L’art du bonsaï séduit par sa capacité à condenser la majesté des arbres centenaires dans des pots délicats. Parmi toutes les essences possibles, le chêne, ou Quercus, occupe une place singulière. Symbole de force et de longévité, il s’adapte parfaitement à la culture en pot lorsqu’on maîtrise quelques techniques spécifiques. S'il y a bien un arbre emblématique de la plupart de nos régions, c'est bien le chêne. Véritable roi de la forêt, il évoque la force et la robustesse. Pourtant on le voit assez peu en bonsaï. Certains disent même qu'il n'est pas adapté à la culture en pot. Pourtant nous prétendons le contraire. Dans notre pépinière bonsaï nous en cultivons depuis des décennies et nous sommes arrivés à former des troncs énormes tout en conservant un racinaire compact. Le chêne a toujours tenu une place importante dans notre histoire, il est sacré de nombreuses traditions, vénéré par les Grecs, sacré pour les Druides (ils se réunissaient autour pour célébrer rituels et cérémonies). Le chêne symbolise la sagesse, le savoir, l’autorité. C’est également le symbole de la force invincible, la longévité ou encore la solidité. Ce guide complet apporte des informations pratiques et des conseils de culture pour réussir un chêne bonsaï, qu'il soit destiné à un style classique ou à une composition à plusieurs troncs.

Le Chêne en Bonsaï : Une Essence à Part Entière
Travailler un bonsaï de chêne ne se limite pas à un simple exercice de jardinage, c’est aussi renouer avec un arbre chargé de symboles. En Europe, le chêne est le roi de la forêt, arbre sacré des Celtes, consacré à Zeus chez les Grecs et associé à Jupiter dans la mythologie romaine. En Asie, bien que le genre Quercus soit moins utilisé que le pin ou l’érable, certaines espèces comme le Quercus ilex serrata sont travaillées en bonsaï au Japon. De l’autre côté de l’Atlantique, le chêne blanc d’Amérique du Nord inspire aussi les collectionneurs par son feuillage majestueux. Qu’il soit persistant ou caduque, méditerranéen ou nordique, le chêne en pot symbolise la résilience et le temps long. Le genre Quercus comprend plusieurs centaines d'espèces. Certaines sont persistantes, d'autres semi-persistantes et d'autres caduques. Enfin, le chêne liège (Quercus suber) est lui aussi caractéristique de la région méditerranéenne car il craint le froid.
Contrairement à ce que certains disent, le chêne est très résistant, même en bonsaï. Il n'est pas plus problématique que d'autres essences, sauf en ce qui concerne l'oïdium. Il s'agit d'un champignon (mycélium) qui envahit les jeunes pousses dès le début de végétation. Le chêne bonsaï n’est pas un arbre de débutant, mais il offre une expérience unique à ceux qui aiment travailler avec la nature dans toute sa puissance.
Préparer les Fondations : Le Système Racinaire (Nebari) du Chêne Bonsaï
Très éloigné du rempotage des plantes vertes, celui des bonsaï participe pleinement à leur bonne santé et à leur esthétique. Le premier objectif évident lors du rempotage est de faire tenir les racines de l’arbre dans un pot dont les dimensions et l’esthétique lui correspond le mieux. Ce travail n’est pas, bien entendu, à envisager sur un seul et unique rempotage : il s’agit d’adapter progressivement le pain racinaire au cours des années en passant par plusieurs pots successifs, s’approchant progressivement de l’objectif recherché.
Le rempotage est une étape clé dans la vie du chêne bonsaï. Il permet de renouveler le substrat et de contrôler le développement des racines. Au cours de ces opérations, on élimine progressivement les pivots qui, dans la nature, assurent la stabilité de l’arbre dans le sol, ainsi que les plus grosses racines qui ne sont que des tuyaux qui acheminent eau et nutriments sans être en mesure de les capter directement. C’est le rôle des plus fines d’entre elles - les radicelles - dont on augmente progressivement le nombre au fil des rempotages pour aboutir à un pain racinaire qui ne contient plus qu’elles en dessous de la surface du substrat. Associées à d’indispensables mycorhizes, elles assurent la bonne santé et la croissance de l’arbre. Le travail consiste en la suppression des racines plongeantes et superposées tout en constituant un pain de radicelles homogène et parfaitement réparti dans toutes les dimensions du pot. En surface, on conserve quelques racines plus épaisses qui assurent un ancrage visuel de l’arbre dans le pot. L’ampleur et la nature du travail des racines est à adapter en fonction de l’espèce de l’arbre, de son avancement en bonsaï et de son âge.
Les différentes espèces d’arbres possèdent des programmations génétiques qui favorisent la formation de racines pivot, comme les hêtres ou les chênes. D’autres développent leur pain racinaire plus horizontalement, comme les épicéas et les érables. Quelle que soit leur tendance naturelle, il est nécessaire de réfréner cette tendance naturelle des jeunes plants en taillant systématiquement les racines plongeantes au ras du tronc. Ce n’est qu’après plusieurs années de rempotage et de taille annuelle des racines que cette tendance à développer des racines pivot parvient à s’estomper. Les jeunes plants ont une activité physiologique intense qui impacte également les racines qui se développent rapidement à la recherche d’eau et de nutriments.
Pour créer un pain racinaire compact et ramifié, nous pouvons agir sur plusieurs facteurs : un substrat retenant bien l’eau et les nutriments (akadama, zéolithe type chabasite), une granulométrie relativement faible (1 à 3 mm pour les très jeunes) et l’ensemencement en mycorhizes. Sur un chêne en bonne santé il y a souvent des mycorhizes dans le substrat. Ce sont de fins filaments blancs qui aident l'arbre à puiser les nutriments dans le sol. Les endomycorhizes, associées à bon nombre d’espèces caduques, sont invisibles au moment du rempotage ; seule une odeur de sous-bois peut manifester leur présence.
Comme pour la formation des branches, il est également possible de commencer très tôt celle du nebari en le structurant par des tailles successives des racines de surface à des distances en cohérence avec la hauteur finale envisagée pour le futur bonsaï. Les possibilités de créer un nebari satisfaisant par la taille des racines sont limitées ; en revanche, on peut exploiter la souplesse des racines pour les diriger au moment du placement dans le pot en les fixant, si nécessaire, avec des cavaliers en fil de ligature plantés dans le pot. Sur les grosses racines horizontales, une taille en biseau dont la surface de coupe est orientée vers le haut et la pointe vers l’extérieur donne de bons résultats : les nouvelles racines s’orientent plus horizontalement et radialement par rapport au tronc. Sur un nebari déjà bien structuré, la suppression des racines qui ne grandissent pas dans ces directions est nécessaire au maintien de la forme. De même, le développement trop important d’une racine de surface par rapport aux autres gagne à être corrigée en supprimant une partie des radicelles qui y sont liées.
Au moment du placement dans le pot, il est également utile de prêter attention à la disposition des racines. Elle peut être totalement perturbée au moment de la mise en place des fils de fixation qui les déplacent, les compressent, ou les regroupent. La fixation dans les profondeurs du sol n’est pas pertinente dans un pot à bonsaï : il n’y a pas d’espace disponible et nous pallions ce manque en utilisant des fils de fixation.

Outils et Précautions pour le Travail des Racines
Les principaux outils utilisés sont des ciseaux robustes, et des pinces (traditionnellement droites, dites à racines). L’usage d’une scie n’est pas à exclure, en particulier pour les plus grosses racines ou celles qui font pivot. Il est assez confortable d’utiliser des outils en inox : ils ne rouillent pas dans le milieu humide des racines et leur dureté supérieure à celle de l’acier standard permet de limiter les dégâts lorsqu’ils viennent à heurter un fil de fixation oublié dans la motte. Le tranchant des outils est fortement sollicité dans un substrat contenant des grains de roche. Comme les branches, les racines referment mieux les surfaces taillées lorsque la coupe est nette.
Le travail des racines nécessite soins et patience : les racines doivent être dégagées progressivement. Si une racine semble bloquée entre d’autres, il suffit, en général, d’éliminer le substrat de l’extérieur vers l’intérieur de la motte pour que les racines emmêlées se dissocient. La première précaution à prendre est de porter des gants. Pour éviter, en premier lieu, d’enduire les racines de l’arbre avec des substances absentes de leur milieu naturel : la graisse que notre peau produit naturellement (le sébum), sans parler de crème pour les mains et autres produits cosmétiques ou ménagers. Pour nous protéger nous-même, également, contre les blessures pouvant être causées par des fils métalliques oubliés lors de rempotages précédents : la vaccination antitétanique a ses limites.
Il est possible de couper jusqu’à 50 à 70% des racines sur un arbre en bonne santé. Hormis chez les pins forts (ayant la capacité d’émettre deux bourgeonnements dans une saison), il est plus que prudent de ne pas supprimer plus de 30% des racines. De plus, chaque taille de raccourcissement devrait être réalisée au niveau d’une division existante sur la racine taillée.
Faut-il mastiquer les racines après les avoir taillées ? Pour des arbres dont le bois pourrit facilement ou pour des coupes de plus de 2 à 3 cm de diamètre, il est possible de mastiquer les plaies … encore faut-il utiliser un mastic en pâte ferme ou qui sèche très rapidement, sous peine qu’il ne se dilue au premier arrosage. Pour les autres, l’expérience prouve que dans le milieu relativement stérile, humide et aéré d’un substrat neuf, l’arbre se débrouille parfaitement seul et émet souvent de nouvelles radicelles au niveau du cambium mis à nu.
Les grosses racines présentes sur les prélèvements et sur des arbres dont la taille des racines n’a pas été optimale lors des rempotages successifs nécessitent un traitement particulier. Certaines espèces possèdent en effet des canaux de sève très différenciés reliant les racines aux branches. Ce phénomène est particulièrement patent chez les azalées et les genévriers, par exemple. Si on taille brutalement une grosse racine (ou qu’elle est sectionnée par un animal ou un événement climatique), il est plus que probable qu’une partie des branches et du tronc sèchent. C’est une des raisons possible à la formation de bois mort (jin et shari) dans la nature. La taille des grosses n’est pas le moyen le moins risqué d’obtenir ce type d’esthétique : des techniques spécifiques permettent d’obtenir les mêmes résultats. Si certaines espèces sont particulièrement sensibles, les autres réagissent également, plus ou moins fortement. Pour supprimer une grosse racine, le meilleur moyen est de l’affaiblir progressivement. Ceci peut être obtenu en taillant une partie des radicelles qui y sont reliées, en entaillant une partie de la racine elle-même, ou en l’enserrant fortement dans une boucle de fil de ligature. Si tout se passe bien, l’arbre va rediriger les canaux de sève vers d’autres parties de l’arbre, progressivement et à son rythme.
Cultiver un Tronc Massif et la Conicité : La Technique du "Clip and Grow" pour les Chênes
Ce qui distingue vraiment un chêne bonsaï, c’est son tronc massif et son écorce texturée qui rappellent la force des arbres de forêt centenaires. Contrairement à d’autres essences, le Quercus développe avec l’âge une peau craquelée, parfois épaisse comme celle du chêne liège (suber) ou plus fine et nervurée comme celle du chêne pubescent. Pour obtenir cet effet, il est conseillé de laisser pousser certaines branches principales sans taille pendant plusieurs saisons afin d’épaissir le tronc à la base. La coupe régulière des jeunes pousses secondaires permet ensuite de structurer un feuillage équilibré.
La plupart des feuillus en bonsaï sont formés à l’aide de la technique du "clip and grow", permettant d’obtenir des troncs massifs avec des formes douces. Mais c’est une technique qui n’est pas si simple à maîtriser. Pour répondre à cette question, il faut tout d’abord revenir aux fondamentaux de l’esthétique du bonsaï. Imaginez maintenant que vous avez un jeune plant avec lequel vous désirez créer un bonsaï. Le tronc est généralement fin (par rapport à la hauteur de l’arbre), il manque de conicité et ressemble plus à un piquet bien droit. Il va donc falloir faire grossir ce jeune plant, et le travailler régulièrement pour lui donner cette conicité recherchée. Pour bien comprendre le "clip and grow", il faut comprendre comment grossit un arbre.
Au contraire, si vous laissez pousser, le tronc (ou la branche) va s’allonger et développer beaucoup de feuillage. Les feuilles vont produire de l’énergie (par photosynthèse) qui servira à créer de nouveaux tissus. Vous allez d’abord voir ce tire-sève s’allonger et lorsqu’il va se lignifier (se transformer de tissus vert en bois), son diamètre va augmenter. La technique fonctionne d’autant mieux que votre arbre est cultivé dans un grand pot, voire en pleine terre. Tout ce qui se passe en haut, se passe aussi en bas, et inversement. Il ne faut pas avoir peur de laisser pousser, même si le tire-sève devient très long. Au Japon, il n’est pas rare de voir des pépiniéristes laisser tiger sur plus d’un mètre de haut. Par contre, cela peut poser des problèmes de stabilité du bonsaï et de prise au vent.
Lorsque vous laissez pousser le tronc ou les branches, vous allez vous retrouver avec de longues tiges, mais quand faut-il les tailler ? Nous voyons souvent des amateurs couper à la fin de l’automne, au moment de la taille de structure. Même si ce n’est pas une règle absolue, nous vous conseillons de laisser tiger jusqu’à obtenir la moitié du diamètre souhaité. La taille se fera pendant l’hiver, pendant la période de dormance, en mettant du mastic au niveau de la coupe pour améliorer la cicatrisation. Au printemps suivant, de nombreux bourgeons vont apparaître sur le tronc. Conservez toujours deux rameaux pour assurer la continuité. Quand ils se seront développés sur quelques centimètres, gardez-en un seul. Quand il s’agit d’une branche, conservez de préférence un rameau sur le dessous ou le côté, et pas sur le dessus, car il poussera rapidement à la verticale, ce qui ne sera pas esthétique. Posez une fine ligature (un peu lâche, sans serrer) afin de guider le rameau dans la bonne direction.
Lorsque vous taillez le tire-sève, le rameau qui va être utilisé pour assurer la continuité ne sera pas exactement dans le prolongement (du tronc ou de la branche). Et ne cherchez surtout pas à créer des tubes bien droits. Taillez toujours un peu au-dessus de là où vous voulez avoir des bourgeons, car suivant les essences il n’y a pas forcément des bourgeons latents sur tout le tronc. Lorsque vous taillez, faites une coupe perpendiculaire à la branche, ne cherchez pas à creuser. Le bois va sécher au-dessus des derniers bourgeons. Un des problèmes posés par le "clip and grow", est que cette technique va laisser de grosses coupes, surtout lorsque vous voulez former un gros tronc. L’utilisation d’un mastic fait toujours débat au sein de la communauté bonsaï. Au bout de quelques semaines, vous allez voir apparaître un bourrelet cicatriciel autour de la coupe. Sauf que, lorsque la coupe est trop grosse, ce bourrelet ne va plus évoluer. Pour cela, au printemps, rognez légèrement le bourrelet avec un cutter ou un scalpel, sur environ 1 millimètre tout autour de l’intérieur du bourrelet. Vous avez également la possibilité de traiter la coupe en bois mort, par exemple en faisant un jin ou un shari. Certains feuillus, tels que les oliviers ou les buis, ont un bois très dur qui résiste bien aux intempéries.
Le principe de base de cette technique est de laisser pousser, tailler très court et ensuite repartir sur les nouvelles pousses. Mais pour cela, il faut que l’arbre rebourgeonne en arrière. Généralement, les feuillus vont naturellement émettre de nombreux bourgeons arrière lorsqu’ils sont taillés, mais pour la plupart des conifères ce ne sera pas le cas. Si vous taillez une branche de pin en bonsaï, sans laisser de végétation, la branche va sécher et mourir. C’est pour cela que le "clip and grow" sera beaucoup plus utilisé pour former un feuillu en bonsaï. Pour un pin, vous devrez faire un peu différemment. Vous pouvez laisser pousser une branche pour la faire grossir, mais conservez toujours une petite branche arrière qui pourra prendre la relève. Les racines des caducs se comportent généralement comme leurs branches : elles sont capables de produire de nouvelles pousses et de se diviser après une taille. Comme chez les caducs, on retrouve sur les conifères un comportement similaire entre la capacité à rebourgeonner en arrière des branches et des racines.

La Mise en Forme des Troncs Multiples : Principes et Adaptations pour le Chêne
Bien que le texte ne détaille pas explicitement les "techniques à plusieurs troncs", les principes fondamentaux du bonsaï, notamment le "clip and grow" et le travail du racinaire, s'appliquent directement à la création et à l'entretien de ces styles. Créer un chêne bonsaï à plusieurs troncs, qu'il s'agisse d'un style Sokan (double tronc) ou Yose-ue (forêt), implique de maîtriser l'épaississement de chaque tronc et la cohésion de l'ensemble. Si vous souhaitez créer «une forêt», vous devrez utiliser un pot assez long de façon à ce que les arbres placés aux extrémités ne soient pas trop collés aux bords de ce pot.
Pour initier un style à plusieurs troncs, il est crucial de considérer le nebari dès le départ. Un pain racinaire homogène et parfaitement réparti est d'autant plus important qu'il doit ancrer visuellement plusieurs éléments. Les tailles successives des racines de surface, comme décrit précédemment, aideront à former une base solide et esthétique pour la composition. En contrôlant les racines plongeantes au ras du tronc pour chaque future colonne ligneuse, on favorise le développement des radicelles essentielles à la santé et à la ramification du système racinaire sous l'ensemble des troncs.
La technique du "clip and grow" est fondamentale pour développer la conicité et le diamètre de chaque tronc dans une composition multi-troncs. Appliquez le principe de laisser pousser les tire-sève de chaque futur tronc jusqu'à obtenir la moitié du diamètre souhaité, puis taillez en hiver. En conservant deux rameaux pour assurer la continuité de la croissance sur chacun des troncs, on assure l'épaississement de la base tout en dirigeant la forme générale. La coupe régulière des jeunes pousses secondaires sur chaque tronc permettra de structurer un feuillage équilibré pour l'ensemble. La pose de ligature permet de placer les branches d’un bonsaï dans la position souhaitée par rapport à l’esthétique recherchée. Le "clip and grow", en sélectionnant les rameaux qui serviront à créer les nouvelles branches ou la continuité du tronc, est également une technique de mise en forme, mais qui a certaines limites.
Pour un bonsaï qui a déjà une mise en forme, mais dont la branche la plus basse (ou un des troncs inférieurs dans un style multi-troncs), qui devrait être la plus grosse, est plus fine que celles au-dessus, la solution est alors de tailler régulièrement votre bonsaï, sauf la partie que vous souhaitez faire grossir. Cela permet de rediriger la sève et l'énergie vers les zones à renforcer, assurant ainsi une harmonie des diamètres entre les différents troncs ou branches principales.
Entretien Quotidien et Spécificités de Culture du Chêne Bonsaï
Le Bonsaï est souvent associé à un végétal fragile et difficile à cultiver. Pourtant il ne réclame pas plus de soins qu’une autre plante mais seulement de la patience et un peu de bon sens. Le Bonsaï est avant tout un arbre, il a donc besoin que certaines règles de base soient respectées afin de favoriser son développement. Même s’il existe des techniques plus poussées pour «sculpter» son Bonsaï, l’entretien courant ne se résume qu’à la taille et au rempotage de celui-ci. Une fois ces deux parties assimilées, n’importe quel débutant est capable d’avoir ce végétal et d’en prendre soin, ce qui apporte entre autre, une certaine satisfaction personnelle.
Exposition et Arrosage :Plein soleil, ou mi-ombre si vous êtes dans le sud de la France. C'est un arbre qui aime la lumière mais beaucoup moins d'être dans un pot qui chauffe et qui se dessèche. En période de grosse chaleur, placez-le à mi-ombre pour ne pas que les feuilles soient grillées. Comme n'importe quel feuillu en bonsaï : un bon arrosage lorsque le dessus du substrat commence à sécher. Dans la nature le chêne a de grosses racines qui plongent dans la terre pour puiser l'eau. Il n'aime pas être au sec. La première est de laisser le substrat sécher complètement : même un chêne méditerranéen comme le chêne vert (ilex) ou le suber a besoin d’eau régulière pour maintenir une croissance équilibrée. Lorsque vous arrosez, évitez de mouiller les feuilles pour éviter l'apparition de l'oïdium. Plus votre Bonsaï sera exposé à la lumière directe plus il aura besoin d’arrosages fréquents. À l’inverse, un manque de lumière pourra engendrer la pourriture des racines.
C’est l’élément le plus important pour que votre Bonsaï soit en bonne santé. La fréquence d’arrosage dépend de la luminosité, de la pièce dans laquelle il se trouve et de la saison car en hiver avec les jours courts, il ne pousse presque plus, et pour ceux d’extérieur, de la région et du climat. Un bonsaï d’extérieur exposé plein sud aura sûrement besoin de 2 arrosages par jour. De même pour les Bonsaï placés derrière une vitre exposée plein sud. C’est pour cela qu’il est très important d’observer votre Bonsaï. Il n’y a pas vraiment de règles prédéfinies pour l’arrosage. La texture et la couleur de la terre vous aideront également à déterminer la fréquence d’arrosage. Si la terre devient sèche et claire, il est grand temps d’arroser ! Vous devez l’arroser par le dessus, jusqu’à ce que l’eau s’écoule par les trous de drainage de votre poterie. Il faut impérativement oublier les «immersions» qui sont nécessaires seulement pour les Bonsaï ayant comme substrat un mélange de terre et d’argile très dure et compacte.
Température et Hivernage :Le chêne est une essence robuste, mais en pot, il supporte mal le froid intense. Le choix du sol influence directement la croissance et la santé du bonsaï. Les besoins en température de votre Bonsaï dépendent de l’espèce. Les Bonsaï d’intérieur auront besoin d’une température plutôt constante. Un chêne bonsaï peut-il vivre à l’intérieur ? Uniquement de manière temporaire.

Fertilisation et Substrat :Le substrat retenant bien l’eau et les nutriments (akadama, zéolithe type chabasite), avec une granulométrie relativement faible (1 à 3 mm pour les très jeunes) est idéal. Comme tous les feuillus, on ne commence à donner de l'engrais que lorsque la première pousse est développée. Évitez les engrais fortement azotés qui favorisent la formation de grosses feuilles (le contraire de ce que nous voulons). À la pépinière, nous associons un engrais organique à un engrais chimique riche en P et K. Ce point est très important si vous voulez que votre Bonsaï reste vigoureux et en bonne santé. Comme vu ci-dessus, le pot étant de taille réduite la terre ne joue pas son rôle de «mère nourricière», il faudra donc apporter régulièrement un engrais à votre Bonsaï, selon l’espèce à laquelle il appartient. N’hésitez pas à demander conseil à un vendeur lors de l’achat.
Maladies et Parasites :Faut-il protéger un chêne bonsaï contre les parasites ? Oui, comme en pleine terre, il peut être sensible aux pucerons, cochenilles ou champignons. L'oïdium est un champignon (mycélium) qui envahit les jeunes pousses dès le début de végétation.
Calendrier des Soins et Patience du Bonzaïka
Chaque saison apporte son lot de soins : rempotage au printemps, taille en été, fertilisation en automne, protection en hiver. La patience est la clé : du gland au vieux chêne en miniature, chaque étape façonne un arbre qui devient un véritable compagnon de vie. Dans un pot en céramique, sur une terrasse ensoleillée ou à l’ombre légère d’un jardin, le chêne bonsaï apporte une présence rassurante, solide et profondément enracinée dans l’histoire.
Rempotage :Rempotez au printemps, lorsque les bourgeons gonflent. Ne rempotez pas trop fréquemment, mais uniquement lorsque nécessaire. C'est-à-dire lorsque vous constatez que l'eau ne s'écoule plus à travers le substrat et que le pain racinaire est très dense. En général, les rempotages sur un chêne sont espacés de 4 ou 5 ans, voire plus pour un sujet plus mature. À la fin de l’hiver, vous pourrez rempoter vos Bonsaï d’extérieur juste avant que les bourgeons du printemps n’éclosent.
Taille :La taille d'entretien s'effectue dès la première pousse, lorsque le rameau est encore vert. Si vous attendez qu'il soit lignifié (qu'il prenne une couleur marron) vous aurez moins de chance d'avoir une seconde pousse. La taille de structure se pratique en hiver. Éliminez tout ce qui est superflu pour ne conserver que ce qui est essentiel à la forme. Les petites branches sont assez souples (mais ce n'est pas un pin non plus !) et peuvent être ligaturées pendant l'hiver. La taille doit aussi être adaptée : une coupe trop sévère en été peut bloquer la multiplication des rameaux, alors qu’une intervention au printemps stimule la ramification.
Le pincement et l’exfoliation donnent une ramification de plus en plus fine et des feuilles de plus en plus petites. Attention : cette taille ne s’applique pas à toutes les espèces et doit être pratiquée à une certaine période du développement de votre arbre. Attention : il faudra attendre que le rameau présente au moins 6 à 8 feuilles pour le tailler et donc le réduire à 2 ou 3 feuilles. La technique du «pincement» vise à supprimer les jeunes pousses juste après leur bourgeonnement. En retirant le bourgeon dit «terminal» vos pousses secondaires seront moins vigoureuses mais beaucoup plus nombreuses.
La défoliation, qui consiste à tailler les feuilles (retirer les feuilles sans ôter leurs pétioles), devra être effectuée seulement sur les Bonsaï en bonne santé n’ayant pas subi de rempotage, de taille de structure ou bien de ligaturage au risque de le fatiguer. D’autres techniques particulières existent comme le marcottage, qui consiste à raccourcir un tronc trop haut ou à récupérer une partie intéressante sur un arbre. Et enfin, l’incrustation, qui consiste à greffer un ou plusieurs arbres jeunes autour d’un arbre mort. Pour ces différentes techniques il est conseillé de se procurer un ouvrage expliquant en détail les étapes à suivre ou bien de demander conseil à un professionnel.
