Guide complet : Comment réussir la bouture du rosier rugueux (Rosa rugosa)

Le Rosa rugosa, plus communément appelé rosier rugueux, rosier du Japon ou rosier sauvage, est un arbuste emblématique originaire d'Extrême-Orient (Chine, Japon, Corée). Apprécié pour sa robustesse exceptionnelle, il s'est si bien acclimaté dans les régions septentrionales qu'il y est parfois devenu envahissant. Atteignant rarement plus de 2 mètres de hauteur, ce rosier se distingue par son port buissonnant et ses tiges densément couvertes d’aiguillons. Ses feuilles, composées de 5 à 9 folioles, sont gaufrées et rugueuses, ce qui lui a valu son nom vernaculaire. À partir du mois de mai, il offre des fleurs simples, parfumées, déclinées du blanc au rouge, suivies à l'automne par des cynorhodons charnus, presque ronds et de couleur rouge-orange, dont la saveur rappelle celle de la prune, idéale pour les confitures vitaminées.

Illustration détaillée montrant les feuilles gaufrées et les cynorhodons caractéristiques du Rosa rugosa

Principes fondamentaux du bouturage de rosier

Le bouturage est une méthode de multiplication végétative qui permet d'obtenir un rosier identique au pied mère. Contrairement au semis, qui donne un individu génétiquement différent, la bouture reproduit à l’identique la variété choisie, y compris sa floraison, sa couleur et sa résistance. C’est une technique de jardinier amateur, économique et écologique, qui ne nécessite aucun greffage, aucun porte-greffe et aucun engrais chimique.

D'emblée, peut-être est-il judicieux de faire une mise au point ! Bouturer un rosier est tout à fait possible, à condition que cette opération reste dans un cadre légal uniquement personnel. En effet, créer un rosier demande un travail considérable qu'il est essentiel de respecter. Journaliste et blogueur horticole, auteur de 65 livres de jardinage, conférencier et vulgarisateur hors pair, le jardinier paresseux, Larry Hodgson, nous a quitté en octobre 2022. Reconnu pour sa grande générosité, sa rigueur et son sens de l'humour, il a touché plusieurs générations de jardiniers amateurs et professionnels pendant 40 ans de carrière. Le blogue le jardinier paresseux offre plus de 2800 billets aux amateurs de jardinage, toujours dans le but de démystifier le jardinage et le rendre plus facile aux participants.

Il faut savoir que ce nouveau végétal va être un clone parfait de la plante-mère, avec ses qualités… et ses défauts ! Si vous êtes intéressé(e) par la technique de bouturage de rosier, sachez toutefois qu'elle demande un peu de patience. Avant d'obtenir un rosier vigoureux et florifère, il faut compter au moins deux ans.

Les différentes techniques de multiplication

Il existe plusieurs approches pour multiplier le Rosa rugosa. Pour les formes botaniques, la séparation des rejets est une option, mais le bouturage reste la méthode la plus accessible pour reproduire ses variétés préférées. On distingue principalement deux périodes selon l'état de la tige :

  • Le bouturage à bois sec (ou ligneux) : Pour les tiges âgées et dures, le bouturage sur des rameaux complètement aoûtés se réalise entre novembre et février.
  • Le bouturage semi-ligneux (ou semi-aoûté) : Cette technique, que nous allons détailler, intervient en été, entre juillet et septembre, profitant de la chaleur et de l'activité végétative pour un enracinement plus rapide.

Tous les rosiers ne se valent pas en termes de bouturage, mais les rosiers anciens et botaniques, comme le Rosa rugosa, prennent racine très facilement.

Comment bouturer un rosier ? - Truffaut

Protocole pas à pas pour réussir sa bouture en été

Pour bouturer un rosier rugueux au mois d’août, suivez ces étapes simples :

  1. Sélection et coupe : Coupez au sécateur une tige tout juste défleurie, longue de 20 à 25 cm, n’ayant pas encore fleuri (ou prélevée sur une pousse latérale).
  2. Préparation de la bouture : Tailler la base de la tige au-dessous d’un œil. La coupe doit être droite. Supprimez les feuilles du bas, ne conservez que les deux feuilles supérieures pour limiter l'évapotranspiration.
  3. Stimulation : Trempez la base de la tige dans une solution aux hormones pour favoriser un enracinement rapide. Bien qu'il soit tout à fait possible de bouturer un rosier sans utiliser d’hormone de bouturage chimique, ces substances peuvent aider.
  4. Mise en terre : Plantez la tige dans un pot profond rempli d’un mélange de terre de jardin et de beaucoup de sable (ou un mélange 1/2 sable et 1/2 terreau léger). Plantez la tige à environ 10 cm de profondeur.
  5. Installation du microclimat : Arrosez généreusement et conservez à l’étouffée (sous un sachet plastique, une cloche ou une bouteille plastique découpée) pendant les 3 premières semaines.

Il faut arroser régulièrement, sans excès, pour garder le substrat humide mais pas détrempé. Un arrosage fin à la base avec un système goutte à goutte permet d’éviter l’excès d’eau. Durant l'hiver, les boutures doivent être installées sous un châssis, avec un arrosage limité au strict minimum. Au printemps, les boutures peuvent être repiquées en pot individuel, dans un substrat léger et bien aéré.

Schéma explicatif montrant la coupe sous l'œil et la mise en pot sous cloche

Alternatives naturelles et astuces de jardinier

Si vous souhaitez éviter les hormones de synthèse, plusieurs solutions naturelles existent :

  • L’infusion de saule : Riche en acide salicylique, elle stimule la croissance des racines. Faites tremper de jeunes rameaux de saule dans de l’eau pendant 24 à 48 h.
  • L’eau de cuisson des lentilles : Le jus de trempage ou de cuisson des légumineuses contient des hormones naturelles de croissance.
  • Le miel pur : Il possède des propriétés antibactériennes et peut légèrement favoriser l’enracinement.

Quant à l'astuce consistant à planter une bouture dans une pomme de terre, bien qu'elle soit virale, les résultats sont mitigés. La pomme de terre maintient une source constante d’humidité et fournit des nutriments, ce qui peut fonctionner dans des conditions bien maîtrisées, mais elle est surtout intéressante comme expérience ludique ou pédagogique.

Conditions de culture et entretien du jeune rosier

Le Rosa rugosa aime les emplacements ensoleillés et les sols bien drainés. Il se développe très bien dans un sol frais et s'accommode de terres pauvres, bien que ses fleurs soient d'autant plus belles que la terre sera riche. Pour la plantation, faites un trou dans une terre ameublie à 25 centimètres de profondeur, placez la plante, rebouchez à l’aide d’une terre riche, et arrosez de manière généreuse.

Si vous ne disposez pas d’un jardin, il est tout à fait possible de cultiver un rosier en pot sur un balcon ou une terrasse. Choisissez un pot d’au moins 30 cm de haut et 30 à 40 cm de diamètre, bien drainé. Mélangez du terreau pour rosiers avec un peu de compost et du sable. Un rosier en pot appréciera un balcon ensoleillé au moins 5 à 6 heures par jour.

La taille du Rosa rugosa ne se fait pas systématiquement chaque année. En mars, il suffit d’éliminer les rameaux abîmés et les plus vieilles branches. Rabattez légèrement pour remettre en forme votre rosier. Cette taille de nettoyage et d’harmonisation, réalisée de préférence à la fin de l’hiver pour ne pas affaiblir la plante, permet de conserver un joli port. Avec un minimum de soin, votre rosier rugueux prospérera et vous gratifiera de ses fleurs parfumées et de ses précieux cynorhodons.

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