
Une pelouse bien entretenue est souvent le cœur d'un jardin soigné, offrant un espace vert accueillant. Cependant, avec le temps, le gazon semé peut s'affaiblir et se dégarnir, laissant la place à des envahisseurs indésirables comme les mauvaises herbes et même des arbustes mal placés. Ces éléments, par leur persistance et leur capacité à capter les nutriments essentiels, l'eau, la lumière et le soleil, asphyxient petit à petit la pelouse, altérant son esthétique et sa santé. Que ce soit pour restaurer un gazon fatigué, créer un nouvel aménagement paysager ou simplement transformer une friche en un espace ordonné, la destruction des arbustes et l'élimination des mauvaises herbes sont des étapes fondamentales. Ce guide détaillé explore les méthodes efficaces pour préparer le terrain et semer les bases d'une pelouse luxuriante.
Comprendre l'ennemi : Identification des mauvaises herbes courantes
Avant de passer à l'action, il est crucial d'identifier les "mauvaises herbes" ou adventices qui envahissent la pelouse. Ces plantes disgracieuses ont des caractéristiques variées qui facilitent leur reconnaissance et déterminent parfois la méthode de désherbage la plus appropriée.
Adventices fréquemment rencontrées dans les pelouses
Dans une pelouse, on retrouve le plus souvent des adventices telles que le pissenlit, le liseron des champs, le millet, la mousse, le chiendent et les trèfles. Leur aspect bien différent du gazon facilite énormément leur identification. Le chiendent par exemple présente des rhizomes traçants pouvant transpercer et étouffer les racines des autres plantes.

Voici une description plus détaillée des principales mauvaises herbes que l'on rencontre dans les pelouses françaises :
- Digitaire filiforme : Annuelle d'été. Semblable à la digitaire sanguine, mais les tiges, gaines et feuilles minces sont généralement plus petites. Feuille étroite et couchée avec des poils seulement sur le limbe. Des nœuds naissent des branches, mais pas des racines. L'inflorescence est constituée de 2 à 6 grappes spiciformes espacées le long de l'axe central. Reproduction par graines uniquement.
- Digitaire sanguine : Annuelle d'été. Les premières feuilles sont couvertes de poils. Croissance dense qui s'étire pouvant aller jusqu'à 90 cm. Tiges couchées et fines qui s'allongent et émettent des racines au niveau des nœuds. Feuille large avec des nervures centrales proéminentes et des poils dressés perpendiculairement à la surface des deux côtés. Gaine verdâtre avec des poils de couleur rouge, fermes, sans auricule et avec une ligule blanche, membraneuse et dentelée. Inflorescence composée de 2 à 10 pointes en forme de doigt, en grappes qui rayonnent d'un point central à l'extrémité de la tige. Reproduction par graines et enracinement au niveau des nœuds.
- Panic pied-de-coq : Annuelle d'été. Graminée semi-couchée qui produit une rosette touffue, en forme de tapis surtout quand elle pousse dans une pelouse. Croissance érigée formant un buisson qui émet des branches avec des nœuds se courbant généralement vers le haut. Feuille large et sans poils avec des bords cirés et une veine centrale différenciée. Gaine essentiellement fermée sans ligules ni auricules et collier sans poil. L'inflorescence est une panicule verte qui émet des tiges rugueuses avec des épillets placés dans un coin de chaque tige de la grappe. Résistante à la sécheresse. Reproduction par graines seulement. On la trouve généralement dans les sols humides et riches.
- Eleusine pied-de-poule : Annuelle d'été. Rosette prostrée et aplatie avec des tiges qui rayonnent à partir d'un point central et peuvent pousser de façon érigée. Peut être confondue avec la digitaire, à la différence qu'elle pousse en nombre. Feuille mince et argentée à la base. Gaine plate et vert pâle. Inflorescence composée de deux à six pointes en grappes d'épillets aplaties à cheval le long de chaque épi. Les gousses se chevauchent avec de longs poils à l'extérieur ; les ligules sont courtes et dentelées irrégulièrement, sans auricules. Reproduction par graines uniquement. Germination avec des températures du sol supérieures à 18°C. On la rencontre dans les zones sèches, les sols compactés et les gazons tondus ras.
- Euphorbe maculée : Annuelle d'été. Croissance habituelle en forme de tapis dense et plat. Les feuilles matures sont opposées et oblongues avec une tache pourpre au centre. Tiges roses et avec des poils qui exsudent de la sève en cas de compression ou rupture. Petites fleurs blanchâtres roses visibles de juin à septembre. Reproduction par graines. Se développe dans les sols secs et sablonneux, ainsi que dans les sols déformés et compactés.
- Luzerne lupuline : Annuelle d'été avec croissance rampante. Ressemble à l'Oxalis et au trèfle. Feuille composée de 3 folioles en forme d'œuf avec des bords dentelés et d'une extrémité pointue. La feuille centrale est sur une tige plus longue. Les plantes ont une racine pivotante et des tiges qui s'étendent mais ne prennent pas racine à partir des nœuds. Les fleurs jaunes, petites et en grappes visibles de mai à septembre. Reproduction par graines. On la trouve dans les zones pauvres en nutriments, sèches et en friche.
- Renouée des oiseaux : Annuelle d'été. Mauvaise herbe persistante avec des tiges rampantes et ascendantes qui ont des veines longitudinales et partent des articulations. Feuilles vertes, bleues, alternes, oblongues et étroites à la base. Chaque nœud est recouvert d'un pétiole membraneux étroit, semblable à du papier entouré de la tige à la feuille basale. Petites fleurs discrètes en groupes de 1 à 5 grappes axillaires. Les fleurs sont blanches à vertes avec des bords roses. Ce sont les premières mauvaises herbes annuelles qui sortent au printemps. Reproduction par graines. Se développe dans les sols compactés, en particulier dans les zones piétinées.
- Céraiste commune : Vivace. Les tiges forment des nœuds constituant un tapis dense. Les feuilles sont oblongues, de couleur verte et recouvertes de poils. Petites fleurs blanches avec 5 pétales qui apparaissent de mai à octobre. Reproduction par graines. Sa présence est souvent liée à la tonte rase de la pelouse et à l'ombre.
- Lierre terrestre : Plante vivace et rampante de la famille de la menthe. Tiges longues, carrées, sans poils et avec des racines à partir des nœuds. Les feuilles sont petites, opposées, en forme de rein ou de cœur avec des bords de forme arrondie et dentelée. Petites fleurs en forme d'entonnoir et de couleur rose violet qui se trouvent en grappe sur les hampes. Reproduction principalement par les tiges qui s'étendent et prennent racine à partir des nœuds. Présente dans les pelouses, champs, bords de routes, jardins, forêts, vergers et friches.
- Oxalis : Vivace et turgescente. Similaire à la minette (Medicago lupulina) et autres trèfles. Feuilles composées de 3 folioles en forme de cœur qui peuvent être repliées à midi et le soir. Les bords des feuilles et des tiges ont des poils. Produit des petites fleurs jaune vif de mai à septembre. Reproduction par graines et rhizomes. Présente dans les pelouses et les endroits pauvres tels que les bords de routes et les lisières de forêts. Tolère un large éventail de sols et de conditions.
- Plantain lancéolé : Vivace. Feuilles étroites et à nervures parallèles disposées en rosette basale. Tiges longues sans branches ni feuilles. Inflorescences cylindriques et denses, en forme de cône situé à l'extrémité des feuilles de couleur brune. Les fleurs non distinguables dans leur forme individuelle s'accumulent dans l’inflorescence sous la forme de grappes. Floraison de mai à septembre. Reproduction principalement par les graines et les nouvelles tiges de la base. Présente dans les pelouses, champs, vergers, bords de routes, prairies et friches.
- Plantain majeur : Vivace. Rosette basale avec des feuilles d'aspect cirées et avec une forme ovale. Il y a des hampes florales qui sortent de la rosette (tiges de fleurs sans feuilles, longues et dressées). Formation de petites fleurs minces de juin à septembre. Reproduction par les graines qui germent de la fin du printemps jusqu'au milieu de l'été. Multiplication possible par division de la souche. Présente dans les zones avec un entretien faible à élevé, champs, pépinières et vergers. Préfère un sol humide riche en nutriments.
- Petite oseille : Plante vivace avec des feuilles formant une rosette basale. Les jeunes feuilles sont ovales et les vieilles en forme de flèche avec deux lobes. Racines et rhizomes très développés. Les fleurs mâles (couleur jaune) et femelles (rouge) sont produites par des plantes distinctes de mai à septembre. Reproduction par graines. Souvent dans les pelouses avec un pH bas, un mauvais drainage et faible fertilité.
- Pissenlit commun : Vivace. Grande rosette basale avec de longues feuilles dentelées qui poussent à partir de la base. Racine pivotante, longue, charnue et épaisse. Fleurs composées de couleur jaune vif au bout de tiges vides et sans feuilles. Floraison d'avril à juin puis en automne lorsque la durée du jour est inférieure à 12 heures. Les tiges de fleurs, les feuilles et les racines produisent un jus laiteux suite à une compression. Inflorescence arrondie, souple, avec des graines qui tombent facilement. Reproduction principalement par les graines volantes, et parfois par les racines. Présent dans les pelouses, pâturages, routes, vergers, jardins, friches et champs cultivés.
- Trèfle blanc ou rampant : Vivace. Feuilles à trois folioles. Couronne blanche présente sur la feuille. Présence de fleurs blanches. Les tiges rampantes à stolons formant un tapis. Reproduction par graines et stolons. Présent dans les zones pauvres en azote et dominant dans les zones sèches. Tolère les tontes rases.
- Véronique filiforme : Pérenne et couchée à croissance latérale. Feuilles opposées sur les tiges végétatives et feuilles alternes à l'inflorescence. Les tiges ont des nœuds où se forment des stolons en touchant le sol. Petites fleurs bleu clair ou violettes qui apparaissent au printemps. Reproduction végétative. Les morceaux de tige des déchets de tonte qui ont des nœuds produisent des racines et se reproduisent. Présente dans les pelouses, terrains de golf, parcs. Préfère les zones d'ombre, humides et fraîches.
- Chiendent : Vivace. Croissance érigée (jusqu'à 120 cm de hauteur) avec des feuilles étroites, très agressives avec un système racinaire puissant à base de rhizomes. Les tiges sont longues, vert clair, sans poils et formant un buisson, parfois courbé à la base. Le pétiole des feuilles est rainuré et rugueux dans la partie supérieure, avec une veine centrale apparente dans la partie inférieure. La gaine est légèrement couverte de poils. Les ligules sont courtes et finement dentelées, les auricules ont une forme d'une harpe et entourent la tige. Inflorescence unique, avec un épi étroit et de longs épillets (4 à 6 avec graine) disposés en 2 lignes le long de l'axe. Reproduction par graines et multiples rhizomes. Sa présence signifie que votre pelouse pourrait passer en gazon 100% C4, notamment avec les variétés améliorées ou hybrides de Cynodon Dactylon que l'on appelle aussi Bermuda Grass (anglo-saxons). On le trouve dans les pépinières, jardins, pâturages, friches et les champs.
- Souchet comestible : Ressemble à une graminée. Feuilles de base brillantes, étroites et jaunâtres en groupes de trois. Tiges triangulaires en forme de trois angles. Les fleurs émergent des grappes formées par des épillets aplatis de couleur jaune ou brunâtre aux angles de la tige. Reproduction principalement par les tubercules qui sont formés à la pointe des rhizomes. Produit également des graines viables. Présent dans les pelouses, les champs, les bords de routes, les jardins et les friches. De préférence dans les sols sablonneux et les zones humides.
- Lamier embrassant : Annuelle et vivace sous certaines conditions. Les feuilles supérieures entourent la tige à la base et en boucle. Les feuilles basales avec des pétioles longs sont arrondies ou en forme de cœur. Les fleurs ont une forme de trompette, de couleur rose à pourpre, groupées en grappes de 6 à 10 et sont attachées aux feuilles supérieures. Les racines se trouvent dans les nœuds basaux où la tige entre en contact avec le sol. Reproduction par graines. Présent dans les pelouses, les champs, les vergers, les pépinières, les jardins, les pâturages, les prairies, les bords de routes et les friches. Préfère les sols fertiles, riches et frais du début du printemps à l'automne.
- Pâturin annuel : Cycle annuel d'hiver ou vie pérenne à cycle court. Peut s'élever jusqu'à 30 cm, formant une touffe dense. Les feuilles sont vert clair, étroites et courtes avec des côtés cirés, ondulés ou ridés et une pointe courbée en forme de quille. Système racinaire superficiel et fibreux qui meurt lorsque la plante est stressée par la chaleur ou la sécheresse. La gaine n'a pas de poil, est légèrement compressée et en forme de quille.
Le bon moment pour agir : Périodes optimales de rénovation
Deux périodes sont propices à la rénovation d’une pelouse : le printemps et l’automne. En effet, ces deux saisons représentent le moment où la croissance du gazon est la plus vigoureuse. Il est donc essentiel d’en profiter pour passer à l’action. Toutefois, il faudrait éviter les périodes où la densité de la pluie est à son maximum.
Le sol est généralement un peu plus mou au printemps, ce qui facilite l'enlèvement de l'herbe dans votre jardin. Comme l'herbe pousse très vite pendant cette saison, le reste du jardin profitera de l'espace supplémentaire et des nutriments libérés. En été, le sol sera plus sec, donc si vous voulez le faire en été, assurez-vous de prendre les bonnes précautions. L'hiver n'est pas non plus la saison appropriée pour enlever le gazon, car l'herbe est en période de dormance en hiver.
Préparation initiale du terrain : Assainir une friche
Avant de s'attaquer à la destruction des arbustes et des racines, une préparation méthodique est nécessaire, surtout si le terrain est une friche envahie par la végétation.
Dégrossir le terrain et identifier les obstacles
Vous devez vous attaquer à une zone en friche ? Les orties et la végétation sauvage abondante doivent être repoussées sur le côté à l’aide d’un bâton, pour faire apparaître tous les risques de trébuchement, les grosses pierres ou les morceaux de grillage sur le sol. Repérez ces obstacles en enfonçant des baguettes visibles dans le sol. Vérifiez si des arbres et arbustes doivent être taillés ou éclaircis et repérez si des branches sont pourries ou mortes. Réfléchissez à ce qui doit vraiment être enlevé ; dans de nombreux cas, la taille ou l’élagage est suffisant pour créer l’espace et l’aspect désirés ainsi que pour permettre une meilleure pénétration de la lumière dans les arbustes et les massifs fleuris.
Comment semer son gazon pour une pelouse réussie ? - Truffaut
Planification de l'aménagement
Dans le cas de grands espaces envahis de végétation, nous vous recommandons d’élaborer un plan indiquant comment vous souhaitez aménager le jardin. Votre schéma d’agencement doit être à l’échelle et inclure tous les bâtiments, zones, chemins et arbustes.
Première phase de nettoyage
Vous devez commencer par nettoyer le jardin sauvage et éliminer les déchets. Tondez la pelouse à l’aide d’une tondeuse à gazon ou d'un robot tondeuse, et d'une débroussailleuse pour un résultat parfait. Il vous sera alors beaucoup plus facile de voir si d’autres travaux sont nécessaires. C’est à ce moment que vos baguettes de repérage démontrent leur utilité : tondez et taillez autour d’elles en faisant attention.
Élimination des arbustes : Des méthodes adaptées
La présence d'arbustes peut être gênante pour diverses raisons, qu'ils soient mal placés, vieillissants, mourants ou simplement disgracieux. L'objectif est de les faire disparaître, et pour cela, plusieurs options s'offrent à vous.
Couper l'arbuste et gérer la souche
La seule méthode pour faire disparaître un arbuste est de le couper pour n’en laisser qu’une souche. La réalisation est plus aisée que lorsqu’il s’agit d’un arbre mais selon son âge et le diamètre de son tronc (sauf pour les buissonnants ou les cépées) elle peut quand même se révéler plus ou moins ardue. D’ailleurs, au-delà de 8 à 10 cm de diamètre, il est préférable de faire appel à un professionnel, à moins d’être bien outillé.
Il y a ensuite plusieurs possibilités pour venir à bout de la souche et de son système racinaire :
- Dévitaliser la souche et les racines : Permet d'ôter l'ensemble plus facilement par la suite, ou de laisser le bois et les racines se décomposer tranquillement.
- Arracher la souche et tout le système racinaire (dessouchage) : Méthode la plus radicale pour une élimination immédiate.
Le dessouchage : Retirer la souche et les racines
La plupart du temps, le dessouchage d’un arbuste n’est pas très complexe, car il est moins lourd et a un système racinaire moins étendu qu’un arbre.
Étapes du dessouchage :
- Point d'accroche : Vous aurez pris le soin de ne pas couper l’arbuste à ras afin de disposer d’un point d’accroche. Gardez au moins 50 à 60 cm de tronc.
- Conditions du sol : Agissez si possible par temps sec mais après une bonne pluie. Un sol ressuyé mais légèrement humide sera plus meuble et donc plus facile à travailler.
- Creuser la tranchée : Vous allez ensuite creuser une tranchée autour de l’arbuste pour en dégager les racines. Cette tranchée doit être assez large et partir du tronc. Pour la profondeur, essayez autant que possible de creuser jusqu’à en-dessous des grosses racines.
- Couper les racines : Une fois que vous avez accès aux racines principales, vous pouvez attaquer ces racines à la hachette, au taille-haie, ou encore à la scie. Faites le tour de l’arbre afin de couper toutes les racines qui sont directement connectées à la souche.
- Arracher la souche : Vous pourrez alors arracher la souche. Aidez-vous d’une barre à mine si besoin mais le principe est de la faire bouger peu à peu en faisant le tour, jusqu’à pouvoir la retirer.

La dévitalisation : Faire mourir la souche et les racines
La dévitalisation a pour but de se débarrasser des racines plus facilement. Une fois dévitalisées, les racines sont mortes, la sève ne circule plus. Les racines sèchent puis commencent à se décomposer. Cette décomposition aura lieu de toute façon, à condition que l'arbuste n’ait plus la possibilité de se développer, mais elle va prendre beaucoup de temps.
Méthodes naturelles de dévitalisation :
- Privation de lumière : Pour éviter que les branches ne repoussent, vous pouvez recouvrir le tronc et les départs de branches. Sans lumière, pas de croissance.
- Bâche opaque : Recouvrez la souche avec un plastique noir opaque, la nature se chargera de ramollir suffisamment la souche pour qu’il soit possible de finir de la détruire avec une hache, ou juste un coup de pied si vous attendez suffisamment longtemps.
- Action du gel et du dégel : Percez des trous de 18 mm de diamètre tous les 10 cm, de 20 cm environ de profondeur. L’eau de pluie va ainsi s’infiltrer en profondeur dans le bois. Les gels et dégels vont participer à cette action de dévitalisation.
- Ail : Des gousses d’ail placées dans des trous que vous refermerez, à 20 cm de profondeur, vont accélérer la putréfaction de la souche grâce à une substance toxique émise par les gousses lorsqu’elles germent (le sulfure d'allyle). C’est au mois d’août qu’il faut agir, quand la sève commence à redescendre vers les racines. La sève va transporter cette substance vers les racines qu’elle empoisonnera. Une fois les gousses bien enfoncées, rebouchez chaque trou avec un peu de terre argileuse, pour éviter que l’eau de pluie ne fasse pourrir les gousses.
- Gros sel : En lieu et place de l’ail, vous pouvez mettre du gros sel dans les trous, à l’aide d’un entonnoir. Rebouchez de la même manière et remplissez les trous régulièrement. La dévitalisation complète prend environ 2 à 4 ans, mais tout dépend des dimensions de la souche.
- Compostage direct : Faites un tas de compost directement sur la souche, ou posez-y le silo. La décomposition des autres végétaux accélérera celle de la souche.
- Rognage progressif : Le rognage progressif de la souche, avec n’importe quel outil, permet de réduire la souche en copeaux qui se décomposeront bien plus vite.
- Le feu (avec précautions) : Le feu est un moyen très efficace pour détruire une souche. Cette méthode réclame une dérogation de la mairie ou du moins une autorisation d’écobuage, ainsi que des précautions d’usage : il ne doit pas y avoir autour d’arbres et autres végétaux risquant de prendre feu, gardez un jet d’eau à proximité, agissez un jour sans vent et de préférence en dehors des périodes sèches et chaudes. Réalisez avec une tronçonneuse des fentes dans le bois, placez-y du petit bois, couvrez le tout avec feuilles mortes, petites branches, aiguilles de pin et mettez le feu. Alimentez-le longtemps pour que la souche ait le temps de se consumer entièrement. Vous pouvez recouvrir votre tas avec des végétaux humides pour que le foyer couve lentement. Une partie des racines sera brûlée en même temps, le reste se décomposera sous le sol.
Produits spécifiques pour la dévitalisation
Vous trouverez des produits en rayon sous le nom de “dévitaliseurs de souche”. Leur base est souvent constituée de nitrate de sodium (salpêtre, sureau du Pérou). Outre le fait qu’il est judicieux d’éviter au maximum l’utilisation de produits chimiques là où ils seront libres de s’épandre ensuite dans la nature, ces dévitaliseurs s’utilisent uniquement sur des souches sèches, donc des souches d’arbustes abattus depuis longtemps.
- Salpêtre (nitrate de potassium) : Le salpêtre, nitrate de potassium, est souvent utilisé pour la destruction des souches car il a pour propriété d’accélérer une combustion. Le nitrate de potassium est mis dans de gros trous percés dans la souche et laissé tel quel durant quelques mois. Puis le feu sera mis à la souche. L’un comme l’autre, ces nitrates sont irritants pour les yeux et les voies respiratoires, donc à employer avec toutes les précautions requises pour se protéger.
- Azote : Une alternative aux salpêtres est l’azote. Cet élément a en effet la capacité de favoriser l’activité des bactéries qui décomposent le bois. Comme pour l’eau ou l’ail, percez des trous dans la souche et versez l’engrais azoté choisi. Vous maintiendrez humide la souche le temps qu’il faudra pour que le bois commence à se déliter. Pour cela, arrosez puis recouvrez avec une bâche.
Élimination des mauvaises herbes : Méthodes et outils
Une fois les arbustes traités, l'attention se porte sur les mauvaises herbes qui peuvent encore envahir le terrain.

Désherbage manuel et mécanique
Déraciner manuellement les mauvaises herbes est une démarche écologique bénéfique pour votre pelouse. Pendant cette opération, prenez le soin de secouer la terre autour des racines pour qu’elle serve d’engrais à votre pelouse. Il est également recommandé de s’armer d’un couteau à désherber ou un désherbeur à main (idéal pour éviter de se baisser) pour mieux enlever les racines. Aussi, le port de gants est indispensable pour mener à bien cette opération.
Le désherbage mécanique consiste à arracher les adventices ou à les couper. Évitez cependant de passer votre terrain au motoculteur en pensant détruire les mauvaises herbes. Vous risquez d’obtenir l’effet inverse : les racines sectionnées pourraient multiplier les pousses. Préférez un outil comme la grelinette qui soulève les racines sans pour autant les trancher.
Désherbants naturels
En plus d’être efficaces, les désherbants naturels sont respectueux de l’environnement.
- Cendres de bois : Les cendres doivent provenir de bois naturels et sont généralement utilisées pour retirer les mousses. Une fois éparpillées sur les zones couvertes, il faudrait les laisser agir durant un certain temps. Après que ce mélange ait agit sur les mauvaises herbes, il vous suffira de les retirer à la main.
- Eau de cuisson salée : L’eau de cuisson des aliments est versée à l’état bouillant et salé sur les mauvaises herbes. En fait, cette eau renferme de l’amidon qui est idéal pour désherber.
- Vinaigre blanc : Le vinaigre blanc est utilisé depuis longtemps pour détruire les mauvaises herbes. Dans un litre d’eau bouillante, ajoutez un quart de litre de vinaigre blanc. Brassez puis transférez dans une bouteille en verre. Versez le liquide au bas de la plante et vaporisez-en les feuilles et les tiges.
- Bicarbonate de soude : À un litre d’eau bouillante, ajoutez 75 grammes de bicarbonate de soude. Diluez bien puis transférez le mélange dans une bouteille avec bec verseur ou vaporisateur. Arrosez copieusement le bas de la plante et percez quelques trous autour de la tige centrale pour atteindre les racines. Si vous préférez vaporiser, appliquez le liquide sur les feuilles et les tiges.
- Purin d'ortie : Pour préparer cette pâte-maison, il faut faire macérer deux kilos de feuilles d’ortie - pendant trois à sept jours - dans dix litres d’eau fraîche. On brasse le tout une à deux fois par jour.
Désherbants chimiques (avec précautions)
Pour détruire les mauvaises herbes efficacement, utilisez un produit systémique à base de Glyphosate. Cette substance pénètre totalement la plante et est absorbée par les feuilles allant même jusqu’aux racines. Bien évidemment, il ne s’agit pas des désherbants naturels utilisés lors du désherbage des mauvaises herbes. Ces derniers servent uniquement à faciliter le déracinement des adventices lors de la première étape de rénovation de pelouse. Le désherbant dont il est question à ce niveau survient lors de la phase de préparation du terrain où il faudrait condamner la pousse des végétaux audacieux.
Il est important de noter que l'utilisation de produits chimiques doit être faite avec la plus grande prudence, en particulier dans un jardin où les animaux (domestiques) et les enfants se promènent.
Outils facilitant le désherbage
Vous pouvez également utiliser un pulvérisateur pour désherber facilement votre pelouse. En effet, il permet une bonne diffusion du désherbant sur les mauvaises herbes. Non seulement la répartition est précise, mais les risques d’éclaboussures sont aussi limités. Cette efficacité est due aux éléments qui le caractérisent, à savoir : un réservoir, un tuyau, une buse, un système de mise sous pression, une gâchette et une lance télescopique. Pour une pelouse de taille normale par exemple, il vous faut un pulvérisateur à pression d’air préalable de 5 à 10 L environ. Le désherbant est préparé dans un seau par ajout d’eau en respectant une quantité donnée. La préparation est maintenant versée dans le pulvérisateur et les fonctionnalités de ce dernier vous aideront à désherber en un laps de temps.
Après l'élimination : Préparer le sol pour la nouvelle pelouse
Une fois les arbustes et les mauvaises herbes éliminés, il est crucial de restaurer et de préparer correctement votre jardin pour la nouvelle pelouse.
Tonte courte et scarification
Une fois le désherbage effectué, vous devez ensuite passer à la tonte de la pelouse. Toujours dans le but de faire disparaître les mauvaises herbes, on se sert d’une tondeuse pour tondre court. Pour y parvenir, la hauteur de coupe de la tondeuse est réglée à 3 cm.
On parle de scarification pour désigner le processus de griffure du gazon servant à retirer n’importe quelle plante nuisible. Ceci étant, les restes d’herbes coupées qui sont désormais des déchets sont débarrassés. La scarification se fait à l’aide d’un appareil nommé scarificateur. Il peut être soit manuel, soit motorisé ou encore électrique et chacun d’eux convient à une certaine surface. Par exemple, le manuel, c’est pour une superficie inférieure à 100 m² et l’électrique va jusqu’à 500 m².
Comment semer son gazon pour une pelouse réussie ? - Truffaut
Par ailleurs, une scarification réussie nécessite la connaissance des règles qui lui sont liées. D’abord, le terrain doit être légèrement humide, c’est-à-dire qu’il ne serait ni détrempé ni trop sec. Aussi, la profondeur de scarification doit se situer entre 2 et 4 mm. Au-delà de ce chiffre, les racines du gazon ont de fortes chances d’être arrachées. Pour éviter que certaines zones ne soient délaissées, vous devez effectuer la scarification par passages croisés. Enfin, il faut impérativement ramasser les déchets en vous servant du bac de ramassage du scarificateur.
Préparation du sol
Les mauvaises herbes éliminées n’ont pas manqué de laisser de petits trous et de grandes espaces qu’il faudrait recouvrir. Pour une bonne préparation du sol, il est important d'ameublir la terre à l'aide d'un râteau. Ensuite, il est utile d'ajouter de l'engrais organique. Cela permet d'améliorer la structure du sol et d'augmenter sa valeur nutritive. Enlevez les restes de racines, de pierres ou d'autres matériaux dans le jardin, puis nivelez le sol.
Si vous avez dessouché un arbuste, vous allez obtenir un plus ou moins gros trou, irrégulier qui plus est. Il est donc judicieux de faire tomber tout ce qu’il reste de terre afin de combler réellement ce trou. En effet, si vous vous contentez de remplir avec de la terre, resteront des cavités qui formeront à plus ou moins long terme des déclivités voire des petits écroulements de terrain. Vous finirez comme dit précédemment par tasser et niveler le terrain.
Semis du nouveau gazon
À ce niveau, vous devez semer du gazon pour regarnir les surfaces dénudées. Sélectionnez pour commencer, un gazon de regarnissage composé de meilleures graminées puis ensemencez-le. Faites deux passages croisés au niveau des surfaces dénudées pour rendre homogène la répartition des graines. Épandez du terreau et égalez la couche avec de légers passages de râteau. Suite à cet ensemencement, faites un passage de rouleau pour tasser les semences, la terre et favoriser ainsi la germination. Les petites zones peuvent être tassées avec les pieds. Terminez votre travail par un arrosage complet des semis.
Fertilisation
Pour apporter les éléments minéraux essentiels à votre pelouse, vous devez la fertiliser avec un engrais spécial gazon et ceci 4 à 6 semaines après le semis. Choisissez un engrais à libération progressive et à action longue pour garantir un gazon vert et bien dense.
Conserver les arbustes existants : Taille et entretien
Si certains arbustes doivent être conservés, il est important de les entretenir correctement pour qu'ils s'intègrent harmonieusement dans le nouvel aménagement.
Entretien des arbustes à conserver
Pour les arbres et les arbustes que vous voulez conserver, retirez toutes les branches cassées en les coupant près du tronc ou de la tige principale. Les petites ou grosses branches pourries, vieilles ou malades doivent être retirées immédiatement. Elles sont reconnaissables à leurs écorces ridées, souvent plus foncées que d’autres branches et recouvertes de mousse ou d’algues.
Gestion des drageons
De nombreuses plantes produisent des drageons depuis leurs racines, c’est-à-dire des rejets qui apparaissent ailleurs et finissent par devenir des plantes matures et indépendantes, ce qui est idéal pour le développement des régions boisées, mais beaucoup moins pour un jardin. Les plantes sujettes au drageonnage comprennent les ronces, le lilas, le robinia, le peuplier et les cerisiers ornementaux. Il est généralement préférable d’arracher les drageons plutôt que de les couper.
Éclaircissement des couronnes d'arbres
Si vous avez des arbres qui créent trop d’ombre, ont un feuillage trop dense ou des branches qui se croisent, vous devez utiliser une perche d’élagage (sans fil) pour éclaircir les couronnes de l’arbre. Pour ce faire, élaguez toujours les branches entières jusqu’au tronc ou jusqu’à la branche d’origine au lieu de vous contenter de couper toutes les branches à une longueur uniforme.
Réglementations légales
Certaines considérations légales doivent être prises en compte lors de la taille des arbres et des haies. Par exemple, en France, la taille des haies est interdite entre le 1er avril et le 31 juillet, d'après un arrêté du 24 avril 2015 relatif aux règles de bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE).
Alternatives à la pelouse
Si l'objectif est un jardin sans entretien, remplacer le gazon par d'autres éléments paysagers est une option intéressante.
Créer un jardin fleuri
Vous pouvez par exemple choisir de créer un jardin de fleurs avec de nombreux mélanges de fleurs colorés.
Aménager un jardin de rocaille
Outre la création d'un jardin de fleurs, vous avez également la possibilité de créer un jardin de rocaille avec des rochers et des plantes et fleurs résistantes à la sécheresse, comme le mille-pattes et le petit poivron. Il existe également des mélanges spéciaux de fleurs de rocaille.
Cultiver un potager
Bien entendu, vous pouvez également opter pour un jardin potager. Vous pouvez y cultiver vos propres légumes, fruits et herbes.
Installer une terrasse ou un chemin
Une autre option consiste à construire une terrasse ou un chemin avec des pierres, des copeaux de bois, des coquilles de cacao ou de l'écorce.
Réussite et entretien à long terme
La remise en forme d'un jardin est un processus gratifiant, mais qui demande un engagement continu. N'oubliez pas que votre jardin a besoin d’un entretien régulier : tonte de la pelouse, désherbage et taille annuelle des arbustes et buissons. Pour une pelouse renouvelée, choisissez toujours le mélange de graines de gazon qui convient le mieux à votre jardin et à l'usage qui en sera fait, en tenant compte du type de sol et du climat.