L'Art Millénaire du Bonsaï : De la Collection Impériale aux Villages Traditionnels du Japon

L'art du bonsaï, une pratique ancestrale alliant nature et maîtrise de soi, représente bien plus qu'une simple culture d'arbres miniatures. Ces végétaux, soigneusement modelés, incarnent une véritable philosophie de vie, offrant une expérience exceptionnelle entre l'homme et la nature. Aujourd'hui, cet art est devenu une culture incontournable pour de nombreux individus à travers le monde, le marché mondial des bonsaïs représentant d'ailleurs plus de 1,5 milliard de dollars. Plus de 79% des amateurs de cet art affirment que le bonsaï constitue une source de méditation et de bien-être optimal. Pour apprendre la patience, s'adonner à cet art est idéal, car se lancer dans la culture du bonsaï, c'est adopter une discipline spéciale. Cette pratique nécessite des décennies de pratique pour réussir une parfaite maîtrise de ses nombreuses subtilités. Chaque arbre est modélisé suivant une combinaison particulière, des techniques de taille, de rempotage et de ligature, attestant de l'engagement profond requis.

Bonsaï millénaire japonais

Les Racines Anciennes du Bonsaï : De la Chine au Japon

Bien que le mot 'Bon-saï' soit japonais, l'art qu'il décrit est originaire de l'Empire chinois, aux alentours de 700 av. J.-C. À l'origine, seule l'élite de la société pratiquait le pun-sai avec des arbres prélevés, et les arbres furent disséminés à travers toute la Chine comme des cadeaux luxueux. Cette pratique consistait à concevoir des paysages miniatures à l'intérieur d'un pot. Les compositions étaient complexes et comportaient d'autres éléments en plus d'un arbre, tels que des rochers et de petits accessoires symboliques de paysages idylliques. Le penjing, ou pun-sai, représentait alors une vision de l'univers. Des bassins peu profonds ou des bols plats - "pen" ou "pan" ou "pun" - étaient fabriqués en terre il y a environ 5000 ans dans ce que nous appelons aujourd'hui la Chine. En reproduisant une montagne, par exemple, à une échelle réduite, un étudiant pouvait se focaliser sur ses propriétés magiques et accéder à celles-ci. Plus la reproduction était en proportion avec l'original, plus elle était supposée porter le potentiel magique.

Deux cents ans plus tard, des importations de nouveaux produits aromatiques et d'encens débutèrent sous l'empereur Han grâce à l'ouverture de nouveaux commerces avec ses voisins. De nouveaux supports furent créés, les brûleurs d'encens en forme de pics de montagne qui s'élevaient au-dessus des flots symbolisaient les demeures des Immortels et l'idée alors en vogue des mythiques îles des bienheureux. Fabriqués à l'origine en bronze, en céramique ou en bronze doré, certains de ces brûleurs reposaient sur de petits plats à rebords, soit pour récupérer les cendres brûlantes, soit pour contenir un océan miniature symbolique. Dès l'an 706 av. J.-C. environ apparurent des peintures tombales pour le prince héritier Zhang Huai qui comprenaient des représentations de deux dames d'honneur offrant des paysages de rocailles miniatures avec des petites plantes dans des plats peu profonds. De cette époque datent les premières descriptions écrites de ces ‘pun wan’ - jouets en plateau. Les plus anciens arbres prélevés puis mis en pot sont supposés avoir été des arbres aux formes particulières et tordues, issus de la nature sauvage. Ceux-ci étaient "sacrés" par opposition aux "profanes" parce que ces arbres ne pouvaient pas être utilisés à des fins pratiques ou ordinaires comme bois de charpente par exemple.

Grâce aux échanges culturels entre la Chine et le Japon, le penjing a été importé au sein du pays du soleil levant aux alentours du VIe siècle. À la période Kamakura, le Japon adopta la plupart des marques culturelles de la Chine, et l'art de cultiver des arbres en pot fut introduit. Les adeptes japonais ont épuré et adapté l'esthétique des paysages miniatures. De là, naîtra donc l'art du bonsaï, autour du XIIe-XIVe siècle ou durant la période Kamakura. Une nouvelle approche de cette culture est apparue, influencée par le bouddhisme zen, les moines zen reconnaissant la beauté dans une sévère austérité. Les Japonais se concentraient uniquement sur l'arbre dans un pot, mais ils mettaient un point d'honneur à respecter l'harmonie visuelle exigée. Les bonsaïs représenteront ainsi une métaphore vivante du lien entre l'humain et la nature. Parce que le Japon ne fait que 4% de la taille de la patrie chinoise, la diversité des paysages fut par conséquent beaucoup plus limitée, ce qui a pu influencer cette approche épurée. Les moines zen développèrent leurs paysages en plateau d’une manière dans laquelle un simple arbre dans un pot pouvait représenter l’univers. Les pots japonais étaient en général plus profonds que ceux du continent et la forme de culture ainsi obtenue fut nommée "hach-no-ki", littéralement, l’arbre du bol.

Carte des échanges commerciaux anciens entre Chine et Japon

L'Essor du Bonsaï au Japon et son Affinement Culturel

Au fil des siècles, divers styles régionaux se développeront dans le vaste pays chinois, à l'image de ses nombreux paysages variés. Des récipients en terre et en céramique remplacèrent ceux en porcelaine présentés sur des tablettes en bois et des tentatives seront faites pour les mettre en forme avec des cadres de bambous, du fil de laiton ou des bandes de plomb. De nombreux poètes et écrivains ont fait chacun au moins une fois une description d'un arbre ou de paysages miniatures, et nombreux furent aussi les peintres qui ont introduit un petit arbre en pot comme symbole d'un style de vie d'homme instruit. Après le 16e siècle, ces compositions furent nommées ‘pun tsaï’ ou "plantation en plateau".

On pense que les premiers paysages en plateau furent amenés au Japon depuis la Chine il y a au moins mille deux cents ans comme souvenirs religieux. Il y a mille ans, le premier ouvrage de fiction en japonais incluait ce passage : "Un arbre [de taille normale] que l'on laisse pousser dans son état naturel est une chose brutale. C’est seulement lorsqu’il est gardé à proximité de l’Homme qui le façonne avec amour que sa forme et son style accèdent au pouvoir d’émouvoir." Tout ce qui venait de Chine fascinait les Japonais, et dans une certaine mesure le Bouddhisme chinois Chan, croisement du Dhyana bouddhiste méditatif indien avec le Taoïsme originel chinois, fut aussi importé au Japon, pour devenir le Bouddhisme Zen. Ce courant a profondément influencé l'esthétique du bonsaï japonais.

Chacun, du chef militaire shogun jusqu'au peuple ordinaire, a cultivé une forme d’arbre ou d’azalée dans un pot ou une coquille d’ormeau. À la fin du 18e siècle, une exposition annuelle de pins miniatures a commencé à se tenir dans la capitale, Kyoto. Les connaisseurs de cinq provinces et des régions voisines amenaient un ou deux plants chacun pour les présenter et les soumettre au regard et au jugement des visiteurs. Aux environs de l'an 1800, un groupe de chercheurs en Arts Chinois se réunit près de la ville d’Osaka pour étudier les styles d'arbres miniatures les plus récents. Leurs arbres en pot furent renommés "bonsaï", la prononciation japonaise du terme chinois pun-tsai, pour les différencier des hachi-no-ki ordinaires, que plusieurs personnes cultivaient. Le ‘bon’ ou ‘pen’ est moins profond que le bol ‘hachi’. Ceci démontre qu'au moins quelques producteurs avaient plus de succès avec des pots plus petits, pour répondre aux besoins horticoles des arbres nains en pot. Divers styles et tailles furent développés durant le siècle suivant. Des catalogues et des livres sur les arbres, les outils et les pots furent publiés, tandis que quelques expositions formelles furent organisées. Les fils de cuivre et d’acier remplacèrent les fibres de chanvre pour mettre en forme les arbres, marquant une évolution significative des techniques de modelage.

La Collection Impériale de Bonsaïs du Japon : Un Symbole d'Éternité et de Prestige

La collection impériale de bonsaïs du Japon représente un trésor national, abritant des spécimens d'une qualité exceptionnelle et d'une histoire remarquable. Cette collection met en lumière la richesse et la profondeur de l'art du bonsaï, avec des arbres dont l'âge moyen dépasse les cent ans. L'histoire du bonsaï est également liée à des événements historiques du Japon, ainsi qu'à des personnalités de premier plan. Par exemple, le fameux empereur Tokygawa Iemitsu était un grand passionné de l’art du bonsaï au XVIIe siècle. Il aurait commandé la création d'un jardin spécial composé seulement de bonsaïs, un havre de paix dans sa résidence dénommée ensuite « le jardin suspendu ». Ce lieu permettait à l’empereur Tokygawa Iemitsu de démontrer son raffinement et son pouvoir. Chaque bonsaï au cœur de son jardin était choisi méticuleusement, chacun reflétant un état d’esprit particulier, soulignant l'importance culturelle et symbolique de ces arbres dans les plus hautes sphères de la société japonaise.

Aujourd'hui, la collection continue d'être entretenue avec un soin extrême, et certains de ses spécimens sont des merveilles de longévité et de beauté. Par exemple, un Goyomatsu, ou pin blanc japonais, issu de la collection impériale japonaise, est réputé avoir 550 ans. Un genévrier aiguille (Needle juniper) de cette collection, âgé d'environ 230 ans, peut sembler quelque peu désuet selon nos normes contemporaines. Mais quand on considère les efforts déployés au fil des ans pour le maintenir aussi fidèle que possible à son style d'origine, alors nous pouvons l'apprécier pour ce qu'il est.

Parmi les autres arbres remarquables, on trouve un 'De-Shojo momiji' (Acer palmatum 'De-Shojo'), dont les feuilles d'un rouge vif couvrent l'arbre au printemps, comme le montre une photo d'avril. La plupart de ces feuilles verdissent en été, mais certaines restent rouges. Cet arbre est âgé d'environ 50 ans et sa hauteur est de 95 cm. Un autre momiji, un Seigen (Acer palmatum 'Seigen'), est âgé d'environ 100 ans et mesure 74 cm. Le site impérial mentionne également un arbre fascinant : un wisteria japonais Fuji (Wisteria floribunda Fuji) d'environ 450 ans ! Sa hauteur est de 83 cm. La saison de floraison se situe fin avril, mais cette année-là, l'arbre Fuji a fleuri un peu plus tôt que d'habitude. Après la saison des fleurs, ce qui semble être une bosse qui ressemble à un trou apparaît dans la partie inférieure de son tronc. Malgré la grande taille de l'arbre, il est planté dans un pot relativement petit, et le récipient est surpeuplé de racines d'arbres.

Se perfectionner dans l'art du bonsaï avec un maître japonais

Un autre exemple d'une qualité exceptionnelle est un érable trident planté sur roche (Root-over-rock Trident maple, Kaede Ishitsuki). Au moins deux choses le distinguent des milliers d'autres érables tridents plantés sur roche sur cette planète : premièrement, sa qualité exceptionnelle, et deuxièmement, il fait partie de la collection impériale de bonsaïs du Japon. L'âge de cet arbre est d'environ 90 ans. La collection comprend aussi des spécimens historiques comme le "pin du troisième Tokugawa." Les bonsaïs de la collection impériale sont souvent exposés lors d'événements spéciaux. Par exemple, un pin noir japonais de 380 ans a été exposé au jardin botanique de Koishikawa. Un autre pin noir japonais a été exposé pour marquer les visites des chefs d'État au palais impérial, avec la participation de l'Empereur et de l'Impératrice. Plus de soixante-dix mille visiteurs ont assisté à cette exposition. Certains pots de bonsaï japonais natifs, utilisés dans cette collection, ont été enregistrés comme biens nationaux en 1973. Des maîtres renommés comme Chotaro, Yukio Itchikawa, Fumio Iizuka, Masahiko Takeuchi et Hiroyuki Tsukano ont contribué à l'art du bonsaï au Japon.

L'entretien de ces joyaux vivants est une tâche d'une complexité et d'une patience extrêmes. Un réseau de fils monofilaments tendu comme une toile d'araignée au-dessus de certains arbres témoigne du travail minutieux accompli pour maintenir leurs formes torsadées. Un spécialiste a dit un jour : "Vous ne verrez pas le résultat de ce que nous faisons à cette branche avant 20 ans." Un autre se souvient qu'un arbre avait "à l'origine la forme d'un crabe." Les processus sont rigoureux, avec des outils modernes comme un Palm Pilot et un calendrier de production supervisant le travail, rappelant que même la tradition s'adapte. Les bonsaïs sont ainsi sculptés par la main de l'homme, tout comme d'autres sont façonnés par le vent et les intempéries dans la nature.

Le Village du Bonsaï d'Omiya : Un Centre d'Excellence et de Tradition

À la suite du grand tremblement de terre qui dévasta Tokyo en 1923, le Grand Tremblement de terre de Kanto, un groupe de trente familles de producteurs professionnels s’installèrent à une quarantaine de kilomètres d’Omiya et fondèrent ce qui deviendrait le centre de la culture japonaise du Bonsaï : le village Bonsaï d’Omiya. Aujourd'hui, Omiya est une destination favorite de longue date pour les amateurs de Bonsaïs voyageant au Japon. Les jardins peuvent être visités en un jour de voyage depuis Tokyo, mais il faut veiller à arriver assez tôt pour y trouver sa place. Le village est facilement accessible, les gares de Toro et d’Omiya-Koen étant situées au centre du village Bonsaï, et toutes les pépinières sont faciles à atteindre à pied. Pour aller à la gare de Toro, il suffit de prendre la ligne JR Utsunomiya depuis Ueno, c’est une ligne directe, avec une durée de trajet d'environ 30 minutes.

Le Musée d’Art “Omiya Bonsaï” est une nouveauté au village, ayant ouvert ses portes au public en 2010. Il est fier de sa magnifique collection et organise régulièrement des expositions spécifiques. Depuis son ouverture en 2010, le Musée d’Art Bonsaï Omiya abrite une très belle collection d’arbres. Il propose également un aperçu de l’histoire du Bonsaï, avec sa culture, ses outils et ses pots. La maison des quatre saisons est aussi intéressante à visiter et renseigne à propos des ateliers et expositions locales. Un atelier de Bonsaï est ouvert tous les 3e dimanche du mois, entre 13h30 et 15h00 au Musée d’Art Bonsaï, Saitama, pour un coût de 2 500 Yens.

Parmi les pépinières et jardins notables du village :

  • Mansei-en est sans doute le couronnement de toute visite à Omiya, et il est recommandé de le visiter à la fin du voyage. Les bonsaïs y sont magnifiquement présentés, et à l’intérieur du bâtiment, l’on trouve davantage d’arbres présentés avec des plantes d’accompagnement et des rouleaux en tokonoma. Le jardin est propriété de la famille Kato depuis le 19e siècle.
  • Un peu plus bas sur la route depuis la station de train Omiya-koen se trouve Toju-en, une pépinière Bonsaï avec plusieurs arbres de qualité.
  • Présentant l’une des plus magnifiques collections de Bonsaïs à Omiya, Seiko-en est une destination obligatoire. Le jardin a été établi par M. Yamada et son père, et est le seul endroit à Omiya où l'entrée est payante (mais raisonnable). Il n’est permis de prendre aucune photo, même si une petite exception a été faite pour un guide spécifique. Seikouen est aussi le berceau de Bonsaï Saika, explique sympathiquement Kaori Yamada.
  • Propriété de Murata Yukio, un autre jardin est le berceau de plusieurs arbres intéressants. Cette pépinière proche de la gare ferroviaire vous plonge immédiatement dans le village Bonsaï d’Omiya. Bien que beaucoup plus petit que la moyenne des jardins d’Omiya, cet endroit possède quelques arbres sensationnels dans l’arrière-cour.

Le village du bonsaï d'Omiya témoigne de la vitalité de cet art au Japon et de son évolution continue. L'art du Bonsaï a atteint sa maturité et est devenu un art autochtone important suite à la Guerre du Pacifique. Des programmes d’apprentissage, de plus en plus d'expositions, de livres et de magazines, ainsi que des formations pour étrangers se sont multipliés, assurant la transmission et la diffusion de ce savoir-faire unique.

Le Bonsaï : Un Phénomène Mondial Ancré dans l'Histoire et le Présent

L'histoire du bonsaï est également jalonnée d'anecdotes et d'événements marquants qui soulignent sa résilience et sa capacité à traverser les époques. Par exemple, lors du fait tragique d’Hiroshima en 1945, un bonsaï a survécu à l’explosion atomique. Le bonsaï du survivant, un pin blanc japonais, a réussi à subsister malgré cette catastrophe. Il fut cultivé par la famille Yamaki durant plus de 4 siècles. Ensuite, le bonsaï a été offert aux États-Unis pour symboliser la paix, un témoignage émouvant de la force de la nature et de l'espoir.

Le bonsaï a voyagé de frontière en frontière au sein de l’Asie, séduisant et fascinant de nombreux amateurs d’art et de nature à travers le monde. Les premières mentions de l'art du bonsaï en Europe remontent à plusieurs siècles. En 1604, une description en espagnol évoquait la manière dont les immigrants chinois, aux îles Philippines, entretenaient de petits figuiers dans des pièces de corail de la taille d’une main. Le témoignage anglais le plus récent connu décrivant des arbres nains en pots, plantés sur une roche dans un plateau en Chine ou à Macao, date de 1637. Les mentions du siècle suivant concernèrent également des plantations sur roche au Japon. Des douzaines de voyageurs rapportèrent des mentions concernant ces arbres nains dans leurs récits sur le Japon et la Chine. Plusieurs d’entre eux furent repris dans des revues bibliographiques et des éditoriaux de magazines à grands tirages, contribuant à éveiller l'intérêt occidental.

En 1878, Paris a accueilli la première exposition internationale de bonsaïs, un événement qui a attiré de nombreux jardiniers occidentaux. Dès lors, les bonsaïs sont devenus un incontournable dans la décoration intérieure et l’aménagement de jardin. Le premier livre en langue européenne entièrement consacré aux arbres nains japonais a été publié en français en 1902, et le premier en anglais l'a été en 1940. L'ouvrage « Miniature Trees and Landscapes » (arbres et paysages miniatures) de Yoshimura et Halford, publié en 1957, devait être connu comme la « Bible du Bonsaï en Occident ». Yuji Yoshimura, en lien direct entre l'art du Bonsaï classique japonais et l'approche progressiste occidentale, le déclina en une adaptation élégante et raffinée au monde moderne. C’est à cette époque que l’Occident découvrit les paysages venant du Japon, connus sous le nom de ‘saikei’ et leurs homologues chinois, les ‘penjing’.

Au fil des années, de légères innovations et améliorations se développèrent, principalement dans les anciennes et vénérables pépinières de Bonsaïs au Japon, et furent rapportées petit-à-petit dans nos contrées par des enseignants en visite et d'enthousiastes voyageurs réguliers. À chacun de leurs retours du Japon, des enseignants essayaient immédiatement une ou deux nouvelles techniques devant des étudiants lors de workshops planifiés d’avance. Les premiers livres en langues européennes se penchèrent le plus souvent davantage sur les connaissances et techniques horticoles de base permettant de maintenir les arbres en vie. La science occidentale augmenta notre attention sur les besoins et interactions des arbres vivants et autres plantes de nos compositions. Parallèlement, la littérature a évolué vers des explications esthétiques pour la mise en forme et le maintien des styles. À cette époque, les « pots en mica » venaient de Corée et des potiers indépendants formèrent leurs mains à produire des pots en céramique, ainsi que des designs non standard.

L'ère numérique a également embrassé l'art du bonsaï. En 1992, le premier site internet sur le Bonsaï fut lancé avec le newsgroup « alt.bonsai » et l’année suivante vit naître « rec.arts.bonsai », le précurseur de l’Internet Bonsaï Club. Aujourd'hui, il existe plus de 1200 livres en 26 langues à propos du Bonsaï et de ses arts connexes. Plus de 50 périodiques imprimés ont existé dans diverses langues, et cinq magazines en ligne, seulement en anglais, sont disponibles. Des centaines de sites web, plus d’une centaine de discussions sur chaque forum de discussion, des lettres d’information de clubs et des blogs peuvent être visités, témoignant de l'ampleur de l'intérêt mondial. Le bonsaï fait constamment l'objet de références à la télévision, dans les films et les publicités, ainsi que dans les œuvres de fiction et de non-fiction. Il s’agit vraiment d’un intérêt mondial avec un millier de réunions de clubs estimées qui se répètent partout, entre une fois par an à deux ou trois fois par mois, toutes avec leur lot de politique, de personnalités et de passions. Ainsi, cultiver un bonsaï offre une expérience enrichissante, permettant de développer la patience, la créativité et d'apporter une touche de nature dans son intérieur. Pour se lancer, il suffit de s’équiper des nécessaires. Sur des sites spécialisés, il est possible de retrouver un large choix de kits et de mallettes d’outils pour bonsaï. Un kit bonsaï permet de retrouver les indispensables comme les pots, les graines, le terreau, les guides ou le mode d’emploi à suivre.

Donc, la prochaine fois que vous coupez une branche de votre arbre, pensez que vous poursuivez une tradition de plus de mille ans, un héritage culturel et artistique qui continue de fasciner et d'inspirer à travers le monde.

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