L'Art des Associations en Permaculture : Principes et Application, Notamment pour le Chou

Vous souhaitez protéger votre potager des maladies et des insectes ? Vous voulez optimiser votre jardin ? Grâce aux associations de plantes en permaculture, vous allez booster la productivité de votre jardin potager. Ces pratiques, qui s'utilisaient déjà avec succès par nos ancêtres aux quatre coins du monde, incarnent les principes de la permaculture en créant un système de jardinage durable, diversifié et équilibré. Elles permettent de maximiser la croissance, de réduire les ravageurs et d’utiliser efficacement l’espace dans votre jardin. En utilisant les synergies naturelles entre différentes plantes, vous pouvez créer des écosystèmes de jardinage diversifiés. Vos rendements seront maximisés, et en plus, vous allez réduire votre dépendance aux pesticides et aux engrais chimiques. Associer de diverses cultures dans un jardin potager est une stratégie astucieuse pour maximiser la productivité de chaque parcelle de terre. Chaque plante, par sa seule présence, contribue au bien-être des autres, créant un écosystème où chaque élément joue un rôle clé.

Les Fondements de l'Association de Cultures en Permaculture

Le compagnonnage est la méthode qui consiste à associer des espèces de plantes en fonction de leur caractère bénéfique les unes pour les autres. Les associations au potager sont donc des plantes que l’on fait pousser ensemble pour créer des synergies. Le principe est d’associer des plantes qui ont une action l’une sur l’autre.

Optimisation de l'Espace et du Temps

Les associations de plantes en permaculture permettent d’utiliser efficacement l’espace dans le temps en combinant des plantes à cycle court avec des plantes à cycle long. Par exemple, lorsque vous plantez vos pieds de tomates en mai, pourquoi ne pas réaliser un ou deux cycles de radis avant que vos tomates ne prennent toute la place ? Assurer un gain de place non négligeable est une des premières motivations. Le principe est d’associer des plantes au port plus ou moins haut pour maximiser la photosynthèse sur une surface donnée en jouant sur les étages de végétation. Cette maximisation se joue également dans le temps.

Synergies Nutritionnelles et Santé du Sol

Certaines plantes, comme les légumineuses, sont capables de capturer l’azote de l’air et de l’enrichir dans le sol, favorisant ainsi la croissance des plantes voisines. C’est une forme de collaboration silencieuse, où chaque plante apporte son aide pour créer un environnement plus riche et plus équilibré. Les associations favorisent également l’apport d’azote atmosphérique capté naturellement par les légumineuses pour le bénéfice d’autres légumes. De plus, les plantes, cultivées ensemble, s'échangent des nutriments qui contribuent à une meilleure pousse.

Lutte Naturelle Contre les Ravageurs et les Maladies

Les associations de plantes permettent de réduire la présence des ravageurs en attirant des pollinisateurs ou en repoussant les nuisibles. La variété d'espèces présentes dans votre plantation va laisser moins d'espace aux mauvaises herbes pour pousser. On appelle cela l'allélopathie positive, où les plantes ensemble forment des barrières physiques et chimiques qui évitent à leurs voisines d'attraper des maladies.

Le Modèle Emblématique : Les "Trois Sœurs"

L’association des « trois sœurs » est un héritage aztèque, un trio formé par le maïs, le haricot et la courge. Cette association traditionnelle des Amérindiens combine le maïs, les haricots grimpants et les courges. Elle est pratiquée depuis très longtemps en Amérique Centrale.

Description et Fonctionnement

Dans cette guilde végétale, le maïs élève fièrement ses tiges, offrant un support au haricot grimpant. Le maïs sert de tuteur naturel aux haricots. Le haricot grimpant, en plus de sa nature volubile, enrichit le sol en azote, essentiel pour la santé du potager, car il livre de l’azote au maïs. Pendant ce temps, la courge étend ses larges feuilles, couvrant le sol, réduisant les mauvaises herbes et maintenant l’humidité. Pour illustrer notre conseil sur l’exposition, cette combinaison est parfaite car la courge supporte très mal le soleil en été.

Schéma des Trois Sœurs en permaculture (Maïs, Haricots, Courges)

Synergie et Bénéfices

Cette combinaison illustre une coopération exemplaire, où chaque plante contribue mutuellement à la prospérité de l’autre. C’est une méthode d’association de cultures ingénieuse qui incarne les principes de la permaculture. Synergie nutritionnelle : les trois sœurs fournissent une alimentation équilibrée. Le maïs est riche en amidon, les haricots en protéines, et les courges en vitamines.

Application Pratique et Gestion du Timing

Sur le papier, ce genre d’association est très intéressant. En pratique en revanche, il est difficile de prouver leur véracité, car semer les trois en même temps ne permet pas de profiter de cette super association. Le maïs ne croît pas suffisamment rapidement par rapport aux haricots, qui se retrouvent en manque de tuteurs. Il faut alors semer le maïs et attendre un mois avant de venir semer les haricots pour qu’ils ne gênent pas le maïs. Cela demande beaucoup d’organisation en amont et il est nécessaire de gérer la production de plants pour avoir un bon timing.

Milpa les 3 sœurs au jardin potager permaculture

Associations Spécifiques et Leurs Bienfaits au Potager

Au-delà des "Trois Sœurs", de nombreuses autres associations végétales apportent des bénéfices considérables au jardin potager, en améliorant la santé des plantes et en optimisant l'utilisation de l'espace.

Les Tomates : Alliées Polyvalentes

Les tomates sont souvent associées à d’autres plantes pour maximiser leur rendement. Elles peuvent apporter de l’ombre aux légumes de l’étage inférieur comme les laitues et les carottes. De leur côté, elles sont ravies d’apporter de l’ombre aux légumes de l’étage inférieur, comme les laitues, les poireaux, ou encore les carottes. Vous pouvez associer les tomates avec du basilic pour améliorer leurs saveurs tout en éloignant les ravageurs. Elles peuvent aider à la germination du persil. Le basilic dégage un parfum qui, en cuisine, ravit nos papilles et, au jardin, éloigne les moustiques et les mouches nuisibles. Particulièrement efficace contre la mouche blanche, ennemie des plants de tomates, il se révèle un compagnon idéal pour ces dernières. Un duo basilic-tomate offre non seulement un spectacle olfactif, mais assure aussi une protection mutuelle.

Radis et Carottes : Une Croissance Accélérée

Les radis peuvent être plantés entre les rangées de carottes pour leur permettre de pousser rapidement. Ils marquent l’emplacement des carottes qui prennent plus de temps à germer. Une bonne association pour favoriser la croissance des carottes est de les semer mêlées à des radis, puis de planter aux abords des poireaux ou des salades. Les carottes s’accordent facilement avec énormément d’autres plantes.

Fraises et Épinards : Humidité et Protection

Vous pouvez planter des épinards entre les rangées de fraises pour utiliser de manière optimale votre espace. Les épinards fournissent de l’ombre aux fraises, réduisant la perte d’humidité et empêchant les mauvaises herbes de pousser. Associer de l’ail peut dissuader les prédateurs et aider à prévenir les maladies fongiques qui affectent les fraises.

Courgettes et Leurs Compagnons

Les courgettes peuvent être associées aux haricots, au maïs et aux radis. Le même effet que les radis avec les carottes peut être produit avec les courgettes, en plus ils aident à éloigner certains insectes nuisibles. La bourrache, souvent étiquetée comme « mauvaise herbe », est en réalité une alliée précieuse pour vos courgettes. Elle repousse limaces et vers, tout en vivant en harmonie avec de nombreuses plantes du potager. Ce duo bourrache-courgette est un exemple parfait de l’association bénéfique.

Carottes, Oignons, Ail et Poireaux

Les carottes peuvent être associées aux oignons, à l’ail et au poireau. L'ail, puissant en arômes, s’avère un protecteur redoutable pour vos carottes et betteraves. Il repousse une multitude d’insectes, faisant de lui un garde du potager à la fois simple à cultiver et robuste. Néanmoins, vous devez juste éviter de placer les carottes à proximité de menthe, de betterave ou de persil.

Petits Pois et Concombres

Les petits pois sont les compagnons idéaux des tomates, salades, courgettes, et pommes de terre. Les pois protègent les pommes de terre des doryphores. Les radis repoussent les pucerons qui peuvent endommager les concombres. Planter des haricots près des concombres permet aux haricots de grimper sur les tuteurs fournis par les concombres.

Le Rôle Essentiel des Fleurs et Plantes Aromatiques

Les associations de fleurs avec des légumes contribuent à améliorer la santé du jardin et son aspect général. Elles permettent de réduire la présence des ravageurs en attirant des pollinisateurs. Les fleurs, tout comme certaines plantes aromatiques, dégagent une odeur qui peut attirer des insectes : elles détournent donc les ravageurs de vos légumes, tout en attirant les insectes auxiliaires (pollinisateurs) afin de favoriser le développement de vos légumes-fruits.

Les roses trémières attirent les pucerons, éloignant ainsi ces nuisibles des légumes environnants. Les herbes aromatiques comme le romarin, la sauge et le thym peuvent être plantées entre les cultures de légumes. La menthe peut être utilisée pour éloigner les chenilles de chou. La lavande repousse les pucerons, les aleurodes et les mouches blanches. Les soucis sont réputés pour repousser les pucerons, les nématodes et d’autres insectes nuisibles des tomates. Ils sont attractifs pour les abeilles. Le souci fait fuir les insectes et s’accorde particulièrement bien avec les tomates, les haricots, les poireaux ou encore les pommes de terre. C’est une plante mellifère qui attire les abeilles et favorise la biodiversité. Elle éloigne les punaises, les pucerons et les aleurodes tout en étant comestible. Les œillets d’Inde, avec leurs fleurs éclatantes, sont bien plus que de simples ornements, ils forment un rempart contre les nuisibles, spécialement quand associés à la pomme de terre.

Le Chou au Cœur des Associations en Permaculture

Le chou, avec ses grandes feuilles frisottées, cloquées, brillantes, veloutées, bleutées, rosées, violines ou d’un délicat vert anis selon les variétés, est l'un des plus beaux légumes du potager. Cependant, il a des besoins spécifiques et des compagnons de culture particuliers.

Besoins Spécifiques des Choux : Sol, Calcium et Paillage

Les choux, hormis le chou de Bruxelles, sont plutôt de bons vivants : et dans leurs banquets quotidiens, ils aiment trouver un sol riche nourri quelques mois plus tôt avec du fumier, ou amendé d’au moins une demi-brouette de compost au mètre carré lors de la plantation. Si vous ne réussissez pas les choux, c’est peut-être parce que vous les mettez trop au régime. Ils sont plus « gourmets » que gourmands, car en vrai les choux ne se nourrissent pas de n’importe quoi. Ils aiment donc les cacher sous d’épais paillages au foin, afin que le soleil d’été ne les asticote pas trop.Ce que les choux aiment aussi, beaucoup, c’est le calcium. En terre acide, non seulement ils ne se développent pas bien, mais de plus ils risquent d’attraper la terrible - et incurable - hernie du chou. Pour prévenir cette catastrophe, on peut soit mettre en place une rotation des cultures d’au moins 4 ans, soit amender son sol avec du lithothamne (environ 50g par mètre carré et par an) ou de la dolomie magnésienne (entre 30 et 80g par mètre carré et par an).

Associations Bénéfiques pour le Chou

La menthe peut être utilisée pour éloigner les chenilles de chou. Le souci repousse les insectes nuisibles aux carottes, choux et laitues. Le chou-fleur est à associer avec les oignons, les salades, les épinards et la mâche. Pour une rhubarbe placée au pied d’un fruitier profitera du soleil en début de printemps tant que l’arbre n’a pas fait ses feuilles par exemple. C'est avec ce genre de petite astuce (ne pas couper ou arracher les choux, les salades, les blettes, etc.) que l'on optimise le potager.

Associations à Éviter pour les Choux

Il est important de noter que certaines associations sont à éviter. L’ail ne fait pas bon ménage avec le chou ou les haricots. De même, il est recommandé d'éviter d'associer les oignons et les choux en général, bien que le chou-fleur, une variété spécifique, puisse s'entendre avec les oignons. Les tomates sont à éloigner du chou rouge et du fenouil. Ces précautions sont cruciales, car des espèces mal associées peuvent créer un environnement propice à l'apparition de certaines maladies.

Former un "Trio" avec le Chou : Principes et Possibilités

Le concept de "trio" en permaculture, illustré par les Trois Sœurs, repose sur la complémentarité des plantes pour l'espace, la nutrition et la protection. Bien qu'il n'existe pas de "trio du chou" aussi universellement reconnu que celui du maïs, haricot et courge, les principes d'association peuvent être appliqués pour créer des guildes bénéfiques autour du chou. En tenant compte des besoins spécifiques du chou et de ses compatibilités, on peut imaginer des associations synergiques.Par exemple, un "trio" pourrait inclure :

  1. Le Chou (légume principal), occupant l'étage moyen à supérieur par sa masse foliaire.
  2. La Menthe ou le Souci (plante répulsive), plantée à proximité pour éloigner les chenilles de chou et d'autres insectes nuisibles.
  3. Une légumineuse à cycle court (ex. : pois nains) ou un légume bas et rapide (ex. : radis, laitue) en succession ou en interculture, pour capter l'azote si la légumineuse est fixatrice, ou pour optimiser l'espace en début de cycle du chou, et pour couvrir le sol.

Ce type d'approche, qui demande de réfléchir à la place future que prendra chaque plante lorsqu’elle sera développée, permet de tirer parti des avantages d'un sol riche et bien pourvu en calcium pour le chou, tout en bénéficiant des effets protecteurs et optimisateurs d'autres plantes.

Gestion des Ravageurs et Maladies Spécifiques au Chou

La culture du chou peut être confrontée à divers ravageurs et maladies. Une approche permaculturelle intègre des méthodes de prévention et de lutte naturelle, souvent en lien direct avec les associations de cultures.

Les Pigeons

Ces oiseaux raffolent littéralement des feuilles de choux. Si vous n’avez pas de pigeonnier à proximité les dégâts resteront limités. En revanche, si vous élevez des pigeons en liberté il faudra protéger les choux d’un filet, car la « mission » N°1 de tout pigeon lâché dans le potager consiste à baffrer un max de feuilles de choux jusqu’à s’en faire gonfler le jabot.

Les Piérides

Si vous apercevez de gracieux papillons blancs voletant autour de vos choux, il est temps d'agir. Ces papillons donneront naissance à des milliers de petites chenilles poilues occupées à dévorer vos choux à la vitesse de l’éclair. Pour lutter contre elles, utilisez des petits sachets de bacillus thuringiensis (BT). Ce micro-organisme naturel totalement inoffensif pour l’homme et les animaux (sauf les chenilles) est à délayer dans l’eau puis à pulvériser sur les feuilles de choux dès que ces « gracieux » papillons blancs auront donné naissance aux chenilles. Deux conseils importants : on ne pulvérise pas le BT en plein soleil (plutôt le soir), et on attend que les chenilles aient éclos avant d’agir car il n’a aucune action préventive.

Les Altises

Ce sont de minuscules coléoptères qui "poinçonnent" les choux, jusqu’à en faire de la dentelle. Si vous arrosez les feuilles en été, ces insectes, qui aiment la sécheresse, sont moins un souci. Les feuilles de certains choux, navets ou radis peuvent bien avoir quelques petits trous, mais comme cela ne ralentit pas leur croissance, ils peuvent être tolérés. Si toutefois les altises vous posaient un gros souci, utilisez par exemple une pulvérisation au savon noir, huile de colza et huile essentielle de menthe, ou encore une macération de tanaisie, ça marche plutôt bien.

Chenilles de piérides dévorant une feuille de chou

Les Pucerons

Les pucerons ne posent réellement souci que lorsqu’ils sont très nombreux, et cela n’arrive que lorsque les choux sont nourris de matière trop azotée et/ou trop arrosés. On peut alors les pulvériser avec un mélange de savon noir, huile de colza, huile essentielle de menthe et lavandin. Même s’ils peuvent un peu ralentir la croissance du chou, ils disparaissent généralement d’eux-mêmes en hiver quand on récolte.

Les Lapins de Garenne

Ces animaux peuvent causer de gros soucis. Comme les lapins de garenne ne craignent aucune clôture (contrairement aux chevreuils qu’une simple ganivelle arrête facilement), deux solutions sont possibles : soit poser des pièges inoffensifs (appelés aussi « boîte à fauve », avec un système de trappe permettant juste de capturer le lapin pour le déménager plus loin dans la forêt), soit répandre du sang séché autour des légumes que les lapins aiment particulièrement. L’odeur du sang séché est un répulsif très efficace.

Les Noctuelles Défoliatrices

Il s’agit là d’un grave problème, car ces chenilles semblent moins sensibles au BT que les piérides. Les noctuelles agissent la nuit quand le jardinier dort et laissent sur les choux de larges trous évoquant les dégâts de limaces ou d’escargots.

Les Rats et Mulots

Ces rongeurs, attirés par les champs de céréales ou les poules, peuvent être un fléau. Ils sont souvent piégés. Bien qu'ils ne soient pas toujours piégés avec des pièges non vulnérants, ils peuvent apporter des maladies aux êtres humains ou autres animaux de compagnie.

Les Campagnols (Rats Taupiers)

Ce sont des rats souterrains, qui mangent les légumes par-dessous et peuvent ruiner des rangs entiers (donc des mois de travail) en seulement quelques jours.

Principes Généraux pour des Associations Réussies et Durables

Pour profiter de tous ces bienfaits des associations, il faut cependant respecter plusieurs règles de bases. La rentabilité d'un mètre carré de potager peut alors augmenter.

La Règle d'Or : Simplifier les Associations

Trop d’associations de cultures tue l’association ! Si vous le pouvez, simplifiez-vous la vie et ne dépassez pas trois plantes dans vos associations. Cela permet de faciliter les interventions, c’est-à-dire les récoltes, désherbage, etc. Il est possible d’en rajouter, mais cela peut devenir un peu complexe. Préférez créer une nouvelle association, sur la même planche, avec des plantes différentes.

La Succession Culturale : Optimiser dans le Temps

Vous pouvez aussi envisager les associations au potager en faisant des successions culturales : une plante à cycle long peut voir plusieurs plantes à cycle court se succéder à ses pieds. On pourra, par exemple, semer des radis suite à la plantation des tomates. Quand ils sont récoltés, on enchaîne avec du basilic. Et au mois de septembre, on vient couper le basilic et on installe des navets, des laitues ou autre.

Nourrir le Sol : Compost et Paillage

Il est évident qu’en cultivant plus de plantes dans un même espace, votre sol aura besoin de plus de nutriments pour produire. Essayez d’ajouter du compost ou un paillage à votre sol chaque année afin de nourrir vos légumes. Un sol déjà fertile nécessite 1 kg de compost mûr par an et par mètre carré. Cette quantité dépend des légumes, certains étant plus gourmands que d’autres. Le sol doit être couvert le plus possible durant l’année. Cela lui permet d’être plus vivant, de conserver sa fraîcheur et sa disponibilité en éléments nutritifs. Pour conserver votre sol couvert, remplissez-le de cultures nourricières ! Et, à défaut d’ensemencer toutes vos zones de culture, n’hésitez pas à ajouter un paillage quelconque si vous en avez. Néanmoins, l’avantage d’une couverture vivante est qu’elle est beaucoup plus productive qu’un potager paillé. Ainsi, ne vous dirigez pas systématiquement vers du paillage pour couvrir le sol.

L'Organisation de l'Espace : Lignes Droites et Stratégie de Hauteur

Cultiver en lignes droites en permaculture, où l’on cherche à imiter la nature ? Oui ! Du moins, c’est notre conseil. Chacun fait comme il le désire, mais planter/semer en rang représente un gain de temps considérable. Vous repérez les espèces plus facilement à la germination. Les distances entre les plantes associées sont plus faciles à calculer. Les récoltes sont plus aisées, les zones de cultures sont plus accessibles. Le désherbage est plus rapide, l’irrigation est plus aisée, etc.Le paramètre principal est la taille de la plante, ou l’étage dans lequel elle se trouve. Un peu comme dans un mini jardin-forêt. Les radis sont à l’étage du bas, et les tomates occupent les étages supérieurs. Associez des légumes qui poussent en hauteur avec un ou plusieurs légumes bas. Cela permet d’optimiser l’utilisation de l’espace. L’association emblématique des courges avec le maïs (et les haricots !) prend alors tout son sens. Sur votre surface de culture, installez les végétaux de petite taille et ceux dont le cycle de culture est court sur les côtés. Les végétaux qui montent en hauteur, ou ceux dont le cycle de culture est long iront au centre de la zone de culture. Cette façon de procéder est la plus simple. Elle vous permet de ne pas avoir à enjamber des choux (ou pire, des pois palissés) pour récolter des laitues que l’on aurait plantées au centre.

L'Importance des Légumineuses Fixatrices d'Azote

Il est très utile d’installer dans vos associations au potager des plantes qui fixent l’azote atmosphérique. Ce sont les légumineuses. En mourant, ces plantes vont libérer de l’azote dans le sol, aidant les futures cultures à bien se développer. Les pois, haricots, et fèves sont les trois cultures potagères principales qui remplissent cette fonction. Si vous le pouvez, installez-en dans vos associations, cela ne fera que du bien à votre sol.

Rotation des Cultures et Diversité des Familles

Il faut éviter, dans la mesure du possible, de faire se succéder plusieurs fois les mêmes espèces sur la même zone de culture. C’est ce qu’on appelle la rotation des cultures. Vos associations au potager réussiront mieux ainsi. Cela dit, si vous n’êtes jamais sujets aux maladies et que vous nourrissez convenablement votre sol, la rotation des cultures n’est pas une obligation. Jouer sur les différents types de légumes (racines, feuilles ou fruits) et familles est intéressant, car toutes les familles et tous légumes ne sont pas sensibles aux mêmes agresseurs. Vous pouvez tout de même associer des légumes de même type, c’est parfois plus simple.

Exemple d'une butte de culture avec associations de légumes étagées

Plants vs. Semis : Gagner du Temps

Des plants plutôt que des semis pour réussir ses associations de culture ? Il est souvent utile de partir de plants, surtout pour les petits potagers. Vous gagnez plusieurs semaines d’occupation du sol.

Maximiser la Photosynthèse : Occuper Tous les Étages

Le principe des associations est de retenir une règle générale : celle consistant à maximiser la photosynthèse. On cherchera alors à occuper toute la surface disponible avec des feuilles, situées à différents étages. Les plantes utilisent l’énergie de la lumière pour séparer l’eau (H²O) en oxygène et en hydrogène. L’hydrogène, mélangé au carbone capté dans l’atmosphère, produit des sucres simples et donc de la matière. L’oxygène restant seul est rejeté dans l’atmosphère durant le processus. Ainsi, il paraît plus pertinent de se diriger vers des associations gain de place, qui semblent plus pragmatiques.

L'Allélopathie et les Interactions Chimiques

Il existe deux grandes catégories d’associations : les associations allélopathiques, où certaines plantes exercent une influence, positive ou négative, sur leurs voisines par des substances chimiques naturelles, façonnant ainsi l’écosystème environnant. Les essences (appelées phytoncides) qu’émettent certaines familles de plantes pour se protéger contre les parasites peuvent être dangereuses pour les autres familles. L'association de vos légumes doit donc être réfléchie et tous ces critères doivent être pris en compte.

L'Expérimentation Personnelle : Créer Ses Propres Associations

Tous les exemples ne vous conviennent peut-être pas. Alors, pourquoi ne pas créer vos propres associations ? Grâce à cela vous serez en mesure de tenir compte de nombreux paramètres qui vous permettront de faire beaucoup d’essais ! Sentez-vous libre d’expérimenter. La phytosociologie et les influences négatives et positives entre les légumes en sont encore à leurs débuts. Ainsi, il reste beaucoup de choses à découvrir ! Il est important de vous détacher des livres traitant de cela et de les imaginer par vous-même en réfléchissant à la place future que prendra chaque plante lorsqu’elle sera développée.Un autre point qui mérite votre attention : deux plantes peuvent se protéger mutuellement en théorie, mais en pratique vous ne pourrez pas les faire pousser ensemble. Les associations de culture, comme toutes les pratiques, doivent être réfléchies ou pertinentes. Du moins acceptées et comprises par le jardinier : n’allez pas vous sentir coupable de faire 20m² de pommes de terre sans y glisser une culture associée.

Milpa les 3 sœurs au jardin potager permaculture

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