Tout savoir sur l'arrosage intégré avec l'eau de ville

Schéma d'un système d'arrosage intégré avec l'eau de ville

L'arrosage est un élément essentiel pour maintenir la beauté et la santé des jardins, qu'ils soient publics ou privés. Pour beaucoup, un système d'arrosage intégré représente la solution idéale pour garantir un apport en eau suffisant et régulier. Cependant, l'utilisation de l'eau de ville pour ce type d'installation soulève plusieurs questions, notamment en termes de pression, de débit et d'optimisation. Cet article explore les aspects techniques, les astuces et les considérations pratiques pour un arrosage intégré performant avec l'eau du réseau public.

Arrosage intégré et eau de ville : compatibilité et défis

95% des installations chez les particuliers sont raccordées à l'eau de ville. Un arrosage intégré avec plusieurs réseaux et des tuyères peut tout à fait fonctionner avec l'eau de ville, à condition de prendre en compte ses spécificités. Le principal défi réside souvent dans la pression et le débit disponibles.

Pression et débit : les piliers d'une installation réussie

La pression et le débit sont des paramètres cruciaux pour le bon fonctionnement d'un système d'arrosage intégré, en particulier avec des tuyères classiques. Ces dernières nécessitent une pression et un débit suffisants pour fonctionner efficacement. Pour des installations complexes ou de grandes surfaces, il est fondamental de calculer le débit et la pression de l'eau de ville à l'arrivée.

Manomètre et débitmètre pour mesurer la pression et le débit de l'eau

Une bonne pratique consiste à vérifier la pression à l'arrivée au compteur avant le limiteur de pression de la maison. Certains utilisateurs ont mesuré jusqu'à 11 bars à cet endroit, ce qui est souvent suffisant pour soulever plusieurs asperseurs simultanément. En effet, une alimentation en amont du limiteur de pression de la maison peut permettre d'obtenir des pressions élevées, parfois jusqu'à 10 bars, nécessaires pour des installations exigeantes.

Cependant, il est important de noter que le limiteur de pression est mis en place pour ne pas abîmer le matériel intérieur de la maison. Contourner ce limiteur, bien que permettant d'obtenir une pression plus élevée pour l'arrosage, est aux risques et périls de l'utilisateur.

Si la pression de l'eau de ville est faible, plusieurs solutions peuvent être envisagées pour l'augmenter. Une option simple et évidente, en première analyse, est l'utilisation d'un surpresseur. Cet équipement, largement disponible sur internet, permet d'augmenter la pression de l'eau dans le réseau d'arrosage. Une autre astuce consiste à régler le limiteur de pression de la maison à une valeur plus élevée, par exemple 4 bars, à condition que la pression d'arrivée soit supérieure.

Optimisation des réseaux et gestion des pertes de charge

Pour que l'arrosage intégré fonctionne bien avec l'eau de ville, il est également possible de multiplier les branches dans le jardin afin de minimiser le nombre d'asperseurs (ou tuyères) par branche. Cette approche permet d'augmenter la pression disponible pour chaque asperseur.

Tuyères d'arrosage en fonctionnement

En plus de la pression, il faut faire particulièrement attention aux pertes de charge. Les diamètres de tuyaux vendus en grande surface pour ce genre d'arrosage sont généralement trop petits, convenant davantage pour arroser les 10 m² de pelouse d'un jardin parisien. Pour des installations plus importantes, des diamètres de tuyaux adéquats sont essentiels pour minimiser les pertes de charge et garantir une distribution uniforme de l'eau.

Certains systèmes utilisent un distributeur à plusieurs voies, comme un distributeur Gardena à 6 voies, pour gérer différentes zones d'arrosage et optimiser la pression.

Astuces pour un arrosage efficace et des problèmes courants

L'installation d'un arrosage automatique peut être complexe et rencontrer divers problèmes. Il est essentiel de connaître les astuces pour éviter les désagréments et optimiser son système.

Choix du matériel et installation

Lors de l'installation, il est fréquent de rencontrer des difficultés à rendre étanches les connecteurs en plastique. Certains ont constaté qu'il fallait les bourrer de mastic silicone en raison d'un jeu excessif ou d'une qualité insuffisante. Le choix de marques fiables et de matériaux de qualité est donc primordial. Les Techniciens de l'Eau, par exemple, travaillent en partenariat avec les plus grandes marques de matériel d'arrosage, telles que Rain Bird, HUNTER, pour offrir des produits de qualité, fiables et performants.

Programmateurs d'arrosage

Programmation et automatisation

Les programmateurs sont des outils essentiels pour un arrosage automatique. Cependant, certains modèles peuvent être compliqués à programmer. Des programmateurs comme le Gardena ont pu éclater deux fois par le gel, engendrant un coût important et un abandon du système. Il est donc recommandé de choisir des programmateurs adaptés aux conditions climatiques et offrant une simplicité d'utilisation.

Il existe différentes catégories de programmateurs :

  • Programmateurs de robinet : Simples d'utilisation, ils se fixent directement sur le robinet et permettent de régler la durée d'arrosage.
  • Programmateurs déportés : Conçus pour les réseaux enterrés, ils offrent plus de fonctionnalités, comme la programmation multivoies (gestion de plusieurs zones d'arrosage) et la possibilité de définir des plages horaires différentes pour chaque zone.
  • Programmateurs connectés : En plus des fonctionnalités des programmateurs déportés, ils permettent de piloter l'arrosage à distance grâce à une application mobile.

Des détecteurs d'humidité peuvent être utilisés pour contrôler l'arrosage pendant les vacances, mais ils nécessitent un réglage précis pour être efficaces.

Types d'arroseurs et accessoires

Pour un arrosage intégré, le choix des arroseurs est déterminant :

  • Tuyères d’arrosage : Ce sont des arroseurs à jet fixe conçus pour irriguer de petites surfaces avec une pluie fine et continue. Elles sont idéales pour les massifs de fleurs, les bordures, les petites pelouses ou les zones de formes irrégulières. Une tuyère d’arrosage est un dispositif qui se fixe à un réseau d’arrosage et qui projette l’eau sous forme de jet fixe.
  • Turbines d’arrosage : Ce sont des arroseurs escamotables conçus pour irriguer de moyennes et grandes surfaces avec une portée importante. Elles sont idéales pour les pelouses, les parcs, les terrains de sport et autres espaces verts de grande taille. Une turbine d’arrosage est un arroseur rotatif qui se rétracte dans le sol lorsque l’arrosage est terminé. Elle est alimentée par la pression de l’eau, ce qui permet au corps de la turbine d’émerger à la surface pour arroser.

Les électrovannes jouent un rôle essentiel dans les systèmes d'arrosage automatique. C'est un robinet commandé électriquement, relié au programmateur qui envoie un signal électrique pour ouvrir ou fermer l’alimentation en eau. Elles existent en version 9V (idéales pour les petites installations résidentielles) et 24V (plus robustes, parfaites pour les grands jardins et terrains de sport).

Les regards d'arrosage sont également des éléments essentiels pour tout système d'arrosage enterré. Ils permettent de protéger les composants fragiles tels que les électrovannes, les programmateurs et les raccords, tout en offrant un accès facile pour la maintenance. Un regard d’arrosage est un boîtier, généralement en plastique résistant, qui est enterré dans le sol et qui abrite les éléments du système d’arrosage.

Les bouches d’arrosage, des robinets affleurant la surface du sol, simplifient l'arrosage et sont faciles à installer et à utiliser.

Les différents systèmes d'irrigation en agriculture et leurs avantages

Arrosage goutte à goutte et tuyaux poreux

L'arrosage goutte à goutte est une méthode d’irrigation qui consiste à apporter l’eau directement au pied des plantes, de manière lente et régulière. Ce système d’irrigation utilise des tuyaux et des goutteurs pour distribuer l’eau directement aux racines des plantes. Il offre des avantages tels que l'installation facile, l'économie d'eau et un arrosage précis au pied des plantes.

Cependant, les tuyaux poreux peuvent présenter des défis. Un utilisateur a signalé qu'une 3e branche destinée à alimenter un tuyau poreux n'a jamais fonctionné en raison d'un débit insuffisant pour une période programmée. Cela souligne l'importance de s'assurer d'un débit suffisant pour ce type de système.

Les tuyaux de surface sont également une option, étant résistants, imputrescibles et supportant des pressions élevées (6 à 16 bars).

Considérations écologiques et économiques

L'arrosage optimisé prend en compte la trilogie de la biodiversité : le sol, la plante et le climat. L'objectif est d'arroser avec des apports d'eau justes et au bon moment pour une gestion équilibrée et mesurée des ressources en eau. Arroser trop peut abîmer les plantes et favoriser les maladies phytosanitaires, tandis qu'un arrosage insuffisant peut entraîner le flétrissement des végétaux et la dégradation des sols.

L'eau de ville versus les alternatives

Le prix du m3 d'eau est un critère à prendre en compte. Pour une surface de 600m2, il faut aussi calculer le prix d'un forage, de la pompe, de l'automatisation, de la filtration, de la remise en état du terrain après forage, de la consommation électrique de la pompe et de l'entretien d'un tel système. Les durées d'amortissement pour un forage à 20 mètres peuvent être très très longues, et le gain d'argent pour 600m2 peut être faible ou très long à obtenir. Un forage est souvent trop cher ou l'eau trop profonde pour être une option viable pour de nombreux particuliers.

L'eau de pluie est largement préférable à l'eau du réseau de distribution pour l'arrosage, avec ses apports naturels en micronutriments. Elle est idéale pour économiser l'eau et faire face aux étés de plus en plus chauds. Personnellement, une installation sur une cuve de récupération d'eau de pluie, qui impose de toutes manières une pompe, est une solution efficace. En manque d'eau de pluie, la cuve est remplie automatiquement par de l'eau de ville par déversement.

L'eau de ville est parfois traitée de manière importante, ce qui peut avoir comme conséquence une modification du pH du sol, ce qui peut engendrer des carences et des maladies sur le potager.

Avoir un puits dans son jardin pour arroser est confortable, offrant une ressource gratuite et sur place. Cependant, l'eau se situant en profondeur et à l'abri de la lumière peut avoir une température bien plus froide que celle de l'extérieur. Arroser en pleine chaleur avec cette eau pourrait provoquer un choc thermique sur les plantes. Il est conseillé de stocker l'eau dans des bacs à température ambiante avant de l'utiliser par temps chaud.

Pratiques d'arrosage optimisées

Pour limiter l'arrosage au jardin, surtout pour faire face à des étés de plus en plus chauds, plusieurs pratiques sont recommandées :

  • Éliminer les mauvaises herbes : Elles puisent en surface l'eau destinée aux plantations.
  • Paillage : Disposer sur le sol au pied des plantations une épaisseur de paillis (résidus de tonte, feuilles broyées, etc.) permet de conserver un niveau d'humidité régulier, économisant ainsi les arrosages, et en se décomposant, il nourrit le sol et limite la pousse des mauvaises herbes.

La période idéale pour arroser, surtout en pleine chaleur, est le soir. Les plantations profiteront d'une relative fraîcheur la nuit et le vent tombe en fin de journée, ne desséchant pas la terre. Cependant, arroser le matin peut être préférable en présence importante de limaces et pour éviter les chocs thermiques.

Il est généralement recommandé d'arroser aux pieds des plantes sans en mettre sur le feuillage, car le risque d'apparition et de propagation de maladies cryptogamiques est important.

Étude et conception d'un système d'arrosage

Pour vous garantir une installation optimale, des professionnels comme Les Techniciens de l'Eau réalisent une étude gratuite de votre terrain. Cette étude prend en compte différents paramètres tels que la surface à arroser, le type de sol, les besoins spécifiques des plantes, la pression et le débit de l’eau. Cette démarche permet de proposer la solution d’arrosage la plus adaptée aux besoins et au budget.

Le plan de gestion différenciée consiste à adapter la gestion de l’entretien des végétaux (et donc de l’arrosage) en prenant en compte les caractéristiques géographiques, écologiques et paysagères du site, sa fréquentation et son usage. Cette gestion s’apparente à un entretien extensif dit « écologique » et sous-entend de varier les systèmes d’arrosage (manuel, automatique à programmation, goutte à goutte…) en fonction des besoins des végétaux.

Plan d'un jardin avec zones d'arrosage

La biodiversité et le choix des plantes

Dans la mesure du possible, il est important de privilégier ce qu’on appelle « la biodiversité de proximité » avec des végétaux locaux pour répondre aux enjeux écologiques et climatiques. Le guide « Plantons local en Occitanie » nous donne toutes les clés pour réussir cette démarche.

Cependant, il est évident que sur une région aussi hétérogène en termes de climat ou de paysage, certains végétaux ne sont pas adaptés, surtout lorsqu’on se focalise sur le milieu urbain où la chaleur et la minéralisation impactent fortement le microclimat local. Dans ce cas, il est généralement recommandé de privilégier les végétaux locaux, et d’alterner avec plantes méditerranéennes (résistantes mais qui ne transpirent pas) et des arbres d’ornement (voire des plantes exotiques).

L’arrosage optimisé, c’est aussi comprendre le fonctionnement des végétaux et notamment le processus de remontée capillaire. Une des solutions la plus efficace pour tenir face aux températures caniculaires se trouve dans l’évaporation des arbres, qui produisent des nuages en transpirant par un processus d’évaporation.

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