines.
- Réduire la fertilisation : Réduire la fertilisation de moitié pour limiter la croissance des organes et donc la mise en place de surface évaporante comme les feuilles, via les stomates.
- Prévoir bacs et/ou soucoupe : Pour contenir (et recycler!) un éventuel débordement en cas de dérèglement du système d’apport! Il est judicieux d’anticiper cette situation estivale lors du rempotage des plantes en début de printemps en choisissant un substrat dont la composition favorise la rétention en eau.

Conseils supplémentaires pour un arrosage optimal
- Biner la terre : Biner la terre de votre serre permet d’ameublir le sol et facilite ainsi la pénétration de l’eau en profondeur. Sachez que même un sol riche peut avoir de mauvais rendement s’il est trop compact. Facilitez le développement des racines en l’ameublissant par le binage.
- Paillage : En cas de forte chaleur, le meilleur moyen de limiter l’évaporation excessive consiste à pailler vos plantations.
- Eau de pluie : La seule dépense liée à l’utilisation d’eau de pluie se limitera à l’achat d’un système de récupération.
- Plantes en pleine terre et sur buttes : En pleine terre, c’est un sol compact qui entraîne des excès d’humidité. Plantez sur des buttes de 15 à 20 cm. L’eau s’écoulera dans les sillons créés entre les buttes. C’est la méthode idéale pour les oignons, échalotes, aulx.
- Apports en matière organique : Apportez à votre sol de la matière organique, compost ou fumier, toujours bien décomposé.
- Outils d'aération : Évitez les outils qui bouleversent les couches du sol, préférez les grelinettes et autres outils aérateurs.
- Engrais verts : Entre deux cultures, semez des engrais verts à racines puissantes et profondes, qui vont décompacter efficacement le sol.
- Rotation des cultures : L’arrosage par le bas permettra à votre plant d’absorber l’eau au fur et à mesure qu’il en a besoin, sans risquer de sursaturer le substrat.
- Test de pH-mètre : Pour vérifier votre pH, il suffit de tester l’eau de ruissellement à l’aide d’un pH-mètre.
- Observation : Rien ne remplace l’expérience du jardinier pour savoir à quel moment arroser. En cas de doute, retenez-vous d’arroser à tort. Une plante souffrira davantage d’un excès d’eau que d’un manque.
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