Guide de plantation des arbres et arbustes en motte grillagée : Pour une reprise réussie

Arbre fraîchement planté avec motte grillagée et tuteur

La plantation d'arbres et d'arbustes en motte grillagée est une technique courante qui nécessite une attention particulière pour assurer une bonne reprise. De nombreux facteurs peuvent influencer le succès de cette opération, depuis la préparation du trou de plantation jusqu'aux soins post-plantation. Ce guide détaillé explore les meilleures pratiques, les erreurs à éviter et les spécificités de la plantation en motte pour garantir la vitalité de vos végétaux.

Comprendre la motte grillagée et ses enjeux

Les plantes ligneuses vendues en motte ont généralement poussé en pleine terre, en extérieur, dans une pépinière. Lors de leur déterrage, leur motte est soigneusement enveloppée de toiles et/ou de grillage, souvent non galvanisé. Ce dispositif a pour but de maintenir la cohésion de la motte et de protéger les racines pendant le transport et la manipulation.

Cependant, il est crucial de distinguer les matériaux utilisés pour la tontine. Si le grillage est non galvanisé, il est généralement biodéégradable et rouille puis disparaît après quelques mois. En revanche, si la tontine est en matière synthétique, il est impératif de l’enlever, car les racines et radicelles ne respireront pas du fait de l’imperméabilité de la matière, ce qui pourrait entraîner un dépérissement de l'arbre. Des situations trompeuses peuvent parfois survenir, où une petite motte en tontine est dissimulée dans un gros pot, entourée de terre et de racines, ce qui peut étouffer l'arbre à terme si le grillage n'est pas retiré. Une inspection minutieuse du plant en magasin, incluant le dépotage si possible, est recommandée pour vérifier l'état des racines et la présence de tontines inappropriées. Si les racines sont hyper serrées ou si une motte de glaise compacte est découverte, il est préférable d'éviter l'achat, car cela indique souvent une plante qui végétera et qui est restée trop longtemps dans ces conditions.

Préparation du trou de plantation : Un facteur clé

Schéma de la préparation du trou de plantation avec dimensions

La préparation du trou de plantation est une étape fondamentale pour garantir la bonne croissance de l'arbre. Le choix de l’emplacement doit correspondre au futur développement du végétal, tant au niveau racinaire qu'aérien.

Dimensions optimales et profondeur

Le trou de plantation doit être large. Il ne peut être trop large mais il faut veiller à ce qu’il ne soit pas trop profond. Il doit être au moins 2 fois plus large que la motte et sa profondeur doit permettre à la motte d’être installée sans être enterrée. Un trou bien dimensionné facilite l’enracinement et limite le stress à la plantation.

Il est très important que l’arbre ne soit pas plus enfoncé dans le sol qu'à la pépinière, et ce pour éviter l’étouffement des racines. Le collet de la racine (la base du tronc) doit rester visible, exactement au niveau du sol, ni enterré, ni surélevé. C’est un point essentiel pour éviter les maladies et assurer une bonne reprise. Pour cela, il faut bien mesurer la hauteur de la motte avant de creuser.

Prise en compte du tassement du sol

Tenez compte du fait qu’un arbre lourd peut s’enfoncer sous son propre poids et que tout sol remué ou nouvellement déposé se tassera. En général, les sols sableux se tassent à environ 10 % et les sols argileux à 20 %. Dans de tels cas, il est conseillé de planter les arbres un peu plus haut. Par ailleurs, ne jamais creuser plus profond que le niveau maximal de la nappe phréatique.

Conditions météorologiques et types de sol

Les trous de plantation sont de préférence prêts lorsque les arbres arrivent, afin que les arbres ne soient pas en dehors du sol plus longtemps que le strict nécessaire. Il convient de les creuser dans des conditions atmosphériques favorables afin d’éviter d’altérer la structure du sol. Notamment les bases lourdes, comme les sols argileux ou limoneux, se referment vite lorsque l’on creuse dans des conditions humides, ce qui crée de nombreux problèmes en pratique car l’eau accumulée ne peut plus s’écouler. Ces sols sont également sensibles à l’imprégnation d’eau, ce qui empêche les racines de pousser facilement en dehors du trou de plantation. Ameublir le fond du trou de plantation sur l’épaisseur d’une bêche environ permet de faciliter le drainage et la pénétration des racines.

Préparation du sol pour la plantation d'une haie

Amendement de la terre

Retirez environ 20 % de la terre extraite et faites un tas séparé avec la terre de la couche supérieure (terre végétale). Mélangez la terre restante avec du compost bien mûr, du terreau de plantation et un peu d’engrais organique. Ce mélange améliore la structure du sol, favorise l’enracinement et apporte les premiers éléments nutritifs nécessaires à l’arbre. Si le sol utilisé est de bonne qualité et s’il contient suffisamment de matière organique, il n’y a rien à ajouter au sol. En cas de remplacement de sol, les terres nouvelle et existante au fond du trou de plantation doivent être mélangées, afin d’éviter la formation d’une couche gênante qui peut retenir de l’eau.

Mise en place de l'arbre et gestion de la motte

Manipulation délicate

Une fois l’arbre reçu, il est conseillé de le planter au plus tard 3 jours après la livraison. En isolant ou couvrant la motte, par exemple en utilisant une bâche, vous pouvez légèrement allonger cette période.

Si l’arbre est en pot, couchez-le délicatement au sol, coupez le pot si nécessaire et retirez la motte sans tirer sur le tronc. Si l’arbre est en motte, coupez les fils épais du grillage en haut de la motte. Le reste du grillage non galvanisé n’a pas besoin d’être enlevé, ce sont des matériaux biodégradables. Cependant, il est crucial de couper les fils de fer se trouvant autour du collet pour éviter qu'ils ne serrent et frottent sur le tronc, ce qui pourrait étrangler l'arbre. Le grillage qui maintient la motte ne doit pas être retiré complètement afin d’éviter que la motte se brise en la manœuvrant. Dégager précautionneusement le tissus et/ou le grillage qui entoure la motte, en faisant attention à ne pas endommager la motte.

Positionnement dans le trou

Installez l’arbre au centre du trou. Le collet (base du tronc) doit être exactement au niveau du sol, ni enterré, ni surélevé.

Taille des racines

Un arbre sain présente évidemment un équilibre naturel entre couronne et racines. Cet équilibre est perturbé lorsque l’arbre est arraché, dans la mesure où tout arbre perd inévitablement une partie de ses racines lors du processus. Il est important dans ce cas précis de retailler la plante au niveau du système racinaire, notamment les racines abîmées et les racines particulièrement longues. Si des racines grosses comme les doigts ont été coupées de façon lamentable, à 10-15 cm du tronc, il est impératif d'enlever toute masse de glaise compacte qui pourrait faire pourrir l'arbre, même si cela expose les racines à nu.

Tuteurage et ancrage : Soutenir la reprise

Différentes méthodes de tuteurage d'un arbre

Les arbres nouvellement plantés doivent être ancrés afin d’éviter qu’ils ne penchent à cause du vent. En principe, un arbre est suffisamment ancré au bout de 2 ou 3 ans pour ne plus avoir besoin d’aide.

Tuteurage simple

Pour les arbres sans motte, un ancrage haut, au-dessus du sol, est toujours nécessaire. Si la circonférence du tronc est inférieure à 10-12 cm, un seul tuteur peut suffire. En principe, les tuteurs se dressent à 1,5 mètre du sol et sont enfoncés à 1 mètre. Ils doivent être enfoncés dans au moins 20 cm de sol non remué ; si le trou de plantation était profond, les tuteurs utilisés doivent être plus longs. Pour les arbres de petit format, les tuteurs ne doivent pas arriver plus haut que la moitié de la taille de l’arbre. Pour les spécimens plus lourds, ils ne peuvent dépasser un tiers de la taille de l’arbre. Il n’est pas nécessaire de pérenniser les tuteurs.

Plantez 2 à 3 tuteurs autour de l’arbre sans toucher les racines et répartis de manière équilibrée. Attachez le tronc aux tuteurs avec des sangles souples, sans trop serrer. Le tuteurage permet de stabiliser l’arbre face au vent, le temps que les racines s’ancrent. Le tuteur doit être placé de façon oblique pour ne pas endommager la motte et les racines, et de l’autre côté des vents dominants pour éviter que la force du vent ne vienne à coucher l’arbre. Laissez le tuteur en place pendant 2 à 3 bonnes années.

Haubanage pour arbres plus grands

Pour les arbres de qualité, qui ont une motte dense et résistante, il est possible de recourir à 2 ou 3 piquets de haubanage. L’haubanage est beaucoup plus solide que le simple tuteurage car il renforce l’ancrage du végétal, grâce aux piquets placés tout autour de l’arbre. On le pratique surtout sur les hauts arbres en tige. Il suffit de planter des piquets (3 piquets suffisent) à l’aide d’une masse, qui doivent arriver juste en dessous de la couronne (c’est le dessous de la partie aérienne). Après avoir planter les piquets, il faut attacher l’arbre au niveau du tronc supérieur aux différents piquets avec du câble.

Cette méthode favorise la reprise car il est admis que les arbres sont plus rapidement indépendants lorsque l’ancrage est proche du sol, car ils subissent encore dans ce cas les effets du vent, ce qui les incite à développer leurs racines. La croissance en épaisseur du tronc est également stimulée.

Ancrage souterrain

L’ancrage souterrain peut seulement être appliqué à un arbre à motte dense et volumineuse. Cette méthode est souvent choisie pour des raisons esthétiques, mais parfois aussi pour des raisons pratiques, par exemple lorsque l’arbre est planté dans un pavage et qu’il faut placer une grille d’arbre. Pour un ancrage souterrain, trois piquets sont enfoncés dans le sol autour de la motte, formant un triangle équilatéral. Une alternative peut être d’installer des amarres d’ancrage ou un treillis au fond du trou de plantation. Ensuite, c’est en posant des sangles ou des câbles d’acier sur la motte que l’on attache aux piquets, aux amarres ou au treillis avant de les tendre que l’on ancre l’arbre. Cette méthode a un inconvénient : le système ne peut généralement pas être enlevé et les sangles ou les câbles s’intègrent, à terme, dans le pied du tronc.

Rebouchage du trou et aération

Une fois l’ancrage et les éventuels systèmes d’aération et d’arrosage installés, le trou de plantation peut être rebouché. Remplissez le trou avec le mélange terre + compost + terreau, en procédant par couches successives et en tassant légèrement à chaque étape. Cela évite la formation de poches d’air qui pourraient dessécher les racines. Il est important que les racines soient bien en contact avec la terre qui entoure la motte. Si de la nouvelle terre est utilisée pour le rebouchage, choisir de préférence une terre proche de la base du sol d’origine, en ajoutant si nécessaire de la matière organique.

Section transversale d'un système d'aération pour racines

Oxygénation des racines

Les nouvelles racines ont besoin d’oxygène pour continuer à se développer à l’extérieur de la motte. En principe, les arbres en pleine terre n’ont pas besoin d’aide dans ce processus, contrairement aux arbres plantés dans un pavage. Il existe plusieurs systèmes d’aération parmi lesquels un tuyau de drainage perforé s’est avéré le plus efficace. Celui-ci est placé autour de la motte, à mi-hauteur de celle-ci, de préférence légèrement en-dessous. De manière générale, un système d’aération est important pour une période de 2 ans maximum et devient superflu par la suite.

Arrosage et gestion de l'humidité

L’arrosage est très important tout au long de l’année qui suit la plantation. Les premières années sont décisives. Pour que les racines se développent bien au début, la terre qui les contient doit être maintenue humide.

Méthodes d'arrosage efficaces

Une couronne d’arrosage qui retient l’eau est le plus efficace. Cette couronne peut être une bordure surélevée ou un bord en matière synthétique qui entoure le tronc. Elle permet de retenir l’eau, d’éviter le ruissellement et d’assurer une bonne infiltration jusqu’aux racines. Remplissez la cuvette à ras bord, laissez l’eau s’infiltrer et répétez l’opération 3 à 4 fois. Cet arrosage abondant permet de bien mettre la terre en contact avec les racines.

En pratique, les tuyaux de drainage sont souvent utilisés pour l’arrosage, mais ce n’est pas conseillé. En effet, pour que l’eau puisse atteindre la motte en entier, le système d’arrosage doit être installé le plus haut possible. Veiller à ce que le dessus de la motte ne se bouche pas en raison d’un arrosage excessif, ce qui arrive rapidement lorsque la base du sol est grasse.

Fréquence et quantité

Après la plantation et l’arrosage abondant initial, arroser copieusement une fois par semaine si le temps est sec. Il faut multiplier les apports d’eau dès que les périodes de sécheresse sont trop longues. Ces arrosages, pour être efficaces, doivent amener de l’eau, en quantités suffisantes à l’ensemble du système radiculaire de la plante afin d’humidifier l’ensemble de la terre où il y a des racines. Un arrosage de 10 à 20 litres sur 1 m² ne mouille que 4 à 5 cm de terre.

Après le dernier arrosage initial, ne plus arroser pendant 1 à 2 semaines pour laisser l’arbre s’ancrer naturellement. Un excès d’eau juste après la plantation peut être aussi néfaste qu’un manque.

Gérer les périodes de sécheresse

Lors de longues périodes de sécheresse, ou sous des températures caniculaires, il peut arriver que le feuillage dessèche alors que la motte est humide. Dans ce cas, la capacité des racines ne suffit pas pour alimenter la couronne en eau. Arroser davantage n’est pas envisageable dans ce cas et n’aurait que des conséquences défavorables telles que le manque d’oxygène ou la pourriture des racines. La seule solution est alors de réduire les besoins en eau en taillant l’arbre, de préférence dès la plantation, afin d’éviter que l’arbre souffre fortement lors des conditions les plus extrêmes.

Taille de l'arbre après plantation

Diagramme des zones de taille après plantation

Un arbre perd inévitablement une partie de ses racines lors du processus d'arrachage. C’est pourquoi les racines ne sont plus en mesure de transmettre le même volume d’eau à la couronne, ce qui est une cause de stress. Par conséquent, l’arbre produira de plus petites feuilles pour ainsi réduire sa surface foliaire. Si le manque d’eau est trop élevé, l’arbre se défera même du bois de sa couronne, au risque de déstabiliser la forme de sa couronne. L’arrosage est ainsi nécessaire lors des deux premières années, or souvent cela ne suffit pas.

Pour pallier ce déséquilibre, il est souvent nécessaire de réduire la partie aérienne d'un tiers. La taille se fait sur le bois d’un ou deux ans. Les grosses branches doivent être conservées dans la couronne, car elles contiennent des réserves dont l’arbre a besoin pour développer de nouvelles racines. Il n’est pas indispensable de se débarrasser de toutes les branches d’un ou deux ans. Les arbres dont la couronne contient beaucoup de branches ont fortement besoin d’être taillés, mais ceux dont la couronne en contient moins, comme l’Ailanthus, sont à peine taillés. L'objectif est de tailler la plupart des branches de manière à alléger la structure globale.

Protection contre les risques environnementaux

Protection contre les coups de soleil

Malheureusement, cela devient de plus en plus courant : fissures sur la tige dues à une surchauffe. En général, la circulation d’eau dans le tronc protège les cellules de l’écorce des échaudures, mais au moment de la plantation, le volume d’eau transporté vers la couronne est inférieur et ce système de refroidissement ne suffit pas. Le tronc risque alors de subir des coups de soleil. Le soleil couchant est le plus nuisible, car celui-ci brille directement sur le tronc et, par sa chaleur, réchauffe les cellules à une température telle que celles-ci se brisent. Les arbres à l’écorce lisse et mince sont les plus vulnérables et doivent être protégés. Pour ce faire, il est possible d’envelopper le tronc de toiles coco ou de nattes de roseaux. Attention : par le passé, le tronc était enveloppé de toiles de jute, mais il s’est avéré que cela pouvait avoir des conséquences défavorables. Comme ces toiles serraient le tronc, elles retenaient l’humidité et le tronc pourrissait.

Inoculation du sol

En cas de doute sur la présence suffisante d’activité dans le sol, il est conseillé de procéder à une inoculation. À cet effet, plusieurs produits sont disponibles sur le marché, mais tous ne sont pas efficaces. Il est surtout important que les micro-organismes soient inoculés. Ces derniers forment la base de l’activité du sol.

Suivi post-plantation

Après la plantation, il est essentiel de bien suivre son arbre. Les premières années sont décisives. Un engrais organique de fond peut être ajouté pour soutenir la reprise et relancer la croissance. Inutile d’en mettre trop : l’objectif est d’accompagner l’arbre, pas de le forcer. Enfin, tuteurer l’arbre permet de le maintenir bien droit et de faciliter son enracinement, surtout en cas de vent fort.

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