Tout savoir sur la semence de chou fourrager : Guide complet de culture et d'utilisation

Le chou fourrager, identifié sous le nom latin Brassica oleracea var. viridis L., occupe une place de choix dans le paysage agricole et potager. Contrairement aux variétés classiques destinées à la consommation humaine sous forme de pomme, ce chou ne pomme pas. Il se distingue par une morphologie unique, produisant de longues et larges feuilles vertes disposées le long d’une tige robuste. Cette plante très productive et très rustique peut atteindre plus d’un mètre de hauteur, offrant un rendement foliaire exceptionnel.

Champ de choux fourragers en pleine croissance

Nature et caractéristiques botaniques

Le chou fourrager appartient à la famille des Crucifères. Il s'agit de choux qui ne forment pas de têtes, qui ont un développement foliaire extraordinaire et qui ont la capacité de former de nouvelles feuilles au fur et à mesure que nous les récoltons. Certaines variétés, comme le chou fourrager à poignée de pichet Chaves, présentent des feuilles en forme d'anse avec des nervures marquées. D'autres, à l'instar du chou fourrager géant Proteor Horse, sont des plantes hautement végétatives pouvant atteindre deux mètres de hauteur. Le chou fourrager est également qualifié de chou branchu, ou chou moëllier, se caractérisant par une tige renflée en fuseau sur laquelle se développent les feuilles.

Exigences climatiques et pédologiques

La réussite de la culture du chou fourrager repose sur une compréhension fine de ses besoins environnementaux. En général, ces plantes préfèrent les climats frais et humides. Le chou fourrager qui a une préférence pour les régions au climat doux et humide se sème à un emplacement ensoleillé et abrité des vents. Il lui faut un sol riche, légèrement argileux, plutôt frais et très bien drainé. Bien qu'il apprécie les sols profonds et bien fertilisés qui retiennent l'humidité, il est crucial d'éviter les problèmes d'engorgement. En tant que culture d'automne-hiver, elle démontre une excellente résistance au gel, ce qui en fait un atout majeur pour la production de biomasse en période froide.

Schéma illustrant le développement foliaire d'un chou fourrager

Techniques de semis et de plantation

Pour établir la culture, la technique de transplantation est le plus souvent utilisée, réalisée 30 à 35 jours après le semis. Pour les graines de chou fourrager, le semis en pépinière s'effectue généralement de mars à mai. Pour le chou fourrager géant, le semis peut se faire de préférence d'avril à juin, soit en pépinière, soit en place, soit à la volée.

Le repiquage en pleine terre intervient au maximum en mi-juillet, lorsque les plantules atteignent environ 15 cm de hauteur. En fonction du développement de la variété choisie, de la zone et de la saison de croissance, le cadre de plantation peut varier de 60 à 100 cm entre les lignes et 30 à 50 cm entre les plantes. Par exemple, pour une culture optimisée, on peut placer un plant tous les 60 cm sur la ligne, avec 50 cm entre les rangs.

Entretien et gestion phytosanitaire

Une fois la culture établie, le maintien de la santé des plants est essentiel. Il est important de biner et sarcler régulièrement le sol afin de faciliter la pénétration de leau. L'arrosage doit être suffisant pour maintenir le sol frais. Fertiliser de manière appropriée en fonction de la fertilité de la parcelle est également une étape clé.

Sur le plan phytosanitaire, soyez attentif à tout problème pouvant survenir : vers de terre, mouche du chou, teigne du chou, altise, puceron, mildiou ou alternaria. Par temps sec, les altises peuvent s’attaquer au chou fourrager, mais un bon arrosage au jet les fera fuir. Concernant la piéride du chou, il suffit de poser un voile anti-insectes au printemps pour protéger les jeunes pousses. La gestion des mauvaises herbes peut nécessiter l'usage d'herbicides si la pression est trop forte.

Réussir ses choux pour cet automne, cet hiver, le printemps prochain...

Récolte et usages polyvalents

La période de récolte s'étend généralement de septembre à fin mars, durant tout l’hiver. Il suffit de casser les feuilles à la base du pétiole au fur et à mesure des besoins. Le chou fourrager est très apprécié par le bétail pour son effet rafraîchissant et sa teneur en vitamines. Il est idéal pour nourrir tous les groupes d’animaux : ovins, bovins, caprins, ainsi que les volailles et, bien sûr, les lapins, pour qui il constitue un élément de base de l’alimentation hivernale.

Au-delà de son usage agricole, le chou fourrager Cavalier vert est considéré comme un légume vert dans le sud-ouest de la France, où il sert de base à la garbure. Pour les variétés comme le chou fourrager à poignée de pichet, les feuilles extérieures sont utilisées comme fourrage tandis que les feuilles intérieures et le petit chou intérieur sont appréciés pour la consommation humaine. Cette double utilité en fait une plante de choix pour les exploitations diversifiées et les jardins potagers cherchant à maximiser leur autonomie alimentaire tout au long de l'année.

Optimisation de la production et association de cultures

La productivité du chou fourrager peut être optimisée par une gestion rigoureuse de la fertilité du sol. En cours de végétation, un apport d’engrais complet peut favoriser la vigueur de la plante. Le chou fourrager Proteor peut être associé à différents légumes dans un potager en fonction de ses besoins en matière de sol et de nutrition. Cette pratique d'association permet non seulement de mieux utiliser l'espace, mais aussi d'améliorer la santé globale du jardin grâce à une gestion différenciée des nutriments.

La densité de plantation, bien que variable selon la variété, doit toujours permettre une circulation d'air suffisante pour limiter les risques de maladies fongiques comme le mildiou. Un emplacement ensoleillé est préconisé pour favoriser la photosynthèse et garantir une accumulation maximale de biomasse avant les périodes de froid intense. La rusticité de la plante permet de prolonger la récolte bien après les premières gelées, assurant une source de nourriture fraîche quand le reste du jardin entre en dormance.

Infographie montrant le calendrier de semis et de récolte du chou fourrager

Perspectives sur la sélection variétale

Le choix de la semence est déterminant pour le résultat escompté. Les variétés non hybrides et reproductibles offrent l'avantage de pouvoir conserver ses propres graines d'une année sur l'autre, une pratique valorisée par les jardiniers autonomes. Les variétés géantes, bien que demandant un châssis de plantation plus large (100x80 cm), offrent une masse foliaire impressionnante, idéale pour les élevages de petite taille ou pour une production intensive en surface réduite.

La précocité est un autre critère de sélection : certaines variétés sont classées comme mi-précoces, permettant une mise en production rapide. Il est conseillé de consulter les spécificités techniques, comme le nombre de graines par sachet (environ 3000 graines pour certaines références), pour anticiper ses besoins en semis. La facilité de culture, couplée à une grande capacité de régénération foliaire après récolte, fait du chou fourrager une plante d'une résilience remarquable, indispensable à tout système de culture visant la durabilité et l'autosuffisance.

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