Le Bouturage des Conifères Rampants : Guide Complet pour une Multiplication Réussie

Le monde fascinant des conifères rampants offre une diversité de formes et de couleurs, faisant d'eux des choix prisés pour les aménagements paysagers, les talus ou comme couvre-sol. La multiplication de ces végétaux, et notamment du genévrier rampant (Juniperus horizontalis), suscite un intérêt croissant chez les jardiniers amateurs comme professionnels. Le bouturage, méthode de propagation végétative par excellence, permet de reproduire fidèlement les caractéristiques du pied mère, garantissant ainsi l'obtention de plants identiques et vigoureux.

Conifère rampant couvre-sol

Comprendre le Genévrier rampant (Juniperus horizontalis)

Le Juniperus horizontalis, communément appelé genévrier rampant, est un conifère persistant originaire d’Amérique du Nord. On le trouve dans des milieux ouverts, éventés et incultes, ainsi que sur des sols rocheux et secs des plaines côtières. Bien que dans la nature il puisse atteindre quelques mètres de hauteur, les formes cultivées sont appréciées pour leur croissance très prostrée, en faisant un excellent couvre-sol sans entretien.

Le genévrier rampant se caractérise par un port rampant de croissance plus ou moins rapide selon les cultivars, avec un feuillage dense et des branches très longues et flexibles. La couleur de son feuillage peut varier avec le froid, devenant parfois plus orangée ou violacée en hiver, comme c'est le cas pour le Juniperus horizontalis ‘Bar Harbor’ au feuillage gris-bleu nuancé de bleu violet en hiver, atteignant 30 cm de haut sur moins de 2 m de large. D'autres variétés, telles que ‘Blue Chip’ et ‘Blue Prince’, arborent de très belles couleurs bleues. Le Juniperus horizontalis est une plante dioïque, c'est-à-dire que les pieds mâles et femelles sont distincts.

Ce conifère est adapté aux sols secs et pierreux, mais dans un jardin, il supportera toute terre neutre à basique, même calcaire, tant qu’elle est relativement drainante. Il est idéalement planté d’octobre à mars et nécessite un arrosage régulier durant son premier été. Une utilisation courante du genévrier rampant est comme couvre-sol, sur un talus ou une pente pour retenir la terre, ou à plat pour limiter le désherbage. Outre son attrait ornemental, les fruits torréfiés du Juniperus horizontalis peuvent être utilisés pour faire un succédané de café. La propagation par bouture est la méthode privilégiée pour conserver les caractéristiques spécifiques de chaque cultivar.

Pourquoi bouturer les conifères ?

La reproduction des plantes conifères repose largement sur la reproduction par graines dans la nature. Cependant, la croissance d’un conifère à partir de ces graines peut conduire à des variations génétiques, en particulier avec les conifères ornementaux ou variétaux. C’est pourquoi la multiplication végétative, notamment par bouturage, est très prisée pour obtenir un clone fidèle de la plante mère. Le bouturage offre plusieurs avantages : il est plus rapide que la croissance à partir d’un semis de graines, il garantit que la nouvelle plante hérite des caractéristiques souhaitées, et il est très économique.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les plants obtenus par bouturage sont bien vigoureux et donnent de très beaux sujets en quelques années. Cette méthode est la plus courante et la plus facile pour de nombreux conifères comme les ifs (Taxus), les cyprès (Cupressus) et les faux cyprès (Chamaecyparis), les thuyas, les cryptomerias et les juniperus. Si certains conifères de grand développement comme les pins, les sapins ou les cèdres sont reproduits surtout par semis, le bouturage est la méthode la plus efficace pour conserver les spécificités des cultivars.

Périodes idéales pour le bouturage

Le succès du bouturage de conifères dépend de plusieurs facteurs, notamment le choix de la période. Il est primordial de choisir une période propice pour maximiser les chances d'enracinement.

Calendrier de bouturage

Fin d’été à début d’automne (août-septembre)

La période idéale pour le bouturage des conifères se situe en fin d’été et début d’automne (août-septembre). À cette période, les pousses de l’année ont eu le temps de s’affermir et l’énergie des plantes est encore disponible pour l'enracinement. C'est le moment où les rameaux sont dits semi-ligneux, ni trop jeunes (trop verts), ni trop ligneux. Bouturer au printemps trop tôt ou en hiver sans conditions adaptées entraîne un faible taux d’enracinement.

Novembre et décembre

Certains professionnels estiment que la meilleure saison de bouturage des conifères se situe en novembre et décembre, à l’arrêt de la croissance végétative. Cette période de dormance peut également être propice, à condition d'offrir des conditions adaptées en termes de chaleur et d'humidité.

Autres périodes

  • Printemps (mai-juin) : Possibilité de bouturer les tiges herbacées, car à cette période elles sont tendres et vertes.
  • Été : Période favorable au bouturage des tiges semi-ligneuses.
  • Fin d’automne et hiver : Possibilité de réaliser des boutures de bois sec ou bois dormant. En mars/avril, un cal se formera à la base de ces tiges, permettant leur replantation dans un terreau de bouturage normal en attendant l'enracinement.
  • Toute l'année (pour certaines espèces) : Le bouturage de feuille, notamment pour les plantes grasses et d’intérieur, peut se pratiquer toute l’année, mais le printemps et l'été restent les périodes les plus propices.

Préparation du matériel et du substrat

Une préparation minutieuse du matériel et un choix judicieux du substrat sont essentiels pour la réussite du bouturage des conifères.

Outils de jardinage pour bouturage

Outils nécessaires

  • Sécateur ou couteau bien affûté et désinfecté : Primordial pour éviter la propagation de maladies et garantir des coupes nettes.
  • Pots, caissettes à semis ou plaques alvéolées : Pour la plantation des boutures.
  • Hormone de bouturage (poudre ou solution) ou eau de saule : Pour stimuler la formation des racines.
  • Cloche ou film plastique : Pour maintenir une atmosphère humide et créer un effet de serre.
  • Arceaux en fil de fer ou bâtons : Pour soutenir le film plastique et éviter le contact direct avec le feuillage.

Préparation du substrat

La qualité du substrat est essentielle. Un mélange mal drainant favorisera le pourrissement, tandis qu'un manque ou un excès d'eau compromettra la réussite. L'équilibre est crucial.

  • Pour un bouturage en pleine terre : Les sols sableux et perméables se prêtent parfaitement à la réalisation des boutures de conifères. Un coin du potager peut être aménagé en pépinière. Si la terre de votre jardin est argileuse, n’hésitez pas à lui incorporer du sable grossier.
  • Pour un bouturage en pot ou hors sol :
    • Un substrat léger et aéré est recommandé.
    • Préparez un mélange composé de 2/3 de tourbe et 1/3 de sable de rivière ou de matériau drainant comme la perlite ou la vermiculite.
    • Une autre option est un mélange comportant à parts égales de la terre végétale, du terreau et du sable de rivière. Ce support de culture très perméable évitera aux boutures de pourrir.
    • Vous pouvez également utiliser un terreau spécial semis et boutures vendu dans le commerce.
    • Pour les supports hors sol, l’idéal est un mélange composé de 75% de tourbe blonde de bonne qualité (pas de la poussière) et de 25% de sable grossier. La tourbe retiendra l’eau nécessaire à la vie de la plante et le sable sera un bon élément régulateur de l’humidité.
    • Évitez d'utiliser des éléments grossiers comme l’écorce ou la fibre de coco, car ils accentuent le phénomène de cal d’enracinement et nuisent à la qualité des racines.
    • Une couche drainante au fond du pot est toujours une bonne pratique.
    • Arrosez votre lieu de plantation la veille pour avoir une terre ressuyée de façon idéale.

Prélever et préparer les boutures

Le prélèvement et la préparation des boutures sont des étapes cruciales pour garantir un bon enracinement.

Technique de prélèvement de bouture à talon

Choix des rameaux

Prélevez des boutures ligneuses d’un an ou des rameaux semi-ligneux, ni trop jeunes (trop verts), ni trop ligneux. Ils doivent être sains (sans marques brunes), vigoureux et prélevés aux extrémités des rameaux latéraux. Le feuillage ne doit pas présenter de taches de « rouille », souvent signe de maladies cryptogamiques. La bonne qualité du pied-mère est un critère de réussite pour le bouturage. Pour certains genres comme le Juniperus, plus la plante à multiplier est jeune, meilleur sera l’enracinement. Les plantes âgées donnent de moins bons résultats, bien qu'elles puissent être rajeunies par un recépage ou une taille sévère et des soins appropriés, mais le résultat n’est pas toujours assuré avec les conifères qui n’apprécient pas ce type de tailles.

Types de boutures et techniques de coupe

Deux types de boutures peuvent être pratiqués : la bouture de tronçon et la bouture à talon. Le choix du type de bouture dépend du genre à multiplier. La longueur de la bouture peut varier d’une variété à l’autre, douze centimètres étant une moyenne.

  • Bouture à talon : Cette méthode permet d’avoir une surface cambiale plus importante, favorisant l'émission des racines à proximité des zones profondes de la tige (le cambium). Tirez très doucement à la main afin de détacher la bouture avec un talon de 1 à 2 cm, c'est-à-dire un petit fragment de bois de la tige qui la portait. Ce morceau de vieux bois est particulièrement propice à l’émission de racines.
  • Bouture classique (de tronçon) : Coupez en biseau des tronçons de tiges de 12 à 15 cm de long à l’aide d’un sécateur ou d’un couteau bien affûté. Taillez le bout inférieur en biseau. Pour stimuler la formation du cal d’enracinement, une incision sur un côté (un simple écorçage avec un outil tranchant) est un plus.

Préparation du rameau

  • Suppression des aiguilles ou feuilles : Ôtez les feuilles ou les aiguilles sur les deux tiers inférieurs de la hauteur de la bouture. Pour limiter les problèmes phytosanitaires, la taille du feuillage doit se faire au niveau des « écailles » et non à la poignée.
  • Taille du bouquet terminal : Taillez éventuellement le bouquet de feuilles terminales pour lui donner une forme de pointe.
  • Architecture de la bouture : L’architecture de la bouture est importante pour la suite de la culture. Une bouture est un petit arbre ou arbuste miniature. La forme générale de la plante doit se retrouver dans la bouture. Pour les conifères dont les ramules se développent dans un plan horizontal (végétation « plate »), comme Thuya plicata, l’opérateur va chercher une charpente équilibrée (par exemple, trois ramules bien marquées). Dans la plupart des cas, la base de la bouture sera composée de bois marron mature (lignifié). La partie aérienne sera composée de rameaux « feuillés » puisqu’il s’agit en grande majorité d’espèces à feuillage persistant. Pour les conifères caducs (Taxodium), la bouture ressemble alors à une bouture dite de bois sec, de douze centimètres de long et de la grosseur d’un crayon.

Traitement hormonal

L’emploi d’hormone végétale d’enracinement (auxine) s’avère fort utile, voire indispensable dans certains cas. L’hormone améliore la qualité et le volume des racines. Dans le commerce, vous trouverez facilement des produits d’enracinement dont la matière active est l’acide bêta indole butyrique (AIB). La forme poudre est la plus facile à utiliser. La spécialité commerciale est composée de talc et d’une faible quantité d’auxine à des concentrations allant de 0,1% à 2%. Certaines marques incluent des fongicides dans leur préparation.

Pour l'utilisation, trempez la base des boutures sur 0,5 cm dans la poudre d’hormone de bouturage (ou utilisez de l'eau de saule) en tapotant l’extrémité des tiges pour enlever le surplus, car un excès peut compromettre l’enracinement. Certaines espèces nécessitent l’utilisation d’une hormone à forte concentration comme le Cupressocyparis (1 ou 2%), tandis que d’autres espèces comme Thuya occidentalis ne nécessitent qu’une concentration de 0,1%.

Les Meilleures Hormones de Bouturage Naturelles (Testées !)

Plantation et soins des boutures

Une fois les boutures préparées, la phase de plantation et les soins post-plantation deviennent primordiaux pour encourager un enracinement solide et éviter les maladies.

Plantation des boutures

Vous pouvez planter les boutures en pleine terre dans un coin de votre potager, dans une caissette à semis ou dans un autre support à votre convenance comme des plaques alvéolées ou des pots. Dans tous les cas, la qualité du substrat est essentielle.

  • Enfoncement : Piquez les boutures dans les pots en les enfonçant aux deux tiers. La bouture doit être enfoncée jusqu’au feuillage, qui doit se trouver à environ 1 cm du substrat.
  • Tassement : Tassez délicatement au pied des boutures afin que le substrat adhère bien au bois. La base de la plante doit être cernée délicatement avec les doigts tenant la bouture.
  • Espacement : Vous pouvez planter plusieurs boutures dans un même pot à condition de les espacer suffisamment. La densité de plantation est un facteur de réussite important. Les feuillages doivent se frôler mais ne pas se toucher, ainsi un microclimat sera créé autour de la culture.
  • Positionnement : La bouture sera plantée le plus droit possible.

Maintien de l’humidité et environnement

Les conifères sont sensibles aux stress hydriques (le trop comme le pas assez). L’équilibre est essentiel.

  • Arrosage initial : La dernière opération de fabrication sera un arrosage fin mais suffisant.
  • Atmosphère humide : Pour que les boutures ne se dessèchent pas, recouvrez le pot d’un film plastique ou d’un sac transparent tenu avec un arceau pour créer un effet de serre, indispensable pour garder un taux d’humidité élevé. Il faut éviter que le film ne soit en contact avec les feuilles.
  • Aération : Aérez de temps en temps. Après quelques semaines, laissez les boutures à l’air libre progressivement. Durant la période d’hiver (jusqu’en fin février), il suffit de découvrir la culture lors d’une journée clémente, une fois toutes les trois semaines. Ensuite, selon les conditions climatiques, il faudra aérer de plus en plus souvent jusqu’à complet sevrage.
  • Emplacement : Placez les boutures dans un lieu très lumineux mais sans exposition directe au soleil ardent, afin de prévenir les brûlures foliaires et un stress hydrique. L’exposition doit éviter les excès de températures et de soleil.
  • Arrosage régulier : Arrosez modérément mais régulièrement, en vérifiant que le substrat reste humide mais non détrempé.

Soins pendant l'enracinement

  • Protection hivernale : Abritez les boutures durant l’hiver à l’intérieur ou sous châssis protégé du gel.
  • Patience : L’enracinement demande du temps : de trois à six mois en moyenne selon les espèces, mais jusqu'à dix mois pour l'if par exemple. Avec cette méthode, vous pouvez atteindre un taux d’enracinement jusqu’à 90 % pour des espèces comme l’épinette bleue, le thuya ou le genévrier, particulièrement adaptés au bouturage.
  • Soins courants : N’oubliez pas les soins habituels à un suivi de culture (arrosage, désherbage, engrais). À la fin de l’été, l’enracinement doit être acquis. Une fois le bouturage effectué, les soins des boutures deviennent primordiaux pour encourager un enracinement solide et éviter les maladies qui peuvent compromettre toute la reproduction.

Autres méthodes de multiplication des conifères

Outre le bouturage, d'autres techniques permettent de multiplier les conifères, chacune ayant ses spécificités et étant adaptée à différents genres et objectifs.

Le semis

Le semis est la méthode de reproduction la plus « naturelle » et la moins coûteuse. Dans la nature, tous les conifères à l’exception de quelques cultivars se multiplient de cette façon. La plupart des graines sont matures sur l’arbre en deux années. Les récoltes sont effectuées par des spécialistes à l’automne. La connaissance de l’origine des semences est très importante pour être assuré de la pureté de la variété, le croisement naturel étant fréquent.

Les graines sont nettoyées puis stockées pour être semées de février à avril. Certaines ont besoin de soins spécifiques (appelés stratification) pour germer. La stratification des graines permet notamment de ramollir les téguments en passant l’hiver dans de la tourbe humide. Il existe aussi des méthodes plus rudes (scarifications), comme l’emploi de gravier dans une bétonnière ou d’acide pour dissoudre les coques des graines les plus dures. Dans la nature, on raconte que les feux de forêt dans les Montagnes Rocheuses permettent une meilleure levée des graines de Séquoia l’année suivante. Les plantes multipliées par graines sont utilisées en jardin d’ornement, en plantation industrielle (bois, pâte à papier), comme porte-greffe ou en plantation forestière.

Le marcottage

Le marcottage consiste à enraciner une branche attachée au pied mère sans la détacher, offrant ainsi une reproduction respectueuse de la plante. Cette méthode est surtout adaptée aux conifères offrant des branches longues, flexibles et proches du sol, comme le cyprès, l’if, et certains Juniperus par leur forme naturelle (rameaux rampants). De même, les conifères à branches souples et à enracinement facile comme les Thuyas peuvent bien se prêter à ce genre de multiplication. Dans la nature, il n’est pas rare que le Thuja plicata se marcotte spontanément, ce qui lui confère sa silhouette caractéristique, ventrue à la base, et assure une bonne homogénéité de la base lorsqu’il est conduit en haie.

La technique est simple : arquer la branche à marcotter, dégarnir la partie à enfouir sous terre en n’omettant pas de pratiquer une blessure sur la partie posée sur le sol, afin d’induire la réaction de multiplication des cellules préalable à l’enracinement. Fixer le rameau solidement avec un cavalier en fil de fer, recouvrir la partie préparée de terre végétale, arroser et s’armer de patience. Il faut au moins une année pour voir les résultats de la marcotte. Il est nécessaire de vérifier régulièrement l’avancement de l’enracinement. L’emploi d’hormones d’enracinement peut être un plus, en appliquant un peu de poudre sur la blessure avec un doigt humide ou un autre support.

Le greffage

Le greffage est plébiscité pour multiplier certaines variétés ou pour créer des formes ornementales précises lorsqu’un bouturage ou semis ne garantit pas la conservation des caractéristiques. Certains conifères sont multipliés par greffage car, par expérience, ils ne s’enracinent pas ou leurs racines ne sont pas de qualité suffisante pour permettre à la plante d’avoir une végétation « solide » (par exemple Cupressus, Cedrus, de nombreux cultivars). De plus, l’emploi d’un porte-greffe adapté permet de cultiver certaines plantes dans des sols qui leur seraient interdits autrement. Pour les conifères, l’exemple le plus connu est le Cupressocyparis leylandii qui, greffé sur Cupressus sempervirens, peut pousser dans les sols calcaires.

Le greffage des conifères reste une technique de multiplication délicate. Elle demande des moyens plus importants que pour le bouturage (serre ou châssis, porte-greffes élevés en godets depuis au moins un an, et une grande dextérité). Les porte-greffes sont issus la plupart du temps de semis. Ils sont de la même famille botanique que la variété à greffer, mais pas forcément du même genre (on peut greffer du Calocedrus sur Thuya par exemple). Le choix des porte-greffes demande des connaissances particulières, par exemple pour les pins, le choix se fait en fonction du nombre d’aiguilles.

Le type de greffage le plus utilisé est la greffe en placage sur le côté. Elle se pratique d’octobre à mars. Le porte-greffe est dégarni en base sur 3 ou 4 cm et étêté à 20 cm de haut, avec un diamètre moyen de 0,5 cm. Le greffon, choisi sur un pied-mère sain, doit avoir une base mature de couleur marron et être légèrement plus fin que le sujet à greffer, avec une longueur n'excédant pas 15 cm. La base du greffon est dégagée sur 3 à 4 cm. La partie la plus délicate est de soulever une languette d’écorce sur la partie dégagée du porte-greffe avec un greffoir ou un cutter. Sur le greffon, l’opérateur écorce les côtés opposés avec le même outil et coupe la base en biseau. Ensuite, le greffeur glisse le greffon sous l’écorce du porte-greffe, le biseau en haut. Enfin, on ligature l’ensemble en utilisant du raphia ou une attache élastique spécifique. Si l’opération est faite avec minutie, le cambium du greffon sera en contact avec celui du porte-greffe et la cicatrisation pourra se faire. Le suivi de culture est proche de celui de la bouture, avec une opération supplémentaire : le sevrage du porte-greffe, à effectuer en mai-juin. Pour les « conifères » caducs comme le Ginkgo, la greffe à l’anglaise donne de bons résultats.

Tableau récapitulatif des méthodes de multiplication des conifères

Tableau indicatif de multiplication des conifères

Nom des variétésGenreEspèceCultivarSemisMarcotteBoutureGreffage
Abiestoutesx
Abies pinsapotousx
Araucaria araucanax
Calocedrus decurrensx
Calocedrus decurrensVariegatax
Cedrustoutesx
Cedrustoutestousx
Chamaecyparistoutesx
Chamaecyparistoutestousxx
Chamaecyparistoutescultivars à faible végétationx
Cryptomeria japonicatousxx
Cupressocyparis leylandiitousxx
Cupressustoutesx
Cupressustoutestousxx
Ginkgo bilobax
Ginkgo bilobatousx
Juniperustoutesx
Juniperustoutestousxxx
Larixtoutesx
Metasequoia glyptostroboidesxx
Microbiota decussatax
Piceatoutesx
Piceatoutestousxx
Pinustoutesx
Pinustoutestousx
Sequoia sempervirensx
Sequoiadendron giganteumx
Sequoiadendron giganteumtousx
Taxodium distichumx
Taxustoutesx
Taxustoutestousxxx
Thuyatoutesx
Thuyatoutestousxxx

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