
Le potager est un lieu d'expérimentation et de découverte, où la nature offre des synergies insoupçonnées. Parmi les cultures incontournables, la tomate et la blette se distinguent par leurs spécificités et leur potentiel à être cultivées en association. Cette pratique ancestrale, connue sous le nom de compagnonnage, vise à optimiser l'espace, la santé des plantes et les rendements. L'association de légumes est une technique visant à cultiver ensemble différentes espèces pour bénéficier de leurs interactions positives. Cette méthode est particulièrement pertinente pour la culture de blettes et de tomates.
La tomate fait partie des incontournables au potager. Cette culture a tendance à prendre de la place, surtout en hauteur. Pour maximiser les rendements, elle peut être associée avec la culture d’autres végétaux. De même, la blette, avec son feuillage généreux et sa rusticité, peut tirer avantage des associations judicieuses pour améliorer sa croissance, tout en contribuant à la santé globale du potager. Certains cohabitent bien ensemble, d’autres ont même des effets mutuels bénéfiques. Il est donc tout à fait possible de planter de nombreuses cultures en association avec la tomate.
Les associations de plantes : une alchimie végétale au service du jardin
Les jardins potagers, ces espaces dédiés à la production d’éléments bio dans certaines maisons, se prêtent merveilleusement bien à la pratique de l’association de légumes. Cette technique, qui relève presque de l’alchimie végétale, consiste à planter côte à côte des espèces qui se soutiennent mutuellement, que ce soit en termes de croissance, de protection contre les nuisibles ou même d’amélioration de la qualité du sol. L'association de plante est une méthode ancestrale, pratiquée par les peuples du monde entier depuis des milliers d’années. Elle consiste à avoir un espace cultivé évolutif où chaque végétal a une place bien définie dans le but de créer un équilibre parfait. Les associations s’emploient aussi bien pour repousser des ravageurs et des maladies que pour aider des plantes à croître plus harmonieusement.
Relations allélopathiques et bénéfices mutuels
On parle de relation allélopathique lorsque deux plantes ont une action bénéfique (ou négative) l’une sur l’autre. Il existe certaines associations qui permettent de renforcer la tomate contre les maladies ou les ravageurs et d’autres qui permettent d’exhausser leur goût. Effectivement, certaines plantes peuvent repousser les nuisibles ou enrichir le sol, créant ainsi un environnement plus équilibré et productif. Ces interactions positives entre les plantes peuvent aussi jouer un rôle dans la prévention des maladies et la gestion des nuisibles, en attirant des insectes bénéfiques ou en secrétant des substances répulsives naturelles.
Cependant, sur le papier, ces compagnonnages de plantes paraissent très intéressants. Sur le terrain, il est facile d’interpréter ce que l’on observe mais dans les faits, ces symbioses ne sont pas toujours étayées par des essais scientifiques. Ou elles le sont, mais en laboratoire. Il existe donc de nombreuses études ou parutions médias sur le sujet mais qui parfois se contredisent. En réalité, de nombreux autres facteurs entrent en compte. Le type de sol, l’itinéraire de culture, la météo et la pression face aux maladies jouent un rôle central. En partant de ce postulat, les associations dites allélopathiques ne sont pas forcément les plus intéressantes au potager.
Les bonnes associations sont celles qui permettent aux deux plantes de se compléter, et de capter les rayons du soleil du mieux possible. L’association de la blette avec d’autres plantes peut non seulement optimiser sa croissance, mais aussi celle de ses compagnons de plantation. Cette synergie au jardin crée un écosystème plus résistant et autonome, qui diminue la nécessité d’interventions chimiques. Ces méthodes s’inscrivent parfaitement dans une démarche de permaculture, où chaque élément du potager contribue à l’équilibre de la terre et à la santé des légumes.
Avantages du compagnonnage
Pour les adeptes du jardin potager, l’association des légumes représente aussi une économie d’espace et de ressources. Effectivement, certaines plantes, lorsqu’elles sont associées, peuvent partager le même espace racinaire sans se concurrencer. Cela permet de cultiver plus de légumes dans un espace réduit, ce qui est essentiel pour les petits jardins. La gestion de l’eau et des nutriments s’en trouve facilitée, puisque les besoins complémentaires des plantes associées peuvent être comblés de façon plus homogène.
Tout sur les cultures associées. L'art de bien mélanger vos légumes
Cultiver la tomate en association : astuces et bonnes pratiques
La tomate est un légume incontournable du jardin potager. Cultiver des plantes compagnes à ses côtés offre de nombreux avantages. Certaines associations judicieuses avec les tomates permettent de repousser les insectes et autres nuisibles, et ainsi prévenir certaines maladies, mais également de gagner de la place au jardin potager ou encore d'améliorer le goût des tomates. Nous tenons à préciser que ces associations se font avec des tomates taillées. Si vous ne taillez pas, il sera difficile de faire des associations car les plants prennent énormément de place.
Les associations bénéfiques pour la tomate
- Le duo tomate basilic : Si les deux se marient bien en salade, ils se plaisent aussi côte à côte au jardin. Le second aurait tendance à améliorer la saveur des tomates, tout en éloignant certains insectes avec ses essences aromatiques importantes. Compagnon indispensable entre les plants de tomate, le basilic exhale des essences aromatiques réputées améliorer le goût des fruits à proximité et repousser certains insectes.
- Les fleurs protectrices : Si les fleurs sont agréables au potager, certaines ont aussi des effets bénéfiques sur les plantes. Les œillets d’Inde notamment rejettent des molécules nématicides et antibactériennes. Les nématodes sont des parasites de la tomate qui grignotent rapidement les racines jusqu’à la mort de la plante. Ces fleurs de la famille des astéracées font donc très bon ménage avec la culture de la tomate. La fleur de soucis a, à peu près, les mêmes effets, mais dans une mesure moindre. Les œillets et roses d’Inde offrent des fleurs attractives pour une foule d’insectes pollinisateurs et favorisent ainsi la fécondation des fleurs des légumes du potager. La capucine peut aussi servir de rempart contre les pucerons sur les tomates. Leurs tiges juteuses sont très prisées par les pucerons. En début de saison, ces derniers préfèreront sucer cette fleur plutôt que vos légumes. Même si ces piqueurs suceurs se développent rapidement sur les capucines, les prédateurs telle la coccinelle arriveront en masse pour soulager vos cultures avant que les tomates en pâtissent. Du moins, quand tout fonctionne quand on le souhaite ! En pratique, ce n’est pas toujours le cas. Mais les fleurs au potager ont tout de même de nombreux avantages.

Optimiser l'espace et les rendements
La tomate est une culture qui prend de la place au potager, et pour longtemps ! De mi-mai à fin septembre, elles occupent une bonne partie du potager. Pour rentabiliser un peu ces emplacements, il est donc possible d’intercaler des cultures avec les tomates. Les tomates sont des légumes qui prennent rapidement de la hauteur si on les tuteure. Il est donc tout à fait pertinent d’installer des cultures à leur pied.
- Légumes bas et cultures intercalaires : On peut par exemple planter des choux ou des laitues entre chaque pied de tomate. Un chou prêt à être récolté et juste au-dessus, bientôt des tomates mûres. Les salades profitent de l’ombre tamisée aux pieds des tomates en fin de printemps. Si le sol est assez fertile, les deux cultures se développeront parfaitement et les choux ou les laitues seront ramassés avant qu’ils ne viennent gêner la culture des tomates. On peut aussi jouer sur l’ombre portée des tomates pour des cultures plus sensibles aux chauds rayons du soleil. Il est donc tout à fait intéressant de semer une ligne de carotte aux pieds des tomates ou encore de cultiver des salades entre chaque plant. Pensez simplement à éloigner suffisamment les deux rangs : 30 cm ne sera pas de trop !
- Cultures à cycle court : Le cycle de croissance des radis est d’environ un mois, il sera donc même possible d’enchaîner plusieurs semis qui seront récoltés avant que les tomates ne produisent et prennent toute la lumière. Les radis sont semés le jour où l’on plante les tomates. Ils poussent, on les récolte, puis on paille !
- Anticiper la fin de saison : De même en fin d’été, lorsque les tomates sont encore en pleine production, on peut anticiper leur déclin en associant des légumes à leurs pieds. On peut alors faire un semis de légumes racines ou de verdures comme la laitue, directement au pied des plants. Des laitues plantées aux pieds des tomates. Pour gagner un peu en lumière, on peut enlever les feuilles des tomates sur 50 cm de hauteur.
- Augmenter la densité de plantation : Dans une même logique d’association gain de place avec la tomate, augmenter la densité de plantation permet de gagner en rendements. On peut citer par exemple les poireaux, les laitues, les betteraves, les carottes… Qui se plaisent tout à fait sous le léger ombrage des feuilles de tomate. Dans un petit potager, l’espace disponible peut donc être rempli au maximum. En début de saison, lorsque les tomates sont encore petites, on peut encore récolter de nombreux légumes au m2. Ici la tomate pousse entourée de carottes et de basilic.
- Agencement des plantations : Selon l’agencement de votre plantation de tomate, vous pourrez installer des plants de légumes feuilles - comme la laitue, le chou, etc. - ou d’aromatiques - comme le basilic, le persil, etc. - entre chaque pied de tomate, en quinconce ou en ligne, ou bien sur une seule ligne parallèle à votre rang de tomate.
Gestion de la fertilité du sol
Il existe de nombreuses autres façons de concevoir les associations au potager. Dans les associations avec vos tomates, ce qui compte avant tout, c’est de garantir les clés de fertilité pour chaque culture. Une fois que vous aurez fait ça, vous serez nettement plus libre dans vos choix d’associations. La tomate est une culture qui fait partie des cultures gourmandes, il faut donc lui mettre à disposition un sol riche et humide. Si vous multipliez les cultures au mètre carré, il faudra apporter les amendements en conséquence.
Par exemple, si vous faites pousser des choux entre vos tomates, ces derniers auront tendance à puiser des nutriments dans le sol. Si le sol est assez riche, les deux cultures ne se feront pas concurrence et s’épanouiront côte à côte. En revanche, avec un légume comme la tomate, si le sol n’est pas suffisamment riche, l’association se transforme rapidement en concurrence et aucun des deux légumes n’offre les rendements attendus. Tomates poivron : si tout le monde a suffisamment à manger et à boire, ça fonctionne ! Veillez à apporter suffisamment d’engrais, comme un compost bien décomposé ou un extrait fermenté d’ortie au pied de chaque plante pour favoriser leur développement.
Associations à éviter avec la tomate
Il n’existe pas fondamentalement de mauvaises associations. Pour la tomate par exemple, on conseille de ne pas les planter avec d’autres solanacées. Nous ne sommes pas spécialement d’accord pour les poivrons ou les aubergines. Cela dit, pour les pommes de terre, on y trouve une justification. Les pommes de terre peuvent en effet transmettre le mildiou qu’elles attrapent généralement plus tôt. Même si rien n’est déconseillé en termes d’association avec la tomate, il faut cependant rester pragmatique : planter une courge au pied d’une tomate rendra la récolte plus longue et fastidieuse, car il faudra enjamber les tiges de courges sans marcher dessus… Ce n’est donc pas une association idéale ! Ici l’association tomates betteraves offre de beaux résultats.
La blette au potager : optimiser sa culture par le compagnonnage
La blette, aussi appelée bette ou poirée, figure parmi les légumes-feuilles les plus prisés du potager. Sa culture peut être grandement améliorée lorsqu’elle est associée à certaines autres plantes. En gratins, en soupes ou encore en purées, la blette fait partie de ces légumes oubliés qui font depuis quelques années leur retour dans nos assiettes. La blette, aussi appelée bette ou poirée, est un légume feuille bisannuel. Cousine des betteraves, elle fait partie de ces légumes anciens qui ont été quelque peu oubliés au siècle dernier mais qui font leur grand retour dans nos assiettes et nos jardins ! Blettes ou cardons ? En plus de son goût subtilement sucré, la blette a l’avantage d’être pauvre en calories, mais riche en fibres, antioxydants et minéraux.
Associations favorables à la blette
- Carottes : Pour commencer, envisagez de placer vos blettes à proximité des carottes. Cette association est bénéfique, car elle permet un partage subtil des nutriments et un enracinement complémentaire. Les carottes attirent des prédateurs naturels de certains nuisibles qui pourraient autrement s’intéresser aux blettes.
- Haricots : Poursuivons avec les haricots. Ces légumineuses, en fixant l’azote atmosphérique, enrichissent le sol, ce qui profite directement aux blettes voisines. La blette bénéficie ainsi d’un apport supplémentaire en nutriments essentiels sans que le jardinier n’ait à intervenir. C’est la nature qui fait le travail !
- Basilic : L’association avec le basilic est à considérer. Cette plante aromatique a la réputation d’éloigner bon nombre d’insectes nuisibles et de favoriser la robustesse des plantes avoisinantes. Le parfum fort du basilic agit comme un répulsif naturel, protégeant ainsi les blettes des attaques extérieures.
- Tomates : Ne sous-estimez pas l’association des blettes avec les tomates. Cette combinaison est classique mais efficace : les tomates profitent de l’ombre partielle offerte par les larges feuilles des blettes lors des chaudes journées d’été, tandis que les blettes tirent avantage de la protection contre le vent que les tomates leur procurent.
- Plantes aromatiques : Intégrez aussi dans votre schéma de plantation des plantes aromatiques comme le basilic et la ciboulette, qui, au-delà de leurs vertus répulsives naturelles contre certains nuisibles, optimisent l’usage de l’espace et participent à la biodiversité du potager.
- Légumes-racines : Quant aux associations avec des légumes-racines, les pommes de terre et les radis sont des partenaires de choix pour les blettes, car ils structurent le sol et permettent une meilleure aération des racines.
- Tomates cerises ou haricots nains : Ces compagnons, sans faire d’ombre, favorisent un microclimat bénéfique.

Associations à éviter avec la blette
Les jardiniers aguerris savent que certaines associations de plantes au potager peuvent être contre-productives.
- Épinards : C’est le cas lorsque l’on parle de marier les blettes et les épinards. Effectivement, les épinards sécrètent des substances dans le sol qui peuvent inhiber l’absorption des nutriments par les blettes. Une telle proximité peut donc être préjudiciable à la santé de vos blettes, limitant leur croissance et leur vigueur. Évitez cette association pour préserver l’équilibre nutritionnel indispensable au bon développement de vos cultures de blettes.
- Plantes volumineuses : La question du voisinage avec les plantes potagères volumineuses doit être prise en compte. Cultiver des blettes à l’ombre d’un chou-fleur ou d’autres plantes à grand développement peut entraîner une compétition pour la lumière et les ressources du sol. Les blettes, ayant besoin d’un ensoleillement suffisant et d’un sol riche pour prospérer, se retrouveraient défavorisées dans une telle situation.
Exigences culturales de la blette
La culture des blettes, ces généreux feuillages de nos potagers, demande de l’attention, notamment quant à l’association avec d’autres plantes. Vous pouvez semer vos graines de blettes au printemps, d’avril à mai. Dans les régions chaudes du sud de la France, les semis peuvent s’opérer directement en pleine terre, ou sous tunnel de forçage pour écarter tout risque de dernières gelées.
- Eau : Pour garantir un développement optimal, veillez à ce que vos blettes bénéficient d’un approvisionnement en eau régulier et suffisant. Elles ont un besoin conséquent d’hydratation pour exprimer tout leur potentiel, sans pour autant tolérer les sols détrempés. La gestion de l’eau est donc primordiale : préférez des arrosages fréquents et modérés plutôt qu’occasionnels et abondants, en particulier pendant les périodes de sécheresse. Vous devrez maintenir un sol assez frais jusqu’à la levée. Les blettes n’apprécient pas la sécheresse, arrosez donc régulièrement au pied, surtout avec l’arrivée de l’été.
- Lumière : Le soleil est un autre allié incontournable pour la blette. Cette plante, friande de lumière, requiert une exposition bien ensoleillée pour prospérer.
- Entretien : Une fois vos blettes en pleine terre, elles ne nécessitent pas d’entretien particulier à part l’arrosage. Si vous n’avez pas récolté toutes vos côtes de blettes avec l’arrivée de l’hiver, sachez que vous pouvez conserver les poirées en pleine terre même au plus dur de l’hiver. Pour cela, vous devez créer un monticule de terre autour de chaque pied, jusqu’au niveau des feuilles. Ensuite recouvrez le haut des plantes avec des feuilles mortes ou de la paille.
- Multiplication et graines : Les blettes ne se multiplient que par semis, pour récolter les graines à planter l’année suivante vous pourrez donc laisser un pied arriver à maturité. Pour cela, vous devrez laisser fleurir un pied l’année après sa plantation. À la fin de l’été, coupez la tige de la plante et enveloppez la fleur dans du tissu pour la faire sécher dans un lieu sec et aéré.
Gérer la fertilité du sol et la rotation des cultures
La rotation des cultures est un principe fondamental en permaculture et dans la gestion d’un potager durable. Pour que votre culture de blettes soit durable et en bonne santé, pratiquez la rotation des cultures.
Importance de la matière organique
Pour les agriculteurs et les maraîchers, il est indispensable de suivre un plan d’assolement pour la rotation des cultures afin d’éviter les risques de parasites, de maladies et d’épuisement du sol. Pour les jardins potagers familiaux, la rotation de culture n’est pas indispensable, car souvent la diversité est telle que le sol ne peut être réellement épuisé. En apportant régulièrement de la matière organique, vous éviterez les problèmes de carences et diminuerez naturellement l’apparition de maladies et de parasites.
La matière organique s’apporte sous de nombreuses formes :
- La paille
- Le mulch
- Le compost et le fumier bien décomposés : pour toutes les cultures
- Le compost à moitié décomposé : pour les courges et les tomates
- Les engrais verts : fauchés et laissés sur place à la manière d’un mulch.
Rotation spécifique pour les blettes
Les blettes partagent certains ravageurs et maladies avec des plantes de la famille des chénopodiacées comme la betterave. Il faut ne pas succéder une culture de blettes après une culture de plantes apparentées, afin de rompre le cycle de vie des nuisibles et de réduire les risques de transmission de maladies. La blette est un légume feuille, qu’il faut donc planter après les légumes fruits et avant les légumes grains !

Le carré potager : une solution pour les petits espaces
Un Français sur trois ne disposerait d’aucun espace vert privé ou partagé pour jardiner. Le carré potager se révèle être une excellente solution pour jardiner lorsqu’on ne dispose pas d’une grande surface ou pour s’affranchir du terrain. Mais cette méthode de culture simple soulève quelques interrogations. Comment débuter ? Que mettre dans un aussi petit espace ? Si le concept de diviser un potager en parcelles n’est pas nouveau (il existe depuis des siècles, notamment avec les jardins médiévaux et les jardins de curé), c’est dans les années 80 que le carré potager moderne a connu un véritable essor, grâce à l’Américain Mel Bartholomew et sa méthode du « Square Foot Gardening ». Cette méthode consistait alors à organiser un potager surélevé de 120 cm x 120 cm, soit 4 pieds x 4 pieds, divisé en 16 carrés de 30 cm par 30 cm, pour permettre de cultiver une grande variété de plantes dans un espace restreint.
Avantages du carré potager
- Qualité nutritionnelle et fraîcheur : Parce qu’elles seront bio et d’une fraîcheur extrême (direct du potager à l’assiette), les cultures de votre carré surpasseront sûrement leur équivalent du commerce sur le plan nutritionnel. Les fruits et légumes conventionnels des supermarchés sont en effet plus pauvres en nutriments et peuvent avoir perdu jusqu’à la moitié de leurs vitamines durant leur transport ou en raison de mauvaises conditions de conservation.
- Économies : Si vous souhaitez cultiver pour économiser, il est probablement plus judicieux de choisir des variétés qui sont chères dans le commerce, et sur lesquelles vous pourrez donc réaliser de plus fortes économies. D’après l’observatoire des prix des fruits et légumes 2023 publié par Familles rurales, les variétés les plus onéreuses (qui coûtent plus de 4 euros le kilo) sont les poivrons, les fraises, les haricots verts, l’aubergine (bio) et la tomate (bio). L’étude se base sur la moyenne des prix constatés sans distinguer l’origine des fruits et des légumes.
- Productivité et alternance rapide : À la différence d’un potager classique, la méthode en carrés repose sur la productivité et l’alternance rapide de cultures. Pour cela, privilégiez les variétés dites « hâtives » à croissance rapide : salades, radis… sans attendre que vos légumes aient atteints une taille importante. Les variétés de tomates aussi seront par exemple choisies selon leur vitesse de maturation, de façon à libérer une case et pouvoir ressemer aussitôt. Fraises, petits pois et pommes de terre donnent peu sur une petite surface. D’autres légumes ont une croissance lente, comme l’asperge, l’artichaut ou le chou de Bruxelles.
Organisation et planification
Un carré est un espace limité et son organisation passe donc par un minimum de planification.
- Occupation continue : C’est l’une des règles de base du jardinage en carrés : pour que cette méthode de culture soit la plus intéressante possible, votre carré doit être occupé le plus tôt possible et en quasi continu.
- Rotation des cultures : Organisez les cultures selon le principe de la rotation des cultures, en évitant de cultiver à la suite des plantes qui ont les mêmes besoins nutritifs. On entend souvent dire qu’il faut éviter la succession de plantes de la même famille botanique. C’est surtout vrai pour les potagers traditionnels et les vastes cultures agricoles, moins dans un carré potager. La terre d’un petit bac de culture est en effet facile à amender ou à remplacer d’une année à l’autre dans le but d’écarter le risque d’épuisement du sol.
- Association de plantes : Associez des plantes qui ont des besoins similaires en espace et en lumière pour éviter la compétition.
- Succession des cultures : Planifiez la succession des cultures en fonction de leurs périodes de semis et de récolte.
- Disposition des plantes : Réfléchissez à la disposition des plantes en fonction de leur taille à maturité. Certaines s’étalent plus que d’autres, comme les courgettes, il sera préférable de les planter sur le bord de votre carré. Dans un carré n’hésitez à planter plus serré qu’en culture traditionnelle, quitte à semer entre les rangs de légumes déjà en place. Profitez de tout l’espace disponible en utilisant des tuteurs et en palissant vos légumes grimpants sur un treillage ou un filet solidement fixé sur des piquets.
- Forme du carré : « Carré » potager ne signifie pas obligatoirement de forme carrée ! Rectangulaire, ronde, en triangle, avec étages… si vous vous lancez dans la construction d’un carré, libre à vous d’imaginer la configuration finale de votre planche de culture. Seul impératif : les cultures les plus au centre doivent rester accessibles à tous les stades de croissance : du semis jusqu’à la récolte.
Observez et surtout testez, le jardinage c’est avant tout des expérimentations.