
La Haute-Saône, département riche en forêts et doté d'une géologie complexe, offre un terrain de jeu privilégié pour les amateurs de mycologie. Que vous soyez un cueilleur débutant ou expérimenté, ce guide vous apportera les informations essentielles pour une cueillette réussie et responsable.
Comprendre l'environnement : Clé de la réussite en Haute-Saône
Pour dénicher les meilleurs coins à champignons en Haute-Saône (70), il est crucial de comprendre les conditions spécifiques de pousse de chaque espèce recherchée. Le département présente une géologie assez complexe, avec des sols très acides et à la fois très calcaires, qui sont souvent entremêlés et difficiles à visualiser facilement sur le territoire. La situation est assez semblable en ce qui concerne les forêts, et le relief est très contrasté, avec des zones montagneuses regorgeant de nombreux coins à champignons, ainsi que des zones à plus basses altitudes. Sans une analyse approfondie de ces éléments (sols, forêts, relief), il est difficile de trouver rapidement les meilleurs coins.

Les conditions de pousse des champignons spécifiques
Chaque champignon a ses préférences en matière de sol, d'arbres hôtes et de conditions climatiques. Par exemple, la morille est assez fréquente dans le département, elle s’y épanouit bien et va pousser sur les terrains calcaires et limoneux avec un pH supérieur à 6. Ses arbres hôtes sont nombreux, mais pour les débutants, il est conseillé de la chercher près des frênes ou des noisetiers. D’un autre côté, la girolle est également très présente dans le département et pousse sur un sol argilo-limoneux avec un pH idéalement inférieur à 5. Le sapin, le chêne ou encore le hêtre sont les arbres hôtes les plus courants pour la girolle. Il est important de noter que les conditions de pousse de la morille et de la girolle sont très différentes, soulignant l'importance de connaître les spécificités de chaque espèce.
Les cèpes, quant à eux, poussent principalement en automne dans les sous-bois de feuillus (chêne, hêtre, châtaignier) et parfois sous les résineux, sur des sols bien drainés et souvent acides. Ils apparaissent après quelques jours de pluies suivis de chaleur douce. Pour maximiser vos chances, privilégiez les forêts claires en altitude moyenne, bien exposées où l’humidité persiste.
L'importance de l'analyse territoriale
Il est indispensable de retrouver les conditions de pousse des champignons sur le terrain. La géologie, les forêts et le relief de la Haute-Saône sont des facteurs déterminants. Les zones montagneuses, par exemple, sont souvent plus riches en champignons.
Les champignons pour les nuls : Cueillette sans danger
Règles de base pour une cueillette responsable et sécurisée
Lors d'une sortie mycologique, il est essentiel de respecter certaines règles pour garantir votre sécurité et la préservation de l'écosystème. Célia Grandemange, pharmacienne à Thaon-les-Vosges, a tenu à rappeler les règles de base d’une bonne cueillette lors d'une sortie organisée par la Maison des Jeunes et de la Culture (MJC) du Val-d’Ajol avec l'association des pharmaciens mycologues (Amyphar).
Identifier les champignons : une compétence cruciale
Apprendre à identifier les bons comme les mauvais champignons est la première et la plus importante des règles. Une trentaine de personnes venues des départements voisins comme la Haute-Saône, la Moselle et la Meurthe-et-Moselle ont fait le déplacement pour une sortie d'apprentissage. Après plus d’une heure de marche en forêt, chacun a déposé sur une table les champignons. Un expert installe alors en quelques minutes une table incroyable, très organisée, où les champignons sont méticuleusement ordonnés par catégorie. Cette mise en scène est suivie d'une conférence pour éclairer les participants sur les familles de champignons, des toxiques qui à 30 g de dose tuent, en passant par les indigestes, les justes comestibles pour aller vers les plus goûteux.
Les bonnes pratiques de cueillette
Pour réussir vos cueillettes et préserver l'environnement, suivez ces bonnes pratiques : coupez les cèpes proprement, ne ramassez pas plus de 5 kg de champignons par personne et par jour, et remettez en place la mousse et les feuilles. Ces gestes simples contribuent à la régénération des champignons et au maintien de la biodiversité. Respectez également la réglementation locale, notamment les limitations de poids par jour.

Les forêts de la Bourgogne-Franche-Comté : un aperçu pour la Haute-Saône
Bien que la Haute-Saône ait ses spécificités, la Bourgogne-Franche-Comté dans son ensemble est un véritable paradis pour les amateurs de champignons. Cette vaste région, incluant des départements comme la Côte-d’Or, la Nièvre et le Jura, est couverte de forêts variées et abrite plus de 5000 espèces mycologiques. Les exemples de massifs forestiers voisins peuvent donner des indications sur les types d'environnements propices à la cueillette, bien que les conditions spécifiques de la Haute-Saône restent primordiales.
Massifs forestiers emblématiques et leurs spécificités
Forêt domaniale de Châtillon-sur-Seine (Côte-d’Or) : Au nord du département, cette forêt de plus de 13 000 ha est un massif de chênaies et de futaies de hêtres sur sol calcaire. Les cèpes de Bordeaux (Boletus edulis) et cèpes bronzés (B. aereus) y abondent à l’automne, surtout après une période de pluies. Les forêts de chênes et de hêtres, comme celle de Châtillon, sont particulièrement recommandées. Les cueilleurs y parcourent sentiers et clairières ombragées, en respectant la réglementation (par exemple, limités à 5 kg de champignons par jour).
Val Suzon (Côte-d’Or) : Proche de Dijon, le Val Suzon est classé « Forêt d’Exception » pour sa richesse écologique. Dominée par le hêtre et le chêne sur des pentes calcaires, c’est un milieu très favorable aux champignons. Les mycologues y ont recensé de nombreuses espèces rares et communes : en automne, les cèpes (de Bordeaux et d’été) y poussent sous la litière de feuilles. La forêt étant protégée (Réserve Naturelle Régionale du Val Suzon), la cueillette y est réglementée ; on doit y respecter strictement les consignes de préservation.
Réserve naturelle régionale de la Combe de Lavaux (Côte-d’Or) : Dans la vallée de la Saône, cette réserve naturelle est un massif forestier d’environ 500 ha. La grande diversité de ses biotopes (pelouses sèches sur calcaire, landes, ravins) en fait un « paradis pour les champignons ». On y trouve notamment des cèpes de Bordeaux et de pins au pied des hêtres et des charmes, qui poussent en fin de saison dans la mousse tapissant les grottes et les bases des arbres.
Montagne de la Chaux (Jura) : Au cœur du Haut-Jura, ce plateau culminant à près de 1100 m offre de vastes hêtraies et sapinières où les cèpes trouvent un habitat idéal. Les chênes, mélèzes et épicéas y côtoient les hêtres : c’est dans ce mixte lumineux, couvert de mousse, que les bolets (cèpes de Bordeaux et cèpe des pins) apparaissent dès septembre-octobre. Les cueilleurs locaux fréquentent notamment les secteurs de Chapelle-des-Bois et de Labergement-Sainte-Marie, ainsi que les vallons autour du lac Saint-Point.
Forêt domaniale du Grand Taureau (Doubs) : En plaine comtoise, à l’est de Besançon, cette forêt d’environ 500 ha abrite des chênes verts et des charmes. Les sols y sont limoneux, et après les pluies d’automne on peut y ramasser des cèpes de Bordeaux assez clairs. C’est une forêt moins connue des touristes mais prisée des mycophiles franc-comtois.
Massif jurassien (Jura) : Les forêts du massif jurassien couvrent un vaste espace du département du Jura. De la plaine aux montagnes, le Jura offre un immense terrain de jeu mycologique. Le parc naturel régional du Haut-Jura (Pontarlier, Morez) est riche en futaies « jardinées » où s’équilibrent feuillus et résineux. Sur ces terrains frais et ombragés, on trouve toutes sortes de cèpes (B. edulis, B. reticulatus, B. pinophilus), dès que la météo devient favorable. Sur le Plateau de Nozeroy et la montagne du Risoux, la forêt de la Joux regroupe chênes, hêtres et épicéas. Ces futaies boisées, situées vers 800-1000 m d’altitude, attirent les cèpes tardifs (parfois jusqu’en novembre). La moraine argileuse recouverte de mousse humide abrite souvent de beaux exemplaires de bolets blancs. Les planches limoneuses d’altitude font le bonheur des cueilleurs informés : mieux vaut y aller en semaine (moins de promeneurs) et laisser les plus petits champignons se développer.
Massif du Morvan (Nièvre) : La Nièvre englobe une bonne partie du Massif du Morvan, un massif granitique très boisé. La forêt nivernaise est « riche en grands animaux sauvages comme en champignons », signe d’un écosystème préservé. Les forêts du Morvan cachent notamment girolles, trompettes de la mort et cèpes en abondance. On y trouve les célèbres cèpes de Mont Beuvray ou du Saut de Gouloux, souvent dissimulés sous les landes à bruyère ou les mousses épaisses. Après les pluies de fin septembre, les hêtraies et chênaies (par exemple autour des lacs des Settons ou de Chamboux) produisent de gros bolets.
Forêt domaniale des Montsauche-les-Settons (Nièvre) : Au sud de la Nièvre, cette forêt près du lac des Settons abrite des mélanges de pins sylvestres et de feuillus. Les sols granitiques sont acides, un biotope idéal pour le cèpe de Bordeaux et le cèpe des pins. C’est un coin sauvage peu fréquenté en dehors de la période estivale, donc propice à la cueillette.
Forêt de la Chaume (Nièvre) : Elle est dominée par des chênes sessiles, des charmes et des frênes. Sur ces sols argilo-calcaires, les cèpes de Bordeaux et les cèpes bronzés poussent souvent à la lisière des clairières. L’humidité du Doubs voisin favorise une bonne pousse après les premières pluies de septembre. Quelques promeneurs rapportent aussi des cèpes d’été à la fin de l’été, sous les pins et bouleaux de parcelles à proximité.
Forêt de Plancher-les-Mines (Haute-Saône) : Proche de Ronchamp (sud du département), cette forêt de collines granitiques est un patchwork de hêtres, chênes et résineux. Ses versants abritent des cèpes brunâtres et des bolets des charmes. Après une saison sèche, le site est moins productif que le Nord, mais dès que l’humidité s’installe, les morceaux d’écorce tombée sous les arbres servent de coupes d’accueil pour les jeunes cèpes.
Monts du Morvan oriental (Saône-et-Loire) : La partie orientale des Monts du Morvan s’étend sur la Saône-et-Loire. Les crêtes granitiques et leurs pentes boisées (principaux massifs de Brandon, Narvau) offrent des milieux semblables à ceux de la Nièvre. Les chênaies-hêtraies présentent des coins sablonneux, favorables aux cèpes de Bordeaux et cèpes d’été. Les flancs ouest des montagnes (expositions plus humides) sont souvent plus productifs.
Forêt de la Vernée (Saône-et-Loire) : Plus au sud-ouest du département, cette forêt près de Mâcon - principalement constituée de chênes pédonculés sur sols argilo-gréseux - abrite parfois des cèpes bruns sous les chênes. Ce secteur étant moins célèbre pour les champignons, on y trouve des coins tranquilles pour cueillir (en respectant bien sûr les fermetures de chasse et limites privées).
Forêt d’Othe (Yonne et Aube) : À cheval sur l’Yonne et l’Aube, la forêt d’Othe est un massif calcaire où dominent le chêne sessile, le charme et le hêtre. Sur ces terres acides et sablonneuses, les cèpes - en particulier le cèpe de Bordeaux - sont fréquents dès septembre. Les dépressions humides (ex : vallons de la Vanne) et les clairières y abritent de beaux bolets. Les monts d’Othe peu élevés (300-400 m) produisent surtout en octobre, car les premières pluies d’automne déclenchent la pousse.
Forêt de Branches (Yonne) : À l’ouest d’Auxerre, la forêt de Branches est un bois de feuillus (hêtres, érables, tilleuls) géré par l’État. Sous les hêtres, les amateurs ont rapporté des cèpes de bonne qualité, notamment en octobre. Ce massif, bien que plus petit (quelques centaines d’hectares), demeure un bon « coin secret » pour qui veut éviter les grands massifs du Morvan ou de l’Othe.
Ballon d’Alsace (Territoire de Belfort) : Bien qu’on quitte la Bourgogne géographique, le Ballon d’Alsace dans le massif des Vosges mérite d’être mentionné. Culminant à 1247 m, couvert de hêtres et de conifères, ce massif produit - dans sa partie sud (Territoire de Belfort) - des cèpes de montagne (B. edulis, B. pinophilus) à la fin de l’été et en automne. On les trouve souvent près du refuge du ballon ou le long des torrents sous épicéas.
Forêt domaniale de l'Abergement-lès-Thésy (Doubs) : Au nord du département, cette petite forêt domaniale de feuillus (chêne et charmes) se prête également à la cueillette modérée. Les agriculteurs locaux laissent parfois les retraités y chercher quelques champignons en fin de journée.
Ces exemples illustrent la diversité des habitats propices aux champignons en Bourgogne-Franche-Comté. En Haute-Saône, la présence de zones similaires (hêtraies, chênaies, sols calcaires ou acides, zones montagneuses) indique un potentiel mycologique riche, à explorer en tenant compte des spécificités locales.

Ressources et outils pour optimiser votre cueillette
Face à la complexité de la géologie, des forêts et du relief en Haute-Saône, des outils peuvent grandement faciliter votre recherche des meilleurs coins à champignons. Des cartes dédiées, par exemple, sont conçues pour analyser l’ensemble de ces éléments et vous permettre d’accéder en quelques clics aux meilleurs coins à champignons. En explorant patiemment les forêts citées ci-dessus et en respectant les règles de cueillette, vous maximiserez vos chances d’une belle récolte automnale de cèpes.
Les champignons pour les nuls : Cueillette sans danger
Des plateformes comme "www.chasseursdechampignons.com" proposent des cartes faciles d’utilisation et très fiables. Pour y accéder, il suffit de se rendre sur leur site, de cliquer sur un des boutons verts sur la page pour voir les cartes, et de choisir ensuite le département de la Haute-Saône. Pensez aussi à consulter le guide complet des cèpes et les outils de cartographie interactive des coins à champignons en Bourgogne-Franche-Comté, qui sont en développement.
La Haute-Saône : Un département à découvrir pour les mycologues
La Haute-Saône, avec ses paysages variés, offre de nombreuses opportunités pour les passionnés de champignons. Que ce soit dans les zones montagneuses ou à plus basses altitudes, la diversité des sols et des essences forestières crée des conditions favorables à une multitude d'espèces. La curiosité d'enfants à repérer les petits, les blancs, les orangés qui tachent les doigts, ceux qui poussent sur un tronc, ceux qui ont des taches sur le chapeau, ceux qui ont un anneau est une motivation qui sera récompensée par une connaissance approfondie du territoire. Une bonne heure de marche en forêt peut révéler des trésors cachés pour ceux qui savent où chercher et comment observer.
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