
Le scoutisme, c'est avant tout un art de vivre en harmonie avec la nature, une école de débrouillardise et d'ingéniosité. Au cœur de cette philosophie se trouve la capacité à bâtir des installations robustes et fonctionnelles avec les ressources disponibles, principalement le bois. Cependant, le choix de l'essence de bois est crucial pour la réussite et la durabilité de ces constructions. Loin de se limiter à la simple coupe, cette activité requiert une connaissance approfondie des différentes essences, de leurs propriétés et de leurs usages spécifiques, tout en respectant l'environnement et les principes du forestage.
L'Art du Forestage : Respect et Sélection du Bois
Lorsque les scouts arrivent sur leur lieu de camp, leur première préoccupation est de trouver le bon coin de patrouille. Juste après, ils se préoccupent du bois qui est à leur disposition pour les installations. Si l'on a bien compris la technique du forestage (et non pas du froissartage), on sait qu'il suffit de couper des perches un peu fortes et non pas des baliveaux.
Il est impératif, lorsque les scouts ont besoin de bois pour une construction, de l'abattre proprement et d'utiliser l'arbre entier, sans laisser de déchets sur place. En dehors du tronc principal qui intéresse principalement les scouts, les branches petites et grosses peuvent être utilisées pour d'autres constructions, ou sciées en rondins pour le feu ou pour être utilisées plus tard par le propriétaire des lieux ou d'autres scouts (bois humides). Le respect de l'environnement est une valeur fondamentale du scoutisme, et cela inclut une gestion responsable des ressources forestières.
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Critères de Sélection : Résistance, Travail et Durabilité
La sélection du bois pour les installations scoutes doit prendre en compte plusieurs facteurs clés : la résistance, la facilité de travail, la durabilité et la disponibilité de l'essence. Suivant les régions où ils poussent, les arbres d'une même essence peuvent avoir une structure et une résistance différentes. Ceci est dû au climat et au sol. Pour les grosses constructions telles que les ponts et les plateformes, il faut examiner avec soin les troncs à utiliser. Un arbre sain, sans pourriture ni roulure, avec des nœuds petits (1/5 du diamètre au maximum), garantira la solidité de l'ouvrage.
Les arbres ne poussent pas tous à la même vitesse. Un bouleau de 5 ans peut atteindre 15 cm de diamètre, alors que pour atteindre cette taille, un chêne mettra 15 ou vingt ans. Même chose pour le hêtre. En outre, ces arbres "nobles" sont des arbres de rapport. Au bout de 150-200 ans, ils sont coupés pour devenir des poutres, des charpentes, du parquet, du mobilier. Leur diamètre est alors d'environ 100 cm. Construire avec des arbres droits (à peu près) est bien plus facile que de devoir construire avec des arbres tordus.
Il y a parfois intérêt à utiliser des arbres secs. C'est le cas pour les sapins et quelques pins. Plantés trop serrés ou dans un terrain qui ne leur est pas très favorable, ces résineux peuvent mourir et devenir tout secs. Si les scouts les prennent peu de temps après leur mort, ils trouveront là un excellent bois de construction : long, droit, léger et plus résistant que du bois vert ; en outre, ils n'ont plus de valeur.
Essences de Bois Couramment Utilisées et Leurs Propriétés
Passons en revue les essences de bois fréquemment rencontrées et leurs caractéristiques, en mettant l'accent sur leur pertinence pour les installations scoutes.
Le Noisetier : Un Choix Idéal pour la Flexibilité
Bien que le noisetier ne soit pas explicitement détaillé dans les informations fournies, son absence notable permet de souligner les critères qui rendent une essence adaptée ou non. Le noisetier est un arbuste qui, par sa nature, produit généralement des branches fines et flexibles, rarement de gros troncs droits et longs. Pour des installations scoutes qui nécessitent des perches droites et résistantes pour des structures porteuses (telles que les cadres de tentes, les tables ou les bancs), le noisetier est souvent moins adapté. Sa principale utilité pourrait résider dans des usages secondaires, comme le tressage, la réalisation de petites fixations ou d'éléments décoratifs, où sa flexibilité serait un atout. Cependant, pour la charpente de base d'une installation, il est généralement insuffisant en termes de diamètre et de rigidité.
Le Bouleau : Facilité de Travail et Repousse Rapide

Très connu avec son écorce blanche, le bouleau existe sous plusieurs variétés. Il présente une pousse rapide, un tronc droit et n'a pas une grande valeur économique, ce qui en fait une ressource intéressante. Il repousse facilement par rejets. Le bois de bouleau est assez résistant et très facile à travailler. Il se fend bien, et les mortaises près des bouts résistent correctement. Il donne de très belles installations si l'on a fait attention de ne pas abîmer l'écorce. Avec les ramures, on fait de très bons balais. Attention, le bouleau pourrit rapidement si on lui laisse son écorce (qui est étanche). Les pelures d'écorce fournissent un excellent allume-feu, même mouillées.
Le Tremble : Mobilité des Feuilles et Croissance Rapide

Le tremble, avec son fuseau dressé vers le ciel, ses petites feuilles remuantes et son teint jaune en automne, est facilement repérable. Dans la forêt, on croise le plus souvent des trembles. Facile à reconnaître en été, ses feuilles extrêmement mobiles donnent l'impression qu'il "tremble". Sa feuille brillante en forme de fer de lance est un indice imparable. Son écorce est verdâtre, fissurée ou en spirale. On voit de grands arbres souvent abîmés, et des rejets longs et minces qui partent de la souche. Le tremble n'est pas terrible en sujet isolé, mais excellent en rejets dans un taillis. Sa pousse est très rapide, le tronc est droit mais de longueur moyenne. Il est assez résistant et très facile à travailler. Il se fend très bien (attention aux mortaises dans les extrémités). Son écorce peut facilement se détacher, on peut en faire des gouttières et même des tuyaux.
Le Frêne : Solidité, Flexibilité et Propriétés Médicinales

En France, il y a beaucoup de frênes dans les forêts. Également appelé fayard, c'est un arbre qui s'adapte très bien, si bien qu'on peut le voir sur des sols rocheux. Sa croissance est vigoureuse et son bois est de bonne qualité. Ce sont des arbres hauts de 30 à 40 m. Le frêne est solide, droit et long, bien que légèrement ondoyant, avec une faible conicité. Son écorce est gris-vert-clair, très lisse, moyennement adhérente. On le trouve en sujet isolé ou en buisson de rejets. Il offre une bonne résistance, se fend très bien, et la mortaise en extrémité résiste bien à la fente. Il est facile à travailler et permet des tenons solides. Le frêne résiste assez bien à la pourriture. Son bois ligneux au grain fin est parfait pour les manches d'outils, longs ou courts (pioche, hachette…). Le frêne encore vert brûle très bien, comme du bois sec. Les feuillages du frêne sont très appréciés par les ruminants et remplacent l'herbe qui peut manquer par des étés très secs. On utilise les feuilles de frêne en infusion car elles contiennent des sucres et des essences naturelles. Ces infusions sont bonnes pour soigner les maladies rénales, les rhumatismes ou les problèmes laxatifs diurétiques. On le reconnaîtra facilement en automne car ses feuilles tombent encore vertes.
Le Saule : Croissance Rapide, Flexibilité et Résistance aux Intempéries

Attention, il ne s'agit pas ici du saule pleureur, mais du saule droit. Son écorce est gris-vert clair. Il est aussi bon en sujet isolé qu'en taillis. Sa pousse est vraiment très rapide, le tronc est à peu près droit, le saule se dandine un peu. Il est assez résistant et très facile à travailler. Il se fend parfaitement bien, on peut en tirer des planches très fines ; attention cependant aux mortaises dans les extrémités. Le saule est résistant mais souple, ce qui est parfois un avantage. Il résiste très bien aux intempéries et moisissures. Des bancs fendus + 4 pieds durent fort longtemps laissés dehors.
Le Cormier : Résistance et Rectitude

Le cormier pousse isolé ou en bouquet de 3 ou 4 sujets. Son écorce est assez solide, gris clair, annelée de blanc. C'est un bois résistant avec un fût long, droit, de très faible conicité. Sans réelle valeur, il pousse moyennement rapidement. Il est facile à travailler, permet de réaliser de très bons tenons, et les mortaises résistent bien à la fente. Le cormier se fend bien droit sans presque vriller. En été, il donne des baies rouges ou oranges en grappe. Sa feuille est composée un peu comme celle du frêne, mais légèrement dentelée. C'est un arbre idéal pour le forestage, mais pas très courant.
L'Aulne : Adaptabilité aux Sols Pauvres et Facilité de Travail

L'aulne n'est pas un arbre difficile, il peut vivre en pionnier dans des sols très pauvres. Abondant près des étangs, des marais, des zones marécageuses, son écorce est gris-vert, et son bois blanc devient orange après la coupe. Il est bien droit, offre des perches longues et n'a aucune valeur économique. Il est aussi bon en sujet isolé qu'en taillis de rejets. L'aulne se travaille très bien en forestage. Il se fend très bien, mais attention, les tenons sont fragiles et il faudra les grossir. L'arbre vert est lourd, bien sec il devient très léger. Laissé aux intempéries, le bois pourrit très vite. Certaines espèces peuvent, après abattage, être teintées et ressembler à de l'acajou. C'est également un bois de sculpture très tendre et à grain fin, parfait pour les débutants.
Le Châtaignier : Résistance à la Pourriture

Le châtaignier est solide, bien droit et de bonne longueur. Son écorce est beige, assez solide, et il pousse souvent en 2 ou 3 tiges. Le châtaignier résiste très bien à la pourriture. En revanche, il se fend très mal à cause de nombreux départs de branches.
L'Érable : Longévité et Utilité Économique

L'érable est un arbre qui mesure environ 20 à 30 mètres. Cet arbre vit longtemps, entre 300 et 400 ans. À l'époque, l'érable était un arbre montagnard. Curieusement, l'érable est récent en France : il y a été introduit au milieu du 18ème siècle pour son esthétique. L'érable plane est un arbre non seulement agréable à voir, mais économiquement très utile : son bois sert à la fabrication des meubles et des instruments de musique. Il résiste moyennement à la pourriture. Une fois sec, l'érable brûle difficilement, il faut lui adjoindre d'autres essences plus aptes à la combustion. Cela se transforme en avantage pour les braises du lendemain après le bivouac ou la veillée, car il brûle, mais très lentement.
Le Pin : Rectitude et Résistance

Les pins sont très similaires aux sapins. Ils en diffèrent par l'écorce rousse plus solide. Ils sont bien droits et assez longs. Comme le sapin, on hésite à le couper et on fait bien. Cependant, plusieurs troupes qui ont campé en Laponie dans la taïga (des pins clairsemés à perte de vue) avaient demandé l'autorisation de prélever des pins. Le Metsähallistus (ONF finlandais) avait donné son accord pour des prélèvements limités et raisonnés de sujets vivants, mais voulait que les scouts laissent les arbres secs tombés au sol. C'est un arbre excellent, et en passant, nous recommandons les camps en Laponie finlandaise. En climat tempéré, la pousse est moyenne. Le climat est cependant prépondérant, en montagne il pousse lentement tout comme en Laponie.
Le Sapin : Rectitude et Légèreté (bois sec)

Le sapin est solide, bien droit et de grande longueur. Son écorce est rousse, assez fragile. Uniquement en sujet isolé, il ne repousse pas après la coupe. La pousse est très rapide, mais c'est souvent un arbre de rapport. On ne coupera donc rien dans les sapinières. Les sujets isolés au milieu des feuillus sont tentants, mais ils diversifient la forêt et l'embellissent. Il serait indécent de les couper. Le conseil pour le sapin est d'utiliser les sujets secs, qui sont bien plus intéressants que les sujets verts. On peut en trouver un grand nombre dans les sapinières (ils sont morts dans la course à la lumière). Ils sont plus légers, plus raides et plus résistants, et le tenon se travaille bien. La mortaise est plus difficile que dans du vert, mais on y arrive si les outils sont correctement aiguisés. L'avantage du sapin réside dans sa parfaite rectitude et sa grande longueur.
Le Robinier (Faux-Acacia) : Dureté et Imputrescibilité

Le robinier est solide, bien droit et de longueur satisfaisante. Il pousse vite. Son écorce est beige, fragile. Il possède de grosses épines très agressives. Souvent, il pousse en 2 ou 3 tiges ou en taillis après avoir été coupé. Il possède une certaine valeur chez les agriculteurs qui en font des poteaux pour les enclos de barbelés, car l'acacia résiste très bien à la pourriture, même enfoncé dans la terre. Son bois est alors presque jaune. L'ennui de ce bois pour les scouts est qu'il est dur, vraiment dur. On parvient à tailler le tenon, mais on peine à percer la mortaise.
Le Chêne : Majesté et Dureté

Le chêne est un bel arbre majestueux, mais les scouts se contenteront de le regarder et de profiter de son ombre majestueuse. C'est bien sûr un arbre de rapport qui arrive à maturité entre 150 et 250 ans. Même jeune, il n'est pas utilisable car trop court, trop grêle, trop lourd, trop noueux. Encore vert, il n'est pas vraiment dur, mais ses fibres partent un peu dans tous les sens et il est difficile d'y aligner un tenon. En revanche, il est très solide et bien tenace. La mortaise s'y perce mieux et résiste très bien à la fente. Mais comme le chêne pousse très lentement, on ne coupera pas un sujet de presque vingt ans qui remplirait mal sa fonction alors qu'un bois blanc et sans valeur de 5 ans fera bien mieux. Le chêne met un temps considérable à pousser, il serait bête de gâcher son travail. Il existe environ 300 espèces de chênes, dont une dizaine en France. En France, l'espèce la plus commune est le Chêne Rouvre. Les chênes produisent un bois durable utilisé en menuiserie, en ébénisterie, en tonnellerie, pour les parquets et les placages. Les bouchons sont fabriqués à partir de l'écorce épaisse et spongieuse du chêne-liège, qui pousse dans les régions méditerranéennes. Plusieurs espèces produisent des tanins, utilisés pour le travail du cuir, d'autres fournissent des teintures que l'on extrait de leur écorce.
Le Hêtre : Beauté et Traitement du Bois

Le hêtre est un très bel arbre au tronc lisse et gris clair. Il a des feuilles caduques et est en général plutôt grand. Cet arbre a un tronc puissant et élevé, une écorce lisse très fine, de petites feuilles ovales et des bourgeons bruns. Ses fruits comestibles ou faines sont petits et pyramidaux et se conservent mal. Le hêtre est facile à travailler et constitue un excellent bois de sciage et de menuiserie, utilisé pour la confection de meubles et de parquets. En jeune sujet, il n'est pas utilisable par les scouts car son tronc est ondoyant et noueux. En revanche, il peut arriver que l'on trouve de grosses branches tombées au sol (on se rappelle ici qu'il est dangereux de dormir dans les futaies). Ces branches sont d'un bon diamètre, assez longues et peu galbées. On parvient sans peine à en tirer des assises fendues pour des bancs à 4 pieds. Bien que se fendant facilement encore vert, le hêtre est très peu fibreux et se travaille très bien à la plane et à la tarière, mais on évitera d'y tailler des tenons (et donc les pieds du banc) qui seraient alors cassants. Laissé au dehors, le hêtre pourrit assez vite. C'est en revanche un bois qui se sculpte très bien car il n'est pas fibreux, mais il est bien plus dur que le tilleul et il se ponce parfaitement bien.
L'Orme : Solidité et Souplesse

L'orme est un grand arbre à feuilles caduques. Son bois solide et souple est utilisé en charpenterie et en menuiserie. Il existe une vingtaine d'espèces d'ormes au nord du globe. En France, on trouve principalement l'orme champêtre. Il y en a beaucoup en France, mais ils sont toujours associés à d'autres espèces. Il ne faut pas le confondre avec le hêtre. Il a une écorce assez mince, gris clair. Ses feuilles ont des bords dentés.
Le Charme : Dureté Inattendue et Port Tortueux

Le charme, dont la durée de vie n'est pas très importante, ne pousse pas trop haut. Mais contre attente, il produit un bois très dur. On s'en servait autrefois pour fabriquer les pièces des machines. C'est un arbre souvent tortueux et aléatoire. Il peut pousser assez droit et puis soudain il part à droite, à gauche, ses branches font des coudes. La base de tronc gris-vert est souvent creusée de saignées et les sections des branches et du tronc sont rarement circulaires, mais souvent patatoïdales. La pousse est moyenne et le charme est parfait en haie, plus on le coupe et mieux il se porte. Le charme est un bois dur ligneux, mais ses nœuds et les tourments de son port le rendent inutilisable et sans valeur (à moins de tomber sur une cépées de sujets bien droits). Les scouts ne pourront en tirer que quelques branches pour la particularité de ses tourments ou de ses fourches (porte-manteaux, poignées, pièces avec angle droit…). En revanche, sec ou encore un peu vert, c'est un excellent bois de chauffage.
Le Tilleul : Légèreté et Facilité de Travail

Il existe environ 30 espèces de tilleul dans l'hémisphère nord. Le mot tilleul est aussi un adjectif désignant une couleur vert virant au jaune. Avec ce bois, on fait surtout des tonneaux, des allumettes et du fusain. Les feuilles de cet arbre servent à produire des infusions calmantes et antispasmodiques. Ne pas couper des sujets isolés peu intéressants pour les scouts, mais prendre les rejets qui sont très longs, épais bien que souvent un peu galbés. La repousse des rejets est très rapide (jusqu'à 2 m en un an). Le tilleul est léger, mais pas très résistant, bien que souple. Il sèche très vite et devient encore plus léger. En revanche, il se travaille comme du beurre. Il se fend très bien et on pourra en faire des planches (pas trop longues). Le tilleul peut convenir pour l'assise d'un banc fendu + 4 pieds, mais on évitera d'en prendre pour des structures de lit. Les débutants sculpteurs se régaleront avec le tilleul, mais il faut un couteau très bien aiguisé.
Le Peuplier : Croissance Rapide et Usages Spécifiques

Ne rien couper dans les plantations de peupliers qui sont des arbres de rapport. On en tire des cageots, du contreplaqué. Ne pas couper des sujets isolés qui égayent un peu la forêt. En revanche, il peut arriver que l'on trouve de grosses branches tombées au sol ou un bon arbre déraciné. Le peuplier ressemble beaucoup au tilleul, mais il ne repousse pas en rejets. On en retirera à peu près les mêmes services que le tilleul, mais il est bien plus fibreux et on ne cherchera pas à le sculpter.
L'If : Imputrescibilité et Robustesse

L'if n'est pas un résineux, mais il y ressemble. Il est solide, bien droit et de bonne longueur, mais la conicité (ou réduction du diamètre) est importante. Il pousse vite. Son écorce est rousse et résiste bien. L'if se travaille assez bien, il ressemble un peu au sapin, mais il ne suinte presque pas de résine. Il se fend mal, ou alors il faut le forcer et le planer. Le bois sent assez fort, odeur douceâtre, et il est quasi imputrescible dans la terre ou dans l'eau. Avec l'écorce, on parvient à tresser des cordes. Les branchages lourds et denses feront d'excellents matelas pour les lits de la patrouille. Une fois sec, l'if devient bien plus léger. Si l'on veut réellement laisser des installations en place à la fin du camp, alors il faut utiliser de l'if. Construisez des ponts ou des pontons avec, mais n'oubliez pas de retirer son écorce pour empêcher les bestioles de s'y réfugier.
Le Platane : Longévité et Usage Urbain

Le platane a une durée de vie qui varie entre 500 et 2000 ans (très exceptionnellement) ! En effet, il existe en Grèce un spécimen âgé de 2000 ans. Malheureusement, plusieurs de ses troncs ont le bois abîmé. Les platanes mesurent au maximum 45 m (le plus haut de Paris !). Leur tronc est généralement droit, et ils peuvent atteindre un diamètre assez impressionnant sur les vieux arbres (notamment au Parc Monceau à Paris). L'écorce est fissurée en écailles et dégage des zones jaunâtres. L'écorce fait penser à une peau de serpent car elle est assez particulière. On le connaît bien comme un arbre d'ornement urbain et sur le bord des routes. C'est l'arbre le plus courant (40 % des arbres de Paris). Clair, dur et ferme, il est utilisé en menuiserie et en ébénisterie. Il ressemble au bois de hêtre, mais résiste mieux que lui à l'humidité. Il a tendance, en revanche, à être plus facilement atteint par les insectes.
L'Aubépine : Un Arbuste en Voie de Disparition

L'aubépine est un arbuste qui mesure entre 6 à 12 mètres. Cet arbuste a un tronc ramifié. Son espèce est en voie de disparition en Europe à cause d'une maladie appelée communément « feu bactérien » qui jaunit les feuilles. Cette plante colonise les terrains abandonnés, même calcaires. Il est donc peu probable que les scouts l'utilisent pour des installations structurelles, compte tenu de sa taille et de son état de conservation.
Le Débat sur l'Utilisation des Dosses en Camp Scout
Un point de débat récurrent au sein de la communauté scoute concerne l'utilisation des dosses. Les dosses sont la première et la dernière planches découpées lors du débit d'une bille de bois. L'emploi de ces écoins donne un aspect rustique qui offre une chaude ambiance à la pièce. Avant leur pose, il est préférable d'enlever les restes d'écorce et de poncer la face sciée pour améliorer le contact avec ces surfaces.
La question se pose : les constructions en dosses sont-elles dans l'esprit scout ? C'est-à-dire, prendre des dosses dans une scierie pour construire quelque chose, alors que fabriquer ses propres dosses est peut-être plus dans l'esprit scout. Entre le purisme et la sottise, le couloir est étroit. Qu'est-ce donc que ce délire "ce n'est pas scout" ? Le scoutisme, c'est un jeu, les installes doivent faire partie de ce jeu pour faire progresser dans l'inventivité et la débrouillardise.
Si possible, il semble quand même mieux de refendre son bois pour faire des dosses et des planches. Cependant, pour des installations plus compliquées, plus longues, qui nécessitent davantage d'écoins, l'idée de la scierie est judicieuse. Néanmoins, si le camp est loin de la scierie, il faudra prévoir le transport.
Il n'y a pas de problème à partir du moment où certaines conditions sont respectées. Pour l'assemblage, un mélange de bois ronds et de tenons-mortaises est souvent utilisé. Les dosses sont super sympas pour les dessus de table en planant les deux bords, et c'est plus facile que de fendre des rondins après les avoir sciés.
Pour les utilisations un peu farfelues de dosses, la réalisation d'un plancher de plateforme pour tente surélevée est une idée. On peut aussi faire des bancs de veillée, des tables, des tables à feu, des vaisseliers, des feuillées, etc. On les enterre également pour servir d'antidérapant en cas de forte pluie : autour des tables, des tentes, des feuillées, etc. L'achat d'arbres coupés ou de dosses dans une scierie ne semble pas contradictoire si le bois est limité sur le lieu de camp.
La Sculpture sur Bois : Un Art pour les Scouts

La sculpture sur bois est une activité fascinante qui permet de se familiariser avec de nombreuses essences de bois. Pour sculpter en tant que débutant, il faut des bois tendres à grain fin : tilleul, aulne, cèdre, pin. Bois sec comme bois vert, feuillus comme conifères se sculptent.
Quel est le meilleur bois pour commencer à sculpter ?
Lorsque l'on débute en sculpture, la gestuelle n'est pas encore acquise et les muscles vont être surpris par cette nouvelle activité. Le tilleul est un bois à grain très fin qui tient bien même les formes les plus petites. L'aulne est également un bois de sculpture très tendre et à grain fin, parfait pour les débutants.
Les bois tendres ont plus tendance à s'écraser sous l'action de l'outil, donnant des formes parfois moins marquées. Les nœuds densifient et tordent le fil du bois. Ils rendent la pièce difficile à sculpter, quelle que soit l'essence de bois utilisée. La nécessité d'avoir un fil le plus droit possible est importante. La plupart des essences de bois ont généralement un fil bien droit, notamment celles issues de gestion forestière.
Cela ne veut pas dire que l'on ne peut pas sculpter les bois durs. Bien au contraire, car ce sont de très beaux bois de sculpture. Lorsque l'on aura acquis un peu d'expérience en sculpture, il sera tout à fait possible de sculpter des bois durs. L'activité est alors plus laborieuse, il faudra plus de temps et d'effort pour arriver à un même résultat.
Bois vert ou bois sec pour la sculpture ?
On peut tout à fait sculpter du bois vert. Le bois vert est même plus facile à sculpter que le bois sec : la sève encore présente attendrissant les fibres du bois. Le bois sec est très utilisé par certaines branches de la sculpture (la sculpture ornementale notamment). Aujourd'hui, la sculpture de bois vert connaît un renouveau depuis une trentaine d'années, notamment sous l'influence de la longue tradition scandinave du « slöjd » (ou « artisanat autonome paysan » des pays nordiques).
Le séchage du bois vert n'est vraiment pas compliqué lorsqu'il s'agit de petites pièces comme des cuillères, spatules ou louches. La seule précaution est de toujours fendre la pièce de bois a minima en deux par le cœur du bois (voire en quatre, on parle alors de « quartiers »).
Le grain du bois en sculpture
Un bois à grain fin est un bois dont les vaisseaux et les cernes (années de croissance) sont étroits et réguliers. On ne distingue à l'œil nu aucune cellule large et poreuse. L'aspect du bois est uniforme, on dit aussi « homogène ». Un bois à grain moyen est un bois dont certains vaisseaux sont relativement larges. Les cernes peuvent apparaître irrégulières. Un bois à grain grossier est un bois dont les vaisseaux sont larges et poreux. Les cernes sont larges et/ou irrégulières. La largeur et la porosité des vaisseaux sont visibles à l'œil nu. C'est ce qu'on appelle le « bois de printemps ». Le grain du bois est identifiable soit à l'œil nu, soit à l'aide d'une petite loupe, sur une coupe transversale du bois, la coupe que l'on fait quand on scie une branche ou un tronc. En sculpture, le bois est là pour mettre en valeur la forme et la finesse des détails, pour « accrocher la lumière ».
Oui, il est tout à fait possible de sculpter des bois au grain plus grossier. La sculpture au couteau (cuillères, ustensiles, petits personnages et animaux), plus populaire, où les « canons » esthétiques sont moins codifiés, ou la sculpture à la tronçonneuse, sculpture d'extérieur et de gros volumes généralement, qui recherche plutôt des bois résistants aux intempéries, en sont des exemples. Certaines branches de la sculpture ornementale, comme la sculpture de charpente, utilisent aussi ces bois. La manière dont une huile ou une finition pénètre dans un bois n'est pas la même si celui-ci a un grain fin ou un grain grossier.
Bois pour ustensiles de cuisine et figurines
Le bois idéal pour faire des ustensiles de cuisine est un bois mi-dur ou dur à grain fin. Ces bois résistent le mieux aux chocs répétés. Le hêtre est parfait pour une utilisation intensive en cuisine. Si l'on débute, un bois mi-dur sera plus facile à sculpter. De nombreux feuillus ont une dureté suffisante pour supporter un usage intensif. Le monde est bien fait, car les feuillus mi-durs ou durs abondent dans nos régions, en forêt comme dans les haies ou les vergers. Les essences suivantes sont à grain grossier, mais conviennent bien aussi. La grande majorité des bois que l'on trouve dans les forêts des pays tempérés occidentaux est tout à fait apte au contact alimentaire. Un bois que l'on ne recommande absolument pas pour sculpter des ustensiles car connu pour sa toxicité est le bois d'if.
Si l'on n'a que du bois tendre sous la main (tilleul, aulne, saule), ou que l'on préfère bien plus sculpter ce type de bois, il ne faut pas se priver pour en sculpter des ustensiles. On aura de beaux ustensiles qui dureront un temps. Les conifères sont globalement des bois tendres dans leur grande majorité. Le mélèze, le cèdre et le cyprès peuvent être de bons choix. Il n'y a donc pas de règles absolues en matière de sculpture. Historiquement, la tendance était simplement de faire au mieux avec les bois que l'on avait sous la main.
Pour les petites figurines sculptées, généralement des objets de décoration qu'on ne destine pas à un usage intensif, il est préférable de choisir les bois les plus tendres pour sculpter. Si par contre on sculpte des figurines pour qu'elles soient utilisées comme jouet pour des enfants, il est recommandé de choisir des bois mi-durs pour qu'elles tiennent mieux face aux assauts de leurs manipulations répétées. Les bois utilisés pour la sculpture de figurines étant principalement des bois tendres voire très tendres, et les volumes à sculpter assez réduits, c'est généralement du bois sec qui est utilisé.
Le Séchage du Bois
Le séchage du bois est une étape cruciale pour certaines utilisations. Pour les manches cylindriques, le buis, bouleau, chêne, frêne, hêtre, noyer, orme sont bons. Le châtaignier est possible, le robinier ou faux-acacia est excellent. Si son diamètre était plus important, le cornouiller mâle est parfait. Les bois durs et lourds sont les meilleurs pour cette utilisation. Il faut faire sécher le rondin coupé un peu plus grand que le besoin dans un endroit sec et ventilé pendant au moins trois mois avant l'écorçage, mais un ou deux ans de séchage, c'est mieux. Il est important de maintenir le bois droit. Le chauffer ensuite près d'un radiateur pendant une à deux semaines (3 mois, c'est mieux).
La Toile Scoute : Partage du Savoir-faire
LaToileScoute réunit la communauté des scouts francophones de toutes origines. Outre ses missions de média d'actualité sur le scoutisme ou de soutien technique aux associations scoutes sur internet, LaToileScoute conserve et partage librement sur son site internet et les réseaux sociaux le savoir-faire des scouts. La Toile Scoute est une association indépendante et non confessionnelle, n'appartenant à aucun groupe scout, mais assurant une médiation entre les différentes associations scoutes. Sa mission est de promouvoir le scoutisme, ses valeurs et savoir-faire, afin de les partager bénévolement avec le plus grand nombre. Comme les Scouts, nous pensons que les activités de bricolage en plein air sont un facteur de détente, de développement et d'épanouissement.