L'Esprit du Bonsaï et la Défoliation : Maîtriser les Techniques du Pin et des Feuillus

Bonsaï de pin noir japonais stylisé

L'art du bonsaï est une discipline qui marie la patience, l'observation et la maîtrise de techniques complexes pour recréer la majesté de la nature en miniature. Parmi ces techniques, la défoliation et la gestion de la vigueur sont essentielles pour obtenir des spécimens raffinés et équilibrés. Cet article explore ces pratiques, avec un accent particulier sur le pin noir japonais (Pinus Thunbergii) et le Kaede (Érable Trident), tout en démystifiant certaines idées reçues.

La Dominance Apicale et son Influence sur la Croissance des Arbres

Dans la nature, un arbre rivalise avec d'autres plantes pour la lumière. Pour qu'un semis reçoive la lumière requise et ne soit pas envahi par la végétation, il doit grandir rapidement. Plus la pointe de l'arbre grandit, plus elle produit d'hormones végétales, ce qui empêche les bourgeons inférieurs de pousser et de croître. L'arbre ne veut pas « gaspiller » d'énergie sur les bourgeons qui recevraient trop peu de lumière dans l'herbe ou sous les buissons. Cette capacité à produire des hormones végétales pour inhiber les bourgeons d’en bas est appelée dominance apicale (apex = pointe, dominus (ou dominatrice) = quelqu'un qui est en charge). Cette hormone est absolument sensible dans la nature et essentielle à la survie.

Ce principe est fondamental en bonsaï. En retirant simplement les bourgeons supérieurs (bourgeons terminaux), on observe que moins de têtes supérieures équivalent à moins d'hormones végétales inhibitrices. Si ces hormones végétales manquent, les bourgeons commencent à germer plus bas dans l'arbre, et souvent, ils sont très nombreux. Le principe appliqué à la taille du bonsaï est très similaire à celui appliqué à la taille des haies : en coupant les bourgeons apicaux (dominants), leur énergie stimule les bourgeons axillaires, qui produisent des feuilles de dimensions plus réduites et avec des entre-nœuds plus courts. De cette façon, on obtient la subdivision des branches, ce qui augmente la densité de la plante.

La Défoliation : Une Technique de Raffinement et de Ramification

La défoliation est une technique qui consiste à supprimer partiellement ou totalement les feuilles d'un arbre, principalement appliquée aux feuillus (caducs et persistants). Bien qu'elle ne soit pas vraiment une taille au sens strict, elle est regroupée dans les pratiques de gestion de la forme et de la vigueur. Cette technique permet d’affiner la structure de l'arbre, de stimuler la ramification et de favoriser une deuxième, et parfois même une troisième, poussée de feuilles plus petites et plus compactes. Pour certains, la défoliation peut faire peur, mais pour des espèces comme le Kaede (Érable Trident), c'est une technique importante.

Supprimer les feuilles d’un arbre peut sembler un geste contre-nature. Et pourtant, dans l'art du bonsaï, la défoliation fait parfois surgir une ramification fine, un bourgeonnement discret, une lumière nouvelle. Défolier un bonsaï permet avant tout d’unifier la force sur toutes les branches de l’arbre, de répartir l’énergie pour que les branches un peu moins fortes, voire faibles, bénéficient des mêmes chances que les autres. La défoliation du bonsaï engendre la stimulation des bourgeons à l’arrière, les faibles comme les latents, et permet donc de travailler la ramification.

Diagramme illustrant la défoliation partielle

Défoliation Partielle vs. Défoliation Totale

La défoliation peut être partielle ou totale, et le choix dépend de l'espèce, de l'état de santé de l'arbre et des objectifs visés.

  • Défoliation partielle : Il s’agit de supprimer les deux tiers du feuillage du bonsaï, en coupant les feuilles pour en réduire la surface. Pourquoi deux tiers ? Parce que si l'on ne supprime pas suffisamment de feuillage et qu’il reste à l’arbre de quoi fonctionner pour le reste de la saison sans avoir à reproduire une nouvelle pousse pour satisfaire ses besoins en photosynthèse, l’opération ne donnera aucun résultat, du moins dans la production directe de nouvelles feuilles. Les bénéfices ne seront alors visibles qu’au printemps suivant. L’idée principale de la défoliation partielle est de répartir l’énergie. Avant de commencer, on regardera donc de quelle taille sont les feuilles qui intéressent le plus en termes de dimensions et on ramènera à cette mesure étalon toutes celles qui sont plus grandes, pour équilibrer l’énergie au même niveau partout. Sur les érables du Japon et leurs feuilles très découpées, la défoliation partielle n’est pas très esthétique. Vu que ce sont des feuilles opposées, avec deux feuilles par nœud, le plus simple et le plus « joli » reste de couper une feuille sur deux au niveau des pétioles.

  • Défoliation totale : Cette technique consiste à supprimer la totalité des feuilles du bonsaï en les taillant au niveau du pétiole. Elle coûte néanmoins beaucoup plus d’énergie à l’arbre qui, s’il n’est pas en pleine forme, peut perdre des branches entières, voire mourir si l’opération est répétée trop souvent. La défoliation totale est donc à pratiquer en toutes connaissances de cause et avec parcimonie et, contrairement à la précédente, elle ne peut être renouvelée tous les ans et devrait absolument être évitée l’année d’un rempotage. La défoliation conduit à couper toutes les feuilles d’un arbre pendant l’été. Cette technique devrait être exclusivement utilisée sur des arbres caducs qui sont en bonne santé pour supporter cette technique exigeante. Pour la majorité des espèces de bonsaïs, le mois de juin est le meilleur moment pour défolier, laissant assez de temps pour faire de nouvelles feuilles et préparer la saison hivernale. Après une défoliation, il est crucial de placer l’arbre à l’ombre et de le laisser récupérer jusqu’à ce qu’il ait fait de nouvelles feuilles.

Conditions et Précautions pour la Défoliation

Qu’ils soient caducs, persistants ou tropicaux, la défoliation peut s’appliquer à tous les feuillus. Cela dit, certains arbres comme les ormes, qui ont déjà de petites feuilles et bourgeonnent facilement, n’en tirent pas grand bénéfice. Et au-delà de l’espèce, il s’agit surtout de savoir pourquoi on applique cette technique. Elle concerne les bonsaïs que l’on veut faire ramifier, donc qui ont déjà une structure établie d’une part, et elle concerne les bonsaïs qui sont en état d’être travaillés, donc en pleine forme, avec une pousse forte et saine et la capacité énergétique pour répondre à ce qu’on leur demande.

La défoliation est une technique puissante, mais ce n’est ni un automatisme ni une recette miracle. Elle n’a de sens que si l’on sait ce que l’on cherche à obtenir, si l’arbre est prêt à y répondre, et si les gestes sont faits au bon moment, dans de bonnes conditions. Comme souvent en bonsaï, ce n’est pas tant la technique elle-même qui compte que la manière de l’intégrer dans un cycle vivant, à l’écoute de la réponse de l’arbre. Défolier, c’est enlever, mais c’est surtout espérer : une ramification plus fine, une lumière nouvelle à l’intérieur, un dialogue plus subtil avec la croissance. Encore faut-il ne pas presser le dialogue. Observer, attendre, comprendre : ces trois gestes-là restent les fondations de tout le reste.

Conseils importants après la défoliation :

  • Bourgeons : La défoliation ne crée pas de bourgeonnement arrière, elle réveille les bourgeons dormants existants. Cela peut sembler évident, mais encore faut-il qu’il y ait réellement des bourgeons à réveiller à ce moment-là. Après quelques jours (par exemple avec un bonsaï d'orme) ou des semaines (par exemple un marronnier d'Inde), le bonsaï bourgeonnera complètement à nouveau. De nombreux "bourgeons dormant" sont activés et la ramification augmente considérablement.
  • Taille : La défoliation devrait toujours être associée à une taille pour répartir la vigueur de manière égale dans toutes les branches, sans quoi elle ne portera pas vraiment ses fruits et ne favorisera pas les branches faibles.
  • Engrais : Le but de la défoliation étant d’affiner et de contrôler l’énergie, on prendra soin de ne pas apporter d’engrais au bonsaï pour supplémenter la nouvelle pousse, sans quoi l’opération n’aura servi à rien. Ne pas fertiliser avant que les nouvelles pousses partent.
  • Taille de structure : Dans la même idée, si l'on a travaillé avec ces techniques pour affiner la ramification, il est important d’éviter une taille de structure drastique avant le démarrage au printemps suivant car cela favorise un redémarrage fort, toute l’énergie allant vers les seuls bourgeons laissés.
  • Exposition : Des feuilles, pousses ou branches n’ayant jamais reçu de soleil direct vont se retrouver très exposées aux brûlures, n’ayant pas encore les défenses nécessaires pour s’en protéger.
  • Arrosage : La surface de feuillage étant très réduite, il conviendra de réduire tout autant l’arrosage le temps que l’arbre redemande plus d’eau. Réduisez l'arrosage après la défoliation.

La Défoliation du Kaede (Érable Trident)

La défoliation est une technique importante pour le Kaede (Érable Trident). Avec Kaede, les feuilles intérieures meurent souvent et les bourgeons internes échouent à cause de l'ombre. La défoliation du Kaede est un processus pratique qui nécessite un toucher doux. En passant les mains dans le feuillage avec un peu de pression, on peut facilement retirer la majorité des feuilles. Les pointes des branches ont tendance à offrir un peu plus de résistance. Dans de tels cas, il est conseillé de réduire le nombre de feuilles saisies à la fois ou de revenir à leur cueillette individuelle.

Une fois que la majorité des feuilles extérieures et des pousses allongées ont été cueillies, il est possible de prendre des ciseaux pour continuer à tailler les pointes allongées ainsi que les feuilles en position médiane. Le résultat idéal serait que seuls les bourgeons intérieurs qui ont laissé leurs feuilles retiennent leurs feuilles. À ce stade, après une inspection minutieuse, on pourra voir un grand nombre de bourgeons intérieurs dormants.

Un timing approprié est crucial lorsqu’il s’agit de défolier Kaede. Pour garantir des résultats optimaux, il est recommandé de visualiser la saison de croissance divisée en deux ou trois cycles ou périodes de croissance distincts, généralement un calendrier avril/juin/août ou un calendrier mai/juillet pourrait être conservé selon que la région peut en supporter deux ou trois poussées. S'engager dans la défoliation offre désormais des avantages à long terme pour le bonsaï Kaede. En fonction du niveau d'énergie de l'arbre, l'application continue et ciblée de ces techniques au fil des années est la clé du développement d'un volume élevé de branches étroitement ramifiées et sera, à long terme, très utile pour la construction des bourgeons intérieurs nécessaires lors de la taille à maturité trop longue. La défoliation du bonsaï Kaede est une pratique enrichissante qui améliore à la fois l’attrait esthétique et la santé de l’arbre.

Défoliation sur l'érable Champêtre en #bonsaï

La Gestion du Pin Noir en Bonsaï : Un Maître de la Vigueur

Les pins en bonsaï sont très prisés par les amateurs, et le pin noir en est certainement le plus emblématique. Ce pin tient son nom de la couleur de son écorce qui est très sombre et craquelée. Il pousse à l'état naturel en bord de mer dans la partie sud de l'archipel nippon. Il supporte donc très bien les embruns salés et, comme nous allons le voir par la suite, il a su s'adapter à ce climat et notamment les vents violents et les typhons. On dit que c'est un pin à deux aiguilles, car ces dernières poussent par paire. Le pin noir est très vigoureux, pousse rapidement et a tendance à faire de grandes aiguilles, mais qui heureusement se réduisent avec le temps.

Les pins sont des arbres rustiques qui doivent rester à l'extérieur tout au long de l'année. Ils supportent très bien le froid, et d'ailleurs des températures négatives sont nécessaires à leur bonne santé. En été, il est conseillé de les laisser en plein soleil, il n'est pas nécessaire de les mettre à l'ombre. Les pins noirs supportent bien d'avoir la motte qui sèche un peu entre deux arrosages. Les excès d'arrosages sont d'ailleurs plus préjudiciables qu'un manque d'arrosage. Surtout pendant l'hiver, lorsqu'il y a des pluies abondantes, le pot peut vite se retrouver complètement imbibé d'eau. Un surplus d'eau au printemps, lorsque les chandelles s'ouvrent, aura également pour conséquence des aiguilles plus longues.

Les Techniques de Taille et de Pincement du Pin Noir

La gestion de la vigueur du pin noir est un sujet sensible, car la littérature est vaste et parfois contradictoire. Cela vient en partie du fait qu'il n'y a pas une seule technique possible.

1. Taille de transformation : Il s'agit d'une taille forte visant la création d'un bonsaï, ou la reformulation esthétique d'un arbre en modifiant sa forme.

2. Élimination des apicaux (Metsumi en japonais) : Cette technique consiste à retirer uniquement le bourgeon apical de la plante, dès la phase initiale de croissance de la branche (après l'émission de 1 ou 2 paires).

3. Taille des écailles (Escamiformes) : Applicable aux plantes dont les feuilles ressemblent à des écailles (ex. : Juniperus, Cryptomerias, Chamaecyparis, etc.).

4. Taille des pins : Les pins sont taillés au moment où ils commencent à émettre les « chandelles » (zone de croissance des nouveaux bourgeons) mais avant que ceux-ci n'arrêtent leur croissance et commencent à allonger les aiguilles.

Notre Approche du Pincement des Pins Noirs

Pour les bonsaïs sur lesquels les branches sont un peu longues et peu densifiées, on commence par poser la ramification primaire. Pour chaque branche, il faut se demander si elle a la bonne longueur et la bonne grosseur par rapport à la mise en forme voulue. C'est-à-dire qu'en juin on taille les aiguilles de l'année précédente. On laisse ensuite pousser en fertilisant. Durant l'été, les morceaux d'aiguilles coupées vont tomber de façon naturelle et on verra apparaître des bourgeons sur le bois nu. L'année suivante, on a donc une branche qui s'est allongée et qui a développé des bourgeons et des petites pousses.

Lorsque l'on veut faire grossir une branche, on laisse tous les bourgeons se développer et toutes les nouvelles branches pousser. Une fois que la structure principale est en place, que les branches ont la bonne longueur et la bonne grosseur (et uniquement à ce moment-là), on peut envisager des techniques plus avancées telles que le pincement.

Internet regorge d'explications plus ou moins complexes sur le pincement du pin. Il faudrait d'abord pincer les chandelles les plus fortes, puis les plus faibles 2 semaines plus tard, etc. Nous ne remettons pas en cause ces techniques, qui donnent certainement de bons résultats. Mais au Japon, le pin noir vit à l'état naturel en bord de mer, notamment dans la partie sud. Et que se passe-t-il en juin dans cette région ? Il y a des typhons. Des vents violents arrachent littéralement les chandelles qui viennent de se développer. Un typhon arrache la plupart des chandelles en même temps, les fortes comme les faibles. Alors on fait la même chose. Quand elles sont développées, on les pince, les fortes et les moins fortes. Lorsque l'on veut faire un pincement, on ne désaiguille pas. Au printemps, le bourgeon s'ouvre, la chandelle monte. On commence alors à voir les aiguilles apparaître, elles forment des points verts sur la chandelle. On coupe complètement la chandelle, en laissant juste un petit bout d'environ 5mm juste au-dessus des aiguilles de l'année précédente.

Illustration des différentes tailles de chandelles de pin

Le Pinus Thunbergii est un pin très fort, très vigoureux, et cela se remarque rapidement. Pour former un magnifique pin noir en bonsaï, il faut contrôler et équilibrer la vigueur. Qu'est-ce qui donne de longues chandelles ? De gros bourgeons en bout des branches. Qu'est-ce qui donne de gros bourgeons ? Un afflux de sève important. Qu'est-ce qui donne un afflux de sève important ? Le nombre d'aiguilles. Quand on a compris cela, tout devient plus simple, et même évident. Nous pouvons utiliser le nombre d'aiguilles comme levier pour contrôler la vigueur de l'arbre. Plus on laisse d'aiguilles, plus le bourgeon va grossir et plus il va développer une grande chandelle. Au bout de quelques années, cette technique permet d'équilibrer les forces sur le pin noir. Il n'y a plus de différences importantes de longueur de chandelle et d'aiguilles.

Le Rempotage et la Fertilisation du Pin Noir

Il y a quelque chose d'important à comprendre, c'est que la force d'un pin est dans les racines. Plus vous coupez de racines, et plus vous allez l'affaiblir. Ensuite, le rempotage ne devrait se faire que lorsque le pain racinaire est bien compact et sain. Soulevez le pin de son pot et regardez la motte. Elle doit être pleine de mycorhizes, ce sont des champignons qui prennent la forme de filaments blancs et qui vivent en symbiose avec le pin, ils l'aident à puiser les nutriments dans le sol. Le rempotage doit absolument se faire avant le départ de la végétation. Une des périodes de rempotage est donc à la fin de l'hiver. Mais ne rempotez pas trop tôt, et cela est valable de façon générale pour tous les bonsaïs.

Il existe une autre période de rempotage que l'on pratique à la pépinière, mais que l'on déconseille aux débutants. C'est un rempotage en août. Cela peut sembler contradictoire avec ce que l'on peut lire. Pourtant, le mois d'août est une période transitoire pour les pins ; les aiguilles sont bien formées et ils préparent les bourgeons pour l'année suivante. C'est une phase de repos mais pendant laquelle les racines sont très actives et pendant laquelle les mycorhizes se développent. Mais rempoter à cette période implique de pouvoir fournir une bonne hygrométrie ambiante après le rempotage et tout le monde n'a pas une installation d'arrosage et de brumisation comme la nôtre. Sur un pin comme ceux que nous vendons à la pépinière, il n'est pas nécessaire de trop rentrer dans le racinaire. Contentez-vous de couper le pourtour, de peigner légèrement les racines mais sans forcer. Enfin, grattez le dessus jusqu'à trouver les premières racines. En effet, la couche superficielle que vous allez enlever est souvent devenue dure au bout de quelques années, le substrat est colmaté par les arrosages successifs et par l'engrais. Utilisez un substrat bien drainant, les pins n'aiment pas l'excédent d'eau.

Nous appliquons pour les pins noirs le même programme de fertilisation que pour les autres bonsaïs de la pépinière. Nous utilisons à la fois un engrais organique que nous complétons avec un engrais chimique faiblement azoté.

La Ligature et le Haubanage

Les jolis pins se forment par la ligature, mais prévoyez du temps pour poser le fil sur toutes les branches. Suivant la grosseur de l'arbre, on peut facilement y passer une demi-journée. Durant la période de formation, on peut également utiliser des haubans afin d'abaisser les branches et permettre à la lumière d'accéder à l'intérieur de l'arbre. Car pour avoir des bourgeons arrière, il faut que le soleil puisse atteindre ces endroits.

L'Importance de la Concentration et de l'Observation en Bonsaï

Comme pour le pincement, il faut absolument faire attention en bonsaï à ces gestes que l’on fait un peu en pilote automatique, et qui amènent à défolier tout l’arbre, couper toutes les branches, toutes les feuilles, de manière systématique, même là où il aurait fallu éviter, même sur les feuilles déjà à la bonne taille. C’est courant, beaucoup le font sans s’en rendre compte et le regrettent quand c’est trop tard. Le travail du bonsaï doit se faire dans un espace de concentration exigeant et en pleine conscience.

Pour quelqu'un qui taille parfois 50 bonsaïs par jour ou effectue une défoliation radicale dans une école de bonsaï, les arguments présentés sur internet font souvent sourire. L'observation du bonsaï, la compréhension très claire de ce que l'on cherche à obtenir avec chacune des techniques et l'expérience sont tout aussi importants, si ce n'est plus, que les connaissances techniques. La défoliation est une technique puissante, mais ce n’est ni un automatisme ni une recette miracle. Elle n’a de sens que si l’on sait ce que l’on cherche à obtenir, si l’arbre est prêt à y répondre, et si les gestes sont faits au bon moment, dans de bonnes conditions. Comme souvent en bonsaï, ce n’est pas tant la technique elle-même qui compte que la manière de l’intégrer dans un cycle vivant, à l’écoute de la réponse de l’arbre.

Tableau récapitulatif des périodes de taille et défoliation pour différentes espèces

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