Assainissement par les plantes : la phytoépuration, une solution écologique et durable

Le milieu naturel est confronté à une menace croissante due à l'augmentation de la consommation d'eau et aux rejets pollués qui en résultent. Face à cette problématique environnementale majeure, l'assainissement par les plantes, aussi appelé la phytoépuration, s'est imposé comme une solution innovante et respectueuse de l'environnement. Cette technique, qui consiste à réunir des plantes chargées d'épurer les eaux usées, se présente comme une alternative efficace aux systèmes d'assainissement traditionnels.

Schéma de fonctionnement d'une station de phytoépuration

Le principe de la phytoépuration : un filtre naturel et biologique

La phytoépuration repose sur un principe simple et ingénieux : l'utilisation des capacités naturelles des plantes et de leurs micro-organismes associés pour purifier les eaux usées. Les professionnels désignent souvent ce système comme un « filtre vertical ». Les eaux, en pénétrant dans un bassin spécialement conçu, vont être filtrées ou digérées par les plantes et plus particulièrement par leur complexe racinaire. Ce dernier, riche en micro-organismes, joue un rôle crucial dans le processus d'épuration avant que l'eau ne soit finalement libérée.

Ce système, bien qu'à l'air libre, ne dégage aucune odeur nauséabonde, un avantage considérable par rapport à d'autres méthodes d'assainissement. Le principe de la phytoépuration est identique à celui du compostage : au contact de l'air, la dégradation des agents polluants produit de l'humus et de la vapeur d'eau.

Les acteurs de l'épuration : plantes macrophytes et micro-organismes

Depuis une décennie, l'utilisation de végétaux semi-aquatiques tels que les massettes, joncs, hélophytes et plantes aquatiques a fait ses preuves dans la lutte contre les pollutions. L'épuration des eaux polluées est rendue possible grâce aux interactions bio-géo-chimiques complexes entre le substrat, une sélection de plantes épuratrices et leurs micro-organismes associés.

Les plantes macrophytes, au cœur de ce système, sont particulièrement adaptées. Elles s'adaptent à tout type de sol et elles se montrent résistantes aux écarts de température et au gel, garantissant ainsi la pérennité du système. Les roseaux et les joncs, par exemple, sont connus pour produire beaucoup d'oxygène, facilitant ainsi le développement d'un grand nombre de bactéries bénéfiques pour l'épuration.

Phytoépuration : l'assainissement des eaux par les plantes

Une installation modulable et un entretien simplifié

Une station de phytoépuration nécessite un peu de terrain pour l'installer, mais elle ne coûte pas cher en matériaux et s'avère d'un entretien très simple. Cette solution peut s'envisager aussi bien chez des particuliers qu'à l'échelle d'une petite commune, démontrant sa flexibilité et son adaptabilité à diverses configurations.

Pour commencer, cet assainissement par les plantes va nécessiter différents bassins, généralement au nombre de deux. La première étape consiste en le choix des plantes. Il est notamment crucial de sélectionner celles possédant la propriété d'absorber les substances polluantes destinées à chaque étape de la filtration.

Dans le premier bassin, directement connecté à la sortie des eaux usées de la maison, s'effectue le prétraitement et la rétention des principaux agents polluants. On y retrouve des plantes robustes comme les bambous, les laîches, les massettes ou encore les roseaux. Dans chaque bassin, on superpose des lits de gravier et de sable toujours plus fins, et un drain évacue l'eau vers le second bassin.

Exemple de plantes utilisées dans le premier bassin de phytoépuration

Le second bassin, construit en contrebas du premier, permet d'affiner la pollution de l'eau. Pour cette étape, on repique des végétaux épurateurs comme la menthe aquatique, les iris ou la salicaire. Dans ce second bassin, les plantes retiennent les phosphates, les nitrates et les autres agents polluants contenus dans l'eau. Enfin, les bactéries présentes dans les racines de ces plantes vont permettre d'épurer l'eau de manière encore plus approfondie.

L'entretien d'une station de phytoépuration est minimal. Au printemps, il suffit de désherber chaque bassin pour l'entretenir, assurant ainsi le bon fonctionnement du système.

Les avantages multiples de la phytoépuration

La phytoépuration présente de nombreux avantages qui en font une option attrayante pour l'assainissement des eaux usées :

  • Absence d'odeur : Contrairement à d'autres systèmes, la phytoépuration est un processus aérobie qui ne génère pas de mauvaises odeurs.
  • Pas de vidange : Le système est autonome et ne nécessite pas de vidange régulière, réduisant ainsi les coûts et les contraintes d'entretien.
  • Totalement écologique : En utilisant des processus naturels, la phytoépuration respecte l'environnement et contribue à la préservation des ressources en eau.
  • Économique : Une fois installée, une station de phytoépuration est peu coûteuse en matériaux et en entretien.
  • Résistance des plantes : Les plantes macrophytes sont résistantes aux variations de température et au gel, garantissant la durabilité du système.
  • Adaptabilité : Le système s'adapte à différents types de sols et peut être mis en place pour des particuliers comme pour de petites collectivités.

Plantations et assainissement individuel : une coexistence harmonieuse

La question de la proximité des plantations avec un système d'assainissement individuel est régulièrement évoquée. Il est essentiel de prendre en compte le développement racinaire des végétaux pour éviter d'endommager les drains ou le système de filtration. En général, on estime qu'un arbre a un système racinaire proportionnel à sa taille et à son envergure.

Lors de l'aménagement d'un terrain d'environ 900 m², l'idée d'entourer l'assainissement d'une haie champêtre peut être séduisante pour créer un aspect plus sauvage et offrir un gîte et le couvert à l'avifaune locale. Cependant, il est crucial de choisir des plantations qui soient en adéquation avec la proximité de l'assainissement tout en assurant un effet brise-vent et brise-vue.

Des arbustes avec des racines moins envahissantes seraient moins gênants. Pour une haie fleurie mélangeant diverses essences d'arbres et d'arbustes, il est important de sélectionner des espèces aux racines non agressives. Par exemple, certains cyprès, au-delà des Leylandii, ont une racine pivot qui ne devrait pas abîmer les drains. Il est toujours préférable d'opter pour des essences sans racines trop envahissantes. Des arbustes offrant des parfums agréables ou un feuillage rouge sombre très joli en hiver peuvent également être envisagés, tout en veillant à leur compatibilité avec le système d'assainissement.

Exemples d'arbustes à racines non envahissantes pour une haie de jardin

Il est primordial d'éviter les plantes sujettes aux maladies, car celles-ci peuvent se propager rapidement aux autres plantations, compromettant l'esthétique et la santé de la haie. La réflexion sur l'implantation du jardin et de ses éléments, y compris les plantations à proximité de l'assainissement, est un processus long qui demande une planification minutieuse pour assurer la durabilité et l'harmonie de l'ensemble.

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