L’art du repiquage : techniques, physiologie et gestion de la reprise végétale

Le repiquage consiste à prélever un jeune plant de son emplacement initial pour le replanter soit dans un contenant plus grand soit en pleine terre. Pratiqués depuis le néolithique, repiquage, rempotage, transplantation suivent le même principe : déplacer une plante et la changer de milieu de culture. Le repiquage concerne aussi bien les plantes ornementales et les plantes potagères que les fruitiers ou arbres d’ornement. Plusieurs situations nous amènent à effectuer un repiquage : lorsque les semis ne sont pas effectués en place, c'est-à-dire faits en pépinière, sous châssis, en caissette ou en godet et qu'il faut ensuite installer les jeunes plants dans le potager ou les massifs ; lorsque les graines sont semées très serrées ou dans un contenant réduit, car une fois le plant sorti de terre, il ne possède plus suffisamment d'espace pour pouvoir se développer correctement, ce qui peut favoriser le développement de maladies telles que la fonte des semis ; ou encore lorsqu’on souhaite installer à un endroit précis des semis spontanés.

Schéma illustrant les différentes étapes du repiquage d'un plant de tomate

Les fondements physiologiques de la reprise

Il faut savoir que le repiquage entraine un arrêt de la végétation (du développement) de la plante et qu'il lui faudra quelques jours pour reprendre sa croissance. Plus la plante est jeune, plus il lui est facile de se remettre de cette opération. Aussi, il est conseillé d'effectuer les premiers repiquages le plus tôt possible, dès que les premières vraies feuilles sont sorties (2 ou 3).

Bien que très fiable, le repiquage reste un stress pour les plantes. Les racines sont la partie la plus sensible d’un végétal. Durant un repiquage, les plants sont extraits de la terre pour être réimplantés dans un nouveau milieu. Cette transition de milieu implique nécessairement un passage des racines à l’air libre, que le transplant soit en mottes ou à nu. En cas de contact prolongé à l’air libre, certaines racines peuvent sécher et mourir. À la plantation, le végétal devra utiliser une partie de ses réserves pour créer de nouvelles racines avant de pouvoir continuer son développement aérien. Un autre facteur de stress peut être la manipulation en elle-même, qui cause des blessures au niveau racinaire. Suivant les plantes, ces blessures vont avoir un impact plus ou moins fort : tantôt sans effet, tantôt provoquant la montaison des plants, ce qui les rend improductifs.

Méthodologie pratique : du godet au plein sol

En pratique, quelques heures avant de procéder au repiquage, arrosez les jeunes plants. Pour les semis effectués serrés, les semis en terrine ou ceux sous châssis, vous allez devoir prélever délicatement les plants, sans les abimer ni abimer les plants voisins ; une fourchette vous sera très utile. Pour les plants qui sont en godets individuels, démoulez-les doucement en veillant à ce que la motte reste bien collée aux racines.

Plants avec motte

Repiquer des plants avec leur motte (tomates, courges…) à l'aide d'une houe ou d'un transplantoir : plantez l'outil dans le sol, faites-le pivoter vers vous et installez le plant avec sa motte dans le trou ainsi créé. Retirez l'outil et recouvrez le plant de terre. Tassez pour que la motte et les racines soient bien en contact avec la terre puis arrosez. Avant le repiquage, n'hésitez pas à démêler les racines qui se sont enroulées sur elles-mêmes, voire à couper le fond de la motte avec une lame tranchante.

Les semis et le repiquage! Quand et comment? - capsule horticole

Plants à racines nues

Repiquer les plants à racines nues (c'est-à-dire les plants dont les racines ne sont pas protégées par une motte de terre) à l'aide d'un plantoir : enfoncez votre plantoir en terre pour faire un trou et glissez-y le plant en prenant soin de ne pas faire remonter les racines. Pressez la terre autour du plant et arrosez. Le repiquage des plants à racines nues peut demander quelques opérations préalables destinées à favoriser leur reprise : praliner les racines, c'est-à-dire les enduire d'une bouillie d'eau et de terre, idéalement enrichie de bouse de vache ou encore d'un pralin acheté en jardinerie ; raccourcir les racines, si celles-ci sont trop longues ou abimées (poireaux) ; couper le haut des feuilles (laitues).

Adaptation aux spécificités végétales

La plupart du temps, les jeunes plants sont enterrés au niveau du collet, celui-ci se trouvant alors au ras du sol. Toutefois, il peut arriver que le plant doive « flotter », le collet se trouvant alors légèrement au-dessus du sol. C'est le cas des laitues, chicorées, fraisiers. Pour d'autres, il peut être conseillé de repiquer le plant profondément ; c'est le cas des tomates pour lesquelles les premières feuilles sont enterrées afin que de nouvelles racines poussent sur la portion de tige se trouvant sous terre.

Pour réussir vos repiquages, à quoi faut-il faire attention ? Concernant les conditions environnementales, la règle reste simple : un transplant doit être planté dans des conditions optimales pour sa culture. L’irrigation est un point de vigilance important en particulier les premières semaines de reprise. Pour arroser vos transplants, chacun sa technique ! L’astuce est de garder le sol humide, mais pas mouillé. Pour vérifier l’état de vos godets, sous-pesez-les. S’ils sont légers, vous pouvez les bassiner. Les premiers jours, l’irrigation va de pair avec une observation quotidienne des transplants.

Infographie comparant les profondeurs de repiquage selon le type de légume

Les avantages stratégiques du repiquage

Un des principaux intérêts du repiquage est de permettre d’avancer tout le cycle de production. En effet, pour les plantes potagères, le repiquage succède à un semis, le plus souvent sous abri. En semant sous abri puis en repiquant, il est possible d’obtenir bien plus rapidement des plantes productives que ne le permettent les semis en pleine terre. Autre avantage, le repiquage permet aussi de contrôler ses semences, en particulier si elles sont de votre propre production. Le repiquage constitue également un tri qui vous permet de ne garder que les plantes avec la meilleure vigueur. Lors du repiquage en godet en particulier, il ne faut pas hésiter à écarter les plantules qui semblent les plus faibles, les plus rabougries. Produire plus, plus vite, plus longtemps et avec les plantes les moins capricieuses, voilà ce que permet le repiquage.

Calendrier et acclimatation

Après les saints de glace à la mi-mai, on repique les semis des légumes d’été réalisés sous abri plusieurs semaines auparavant : tomates, concombres, courgettes, courges. Pour acclimater vos plantes, il vous suffit de les habituer progressivement aux conditions extérieures. Par exemple, placer les futurs transplants à l’ombre puis augmenter peu à peu leur exposition pour les accommoder à l’exposition lumineuse de leur place définitive. NB : pour une plantation en racines nues, nous vous conseillons de réaliser un pralinage de vos racines.

Il n’existe pas de règle immuable pour toutes les plantes. Même s’il est possible de repiquer tout au long de l’année, deux périodes sont à retenir : le printemps et l’automne. Le printemps, en particulier une fois les Saints de Glace passés, marque la sortie des transplants à l’extérieur. C’est une période de forte croissance, qui convient très bien aux plantes annuelles. Vous avez semé à l’intérieur des graines de fleurs et de légumes durant l’hiver ? Certaines plantules sont prêtes à être repiquées en ce mois de mars afin de continuer leur développement dans les meilleures conditions. Le repiquage concerne les graines qui ont été préalablement plantées en caissettes ou en godets. Plusieurs graines ont alors été intégrées dans un espace restreint et peu fertile. Le terreau de semis ne convient plus pour la suite de leur développement. Les plantules présentent trois vraies feuilles ? Il est préférable de réaliser les repiquages par temps frais et humide. Prélevez délicatement les plantules, en vous aidant éventuellement d’une fourchette ou d’un plantoir, très pratique pour les semis et le repiquage. L’opération ne doit pas les abîmer. Vous pouvez réaliser une sélection naturelle et ne conserver que les plus beaux plants. Vous avez semé dans des pastilles de coco ? Le repiquage sera grandement facilité, puisque ce contenant est biodégradable, il peut être conservé lors du transvasement.

Cadre réglementaire et gestion des délais administratifs

Si le jardinier gère les délais de reprise biologique de ses plants, les professionnels agricoles et les contribuables doivent, eux, se conformer à des délais de reprise administratifs. L’arrêté du 4 mai 2017 relatif à la mise sur le marché et à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques et de leurs adjuvants visés à l’article L. définit le Délai de Rentrée (DRE). Le DRE est le délai minimal que les travailleurs agricoles doivent respecter avant de rentrer dans la parcelle traitée afin de limiter leur exposition aux produits encore présents. L’objectif est de limiter les risques de contamination des travailleurs (taille, récolte, observation, etc.). Le DRE est défini par la décision d’AMM et figure sur les étiquettes des produits. Le DAR correspond au nombre de jours écoulés entre la date d’application du PPP et la récolte. Par défaut, lorsqu’aucun DAR n’est mentionné, l’utilisation des produits est interdite pendant les 3 jours précédant la récolte.

Parallèlement, l’administration fiscale dispose d’un délai de reprise pour opérer des rectifications. Le redressement fiscal est une sanction infligée par les Agents des Finances publiques lorsque des incohérences sont constatées dans les déclarations souscrites par les personnes physiques et morales. Ce délai, communément appelé délai de prescription, est en général de 3 ans mais il varie selon divers critères touchant essentiellement aux négligences et agissements frauduleux. Dans la majorité des cas, le fisc peut revenir 3 ans en arrière. C’est le cas par exemple de l’impôt sur le revenu. L’article R196-1 du livre des procédures fiscales permet au contribuable de corriger les déclarations jusqu’à 3 ans en arrière. La réciproque est vraie et les impôts peuvent aussi venir opérer un redressement sur 3 ans. Jusqu’au 31 décembre 2025, les impôts peuvent faire un redressement sur les 3 derniers avis d’impôt. Ce délai de reprise de 3 ans s’applique aussi à beaucoup d’autres taxes : prélèvements sociaux, fiscalité des revenus locatifs ou du patrimoine, CFE, TVA, impôt sur la fortune immobilière, droits d’enregistrement des donations, successions, etc.

Tableau récapitulatif des délais de prescription fiscale selon les situations

Au-delà de trois années, vous pourrez souffler si vous aviez fait une erreur en faveur du fisc. Côté majoration, le fisc prendra 0.2% d’intérêts par mois de retard avec une amende de 10%. Une seconde majoration de 10% peut être appliquée en cas de non déclaration et on peut aller jusqu’à 40% en cas de mauvaise foi. On peut noter trois exceptions qui font que le délai varie. La première concerne la déclaration d’impôt 2019 sur les revenus 2018. Elle était particulière car c’était l’année blanche avec la mise en place du prélèvement à la source. Le fisc a alors le droit à un délai de reprise de 4 ans au lieu de 3 car il y avait des règles particulières. La seconde exception concerne l’impôt sur la fortune immobilière. La prescription est bien de 3 ans si le fisc souhaite venir contester la valeur d’un bien déclaré. Par contre, le délai peut passer à 6 ans si et seulement si vous n’aviez pas fait de déclaration ou aviez omis complètement un bien que vous possédiez. Enfin, la reprise fiscale peut passer à 10 ans dès lors que l’on tombe dans l’activité occulte.

Le délai de reprise « décennal » trouve aussi à s’appliquer en cas d’une part, de la « découverte » de l’exercice par le contribuable d’une activité occulte non portée à la connaissance du fisc ou plus généralement à un Centre de formalités des entreprises (CFE), d’autre part, d’omissions ou insuffisances d'impositions révélées par une procédure judiciaire et devant les juridictions administratives. Si l'administration vous notifie une proposition de rectification, le délai est interrompu. La date de cette notification sert alors de base pour un nouveau délai de prescription de 3 ans. L'administration peut agir jusqu'au 31 décembre 2035 pour l'impôt dû au titre des revenus 2025 si vous êtes soupçonné de fraude fiscale. Au niveau des impôts fonciers, la règle n’est pas la même. Cette prescription parait assez courte mais en réalité elle peut passer à 3 ans. Si jamais vous avez bénéficié d’une exonération d’un impôt foncier ou d’une réduction qui a été accordée à tort, le fisc peut alors revenir jusqu’à 3 ans en arrière exceptionnellement. Le cas le plus fréquent est celui où le contribuable omet de déclarer des travaux. La nouvelle pièce n’est pas connue par le fisc et la taxe foncière n’en tient donc pas compte. Notons que la prescription pour les dons commence à partir du moment où le fisc le découvre. En revanche, en cas d’erreur des déclarations d’une personne décédée, le fisc peut revenir 4 ans en arrière.

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