Devenir tuteur de bienveillance : L’engagement au cœur du travail social et de la transmission

Le paysage du travail social et de l’accompagnement professionnel connaît des mutations profondes, où la posture humaine devient le pivot central de la réussite. Qu’il s’agisse de la protection des majeurs vulnérables ou de l’accompagnement des nouvelles générations d’apprenants, la figure du « tuteur » émerge comme un trait d’union indispensable entre la théorie et la pratique, entre le droit et l’humain.

Illustration conceptuelle d'un mentor accompagnant un apprenant dans un environnement professionnel bienveillant

La tutelle judiciaire : Une mission de protection humaine

Le rôle du tuteur, régi par le code ROME K1102, consiste à accompagner les individus majeurs placés sous mesure de protection judiciaire par un juge. Saviez-vous qu’environ 1% de la population française était concerné par une mesure de protection judiciaire ? En 2021, 713 700 adultes étaient sous curatelle ou sous tutelle. Dans la majorité des cas, le majeur est accompagné par une association tutélaire (45% des personnes).

Ce métier demande une grande solidité morale et psychologique. La mission principale du délégué à la tutelle ou du gérant de tutelle est de protéger les intérêts personnels de la personne sous tutelle. Le tuteur a une mission d’information et le métier permet une certaine autonomie. Un tuteur est alors désigné par le juge ; ce tuteur est en priorité un membre de la famille exerçant bénévolement. Il est à noter que si cette activité est assurée à titre privé, le tuteur sera désigné comme gérant de tutelle.

Exigences et parcours de professionnalisation

Pour les candidats souhaitant exercer le métier de tuteur à titre professionnel, il est indispensable de valider le certificat national de compétences MJPM (mandataire judiciaire à la protection des majeurs). Dans le but de postuler au certificat MJPM, il est indispensable pour le candidat d’être titulaire d’un diplôme de niveau bac +2. Pour financer son apprentissage et sa formation, il est possible pour un candidat de faire appel à son CPF (compte personnel de formation).

Le mandataire judiciaire exerçant depuis plusieurs années peut envisager de se reconvertir vers des postes dans le domaine du droit. Un tuteur ou mandataire judiciaire peut donc travailler dans le secteur privé et dans le secteur public. En effet, celui-ci peut travailler au sein d’associations ou d’organismes publics ou en tant que mandataire judiciaire indépendant libéral. Il existe également un métier appelé tuteur en entreprise qui diffère du tuteur judiciaire. En effet, le tuteur en entreprise forme et accompagne les nouveaux arrivants dans une entreprise.

Découvrez le métier de mandataire judiciaire pour les personnes majeures

L’évolution des pratiques professionnelles

Le travailleur social moderne cherche aujourd'hui à innover. C’est inédit en travail social : le PASS vous donne accès en illimité à toutes les interventions de formation en visio, en replays, aux GAPP, outils, ebooks, ressources pour vous accompagner à innover dans vos pratiques professionnelles, appréhender sereinement les difficultés du métier et monter en compétence sans perdre de temps. Acquérir de nouvelles techniques d’accompagnement est essentiel : utilisez de nouveaux outils afin d’innover en accompagnement social.

Chaque jour et chaque situation sont différents. Les missions du tuteur peuvent varier en fonction de son statut. De plus, le délégué à la tutelle peut être amené à accompagner des personnes dans des situations difficiles. Un grand nombre de qualités et de compétences est nécessaire pour exercer en tant que tuteur. Le salaire du tuteur peut varier en fonction de sa situation. L’environnement de travail du tuteur dépend fortement de la structure ou de l’organisme dans lesquels celui-ci évolue.

Être tuteur de stage : Une aventure de transmission

La formation « Devenir Tuteur de Stage » proposée a pour vocation de permettre à chacun d’engager une capacité de réflexion et une posture éthique professionnelle nécessaires à l’accompagnement des apprenant·es. Dans les secteurs du sanitaire, social et médico-social privé et à but non lucratif, l’accueil de stagiaires étudiant en formation initiale ou en alternance nécessite un accompagnement et un suivi tout particulier. L’articulation du parcours est essentielle entre les deux lieux apprenants que sont le terrain professionnel et le centre de formation.

Être tuteur, c’est se lancer dans une très belle aventure. Vous allez grandir personnellement et professionnellement. Ce qui fait un bon tuteur ? Un excellent relationnel, de la patience et un grand sens de l’organisation ! Ces trois qualités sont essentielles pour défendre les intérêts des personnes sous tutelle, mais aussi pour guider un étudiant.

Les piliers de la réussite du tuteur : 10 conseils pour un accompagnement optimal

Pour vous accompagner dans cet épanouissement, voici des conseils fondamentaux pour être un super tuteur :

  1. Savoir se rendre disponible : Être tuteur vient en complément de vos missions quotidiennes. Vous allez devoir consacrer du temps à l’accueil, à l’accompagnement et au suivi de votre alternant. Pour cela, prévoyez des temps d’échanges réguliers dans vos agendas respectifs et prenez du temps pour ce nouveau rôle. Former votre alternant à vos produits, à vos services, au discours commercial, à la connaissance de votre organisation, c’est assurer sa réussite et faciliter son autonomie.

  2. Planifier l’activité et fixer des objectifs : Les premiers pas dans le monde du travail sont riches de nouveautés pour l’alternant qui a besoin d’être épaulé. Pour cela, planifiez son activité. Profitez des semaines où votre alternant est en formation pour qu’à son retour en entreprise, il sache ce qu’il doit faire. Aussi, pensez à lui fixer des objectifs pour le motiver, évaluer sa performance, mesurer son évolution. Les objectifs peuvent être fixés avec lui, vous connaîtrez ainsi les compétences qu’il a acquises avant de vous rejoindre.

  3. Être à l’écoute : Accueillir un alternant nécessite une écoute particulière de votre part. Les écouter, c’est les découvrir et connaître leurs besoins, leurs envies, leurs souhaits. La génération Z aime se raconter. Vous intéresser à leur vie et à leur personnalité est donc primordial pour les faire grandir. L’écoute d’un alternant, c’est comme l’écoute client : vous comprenez ses besoins et vous pourrez les utiliser comme levier dans votre management pour réussir ensemble.

  4. Faire preuve de patience : Un alternant ne sait pas faire toutes ces choses qui semblent basiques. Votre alternant est au début de sa carrière et il ne maîtrise pas les tâches anodines que vous réalisez au quotidien. Apprenez-leur avec bienveillance et patience, ils sauront vous surprendre sur bien d’autres points !

  5. Savoir se laisser surprendre par l’étudiant : Acceptons-le : ils sont meilleurs que nous sur de nombreux sujets ! Ils sont nés avec un téléphone dans la main et maîtrisent des outils digitaux mieux que personne. Ils sont force de proposition pour digitaliser vos activités grâce à une application dont vous ignorez l’existence. Ils ont un regard neuf sur votre entreprise et ils sont de la génération de vos futurs clients. Ils peuvent bousculer positivement les codes de votre entreprise.

Diagramme illustrant le cycle de transmission des compétences entre un tuteur et un apprenant

  1. Savoir communiquer : Vous êtes un bon communiquant, vous êtes doté d’une aisance relationnelle hors pair. Mais savez-vous communiquer auprès d’un public jeune ? Leur vocabulaire, leurs codes sociaux sont différents des nôtres. Soyez curieux et apprenez avec eux à communiquer différemment en instaurant vos propres règles. La clé d’une belle relation alternant - tuteur, c’est la communication.

  2. Faire le plein d’énergie : Recruter un alternant n’est pas de tout repos. Il vous sollicitera souvent, vous préparerez son activité en plus de la vôtre et vous devrez le coacher. Pour cela, soyez dans une posture positive et faites le plein d’énergie pour vivre cette belle aventure. S’y préparer et s’y projeter est une démarche à initier avant son arrivée.

  3. Savoir transmettre : Vous êtes plein de ressources, soyez-en sûr ! Accompagner un alternant c’est aussi avoir conscience que votre expertise vaut de l’or à ses yeux et que cette transmission est entre vos mains. En apprendre davantage ? Votre alternant n’attend que ça !

  4. Accepter l’apprentissage : En recrutant un alternant vous choisissez de recruter un débutant, ne l’oublions pas. Faites-lui confiance pour mener les missions confiées. Accepter qu’il commette des erreurs est parfois difficile à gérer. Préparez-vous et apprenez-lui à se corriger pour qu’il s’épanouisse à vos côtés.

  5. Créer du lien informel : Autour de la machine à café, les discussions avec votre alternant seront différentes de celles que vous pouvez entretenir avec vos autres collègues. Soyez ouvert aux centres d'intérêt de l'apprenant pour créer une relation de confiance durable.

L’éthique et la posture du tuteur de bienveillance

Le tuteur de bienveillance, qu'il soit mandataire judiciaire ou tuteur de stage, se définit par sa capacité à communiquer avec des interlocuteurs variés. Vous souhaitez vous sentir utile en vous engageant dans une carrière sociale ? Vous faites preuve de bienveillance et d’un sens de l’écoute incontestable ? Ces qualités sont le socle du métier.

Le tuteur n'est pas seulement un technicien du droit ou de la méthode ; il est un garant de la dignité et du développement de l'autre. La bienveillance, loin d'être une simple gentillesse, est une exigence éthique qui permet de maintenir la distance nécessaire tout en restant profondément engagé dans la réussite de la personne accompagnée. Dans un monde où les outils digitaux et les exigences administratives se multiplient, le retour à une posture d'écoute active et de transmission patiente constitue la véritable innovation du travail social contemporain. La plateforme des travailleurs sociaux permet justement de se doter des outils nécessaires pour concilier ces impératifs de rigueur administrative et de chaleur humaine indispensables à l'exercice de ces fonctions exigeantes.

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