Exploration des Racines Familiales et Économiques dans le Finistère du XVIIe Siècle : Le Cas des Jaouen et des Briant

L'étude des archives familiales et notariales du XVIIe siècle révèle un monde complexe d'héritages, de transactions foncières et de vie quotidienne, particulièrement dans la région du Finistère en Bretagne. Les documents consultés, notamment un acte de 1698 concernant Margueritte Jaouen, et des inventaires de biens de 1704 relatifs à Anne Quéméneur, veuve de Prigent Jaouen, offrent un aperçu détaillé des structures familiales, des biens possédés et des activités économiques de l'époque. Parallèlement, l'analyse des familles Briant et Quéré, à travers leurs mariages, baptêmes et possessions, éclaire les liens communautaires et les dynamiques sociales de plusieurs paroisses, dont Ploudalmézeau et Saint-Pabu.

L'Héritage et les Biens des Jaouen à Ploudalmézeau

En date du 20 août 1698, Margueritte Jaouen, se présentant comme la fille de Pierre Jaouen (absent) et de feu Marye Omnès, et agissant en son nom propre ainsi que pour ses frères François, Yves, Jan, Antoine et Claude Jaouen, entreprend une démarche pour "parvenir à l'esligant et payement du rachapt" de sa défunte mère, décédée deux ans auparavant. Cette mention suggère une procédure successorale, potentiellement liée au rachat de droits ou de dettes laissées par la défunte. L'héritage familial comprenait de nombreuses terres situées à Bresechan en Ploudal et au Poullocq. Ces biens étaient sous la seigneurie de Kerlech et appartenaient pour moitié en indivis aux frères et sœurs Jaouen, et pour l'autre moitié à Pierre Jaouen, leur père, qui les avait acquis pendant sa communauté de biens par un contrat daté du 6 février 1680. Cette information souligne l'importance de la propriété foncière comme pilier de la richesse et de l'identité familiale.

Carte ancienne de Ploudalmézeau et ses environs

Plusieurs années plus tard, les 30 et 31 mai 1704, un inventaire détaillé des biens d'Anne Quéméneur, veuve de Prigent Jaouen, est dressé à Kerlanou en Ploudal. Cet inventaire, réalisé sur requête de leur fils aîné Servais Jaouen, agissant en qualité de curateur de ses frères et sœurs mineurs, offre un panorama de la vie domestique et des activités agricoles. Dans le grenier, on retrouve du matériel lié au travail du lin : un coffre, vingt balles de lin quasi neuves, deux "milier pezant" (environ 1000 kg) de lin pesé, douze livres de fil de reparon, un rouet à filer, trois dividoirs et une pesselle de bois, seize poids de fil d'estoupe, et une paire de grands "braisses" (peignes) pour peigner le lin. Ces éléments témoignent de l'importance de la production textile à domicile.

Le cheptel de la ferme comprenait trois vaches, deux génisses, deux "vedelles" d'un an, trois veaux d'un mois, quatre juments, et six oies. La mention d'un "jard" reste incomplète. Les "gaigneries" (récoltes) étaient dans le courtil de la maison et dans une pièce de terre nommée "parc le deniel". Dans ce dernier, deux "bouesseaux" (mesure de volume) d'orge avaient été semés, estimés à produire douze boisseaux lors de la récolte, pour une valeur de 45 sous le boisseau, soit 27 livres. Dans un autre champ, "ledit measeau goarem", quatorze sillons de lin étaient cultivés, estimés à produire quatorze cents "poignées" de lin en verge après rouissage, d'une valeur de 30 sous le cent, totalisant 21 livres. Le montant total de cet inventaire s'élevait à 1051 livres et un sol. Ces détails sur l'alimentation et le travail du lin, ainsi que la description du matériel agricole et domestique, sont particulièrement éclairants sur l'économie rurale de l'époque.

Les Lignages Briant et Quéré : Dynamiques Familiales et Paroissiales

L'étude des familles Briant et Quéré soulève des questions d'identification et de recoupement d'informations généalogiques. Il est mentionné que les quatre derniers des treize enfants de Jean Briant et Jeanne Quéré seraient nés à Kerouant en Saint-Pabu. Cependant, une base de données, nommée "récif", suggère que les parents seraient en réalité François Briant et Marie Quéré, avec des baptêmes enregistrés sur le registre de Ploudalmézeau. Cette divergence pourrait provenir d'un double mariage ou d'une confusion dans les sources, comme celle potentiellement faite par M. Lulzac.

Il est certain que les deux François Briant étaient frères. Le baptême de François, né le 27 août 1641 à Lampaul-Ploudalmézeau, avec pour parrain François Briant et marraine Elisabeth Briant, correspond à son âge présumé lors de son décès. Son père est prénommé "Hoarn" dans "récif", forme latine de Hervé. Ce François Briant s'est marié avant 1672 à Marie Quéré. Il s'ajoute à une fratrie comprenant Tanguy (marié en 1671 à Marie Cadour), Jean (marié avant 1652 à Jeanne Quéré), et un autre Jean (recteur de Ploudalmézeau), ainsi qu'un François (recteur de Ploudalmézeau). Une Marie Briant est citée, mariée avant 1631 à Olivier Daouben, dont deux enfants : Prigent (baptisé à Lampaul en 1631) et Anne (décédée en 1673 à Ploudalmézeau, à 40 ans, épouse de René L’Hostis, avec pour témoins François et Jean Briant, oncle et cousin maternel).

La question de l'origine des baptêmes de François, Hervé et Marie Briant est également soulevée. L'abbé Arzel aurait noté qu'avant le rectorat de Jean Briant (début 1642), les paroissiens se rendaient à Kersaint ou Lampaul pour les baptêmes. Une Marie Briant a été baptisée le 2 mars 1615 à Lampaul, fille de Maurice ? et Paich Magdalaine ?, avec pour parrains Tanguy et Jeanne Pellen. Il est suggéré que ce Maurice pourrait être celui qui possédait une terre à Saint-Pabu en 1600, prénom et époque concordant.

Arbre généalogique simplifié de la famille Briant

L'organisation des mariages et baptêmes dans les chapelles de la paroisse, mentionnée par l'abbé Arzel, semble avoir été réformée sous le rectorat de Jean Briant (1670-1683), successeur de son oncle homonyme (recteur de 1642 à 1670). Ces pratiques antérieures, parfois qualifiées de "désordres", incluaient des mariages et baptêmes dans des chapelles comme celles de Lestremeur, Sainte-Brigitte, Saint-Tuzven, Kerouanok, Kerlec'h, Saint-Roch, ainsi qu'à Kersaint et Lampaul. L'abbé Arzel note que sous le recteur Jean Briant, ces usages ont disparu.

Les deux Jean Briant avaient un autre frère, Tanguy, dont le mariage en 1671 avec Marie Cadour est documenté. L'acte de mariage mentionne leurs parents : Hervé Briant et Isabeau Bosec pour Tanguy, et feu François Cadour et Margueritte Thepault pour Marie. Tanguy Briant avait environ trente-cinq ans et Marie Cadour vingt-huit ans. La sœur de Tanguy, Marie Briant, âgée de 28 ans et native de Ploudalmézeau, issue d'Hervé et Isabeau Bosec, s'est mariée le 29 janvier 1671 à Lampaul avec Prigent Pellen, 22 ans, frère d'Alain et né à Ploudalmézeau. À la génération précédente, Hervé (décédé en 1672) et son épouse (décédée en 1675) avaient une sœur nommée Marie, citée en 1670.

La famille Briant possédait des terres à Kerlagadec et au Reut (Saint-Pabu). Jean Briant et Jeanne Quéré ont eu treize enfants entre 1651 et 1678, dont quatre nés à Kerouant en Saint-Pabu. Parmi les survivants, Hervé a repris la ferme de Villeneuve, Marie (épouse de Pierre Quéouron) de Kerrescat en Ploudalmézeau, et Perrine (épouse de René Le Leizour) de Kervizien en Plouguin.

Transactions Foncières et Fermage : L'Exemple de Kerlech

Les documents révèlent également des transactions importantes impliquant la seigneurie de Kerlech. Le 17 mai 1666, un acte de ferme est établi entre Messire Pierre Claude de Kerlech, seigneur baron de Kerlech, et Jean Briant, manant au village de la Villeneuffve à Ploudalmézeau. Pierre Claude de Kerlech donne à ferme pour neuf ans, à compter de la Saint-Michel de septembre 1667, le convenant où Jean Briant réside, incluant maison, dépendances et terres. Le fermage annuel est fixé à quatre-vingt-seize livres tournois, payable à la Saint-Michel. Jean Briant s'engage également à entretenir le moulin, à effectuer la moitié des corvées ordinaires, et à maintenir les maisons et fossés en bon état. Il lui est interdit de couper du bois, de brûler les terres chaudes, de sous-louer sans le consentement du seigneur, et doit cultiver les terres en "bon père de famille". La somme de cent cinquante livres tournois est également versée par Jean Briant au seigneur en commission, dont soixante-dix livres à son épouse dans la huitaine et cent sous aux domestiques. Le solde de quatre-vingt-dix livres devait être payé au seigneur le 15 juillet suivant.

Un autre acte, daté du 11 juin 1666, concerne une ferme de neuf ans entre Pierre Claude de Kerlech, demeurant au château de Kerlech, et Jean Bescond, résidant à Kerguezren en Ploudalmézeau. La ferme commence le 1er avril 1668. Ces actes de fermage illustrent les relations économiques entre seigneurs et paysans, structurant l'exploitation des terres et la vie rurale.

Échos Historiques et Sociétaux

Les informations fournies touchent également à des sujets plus larges, comme la présence potentielle de communautés juives en Bretagne, évoquée par la Société Archéologique du Finistère dans son bulletin de 1981. La mention "natus sub lege" dans les baptêmes du XVIIe siècle à Ploudalmézeau pourrait être liée à cette question, bien que l'interprétation des noms bibliques comme indicateurs d'influence juive ou chrétienne soit complexe. Les toponymes comme "judée" en Bretagne sont également cités.

Le cas de "Frans Jocq", capitaine originaire de Rotterdam, capturé par des corsaires basques en 1640, apporte une perspective sur les risques maritimes et commerciaux. Le vol de six cents écus de toile et autres marchandises souligne la fragilité des échanges commerciaux. L'estimation que 9% des navires du Léon rencontraient des corsaires basques se rendant à Bordeaux dans les années 1640-1647 donne une idée de la fréquence de ces attaques.

Enfin, des extraits plus récents abordent des sujets variés, comme l'histoire de l'Enseignement Catholique à Nantes, la nomination de Stéphane Bescond comme coach du Racing Club Lesnevien, ou encore les témoignages de femmes dans le secteur du BTP. Ces éléments, bien que déconnectés des contextes historiques précédents, enrichissent la compréhension des diverses facettes de la vie et des activités humaines à travers le temps et dans différents domaines. L'inscription d'une structure au Registre National des Entreprises (RNE) et les données issues de l'INSEE, mentionnées dans les extraits, illustrent la manière dont l'information économique et administrative est aujourd'hui organisée et rendue publique.

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