Le jardinier passe la majeure partie de son temps à désherber. Comment le faire de manière efficace et durable ? Les "mauvaises herbes" sont des plantes bio indicatrices qui ont beaucoup à vous dire sur votre terre ! Tordons le cou tout de suite à ce qualificatif de « mauvaises », qui jette l’opprobre sur ces plantes spontanées. Certaines possèdent en effet bien des qualités et toutes favorisent la biodiversité. Leur tort, c'est plutôt de pousser au mauvais endroit, là où on espérerait une allée « impeccable », ou un potager bien ordonné. Donnons alors plutôt à ces plantes sauvages l'appellation d' « herbes indésirables ».

Les principes fondamentaux du désherbage manuel
Pour retirer facilement les racines des herbes adventices, travaillez sur une terre mouillée, après une bonne pluie par exemple. Binez régulièrement le sol pour le garder meuble et évitez de le piétiner : les racines seront plus faciles à extraire ! Enfin, prenez garde à garder intacte la racine des mauvaises herbes, le moindre bout de racines encore en terre redonnera autant de nouvelles pousses.
L'époque où l'on éradiquait proprement et simplement tout ce qui gênait au jardin est révolue. Aujourd'hui, la sensibilité à l'environnement est autre, et le respect de la biodiversité commence dans son jardin. La bonne approche consiste à contenir les indésirables, en limitant leur développement par des méthodes respectueuses de l'environnement.
L'art de l'arrachage et du faux semis
Le désherbage manuel est parfois la seule solution pour extraire du sol le maximum de rhizomes. Armez-vous de patience. Il faut intervenir au bon moment. Pour le liseron, par exemple, intervenez juste après la floraison, en juin-juillet, période durant laquelle sa multiplication est moindre.
Employez la méthode du faux semis avant de semer une prairie fleurie ou d’autres graines de fleurs, d’aromatiques ou de potagères : une fois le travail de désherbage terminé, laissez la terre à nue pendant 10 à 15 jours. Les petites pousses qui apparaissent sont des mauvaises herbes, retirez-les à la main avant de semer vos graines.
Erreurs à éviter au jardin
N’employez pas d’outils qui hachent les mauvaises herbes comme le motoculteur, c’est le meilleur moyen de se retrouver envahi. En sectionnant les racines, ces appareils multiplient en réalité les plantes que vous souhaitez éliminer ! De même, ne laissez pas les plantes indésirables « monter en graines ». Fauchez, binez ou arrachez avant la floraison. À titre d'exemple, les graines de pissenlit peuvent se disséminer jusqu'à 10 km à la ronde.
techniques de desherbage alternatif
Méthodes alternatives de contrôle des adventices
Pour conserver des allées impeccables, votre allié se nomme feutre géotextile. Ce tissu se place sur la terre, avant de déposer les graviers. Il est imputrescible, très résistant, laisse passer l'air et l'eau, mais pas la terre.
La solarisation et le paillage
Le désherbage par solarisation consiste à épandre sur la parcelle de terre à désherber une bâche noire ou un film de paillage foncé qui accumule la chaleur sous l’effet des rayons du soleil. Sous la bâche, les plantes sont chauffées et finissent par se décomposer sur place.
Le paillage, quant à lui, gêne la germination et le développement des mauvaises herbes. Une fois que vous avez ôté toutes les mauvaises herbes et leurs racines d’une zone, paillez généreusement avec des tontes de gazon ou une toile de paillage. Les mauvaises herbes n’y repousseront pas, ainsi privées de lumière.
Solutions naturelles complémentaires
L’eau de cuisson des pommes de terre bouillante et salée est réputée pour son fort pouvoir désherbant : par la chaleur et par l’effet du sel. Jetez-la sur les herbes à éliminer en faisant attention à ne pas toucher les plantes ornementales. Elle est aussi efficace sur les mousses.
Protection spécifique des cultures de kiwi
Le kiwi (Actinidia deliciosa) est une liane vigoureuse originaire de Chine. Pour qu'il s'épanouisse, il est crucial de gérer la concurrence des adventices, particulièrement dans les champs nouvellement plantés. Les producteurs gèrent les mauvaises herbes dans leurs champs pour réduire la concurrence avec la culture pour les nutriments et l'eau.
Reconnaître les menaces végétales
Certaines espèces prospèrent dans les sols perturbés du verger :
- Panic Échiné et Digitaire : Ces espèces peuvent rapidement dominer si elles ne sont pas gérées.
- Stellaire et Capselle : Annuelles d'hiver qui germent à l'automne et complètent leur cycle au printemps.
- Pissenlit et Plantain : Dotées d'une racine pivotante profonde, elles sont difficiles à éradiquer une fois établies.

Stratégies intégrées pour le verger de kiwi
Les agriculteurs sont conseillés d'adopter une gestion intégrée des mauvaises herbes pour obtenir des résultats durables.
- Cultures de couverture : La plantation de cultures de couverture pendant la saison morte peut concurrencer les mauvaises herbes, améliorer la santé du sol et réduire l'érosion.
- Tonte régulière : La tonte régulière du sol du verger peut limiter la croissance des mauvaises herbes.
- Gestion des maladies associées : Une bonne hygiène est la mesure préventive de base. Toutes les plantes infectées, les parties de plantes et les résidus doivent être retirés du champ et détruits. Le chancre bactérien (PSA), causé par Pseudomonas syringae pv. actinidiae, est le pathogène bactérien le plus important. Il peut se propager par des outils contaminés lors du désherbage ou de la taille. La stérilisation des outils est donc une pratique indispensable.
Valorisation des déchets verts et gestion durable
Une fois les herbes indésirables extraites, que faire ? Vous pouvez utiliser ces plantes en paillis, mais il faut au préalable les laisser sécher racines à l'air quelques temps, afin de s'assurer qu'elles ne pourront pas s'enraciner à nouveau. Puisque les feux de jardin sont désormais interdits, éliminez les mauvaises herbes en déchetterie, comme les autres « déchets verts ».
Si votre compost « fonctionne » correctement, il chauffe, et la température atteinte doit assurer la destruction des graines. À bien contrôler, toutefois. Sans quoi, vous assurerez vous-même la propagation des herbes indésirables, ce qui n'est pas le but recherché. Certaines plantes peuvent être recyclées intelligemment : l'ortie est bonne pour faire des purins, ou simplement hachée au fond des trous de plantation. Le pissenlit comme le plantain peuvent être consommés en salades savoureuses.
En apprenant à connaître les besoins de votre sol et de vos cultures, comme le kiwi, vous cultivez plus que des fruits : vous créez un environnement vivant, généreux et durable.