Guide complet : Maîtriser la récupération et la filtration de l'eau de pluie

Face aux étés de plus en plus secs, récupérer l’eau de pluie devient un geste aussi malin qu’écoresponsable. L’eau de pluie est gratuite, naturellement douce et parfaite pour arroser son jardin ou nettoyer ses outils. En période de restrictions d’eau, disposer d’une réserve personnelle est un vrai avantage. Si vous n’avez pas de tonneau de récupération d’eau, une simple poubelle en plastique peut très bien faire l’affaire.

Schéma illustrant un système de récupération d'eau de pluie connecté à une gouttière avec filtration intégrée

Pourquoi fabriquer un filtre pour l’eau de pluie ?

Fabriquer un filtre pour l’eau de pluie vous permet de contrôler sa composition en utilisant des matériaux connus. Avant d’utiliser l’eau de pluie, même pour l’extérieur, la filtration est recommandée. Pour enlever les déchets les plus importants, un pré-filtre est disposé au niveau de la gouttière. En effet, en installant une crapaudine ou une grille, vous évitez la pollution de l’eau par les débris.

Ce premier filtre ne suffit pas à nettoyer correctement l’eau récoltée. Un second, entre la gouttière et le récupérateur d’eau est nécessaire pour ôter les micro-organismes, les bactéries. Parmi les filtres les plus utilisés, vous trouvez :

  • Le filtre à charbon actif : absorbe les matières organiques et retient les mauvaises odeurs.
  • Le filtre à sédiments : adapté pour les grosses particules.
  • Le filtre à cartouches : se pose avant la pompe et retient les fines particules.
  • Le filtre à sable : nettoie l’eau, utilisé notamment pour les piscines.

Pour être efficaces, ils doivent être changés régulièrement. Fabriquer un système de filtrage vous permet de réaliser aussi des économies. Parmi les différents purificateurs conseillés, ceux à charbon et à sable sont facilement réalisables et à moindre coût.

Les propriétés naturelles des matériaux de filtration

Parmi les réalisations DIY, le sable fait figure de grand gagnant. Le sable est un élément naturel et inoffensif pour l’environnement. Il existe sous différents grammages. La filtration s’effectue en fonction de la finesse du grain. Il est très utilisé pour purifier l’eau car il retient des particules telles que la boue, les micro-algues.

Une alternative au sable est de fabriquer un filtre à charbon actif pour l’eau de pluie. Cette matière sert à nettoyer les impuretés et à enlever les odeurs. Le charbon actif est utilisé comme moyen de filtration depuis la nuit des temps. Il est composé de différents végétaux (coques, bois, …). Plus le charbon est fin, plus il retient les particules, même le gaz contenu dans l’air. En matière de récupération d’eau de pluie, il a la faculté de faire barrage au chlore et aux pesticides.

Comment réaliser ses propres systèmes de filtration

Il existe plusieurs plans pour concevoir votre filtre, cela dépend de votre système de récupération. Le principe est commun : vous superposez plusieurs strates. Pour un filtre à sable, vous disposez dans un contenant :

  1. Une couche de petits galets ou de gravier.
  2. Une couche de gros grains de sable.
  3. Une autre de sable fin.
  4. Un tissu ou une membrane microperforée pour éviter le passage des plus petites impuretés.

La fabrication d’un filtre à charbon actif a les mêmes bases. Vous prenez un contenant au bout duquel vous disposez, dans l’ordre suivant : une membrane, du charbon actif (jusqu’à la moitié), et une couche de sable pour que le charbon ne bouge pas. Comparé au filtre à sable, vous risquez de ne pas avoir de l’eau propre lors du premier passage. Un autre filtrage, plus élaboré, est de superposer des galets, du gravier, du sable, des cendres et du charbon actif.

Diagramme en coupe d'un filtre multicouche (gravier, sable, charbon) fait maison

Est-ce réellement économique ?

Fabriquer un filtre pour l’eau de pluie fait-il réellement réaliser des économies ? Cette réponse dépend de la fréquence à laquelle vous utilisez votre récupérateur. Le filtre à sable demande peu de dépenses. Le prix d’un sac de sable de 25 kg est environ de 10 €. Le charbon actif a une structure microporeuse, par conséquent vous en utilisez moins. Pour un sac de 1 kg, vous devez prévoir un budget de 10 € à 20 €. Dans les magasins, les prix des filtres de charbon actif varient entre 30 € et 100 €. Ils sont à changer tous les six mois. Pour concevoir un système de filtrage performant, il faut également comptabiliser les galets, le gravier pour composer chaque strate.

La récupération d'eau : une démarche de sobriété

Qui aurait cru qu'un simple vieux bidon ou une baignoire délaissée puissent devenir, en 2025, les héros de la sobriété écologique dans nos jardins ? Réutiliser ce que l'on possède déjà, c'est l'essence même d'une démarche zéro déchet. Dans la famille des contenants robustes, les poubelles en plastique tiennent le haut du pavé.

Étapes pour transformer une poubelle en récupérateur

  1. Préparation : Faites 4 à 5 trous de 5 cm au centre du couvercle à l’aide d’une scie-cloche.
  2. Installation du robinet : Percez un trou à 10 cm du fond et vissez un robinet via un raccord passe-coque.
  3. Surélévation : Un récupérateur au ras du sol est peu pratique. Utilisez des chutes de bois traitées ou des parpaings pour créer un socle solide.
  4. Collecte : Placez votre récupérateur sous une gouttière. Vérifiez que rien ne bloque la pluie (feuilles, branches).

Comment installer un récupérateur d'eau à poser - Castorama

Considérations techniques et entretien

Le choix du volume de la cuve dépend de l’usage. L’ADEME évalue la consommation moyenne à 10 litres d’eau par mètre carré pour un jardin. Le volume d’eau que l’on peut collecter dépend de la surface de captage et de la pluviométrie. Pour connaître le volume d’eau de pluie récupérable, on peut faire le calcul suivant : précipitation x coefficient de perte x surface.

Il est préférable de mettre en place un système filtrant en amont du récupérateur pour éviter que les débris végétaux s’accumulent dans la cuve ou obstruent la bouche d’entrée. Le récupérateur doit être posé sur une surface stable et parfaitement plane. Si possible le récupérateur doit être fermé pour éviter que des larves (moustiques) n’y apparaissent et s’y développent. Le récupérateur peut être placé idéalement avec une exposition nord pour minimiser les montées de température en été (et éviter la prolifération des différents micro-organismes).

Le cas particulier des espaces restreints

Il n’est pas forcément possible de mettre une dérivation sur une gouttière quand on vit en appartement. Vous devrez demander l’autorisation au conseil syndical de votre immeuble. Si c’est possible, le procédé sera à peu près le même en veillant toutefois à la dimension de la cuve (contrainte du poids que peut supporter votre terrasse ou balcon). Sinon, vous pouvez récupérer un grand couvercle de poubelle et le fixer sur votre balustrade pour capter de petites quantités d'eau pour vos jardinières.

Photo d'une installation de récupération d'eau sur un balcon urbain

L'importance de la gestion de l'eau

En France, les précipitations représentent en moyenne 480 milliards de m³ chaque année, sauf en cas de sécheresse bien sûr, et répartie de façon inégale suivant les régions. Il est important de rappeler que l'eau du robinet est une eau potable. Or, rendre l’eau potable nécessite une quantité d’opérations, qui elles-mêmes utilisent de l’énergie. Le captage, le transport et le traitement de l'eau ont un coût écologique et économique majeur. Chez les 2 Vaches, on est convaincu que chaque petit geste pour la planète compte. En multipliant les petites récupérations, on facilite la distribution de l’eau, tout en évitant les déplacements fastidieux et l’arrosage à grandes eaux. Cette stratégie des "petits ruisseaux font les grandes rivières" est idéale pour les terrains dispersés, les potagers éparpillés ou les balcons fournis en jardinières.

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