L'Art de Préparer le Sol et d'Optimiser ses Plantations : Guide Pratique

La réussite d'un jardin, qu'il s'agisse d'une haie ornementale ou d'un potager nourricier, repose sur un pilier fondamental : la préparation du sol. Cette étape est incontestablement la plus importante pour garantir la vitalité de vos végétaux. Pour optimiser la reprise des végétaux, préparez votre sol au moins un mois avant la mise en place des plants.

Schéma illustrant la structure d'un sol sain avec ses différentes couches et la présence de micro-organismes

Comprendre et préparer son sol

Avant toute préparation, identifiez la nature de votre sol. Pourquoi sur sol ressuyé ? Un sol ressuyé n'est ni trop sec ni détrempé. Travailler un sol gorgé d'eau le compacte et détruit sa structure.

Si votre sol est argileux, il sera difficile à travailler. En effet, la terre devient collante lorsqu’elle est trop mouillée et très dure si elle est trop sèche. Pour améliorer la structure physique de ce sol, la terre doit être retournée en automne sur 15 à 20 cm par bêchage (fourche bêche) ou labour. Les mottes éclateront sous l'action du gel et de la pluie. On peut ensuite épandre du fumier ou du compost, bien décomposés, qui subiront notamment l'action bénéfique des lombrics et des très nombreux micro-organismes du sol. Il est déconseillé de laisser le sol nu l'hiver, notamment à cause de l'érosion. Une fois ressuyés au printemps, le râteau ou le croc vous permettront d'émietter la terre en surface. Retirer les pierres et mauvaises herbes restantes.

Si votre sol est sableux, il sera léger et facile à travailler, mais nécessitera de fréquents arrosages en petite quantité à chaque fois. En effet, ce type de sol retient peu l’eau et les éléments fertilisants. Apportez régulièrement une bonne quantité de matière organique à l’automne que vous enfouirez par un travail du sol, et l’engrais azoté au fur et à mesure des besoins. Une terre sableuse peut être battante et imperméable à l’eau si elle possède une proportion importante de fines particules appelées « limon ».

Si votre terre est calcaire, elle se réchauffe rapidement au printemps, mais devient difficile à travailler en cas d’humidité excessive. Elle peut, par ailleurs, provoquer des chloroses chez les légumes en cas d’excès de calcaire.

Pour les sols lourds jamais travaillés, une technique de préparation permet d'ameublir considérablement le sol. Avec une bêche, creusez une tranchée de 20 cm de profondeur (dans la largeur ou longueur de votre potager) en mettant la terre sur le côté (sur la surface non utilisée). Faites-le en début d'automne lorsque le sol est peu humide. Remplissez la fosse de terreau ou mieux, de compost, sur plus de la moitié de la hauteur puis recouvrez celle-ci avec la terre de la tranchée suivante. Finissez en remettant la terre extraite de la 1ère tranchée sur la dernière.

La gestion de la fertilité et de la structure du sol

Si votre sol est riche en matière organique, sa couleur est foncée avec des débris végétaux en cours de décomposition. Il se réchauffera rapidement au printemps et se gorgera facilement d’eau. Ce type de terre est facile à travailler et riche en éléments fertilisants, en azote en particulier.

En cours de culture, n’hésitez pas à biner régulièrement. Enfin, des apports réguliers de matière organique améliorent la perméabilité du sol et le rendent plus facile à travailler. Il est évident qu’en cultivant plus de plantes dans un même espace, votre sol aura besoin de plus de nutriments pour produire. Essayez d’ajouter du compost ou un paillage à votre sol chaque année afin de nourrir vos légumes. Un sol déjà fertile nécessite 1 kg de compost mûr par an et par mètre carré. Cette quantité dépend des légumes, certains étant plus gourmands que d’autres.

Infographie comparant les besoins en amendement organique selon le type de sol (sableux, argileux, limoneux)

La planification du potager

Profitez de l'hiver pour préparer le plan de votre potager car il est important de respecter 3 règles essentielles : les distances de plantation, les associations entre les plantes et la rotation de cultures. Recultiver une plante (ou de la même famille) au même endroit appauvrit le sol en éléments spécifiques à celle-ci. De plus, maladies ou ravageurs peuvent être encore présents dans le sol, favorisant ainsi une nouvelle contamination sur les cultures suivantes. C'est donc naturellement que la rotation des cultures s'impose (elle est même obligatoire pour les professionnels dans le cas de certaines maladies).

Cultiver en lignes droites ?! En permaculture où l’on recherche à imiter la nature ? Oui ! Du moins, c’est notre conseil. Chacun fait comme il le désire, mais planter/semer en rang représente un gain de temps considérable. Vous repérez les espèces plus facilement à la germination. Les distances entre les plantes associées sont plus faciles à calculer. Les récoltes sont plus aisées, les zones de cultures sont plus accessibles. Le désherbage est plus rapide, l’irrigation est plus aisée, etc.

Le compagnonnage : entre mythes et réalités

Le compagnonnage, les plantes compagnes ou encore les cultures associées est une technique de jardinage basée sur l’observation des bonnes et mauvaises interactions des plantes entre-elles. Depuis des siècles, les jardiniers et paysans associent les plantes amies entre-elles et évitent de cultiver les plantes qui ne s’entendent pas les unes à côté des autres.

Oubliez les tableaux que l’on trouve sur le net : ils sont remplis de contradictions et nous compliquent plus la vie qu’autre chose. Les associations au potager sont donc des plantes que l’on fait pousser ensemble pour créer des synergies. Sur le papier, ce genre d’association est très intéressant. En pratique en revanche, il est difficile de prouver leur véracité. En effet, un certain nombre de recherches ont été réalisées dans le domaine, avec de nombreux résultats. Le problème est que ces résultats ont pour l’instant été prouvés en laboratoire. Ils ne sont pas toujours applicables en réalité. Voilà pourquoi nous avons abandonné cette méthode pourtant mise en avant sur tous les tableaux de bonnes et de mauvaises associations au potager.

Nous ne faisons plus que des associations « gain de place ». Le principe est d’associer des plantes au port plus ou moins haut pour maximiser la photosynthèse sur une surface donnée en jouant sur les étages de végétation. Les plantes utilisent l’énergie de la lumière pour séparer l’eau (H²O) en oxygène et en hydrogène. L’hydrogène, mélangé au carbone capté dans l’atmosphère, produit des sucres simples et donc de la matière. Ainsi, il nous paraît plus pertinent de se diriger vers des associations gain de place, qui semblent plus pragmatiques.

Stratégies pour optimiser l'espace et les récoltes

Il est souvent utile de partir de plants, surtout pour les petits potagers. Vous gagnez plusieurs semaines d’occupation du sol. Associez des légumes qui poussent en hauteur avec un ou plusieurs légumes bas. Cela permet d’optimiser l’utilisation de l’espace.

Sur votre surface de culture, installez les végétaux de petite taille et ceux dont le cycle de culture est court sur les côtés. Les végétaux qui montent en hauteur, ou ceux dont le cycle de culture est long iront au centre de la zone de culture. Cette façon de procéder est la plus simple.

Prenons l’exemple de la milpa, une association emblématique originaire d’Amérique Centrale consistant à cultiver sur la même surface maïs, courges et haricots. Dans cette association, les haricots se servent du maïs comme tuteur, le couple maïs-haricot fait de l’ombre aux courges et ces dernières couvrent le sol pour empêcher la pousse des adventices. Malheureusement, semer les trois en même temps ne permet pas de profiter de cette super association : le maïs ne croît pas suffisamment rapidement par rapport aux haricots, qui se retrouvent en manque de tuteurs. Il faut alors semer le maïs et attendre un mois avant de venir semer les haricots pour qu’ils ne gênent pas le maïs.

Jouer sur les différents types de légumes (racines, feuilles ou fruits) et familles est intéressant. Car toutes les familles et tous légumes ne sont pas sensibles aux mêmes agresseurs. Vous pouvez tout de même associer des légumes de même type, c’est parfois plus simple : n’oubliez pas que la règle d’or pour les associations est de « ne pas se compliquer la vie ! ».

Le rôle des légumineuses et des plantes aromatiques

Il est très utile d’installer dans vos associations au potager des plantes qui fixent l’azote atmosphérique. Ce sont les légumineuses. En mourant, ces plantes vont libérer de l’azote dans le sol, aidant les futures cultures à bien se développer. Les pois, haricots, et fèves sont les trois cultures potagères principales qui remplissent cette fonction. Si vous le pouvez, installez-en dans vos associations, cela ne fera que du bien à votre sol.

La nature étant merveilleusement bien faite, elle permet la protection des maladies et de certains parasites pour les légumes en fonction de leurs associations. Par exemple, il est judicieux d’inclure des plantes aromatiques dans son potager, car la plupart, grâce à leur fort pouvoir odorant, éloignent de nombreux parasites. Le basilic est un fort répulsif des mouches et moustiques. La bourrache attire les abeilles, fait fuir les limaces, réduit les doryphores, éloigne les vers des tomates. Les œillets d’Inde protégeront la plupart de vos plantes des insectes nuisibles.

Tableau récapitulatif des plantes compagnes et leurs rôles (répulsif, fixateur d'azote, attracteur de pollinisateurs)

La couverture du sol : un impératif biologique

Le sol doit être couvert le plus possible durant l’année. Cela lui permet d’être plus vivant, de conserver sa fraîcheur et sa disponibilité en éléments nutritifs. Pour conserver votre sol couvert, remplissez-le de cultures nourricières ! Et, à défaut d’ensemencer toutes vos zones de culture, n’hésitez pas à ajouter un paillage quelconque si vous en avez.

Néanmoins, l’avantage d’une couverture vivante est qu’elle est beaucoup plus productive qu’un potager paillé. Ainsi, ne vous dirigez pas systématiquement vers du paillage pour couvrir le sol. Il faut éviter, dans la mesure du possible, de faire se succéder plusieurs fois les mêmes espèces sur la même zone de culture. Cela dit, si vous n’êtes jamais sujets aux maladies et que vous nourrissez convenablement votre sol, la rotation des cultures n’est pas une obligation absolue.

L'importance de l'observation et de l'adaptation

Le compagnonnage au potager est une méthode de culture utilisée principalement dans l’agriculture biologique, qui consiste à associer certaines plantes dans le but de favoriser leur croissance mutuelle. Ou, à l’inverse, à éviter l’association de certains légumes ou plantes qui, de par leurs associations, peuvent entraver leur croissance.

Gardez à l’esprit que chaque jardin a son propre équilibre : la fertilité du sol, l’exposition, la densité de plantation ou les pratiques d’arrosage peuvent influencer le résultat. N’hésitez pas à enregistrer ces principes et à les consulter de temps en temps. Sentez-vous libre d’expérimenter. La phytosociologie et les influences négatives et positives entre les légumes en sont encore à leurs débuts. Ainsi, il reste beaucoup de choses à découvrir.

Chaque jardin a son propre équilibre : la qualité du sol, l’exposition, le climat local, la densité de plantation ou la fréquence d’arrosage peuvent modifier les interactions entre les plantes. Certaines combinaisons fonctionnent très bien dans un jardin et moins dans un autre. Observez vos cultures d’année en année, notez les résultats et ajustez. L’expérience reste votre meilleure alliée ! L’utilisation de plantes compagnes n’est pas indispensable mais constitue une méthode efficace pour renforcer la résilience du potager. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de jardinage, sans en être l’unique levier.

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