Vous rêvez d’un jardin fleuri sans entretien ? Eh bien, sachez que c’est possible. L'objectif est d'éviter les mauvaises herbes dans les parterres de fleurs sans y passer des heures ni s’abîmer le dos, tout en proscrivant l’usage de produits chimiques qui sont néfastes et risquent de tuer vos plantes en même temps que les herbes indésirables. Cet article propose des astuces intéressantes pour y parvenir.
Le paillage : une barrière naturelle contre les indésirables
Le paillage, c’est l’action de couvrir le sol. Cette technique peut s’utiliser partout : au potager, au verger, sous une haie, dans un massif, dans une serre de jardin, des carrés de culture, des jardinières, autour d’un arbre, et bien sûr, dans les parterres de fleurs.

Deux grandes catégories de paillage existent :
- Le paillage organique : Il comprend la paille, les feuilles mortes, le bois raméal fragmenté, le carton, l’herbe de tonte, les copeaux de bois, etc. Ce type de paillage a l'avantage de se décomposer progressivement, enrichissant le sol en matière organique.
- Le paillage minéral : Il est composé de gravier, de billes d’argile, de sable, de pouzzolane, etc. Ce paillage est plus durable et apporte une touche esthétique différente.
Comment le paillage fonctionne-t-il ?
La mise en place d’une couche suffisamment épaisse de matière permet d’éliminer les mauvaises herbes. Toutes les plantes, celles que vous cultivez aussi bien que celles dont vous ne voulez pas, ont besoin de deux éléments essentiels : de l’eau et de la lumière. En ce qui concerne l’eau, certaines peuvent survivre avec très peu d’humidité, mais en les privant de lumière, les végétaux finissent tôt ou tard par mourir, aussi vigoureux soient-ils. C’est le but du paillage : priver la plante de lumière afin qu’elle s’affaiblisse et meure, et empêcher les graines de mauvaises herbes présentes dans la terre de germer.
Selon le type de paillage, il faudra en mettre une épaisseur plus ou moins importante, suffisamment pour que les rayons du soleil ne parviennent pas au sol. Une bonne couche est généralement de 3 ou 4 cm. En plus de stopper la croissance des mauvaises herbes, le paillage va maintenir l’humidité au pied de vos plantes, vous permettant ainsi d’espacer l’arrosage.

Le choix du paillis : quelques précisions
Il est idéal que le paillis ne se décompose pas trop vite, ce qui n’est pas le cas des tontes de gazon, à éviter pour cette utilisation prolongée, bien qu'elles puissent être utiles pour lester et dissimuler des cartons préalablement posés. Les tontes de gazon, régulièrement répandues, peuvent également être rapidement absorbées par la terre, aidées par les vers de terre et les merles. L'écorce de pin, quant à elle, ne convient qu’entre les plantes acidophiles et dans les allées. L’idéal consiste à broyer les déchets de taille des haies, souvent abondants dans un jardin, même de dimension moyenne.
Les toiles de paillage : une alternative durable et esthétique
Une toile de paillage est une autre forme de paillis. Elle va fonctionner de la même manière, simplement la présentation n’est pas la même et son installation sera différente. C’est une technique très efficace pour un massif de fleurs sans entretien. Là aussi une matière fera barrage à la lumière, sauf que les plates-bandes sont recouvertes par un voile, au lieu d’être recouvertes par de la matière brute en vrac. C’est une méthode qui est particulièrement employée en aménagement paysager, car elle permet un rendu propre et net. Mais elle peut tout aussi bien s’utiliser dans une serre jardinière ou un potager.
Installation et types de toiles
En revanche, l'installation d'une toile de paillage doit être prévue en amont de vos activités de jardinage, car la pose s’effectue sur le sol nu, et les plantes se placent ensuite en effectuant des incisions dans la toile. Il existe de nombreuses matières de toiles de protection contre les mauvaises herbes qui se classent en deux catégories : la toile de paillage synthétique et la toile de paillage naturelle.
- Toile de paillage synthétique : On trouve des toiles de jardin en plastique, recyclé ou polypropylène le plus souvent. Une toile synthétique sera plus efficace et plus durable, mais moins écologique et non fertilisante.
- Toile de paillage naturelle : En fibre végétale de jute, de chanvre ou encore de coco. Une toile biodégradable tiendra moins dans le temps, mais ne polluera pas et nourrira le sol. Un matériau 100 % végétal, en jute broyée et coton, forme un tapis continu épousant parfaitement le sol, souple, résistant, perméable à l’eau et à l’air.
Le choix vous appartient en fonction de vos priorités écologiques et de la durabilité recherchée. Une bâche n'empêche pas la croissance des arbustes et est utile notamment pour les surfaces plantées de rosiers paysagers, par exemple sur talus.

Les plantes couvre-sol : un tapis végétal protecteur
Semer des couvre-sol consiste à faire pousser au sol des plantes qui vont le recouvrir intégralement. On retrouve le même principe que dans le système du paillage, puisque le but est de créer un tapis dense de végétation qui va occulter la lumière. Pas de soleil qui traverse signifie pas de développement possible en dessous. De plus, s’il y a un grand nombre de plantes au sol, la concurrence sera rude et la croissance des mauvaises herbes et graines en deviendra très difficile.
Choix et bénéfices des couvre-sol
Ces plantes peuvent être placées à l’étage en dessous de vos fleurs principales, ou elles peuvent aussi constituer elles-mêmes votre massif. Par exemple, vous pouvez tapisser le sol de lierre ou de menthe au pied de vos rosiers, ou bien opter pour des campanules, des pervenches ou de la lavande qui seront elles-mêmes les stars de votre massif sans entretien ! Les plantes couvre-sol, comme le géranium vivace 'Pink Penny', vont aussi préserver la fraîcheur de la terre grâce à l’ombre qu’elles produisent et aérer la terre grâce à leur système racinaire. Certaines adoptent un port naturellement étalé et retombant qui couvre bien le sol, faisant obstacle à la lumière ce qui limite la pousse des mauvaises herbes (c’est le cas du genévrier, du géranium vivace, de la santoline). Par exemple, aux pieds des haies libres, il est possible de planter des géraniums vivaces (macrorizum, etc) qui occupent le sol rapidement sans concurrencer les racines des arbustes ou rosiers d'ornement et s'arrachent facilement lorsqu'ils dépassent les bornes.

Reconsidérer les "mauvaises herbes" : une approche différente
Dernière solution, assez différente des précédentes : reconsidérer l’expression « mauvaises herbes ». Car ces plantes montrées du doigt n’ont de mauvaises que le nom. Nous choisissons de placer sur nos plates-bandes des tulipes, des roses ou des iris, qui n’y pousseraient pas naturellement, alors qu’une grande variété de fleurs et de plantes s’y trouve déjà, alors nous les qualifions de mauvaises.
Les vertus insoupçonnées des "indésirables"
Et pourtant ! Elles font preuve d’une force et d’une résilience remarquable, poussant sans avoir besoin de plus d’eau que celle que la nature leur offre, restant en sommeil pendant des mois voire des années avant de germer à nouveau, bref, faisant leur vie sans aucune intervention de notre part. Pourquoi laisser prospérer les coquelicots mais pas le plantain ? Pourquoi accepter les violettes mais pas les pâquerettes ? D’autant plus que chacune de ces « mauvaises herbes » possède des propriétés qui peuvent être très intéressantes pour nous, d’un point de vue jardinage comme d’un point de vue soin, certaines d’entre elles étant même comestibles.
Finalement, obtenir un parterre de fleurs sans mauvaises herbes est très facile si l’on considère qu’il n’existe pas de mauvaises herbes ! L’idée n’est pas nécessairement de laisser tout pousser à plus d’un mètre de haut, mais de réfléchir à deux fois avant de vouloir à tout prix en éliminer la totalité. Obtenir un parterre de fleurs sans mauvaises herbes est possible sans gaspiller votre énergie. Avec un peu de travail au départ, vous vous épargnerez de nombreuses heures de désherbage.
Techniques de désherbage : quand l'intervention est nécessaire
Il est généralement recommandé d'ameublir régulièrement la terre des plates-bandes pour que les mauvaises herbes n'aient aucune chance. Le jardinier passe la majeure partie de son temps à désherber. Comment le faire de manière efficace et durable ? Les "mauvaises herbes" sont des plantes bio-indicatrices qui ont beaucoup à vous dire sur votre terre !
1. Le désherbage manuel et mécanique
Le désherbage manuel, le plus efficace mais le plus fastidieux, reste une solution incontournable. Vous pouvez simplement supprimer les mauvaises herbes manuellement, mais c'est un job fastidieux. De plus, il est possible que les racines restent dans le sol et que les mauvaises herbes réapparaissent rapidement. Travaillez par temps sec, mais en sol encore humide. L'arrachage est plus facile !
- Binage : À l'aide d'une binette, vous pouvez arracher les mauvaises herbes à quelques centimètres de profondeur dans le sol. Le binage est très efficace pour éliminer les mauvaises herbes en très peu de temps. Néanmoins, vous devez faire attention à ne pas endommager les racines de vos plantes vivaces. De plus, il peut arriver que les racines de la mauvaise herbe restent dans le sol. Binez régulièrement le sol pour le garder meuble et évitez de le piétiner : les racines seront plus faciles à extraire !
- Extraction des racines : Prenez garde à garder intacte la racine des mauvaises herbes, le moindre bout de racines encore en terre redonnera autant de nouvelles pousses. Ainsi, n’employez pas d’outils qui hachent les mauvaises herbes comme le motoculteur, c’est le meilleur moyen de se retrouver envahi. Pour retirer facilement les racines des herbes adventices, travaillez sur une terre mouillée, après une bonne pluie par exemple.
- Outils adaptés : Équipez-vous d’outils adaptés selon que vous souhaitez désherber entre les dalles de votre terrasse, dans la pelouse, dans les massifs ou dans le potager. Le Gardenboy PLUS met fin aux mauvaises herbes dans les parterres de fleurs et les potagers. Les mouvements oscillants des dents en acier de la fraise arrachent les mauvaises herbes sans les endommager, ainsi que leurs tiges et leurs racines. Il suffit de ramasser les plantes pour que le travail soit terminé. L'utilisation régulière de cet outil permet non seulement d'éliminer les mauvaises herbes, mais aussi d'aider le sol à absorber l'eau et les nutriments, pour une croissance forte et saine des plantes de légumes ou de cultures souhaitées. Le Gardenboy PLUS permet également d'ameublir le sol pour de nouvelles graines à chaque fois que vous en avez besoin.
- Brosses de désherbage : Les brosses de désherbage frottent la couche organique sur laquelle les mauvaises herbes abondent jusqu'à la supprimer. En utilisant une brosse de désherbage à tresses en fil d'acier, il y a un risque que le carrelage ou le trottoir soient endommagés. Les brosses doivent être remplacées régulièrement en cas d'utilisation fréquente.
- Faux semis : Employez la méthode du faux semis avant de semer une prairie fleurie ou d’autres graines de fleurs, d’aromatiques ou de potagères : une fois le travail de désherbage terminé, laissez la terre à nue pendant 10 à 15 jours. Les petites pousses qui apparaissent sont des mauvaises herbes, retirez-les à la main avant de semer vos graines. Extrayez de la terre la racine intacte pour vous assurer qu’elle ne repoussera pas.

2. L'eau de cuisson
L’eau de cuisson des pommes de terre bouillante et salée est réputée pour son fort pouvoir désherbant : par la chaleur et par l’effet du sel. Jetez-la sur les herbes à éliminer en faisant attention à ne pas toucher les plantes ornementales. Elle est aussi efficace sur les mousses.
3. Le désherbage par solarisation
Il s’agit d’épandre sur la parcelle de terre à désherber une bâche noire ou un film de paillage foncé qui accumule la chaleur sous l’effet des rayons du soleil. Sous la bâche, les plantes sont chauffées et finissent par se décomposer sur place. Il est intéressant de noter que le paillis, notamment la bâche verte anti-adventices, peut avoir un impact sur le tassement de la terre et le développement des arbustes, rendant difficile leur soin et limitant leur croissance si le sol n'est pas régulièrement travaillé.

4. Le désherbage thermique ou électrique
Il s’agit d’un appareil fonctionnant au gaz ou à l’électricité. Le but n’est pas de brûler au feu la plante mais de la chauffer à très haute température (90°C) pour faire exploser les cellules : la plante jaunit, se dessèche entièrement et meurt. Les mauvaises herbes seront chauffées au-dessus du sol à l'aide d'air chaud, de rayonnement infrarouge, de vapeur, d'eau chaude ou d'une flamme chaude. Un tel traitement endommage le tissu de la mauvaise herbe. Cependant, de tels appareils ne produisent pas une température assez élevée pour détruire les parties souterraines de la mauvaise herbe. Il est recommandé d'effectuer plusieurs traitements pour les épuiser. Les brûleurs permettent de rapidement et efficacement détruire les mauvaises herbes. Ils les exposent à une très haute température, ce qui permet une mort lente des cellules végétales. Cependant, cette technique présente un grand risque de brûlure, en particulier pour les plantes avoisinantes. De plus, suite à la grande quantité de combustible requise pour les brûleurs, cette technique n'est pas du tout écologique. Comme les mauvaises herbes ne sont traitées qu'en surface, plusieurs traitements sont nécessaires.
Désherber rapidement, efficacement et écologiquement avec le désherbeur thermique Hoaf TH75
5. Les désherbants "douceur" : à base d'acide acétique
Ce type de produit, à base d’acide acétique, agit en une heure et permet de replanter dès la journée suivante. Toutefois, ne le mettez jamais en contact avec vos plantes ornementales, car le produit ne fait pas de différence. Pour bien procéder, pulvérisez le produit sur les feuilles de la plante, il va se diffuser jusqu’aux racines. Réitérez l’application pendant une à deux semaines pour vous débarrasser définitivement des plantes indésirables. Si tous les remèdes ci-dessus ne vous aident pas, vous pouvez utiliser des désherbants. Il existe de nombreux désherbants à base d'acide pélargonique, à la fois sous forme concentrée (à dissoudre dans l'eau - idéales pour les grandes surfaces) et prêtes à l'emploi (idéales pour de petites surfaces et les traitements localisés). L'acide pélargonique est naturellement présent dans les plantes telles que le pélargonium. La substance agit par contact. La matière active pénètre dans la couche cireuse de la feuille traitée et détruit la membrane.
6. Le désherbant sélectif
Pour désherber les pelouses envahies par les mauvaises herbes : pissenlit, trèfle, plantain, chardon, liseron, pâquerette, prêle… employez un désherbant sélectif qui épargnera toutes les plantes de la famille des graminées, qui composent votre gazon. Pour bien procéder, respectez scrupuleusement les instructions précisées sur l’emballage du produit. Dosez le produit sans excès et optimisez ses effets en l’appliquant quelques jours après la tonte, sur un sol humide et par temps doux (autour de 20°C).