L'aménagement extérieur ne se limite pas à la plantation ; il s'agit également de structurer l'espace et de soutenir la vie végétale. Plutôt que d’évacuer en déchetterie les déchets de taille des végétaux du jardin, un certain nombre d’entre eux peuvent être réutilisés pour créer des bordures, des haies, des brises-vue aux formes et aux esthétiques diverses. C’est une façon originale de recycler les végétaux sur place et de stocker du carbone directement au jardin. Deux techniques sont utilisées : le plessage et le tressage.

Le choix des essences végétales pour vos structures
La réussite d'un ouvrage en bois naturel dépend avant tout de la sélection des essences. Le châtaignier, du fait de sa richesse en tanin, est un bois qui résiste très longtemps à l’humidité et aux intempéries. Il est utilisé pour faire des piquets de 3 à 5 centimètres de diamètre selon l’ouvrage, les gaulettes (jeunes pousses), plus fines, étant utilisées pour le plessage.
Le saule osier, particulièrement décoratif avec son écorce jaune d’or, est indispensable pour faire des haies tressées vivantes. Il prend racine dès qu’il est replanté en terre à condition de bien arroser dès le départ et de planter suffisamment profondément les tiges. Sur la durée, il se plaira davantage dans des sols frais et profonds. Si l’approvisionnement en bottes d’osier provient d’un producteur ou d’une jardinerie, la base des tiges doit être placée directement dans l’eau en attendant la plantation pour ne pas compromettre la reprise.
Le noisetier est parfait pour les clôtures plessis, car les tiges de 2 ans se tordent et se courbent facilement sans jamais plier ou casser. Sur un noisetier qui n’a pas été recépé depuis 6-7 ans, les tiges plus fortes pourront être utilisées pour faire des piquets. Afin d’apporter des variations de couleur, des tiges de Cornus alba ‘Baton Rouge’ peuvent être associées. Les tiges de bambous peuvent également être plessées avec un résultat esthétique plus exotique. On accordera de l’importance à ce que les arbustes utilisés soient recépés régulièrement (tous les 2 ou 3 ans) pour disposer en quantité de tiges droites.
Réalisation de bordures sèches et clôtures en plessis
Les clôtures plessis nécessitent une méthode rigoureuse. Les piquets sont placés tous les 35-40 centimètres ; des avants-trous sont pratiqués afin de faciliter leur mise en place. Les départs de rameaux sur les piquets doivent être retirés de façon à faire glisser les tiges et « tasser » suffisamment le plessage. Les tiges sont passées alternativement devant et derrière les piquets.
Pour les ouvrages plus complexes, comme une haie de Benjes, les piquets utilisés sont en bois de châtaignier et les tiges utilisées pour le plessage sont à base de châtaignier, de tilleul, de noisetier et de saule osier. Il s’agit ici de faire écran derrière des charmilles en attendant que les pieds grandissent.
Création d'écrans vivants en osier
Pour une haie vivante en saule osier, la structure est délimitée par deux piquets en châtaignier. Un fil de fer est tiré à 1,20 m de hauteur entre les piquets pour appuyer les tiges de saules pendant le tressage. Les tiges sont plantées profondément par groupe de 4 ou de 6 pour tresser ensuite les brins par 2 ou par 3.
Pour les premières réalisations, il est préférable de travailler 2 brins à la fois : en effet, la technique nécessite un peu d’apprentissage. Des liens temporaires sont placés aux intersections de façon à ce que l’ensemble se tienne ; au bout de quelques semaines, ils peuvent être enlevés. Bien arroser au tuyau jusqu’à saturation après la plantation et régulièrement la 1ʳᵉ année.
DIY : tresser une colonne de saule vivant
Supports pour plantes grimpantes : tipis et treillages
Les végétaux ont besoin d'un coup de pouce pour s'élever. On s'inspire alors des tipis amérindiens pour confectionner un joli support en bambou ou en noisetier. On accroche solidement 6 tiges à une extrémité avec de la ficelle, puis on installe le tipi en enfonçant les pieds dans la terre. Pour maintenir le tout et donner des points d'appui, on enroule une ficelle tout autour du tipi, en faisant un nœud sur chaque tige.
Pour une treille maison, on noue des branches de noisetier de taille égale avec une ficelle pour former une sorte de rail à suspendre sur le mur, ou on se lance dans une treille avec quelques clous pour maintenir l'ensemble. Mieux vaut prendre le temps de consolider votre œuvre, car une fois que la plante aura commencé à grimper, il sera dur de la déloger.
Utilisation du grillage et du métal pour le jardin
Il existe des filets à rames, conçus pour accueillir les tiges des petits pois, qui prennent la forme d'un grillage en ficelle souple. Faciles à installer et robustes, les grillages ont l'avantage d'avoir une pose rapide et de coûter peu cher. Vous pouvez choisir un grillage à poules ou un treillis de maçonnerie. S'il vous reste un peu de grillage de votre clôture, n'hésitez pas à le recycler.
Pour les demi-nains, haussez les rames à 120 cm au minimum. Les variétés grimpantes montent facilement à 180 cm. Si votre rangée de pois est longue, vous aurez besoin de plusieurs piquets de bois. Une fois votre support en place, il ne reste plus qu'à guider vos petits pois. Les tiges volubiles de ces derniers s'enroulent naturellement autour des supports. Vous aurez sûrement besoin de leur donner un coup de pouce en passant les tiges entre les grillages, les filets ou les branchages.
Diversification des structures : du recyclage à l'esthétique
Pour un tuteur cylindrique vraiment original, on recycle les roues d'un vieux vélo. En haut et en bas, les deux roues sont reliées par une tige métallique qui s'enfonce dans le sol. Tout autour, des ficelles sont tendues d'une roue à l'autre pour former une étrange tour végétale.

Peu de matériel est nécessaire pour habiller vos tuteurs de façon originale :
- Peindre les tuteurs : Utilisez des couleurs sobres pour la discrétion ou des teintes vives pour un effet graphique.
- Habiller avec de la ficelle : Enrouler de la ficelle naturelle, du raphia ou de la corde en jute autour de vos tuteurs leur apporte une touche rustique.
- Utiliser des matériaux naturels : Des branches droites de noisetier ou de châtaignier permettent de fabriquer des tuteurs « zéro achat ».
- Créer des tuteurs sculpturaux : Arceaux, spirales et obélisques apportent du volume.
- Ajouter une touche déco au sommet : Utilisez des éléments naturels comme des pommes de pin ou des galets percés.
Concevoir des clôtures personnalisées
Créer sa propre clôture présente plusieurs avantages comme obtenir un rendu personnalisé et plus original que les modèles de grillages que l’on voit habituellement. Pour choisir la clôture qui vous convient, pensez à déterminer : la hauteur dont vous avez besoin, le niveau d’occultation et sa solidité.
Avec des palettes, la réalisation est simple. Pour créer une clôture en palettes de récupération, il faudra les poser à même le sol pour créer la démarcation. Cette technique fonctionnera bien si vous avez un sol plat et régulier. Dans les autres cas, il faudra rajouter des poteaux scellés dans le sol et venir fixer les palettes dessus.
Avec des rondins, on utilise des troncs empilés. Pas besoin de les fixer entre eux, ils tiennent tout seuls, il faudra juste penser à mettre des retenues à chaque bout et dans les angles. De gros poteaux font parfaitement l’affaire. En plus de l’aspect esthétique, cette clôture sera le refuge idéal pour certains petits animaux et insectes utiles au jardin.
Maintenance et durabilité des structures en bois
Pour prolonger la durée de vie de votre clôture, coupez régulièrement l’herbe, les feuilles et les débris qui s’entassent à la base. Si vous plantez des grimpantes au pied, en fin de saison, arrachez les lianes de ces annuelles - ou des mauvaises herbes - et dégagez totalement le bois. Le mieux est d’utiliser les ressources de votre jardin, idéalement une essence dont les rejets sont suffisamment longs et souples pour être tressés. Utilisez des repousses de l’année.
En effet, si vous plantez des grimpantes perpétuelles, comme le chèvrefeuille, les clématites ou les rosiers, l’ensemble deviendra vite ingérable car la présence constante des végétaux va accélérer le vieillissement des matériaux en maintenant une ombre et une humidité permanentes. Pour les remplacer, il faudra « détricoter » et déposer au sol les lianes déjà bien installées. À l’inverse, les grimpantes annuelles, par définition, sont des lianes fugaces.
Techniques avancées de tressage : le savoir-faire du vannier
Il faut de la force pour tresser les gaulettes de gros calibre, car il faut beaucoup tirer pour courber les brins. Pour une clôture de 1 m de hauteur, prévoyez des piquets de 1,50 m. Enfoncez les piquets de 50 cm dans le sol à l’aide d’une barre à mine et d’une masse. Procédez ensuite au tressage des gaulettes, comme pour n’importe quel ouvrage en vannerie, en passant le brin une fois devant le piquet, la fois suivante derrière et ainsi de suite.
Chaque fois que vous retirez un piquet du sol, en fin de saison, il faut en couper l’extrémité pourrie. Votre tuteur raccourcit au fil des utilisations et finit par être trop court. De plus, le bois peut porter des parasites et des maladies, ce qui suppose une désinfection complète avant chaque nouvelle utilisation. Si vous optez pour du fer à béton, prenez un diamètre de 8 mm. Une longueur standard de 6 m vous permet de couper 4 piquets de 1,50 m.
Intégration paysagère et choix des plantes annuelles
Une technique, différentes essences et, en un clin d’œil, vous donnez à votre jardin une touche médiévale. Sélectionnez les plantes qui conviennent à votre terrain, aux soins et à l’arrosage que vous pouvez leur consacrer, mais aussi à vos envies de couleur. Mettez en place à 15 ou 20 cm du treillage, à la période recommandée selon la plante, dans un sol bien préparé. Paillez de broyat maison ou de feuilles sèches et ajustez l’arrosage. Attachez les tiges au support, au fur et à mesure de leur croissance pour les lianes qui le nécessitent.

- Capucines : Couleurs de feu et croissance ultra-rapide. Feuilles rondes très couvrantes. Fleurs dès juillet. À semer en godets en avril.
- Ipomées : Cloches violet profond, feuillage découpé et grande vigueur. Floraison tardive, à réserver aux régions chaudes.
- Clématites annuelles : Fleurs moyennes dans des coloris violine à bleuté. Très florifère et de grande vigueur.
- Pois de senteur : Fleurs en panicules et tons dégradés couleur soleil. Feuillage vert foncé. Pour exposition chaude.
En conclusion de ces pratiques, sachez que dans la majorité des exemples, on utilise du bois naturel, non traité pour l’extérieur contrairement à ce qu’on trouve dans le commerce, il est donc normal que celui-ci se dégrade avec le temps, donnant un aspect patiné qui sera très apprécié dans les jardins de styles campagnards ou rustiques. Vous garderez ces clôtures rarement plus de 10 ans, mais cela peut être un avantage : comme elles sont très économiques à réaliser, vous pourrez aisément les renouveler à moindre coût.