Traiter naturellement le citronnier contre la cochenille : un guide complet

Le citronnier, avec son feuillage luxuriant et ses fruits juteux, est une plante prisée dans de nombreux jardins et intérieurs. Cependant, il est la cible d’un redoutable ravageur : la cochenille du citronnier, notamment la cochenille farineuse de l’oranger (Planococcus citri). Ce petit insecte, qui se niche dans les recoins protégés des plantes, peut provoquer des dommages notables tant sur l’apparence que sur la santé du végétal. Au-delà de l’impact esthétique, les infestations sévères de cochenilles entraînent une réduction significative de la production fruitière et altèrent la qualité des récoltes. Comprendre ce ravageur et adopter des méthodes de traitement naturelles est essentiel pour préserver la vitalité de vos citronniers.

Identifier et comprendre la cochenille du citronnier

La présence de la cochenille du citronnier est souvent trahie par de petites masses de cire blanche qui se logent aux nœuds et à la base des feuilles, ou des amas cotonneux blancs recouvrant la plante. Ce sont des zones poudreuses où se logent les adultes, les larves et leurs œufs. Votre citronnier est couvert de petits points blancs ? Il s’agit probablement de cochenilles farineuses. Il est vital de savoir repérer correctement cette cochenille, car d’autres espèces de cochenilles sont friandes des citronniers et des agrumes en général.

Caractéristiques et cycle de vie de la cochenille

La cochenille Planococcus citri est souvent nommée cochenille blanche de l’oranger ou cochenille des agrumes. Ce minuscule insecte piqueur-suceur fait partie de la famille des cochenilles farineuses et il provient d’Asie. Il apprécie tout particulièrement les citronniers ainsi que tous les agrumes, mais également les plantes d’intérieurs comme les anthuriums ou les amaryllis.

Cochenille farineuse sur feuille de citronnier

  • La femelle : C’est elle qui nous intéresse puisque c’est elle qui s’installe plus durablement sur les plantes et qui y pond. D’apparence, la cochenille adulte femelle n’est pas très grande - environ 3 mm - et possède un corps brun dissimulé sous une cire blanche, qui lui donne cet aspect cotonneux et duveteux. Elle présente un corps brun ovale bordé de filaments cireux, blancs et duveteux qui évoquent le coton. Une ligne plus foncée sur le milieu du dos est un signe qui permet de l’identifier. Elle vit quelques semaines et meurt après avoir pondu ses œufs, sachant que ces derniers peuvent atteindre le nombre de plusieurs centaines, voire plus de 300 en une à deux semaines.

  • Le mâle : Il ne présente pas de danger pour vos plantes puisqu’il n’est utile qu’à la reproduction et qu’il ne vit que très peu de temps. Il ne se nourrit pas de sève contrairement à la femelle qui en raffole. Il possède des ailes et son allure est celle d'un moucheron brun ailé, bien qu’il soit moins visible dans les colonies.

Le développement de la cochenille du citronnier se fait en trois étapes : œufs, larves mobiles et adultes fixes. La femelle pond ses œufs dans des ovisacs qui sont constitués de filaments collants et sont déposés sur les plantes. Les œufs, rosés ou ambrés, sont minuscules et éclosent en une semaine. Lors du premier stade, les jeunes larves sont mobiles et se déplacent très facilement, cherchant un endroit idéal sur la plante hôte. Elles passent ensuite par plusieurs mues pour atteindre l’âge adulte, se fixent et se recouvrent de cire cotonneuse pour se protéger. La reproduction de la cochenille Planococcus citri se fait par parthénogenèse, c’est-à-dire sans accouplement, ce qui permet aux femelles de pondre sans mâle.

Le cycle de vie de la cochenille du citronnier est rapide et bien adapté à la prolifération. En environ six semaines, une génération complète se développe, et ce rythme s’accélère encore en intérieur, où les conditions de chaleur et d’humidité sont souvent réunies. On peut donc facilement observer jusqu’à huit générations par an dans des lieux comme une véranda ou une serre.

Les différentes espèces de cochenilles

Il est important de noter qu'il n’y a pas vraiment de période ou saison propice à l'apparition des cochenilles, mais plutôt des conditions de développement spécifiques. La quantité de cochenilles présentes est très liée au climat. Une température douce et stable, peu de vent, une hygrométrie relativement importante sont des conditions favorables. C’est pourquoi les cochenilles sont très fréquentes sous serre ou dans une véranda, le renouvellement des générations y est presque continu tout au long de l’année.

Les espèces de cochenilles sont nombreuses et variées, déjà environ 400 rien qu’en France. Elles sont regroupées selon des caractéristiques communes :

  • Cochenilles farineuses : Elles présentent un corps mou recouvert de cire blanche. Perceptibles sous forme d'un amas cotonneux blanc et de petits filaments, elles sont fréquentes sur les plantes d'intérieur et les agrumes, plus rarement sur les plantes d'extérieur. Le corps de la femelle est brun et ovale, bordé de filaments cireux blancs et duveteux. Exemples de plantes fréquemment touchées : citronnier, orchidée, calathea, ficus, strelitzia, cactus.

  • Cochenilles à carapace : Leurs corps présentent une coque protectrice de couleur brune ou noire qui se plaque aux branches pour se dissimuler. On les retrouve plus souvent sur les végétaux extérieurs. Exemples de plantes fréquemment touchées : arbres fruitiers, laurier-rose, vigne, olivier, agrumes, ficus, orchidée, hibiscus.

  • Cochenilles à bouclier ou cochenilles pulvinaires : Elles sont recouvertes d'un ovisac blanc cotonneux qui se termine par une plaque brune dure, sorte de bouclier. Elles sont souvent visibles en extérieur. Exemples de plantes fréquemment touchées : hortensia, tilleul, érable, orme, mûrier, magnolia, cornouiller.

Les dégâts causés par les cochenilles

La cochenille du citronnier se nourrit de la sève de vos plantes et affaiblit par conséquent leur vigueur et ralentit leur croissance. Les cochenilles sont des insectes piqueurs-suceurs qui s’attaquent à de nombreuses plantes. Discrètes, elles prolifèrent rapidement et affaiblissent les plantes, en pompant leur sève et en favorisant l’apparition de fumagine, un champignon noirâtre qui limite la photosynthèse.

Les principaux signes d'une infestation incluent :

  • Des points blancs : Des amas cireux, blanchâtres et duveteux que vous pouvez décoller avec l’ongle.
  • La présence de miellat : Une substance collante et sucrée qui adhère aux feuilles et attire les moisissures. Seules les cochenilles à bouclier n’en produisent pas.
  • Une plante en mauvaise santé : Déformations sur les feuilles, jaunissement (les feuilles jaunissent, tombent), un dépérissement du feuillage, un arrêt de la floraison, ou une écorce blessée.
  • La fumagine : Si les feuilles présentent une couleur noire et que vous avez l’impression qu’elles sont couvertes de poussière évoquant la suie, c’est que le citronnier est envahi par les champignons qui se développent sur le miellat. Cette maladie empêche la photosynthèse et a pour conséquence le dépérissement du feuillage.

Fumagine sur les feuilles de citronnier due au miellat

Les cochenilles peuvent faire de gros dégâts. Car non seulement elles volent de la sève nutritive aux végétaux attaqués, provoquant des carences, mais en plus ce faisant elles blessent les tissus, entraînant des suintements et ouvrant des portes aux agents pathogènes. La salive des cochenilles peut être toxique, et ces insectes peuvent aussi être vecteurs de maladies. Une colonie peut coloniser tout un jardin en quelques semaines et mener à la mort des végétaux les plus fragiles si rien n'est fait.

Prévenir et lutter contre les cochenilles naturellement

La cochenille, malgré sa petite taille, est un insecte très résistant. La prévention est indispensable, et d’autant plus, quand vous cultivez vos plantes sous serre, car les cochenilles aiment les environnements humides et chauds.

Mesures préventives

Pour protéger vos citronniers et autres plantes sensibles de la cochenille, quelques pratiques simples et naturelles peuvent grandement limiter les risques d’infestation.

  • Inspection régulière : Pour la repérer, soyez attentif aux endroits protégés de vos plantes, comme la base des feuilles, les nœuds et sous les écorces de paillage, où ces insectes aiment se cacher. Inspectez régulièrement les zones à risque comme les aisselles foliaires et les jeunes pousses.
  • Quarantaine des nouvelles plantes : La plupart du temps, c’est avec une plante achetée dans le commerce que les cochenilles arrivent dans une maison ou dans un jardin. Avant l’achat, commencez par examiner attentivement la plante. Puis une fois chez vous, mettez-la en quarantaine au moins 1 mois et demi, isolée, afin de vous assurer qu’elle ne cache pas ne serait-ce qu’un seul de ces ravageurs et de ne pas contaminer toutes vos autres plantes.
  • Hygiène des outils : Nettoyez avec soin vos outils de jardinage entre chaque utilisation. Stérilisez systématiquement les outils de taille avec de l'alcool à 90° après chaque usage. Vos outils peuvent être contaminés par la cochenille, car ces filaments ont tendance à s’accrocher sur les vêtements, les outils ou les gants, etc. Si vous n’avez pas désinfecté ces derniers, vous risquez évidemment d’importer ces insectes sur d’autres végétaux.
  • Environnement des plantes : Évitez de mettre vos plantes dans une atmosphère chaude et humide qui va favoriser l’implantation et la reproduction des cochenilles. Espacez les plants en pot ou en terre entre eux.
  • Renforcer les défenses naturelles : Renforcez les défenses naturelles en espaçant les plantes et en appliquant du purin d'ortie dilué.
  • Lutte contre les fourmis : Le rôle des fourmis vis-à-vis des cochenilles est crucial. Les cochenilles se nourrissent de la sève des plantes et rejettent un liquide sucré appelé miellat. Les fourmis raffolent de ce miellat et protègent les cochenilles contre leurs ennemis naturels pour être certaines de pouvoir en récolter ! Elles peuvent même déplacer les cochenilles vers des zones plus sûres ou plus riches en sève, contribuant ainsi à propager l'infestation. Il faut alors mettre en place des anti-fourmis avant de démarrer un traitement contre les cochenilles ! Posez des bandes de glu sur les troncs pour bloquer les fourmis transporteuses de cochenilles.

Techniques manuelles et mécaniques

Lorsque l'infestation est naissante, des gestes simples peuvent suffire à contrôler les cochenilles.

  • Retrait manuel : Si vous repérez les cochenilles au début de leur invasion, vous pouvez les ôter tout simplement avec une brossette humide. Brossez bien la plante partout. Vous pouvez aussi installer la plante dans le bac à douche et la doucher en totalité. Vous devrez par contre ensuite faire tremper le pot avec la motte dans de l’eau afin de tuer les cochenilles qui auraient pu tomber sur le substrat. Retirez mécaniquement les cochenilles avec une brosse à poils souples ou un coton imbibé d'alcool à 70°. Pour les plantes fragiles, utilisez un jet d'eau modéré en protégeant les racines avec un film plastique. Cette méthode élimine jusqu'à 80% des parasites visibles en une intervention.
  • Élimination des parties infestées : Coupez les tiges ou branches de la plante sur laquelle vous trouvez ne serait-ce qu’une seule cochenille et détruisez-la. Pensez à désinfecter vos outils de taille.
  • Traitement du substrat : Pour des cochenilles sur les racines de plantes en pot, faites tremper le pot dans une bassine d’eau pendant quelques heures. Isolez immédiatement les plantes infestées dans une pièce ventilée. Remplacez intégralement le terreau contaminé et désinfectez les pots avec du vinaigre blanc avant rempotage. Cette méthode élimine 95% des œufs cachés dans le substrat.
  • Pièges : Mettez en place des pièges collants sur les plantes d'intérieur pour capturer les mâles adultes de la cochenille. Ces derniers sont attirés par la couleur jaune du support et restent collés aux bandelettes.

Traitements naturels et biologiques

La meilleure solution et la plus naturelle est souvent l'utilisation de produits courants et non toxiques, ainsi que l'introduction d'auxiliaires.

Cochenilles : comment éliminer naturellement et se débarrasser facilement de ces insectes.

Solutions à base de savon noir

Le savon noir est une solution naturelle très efficace contre les cochenilles.

  • Application simple : Diluez 5 cuillères à soupe de savon noir liquide dans 1 litre d’eau tiède. Appliquez du savon noir liquide à l’aide d’un morceau de coton sur la plante. Imbibez bien le coton et tamponnez sur le feutrage blanc ou les carapaces brunes. Renouvelez le traitement si besoin est. Si la plante est très touchée, le mélange peut être pulvérisé. Le savon noir nettoie les feuilles du miellat et de la fumagine qui s’y est développée. Pulvérisez au coucher du soleil en couvrant toutes les surfaces, surtout le dessous des feuilles. Rincez les plantes sensibles après traitement. Renouvelez les traitements jusqu'à disparition complète des parasites.
  • Fréquence : À pulvériser le soir et à renouveler tous les 4 jours jusqu'à disparition. Évitez les applications trop rapprochées de savon noir qui peuvent asphyxier les stomates des plantes. Respectez un intervalle minimum de 7 jours entre chaque traitement naturel.

Mélanges avec alcool et huile végétale

Jean-Paul Imbault, expert en plantes, conseille un traitement simple à base d'eau, d'alcool à brûler et d'huile végétale pour sauver la plante.

  • Recette : Mélangez un litre d'eau, deux verres d'alcool à brûler et une cuillère à soupe d'huile végétale. L'huile de colza est une excellente option.
  • Application : Appliquez-le tous les 48 heures sur les deux faces des feuilles pendant 8 à 10 jours pour éliminer l'insecte et sauver la plante. Pulvérisez copieusement les feuilles dessus et dessous, les branches et le tronc 2 fois à ½ heure d'intervalle. Pourquoi ? Parce que les cochenilles collent à la plante comme des ventouses et que le traitement ne peut pas atteindre tout le corps de l'insecte. Il faut laisser l'alcool agir : désagrégation de la carapace de cire, suivie de l'irritation ressentie par l'animal qui bouge et laisse un espace entre la plante et lui où le mélange pourra s'infiltrer lors de la 2ème pulvérisation.

Préparation d'un mélange insecticide naturel

  • Mélange savon noir, alcool et huile :
    • Dosage : 1 cuillère à soupe de savon noir, 1 cuillère à soupe d'alcool à 90°, 1 cuillère à soupe d'huile de colza, 1L d'eau.
    • Application : À pulvériser en insistant sous les feuilles. Renouveler 30min après la 1ère application puis 4 jours plus tard.

Le traitement proposé par Jean-Paul permet de dissoudre la carapace de la cochenille, exposant ainsi l'insecte et le tuant. Il recommande également de bien vérifier l'envers des feuilles, souvent oublié lors des pulvérisations. Ce traitement simple et naturel garantit une protection durable contre ces parasites nuisibles.

Traitement bio à base d'argile bentonite sodique

L'argile bentonite sodique a un rôle asséchant. L'application de la solution (poudre diluée dans l'eau) sur les feuilles permet d’assécher la fumagine (champignon). Il faut attendre 12 à 24 heures, puis passer un jet d'eau.

Huiles minérales paraffiniques

Des huiles minérales paraffiniques, 100% d'origine naturelle, peuvent être utilisées en traitement d'hiver et de fin d'hiver. Elles agissent en enrobant physiquement les ravageurs, les empêchant de respirer. C'est un insecticide biologique polyvalent à base d’huile de colza qui peut être utilisé lorsque les colonies sont importantes. Il peut être employé sur un grand nombre de plantes, y compris sur les fruitiers et les plantes potagères. Son action étant uniquement physique, aucune résistance ne se crée face à la substance active. L’application doit être renouvelée après 1 ou 2 semaines. Ce traitement peut en complément être utilisé en hiver puisqu’il atteint tous les stades de développement du ravageur.

Huile de paraffine horticole pour le traitement

Attention : il ne faut pas utiliser d'autres huiles, comme les huiles végétales pures, qui pourraient asphyxier les feuilles. Les huiles ultra fines ou horticoles sont des paraffines (alcanes) de faible poids moléculaire donc volatiles. C'est pourquoi il vaut mieux éviter les savons, car les huiles et graisses sont généralement des triglycérides alors que les savons (obtenus par saponification) sont un mélange de glycérine et des sels d'acides gras.

Erreurs à éviter

  • Vinaigre blanc pur : Non, le vinaigre est trop acide et peut brûler les feuilles. Une surutilisation du vinaigre blanc acidifie progressivement le sol et nuit aux micro-organismes bénéfiques. Il est à utiliser pour désinfecter les pots, mais pas directement sur les plantes.
  • Fréquence des traitements : Respectez un intervalle minimum de 7 jours entre chaque traitement naturel.

La lutte biologique : les auxiliaires du jardin

L’une des meilleures méthodes pour lutter contre les cochenilles est de favoriser la présence de leurs prédateurs naturels, qu’ils s’agissent d’insectes ou de parasites. Cette méthode fait partie de la lutte biologique, une lutte qui s’appuie principalement sur des moyens naturels contre des ravageurs.

Tableau des solutions naturelles anti-cochenilles avec dosages

  • Les parasitoïdes :

    • Deux genres d’hyménoptères sont utilisés contre les cochenilles : les Aphelinidae sont efficaces contre les cochenilles à bouclier, et les Encrytidae sont efficaces contre les cochenilles farineuses et les cochenilles à carapaces.
    • Leptomastix dactylopii et Leptomastidea abnormis sont utilisées contre la cochenille de l’oranger et de la vigne (Planococcus citri), une espèce très courante sous serre notamment et que l’on trouve sur beaucoup de végétaux.
    • Anagyrus fusciventris s’utilise contre Pseudococcus longispinus, une cochenille farineuse polyphage qui s’attaque à de très nombreux végétaux.
    • Le parasitoïde est souvent spécifique pour un type de cochenille et ne pond que sur des individus à tel ou tel stade de développement. Son utilisation demande obligatoirement la reconnaissance précise de l’espèce de cochenille qui sévit sur vos plantes.
    • Étant également hôte spécifique d’une espèce, il ne fait courir aucun danger aux autres insectes.
  • Les prédateurs :

    • De nombreuses coccinelles sont de grandes prédatrices de cochenilles, et ce à tous les stades. Vous opterez contre les cochenilles pour Chilocorus renipustulatus, Chilocorus nigritus, Cryptolaemus montrouzieri (la coccinelle australienne, particulièrement efficace contre les cochenilles farineuses), Exochomus quadripustulatus, Rodolia cardinalis, Lindorus Lophantae, en fonction de l’espèce de cochenille présente. Les adultes et surtout les larves de cette coccinelle se nourrissent activement de cochenilles (œufs, larves et adultes). Les larves ressemblent elles-mêmes à des cochenilles farineuses (aspect blanc et duveteux), ce qui trompe leurs proies et facilite leur approche. Une larve peut consommer des dizaines de cochenilles par jour.
    • Vous pouvez également vous appuyer sur l’aide des chrysopes (notamment l'espèce Chrysoperla carnea), des staphylins contre les cochenilles des racines, ainsi que des Franklinothrips vespiformis. Ce sont les larves de chrysope qui sont les plus actives. Elles se nourrissent notamment des œufs et jeunes stades larvaires de cochenilles farineuses et cochenilles à carapace molle. Polyphages, elles se nourrissent également de pucerons, d'aleurodes et d'acariens.
  • Attirer les auxiliaires : C’est principalement en leur offrant à la fois le gîte, avec les plantes hôtes de chacun ou des hôtels à insectes, et le couvert que vous attirerez ces auxiliaires dans votre jardin. Plantez des ombellifères et des astéracées autour de votre jardin pour attirer les insectes utiles notamment les chrysopes adultes. Installez des abris à insectes remplis de paille dans les arbres à 2m de hauteur. Ces prédateurs consomment jusqu'à 50 larves de cochenilles par jour durant leur cycle actif. Vous pouvez également trouver nombre de ces auxiliaires à la vente dans les jardineries pour effectuer des lâchers.

L’intérêt des prédateurs est de se nourrir des cochenilles à plusieurs stades de développement, parfois même de l’œuf jusqu’au stade adulte. Par contre ils sont souvent polyphages et peuvent également se nourrir d’autres espèces, y compris des espèces utiles. C’est pourquoi prédateurs et parasitoïdes sont utilisés en même temps lorsque les colonies sont importantes. Le prédateur n’ira pas se nourrir ailleurs s’il a une manne de nourriture au même endroit et il fera un gros nettoyage dans le rang de ces ravageurs, tandis que le parasitoïde fera le travail de fond, colonisant la colonie de cochenille durablement et limitant ainsi la population de manière drastique.

À savoir : Certains hyménoptères de la famille des Pteromalidae sont en même temps des prédateurs et des parasitoïdes. Les femelles pondent sous la cochenille et lorsque la larve éclot elle se nourrit des œufs de la cochenille.

Coccinelle Cryptolaemus montrouzieri, prédateur de cochenilles

En conclusion, bien protégées sous leur carapace, bouclier, coque, terriblement promptes à se reproduire et montrant des facultés d’adaptation très importantes, les cochenilles sont l’un des ravageurs contre lesquels il est le plus difficile de lutter. Une approche combinant prévention, techniques manuelles et traitements naturels, soutenue par la lutte biologique, est la stratégie la plus efficace pour protéger vos citronniers et autres plantes. Agissez rapidement dès les premiers signes pour éviter une infestation majeure.

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