L'importance des aménagements éco-paysagers et des bordures herbacées en agriculture

L'écologie étant au cœur des préoccupations actuelles, l'aménagement paysager a évolué vers des pratiques plus respectueuses de l'environnement, notamment à travers l'éco-paysagisme. Cette approche vise à concilier esthétique et biodiversité, une démarche essentielle pour un développement durable. Parallèlement, dans le secteur agricole, des zones souvent négligées, comme les bordures herbacées des parcelles, se révèlent être des atouts majeurs pour l'agroécologie et la protection des cultures.

Schéma comparatif bureau d'études éco-paysagiste vs paysager

Éco-paysagisme : une approche holistique de l'aménagement

La principale différence entre un bureau d’études éco-paysagiste et un bureau d’études paysager réside dans la manière de conceptualiser les aménagements paysagers. Tandis que le rôle d’un bureau d’études paysager est de réaliser la conceptualisation de travaux paysagers, qu'ils soient en milieu rural ou urbain, l’éco-paysagiste va plus loin. L’une des premières préoccupations du bureau éco-paysagiste est de créer un projet d’aménagement écoresponsable, plaçant le respect de la biodiversité au centre de ses priorités.

L’équipe d’un bureau d’études éco-paysagiste est ainsi composée d’architectes paysagistes et d’ingénieurs, mais également d’écologues. Cette pluridisciplinarité permet d'intégrer dès la conception des solutions favorisant la présence d’insectes (grâce à des plantes mellifères, des nichoirs à insectes, des ruches…), des oiseaux et une flore diversifiée. Pour ce faire, les écologues qui travaillent sur un projet d’aménagement cherchent à atteindre, dans la mesure du possible, une autogestion du site, minimisant ainsi les interventions humaines et les intrants.

Les bordures herbacées des parcelles agricoles : des infrastructures agroécologiques (IAE) clés

Souvent négligées, les bordures herbacées des parcelles agricoles sont des Infrastructures Agroécologiques (IAE) très importantes, dont les intérêts agronomiques et écologiques sont souvent méconnus. Elles peuvent, par exemple, contribuer à améliorer le contrôle biologique des ravageurs des cultures. Un article d'Anna Pollier, Armin Bischoff, Manuel Plantegenest et Yann Tricault vise à expliciter le rôle de la végétation des bords de champ pour alimenter l’ingénierie agroécologique.

Le contrôle biologique par conservation est une stratégie qui s'appuie sur la gestion des auxiliaires des cultures, en adoptant des pratiques qui leur sont favorables et/ou en les favorisant par le maintien ou le développement de leurs habitats « ressources ». Ces infrastructures agroécologiques (IAE), telles que les haies, les fossés, les jachères ou les bandes fleuries, apportent les ressources ou d’autres fonctions d’habitat (pollen, nectar, proies et hôtes alternatifs, refuges, hibernation…) nécessaires aux ennemis naturels. Elles sont favorables au maintien de ces derniers à proximité des cultures et parfois nécessaires à la réalisation de l’ensemble de leur cycle biologique. Une grande diversité végétale dans le paysage environnant une parcelle agricole se traduit généralement par une augmentation de l’abondance des auxiliaires, qui exercent un effet limitant sur les ravageurs. Ce mode de lutte biologique pourrait contribuer au développement de systèmes agricoles économes en produits phytosanitaires.

Biodiversité et durabilité de l'agriculture, Xavier Reboud - INRAE

Définition et rôle des bordures de parcelles

Les bordures sont définies ici comme des espaces occupés par une végétation herbacée, qui peut être spontanée ou semée (bandes fleuries, bandes enherbées), et qui s’étendent entre deux espaces cultivés (champs) ou entre un espace cultivé et un milieu d’un autre type : route, chemin, champ, haie, bosquets, fossé. Ces habitats semi-naturels font partie des IAE, mais leur importance pour la biodiversité est souvent négligée car méconnue. Leur gestion en faveur des ennemis naturels des ravageurs représente un élément clé du contrôle biologique par conservation.

La végétation herbacée présente dans les bordures de parcelle fournit aux arthropodes des abris et des sites d'hivernage (Pywell et al., 2005 ; Griffiths et al., 2008), des plantes hôtes (cas des herbivores) et d’autres ressources comme des proies alternatives pour les ennemis naturels (Bianchi et al., 2006; Griffiths et al., 2008). De nombreux ennemis naturels utilisent également le pollen et le nectar fournis par les plantes entomophiles (visitées par les insectes) comme ressources alimentaires complémentaires (Gurr et al., 2005 ; Fiedler et al., 2008). Le nectar floral est par exemple une ressource alimentaire importante pour de nombreux hyménoptères parasitoïdes, syrphes ou chrysopes, à qui il fournit le sucre nécessaire au métabolisme des adultes, tandis que les larves sont carnivores (Landis et al., 2000 ; Wäckers, 2004 ; Langoya & Van Rijn, 2008).

Exemple de bordure de parcelle agricole

Méthodologie et résultats des études sur le contrôle biologique

L’objectif d'une étude était de mettre en évidence l’importance des bordures de parcelle agricole herbacées pour la lutte biologique contre les principaux ravageurs des cultures d’hiver de blé et colza. Deux expérimentations ont été menées chez des agriculteurs volontaires, sur des cultures de blé et/ou de colza, avec accès aux parcelles et réponses à un questionnaire sur leurs pratiques. Huit agriculteurs ont également accepté de travailler le sol et de préparer le lit de semences pour l’implantation de bandes herbacées et fleuries semées sur une bordure de champ.

La première expérimentation avait pour objectif d’évaluer l’influence d’une bande herbacée de végétation spontanée jouxtant les parcelles cultivées sur le niveau de contrôle biologique des ravageurs présents dans la culture. Pour ce faire, des relevés floristiques et entomologiques ont été effectués sur 32 parcelles de blé et 32 parcelles de colza du Maine-et-Loire, aux printemps et étés 2014 et 2015.

La seconde expérimentation avait pour objet de comparer les influences respectives de trois types de bandes herbacées (fleurie multi-espèces, enherbée et spontanée) implantées en bordure de culture sur le contrôle biologique des ravageurs. Installées en 2014 le long de 8 parcelles en Anjou et Ille-et-Vilaine, elles ont été maintenues deux ans sur une succession colza (2014) - blé (2015) avec une fauche tardive. Les relevés botaniques et entomologiques ont été réalisés aux mêmes périodes que dans la première expérimentation.

Ravageurs et ennemis naturels dans le blé et le colza

Lors de cette étude, les insectes ont été dénombrés et les dégâts des ravageurs évalués dans les parcelles des deux cultures. Dans le blé, les pucerons (toutes espèces), les larves de criocères (Oulema spp.) et les dégâts imputables aux larves de criocères ont été quantifiés. Dans le colza, les ravageurs suivis étaient les pucerons (toutes espèces), les méligèthes (Meligethes aeneus) et les charançons. Les dégâts des charançons des tiges (Ceuthorhynchus napi) et des siliques (Ceutorhynchus assimilis) ont également été quantifiés.

Dans les deux cultures, les ennemis naturels suivis par comptage étaient les coccinelles (larves et adultes) et les syrphes (larves et adultes) prédateurs des pucerons. L’activité des parasitoïdes a été estimée par le taux de parasitisme des pucerons (par le dénombrement des momies) dans le blé et le colza et le taux de parasitisme des larves de méligèthes dans le colza.

Ravageurs et ennemis naturels en cultures de blé et de colza

L'importance de la végétation herbacée spontanée

Pour tenter de mettre en évidence des relations entre la composition végétale des bordures de parcelle agricole et les abondances d’arthropodes observés dans les cultures, la végétation spontanée a été caractérisée par trois variables (Pollier et al., 2018) établies sur la base des relevés botaniques : la diversité végétale (nombre d’espèces), le couvert en plantes entomophiles en fleurs et le couvert en plantes de la même famille que la culture en place (Brassicaceae pour le colza et Poaceae pour le blé). Ces dernières peuvent attirer les mêmes ravageurs que les cultures, augmentant le risque de dégâts. Les valeurs prises par ces variables ont été mises en relation avec les données d’abondance entomologique correspondantes, recueillies dans la bordure et dans le champ, à 5m et 50m de distance.

Pour le blé, le couvert en plantes entomophiles en fleurs dans la bordure au moment du relevé était corrélé positivement avec l’abondance des larves de syrphes (prédatrices de pucerons) à 5m dans le champ, des coccinelles (adultes et larves) à 50m ainsi qu’avec le parasitisme des pucerons à 5m. La diversité de la bordure et le couvert en Poaceae n’étaient pas corrélés significativement avec les variables entomologiques. Dans les parcelles de blé suivies, les ennemis naturels étaient donc plus abondants et actifs lorsque les bordures étaient riches en plantes entomophiles en fleurs.

Pour le colza, l’augmentation de la diversité végétale ou du couvert en Brassicaceae dans la bordure s’accompagnait d’une réduction des dégâts des charançons des tiges, observés à 5m dans le champ. Cependant, une plus grande diversité était également corrélée à un plus faible taux de parasitisme des larves de méligèthes à 5m et 50m et à une plus forte densité des pucerons comptabilisés à 50m dans la parcelle. Enfin, l’importance du couvert en plantes entomophiles était corrélée négativement avec l’abondance des pucerons à 5m et le parasitisme des larves de méligèthes à 5m mais positivement avec l’abondance des coccinelles à 50m dans le champ.

La végétation spontanée de bordure semble donc exercer un effet important sur les ravageurs et/ou leurs auxiliaires dans les premiers mètres de la parcelle. Cet effet se dilue en plein champ. Les plantes entomophiles en fleurs, qui fournissent des ressources alimentaires précieuses pour les ennemis naturels (pollen, nectar floral et extra-floral), favorisent généralement le contrôle biologique des ravageurs dans le blé et le colza. En revanche, un accroissement de la diversité végétale présente dans les bordures de parcelle n’améliore pas le contrôle biologique. Contrairement à l'hypothèse initiale, le couvert en plantes de la même famille n’a pas d’influence sur le contrôle biologique (blé), voire une influence légèrement positive (colza).

Corrélation entre plantes entomophiles et insectes auxiliaires

Gestion de la végétation herbacée pour un contrôle biologique accru

Lors de la seconde expérimentation (Pollier et al., 2019), trois bandes différentes (l=5m ; L=30m) ont été implantées sur une même bordure de huit parcelles. Les trois types de bandes herbacées ont été obtenus (1) en laissant se développer une végétation spontanée (modalité SV) herbacée (stock semencier indigène du sol), (2) par le semis d’un mélange de deux poacées (Ray-grass Lolium perenne et Fétuque Festuca arundinacea), commercialisé en France (modalité GS) et (3) par le semis d’un mélange de 32 espèces végétales appartenant à 14 familles (modalité WS). Ce mélange était constitué de plantes indigènes, annuelles et pérennes, incluant des espèces couvrantes et des espèces entomophiles choisies pour offrir une longue période de floraison. Des comptages et observations d’arthropodes (ravageurs et auxiliaires) ont été réalisés dans les bandes et à des distances de 5 m et de 30 m vers l’intérieur des parcelles de blé, la première année, et de colza, l’année suivante. La prédation des pucerons a également été estimée en exposant des individus-proies fixés à un support déposé dans la végétation (bandes et culture). Les deux années, la diversité végétale comme le couvert en plantes entomophiles en fleurs étaient statistiquement supérieurs dans les bandes multi-espèces par rapport aux deux autres bandes.

En parcelles de colza, l’abondance des pucerons était supérieure dans les bandes multi-espèces par rapport aux autres bandes mais en général relativement faible en face de ces bandes (à 5m et 30m dans la culture). Les espèces de pucerons rencontrées dans les bordures n’attaquaient généralement pas le colza et représentaient donc des proies alternatives pour les insectes auxiliaires, tels que les syrphes et les carabes. L’abondance de ces prédateurs était d’ailleurs supérieure dans les modalités multi-espèces, au sein des bandes comme dans la culture. Concomitamment, la prédation des pucerons dans les bandes multi-espèces (WS) mais aussi à 5m de ces bandes était significativement supérieure par rapport aux autres modalités.

En parcelles de blé, des différences ont été également observées. La présence de bandes multi-espèces optimisées pour la production de ressources florales pour les auxiliaires des cultures accroît la régulation des ravageurs. Les résultats obtenus dans ce travail montrent l’intérêt de ces espaces non productifs et permettent de formuler de nouvelles pistes de gestion de la végétation semi-naturelle dans les agrosystèmes.

Les services d'élagage et l'aménagement paysager professionnel

Au-delà de l'agriculture, l'expertise arboricole est cruciale pour la santé et l'esthétique des arbres, qu'ils soient urbains ou périurbains. Des entreprises comme "Passion de l'Arbre, Exigence du Métier" à Talence proposent des services professionnels d'élagage, d'abattage et de soins pour les arbres. Forts de 5 années d'expérience en arboriculture bordelaise, ces experts maîtrisent l'ensemble des techniques d'élagage et de soins arboricoles pour préserver durablement le patrimoine végétal.

Matériel professionnel d'élagage

Techniques et équipements

Équipés d'une nacelle dernière génération et d'outils de pointe, ces professionnels garantissent des interventions en hauteur parfaitement sécurisées, même sur les arbres les plus complexes. Leurs services sont variés : de l'élagage raisonné au dessouchage, en passant par l'aménagement paysager, ils proposent une palette complète de solutions pour sublimer les espaces extérieurs. Les Ets Pro Arboriste à Talence offrent des solutions professionnelles pour tous les besoins paysagers, dédiées à la santé des arbres, l'embellissement et l'entretien des jardins.

Quand et comment tailler ses arbres ?

Tailler ses arbres permet de leur assurer une bonne croissance et floraison, et de rendre leur apparence plus harmonieuse. Une taille permet également d’éviter la propagation de maladies en coupant, dès leur apparition, les branches malades. Les intempéries rendent fragiles les arbres et augmentent le risque de chutes de branches. Il est donc important de veiller à l’état de ces dernières avant qu’elles ne tombent, et les couper en cas de nécessité pour éviter des dégâts.

L’élagage est un terme utilisé pour désigner la coupe des arbres par leurs branches. Cette étape est importante pour leur croissance, mais aussi pour éviter l’encombrement des gouttières. L’étêtage permet de redescendre en hauteur les arbres. Il est généralement réalisé lorsque l’arbre est en pleine croissance afin de limiter sa hauteur.

Chaque arbre nécessite une taille spécifique. Certains végétaux sont en repos végétatif durant l’hiver, période idéale pour s’en occuper. Les vignes, jeunes arbustes et certains arbres fruitiers, comme les arbres à fruits à noyaux, doivent être taillés en début d’année. Cette taille doit avoir lieu avant l’apparition de leurs premières feuilles, qui est signe de la montée de leur sève.

La taille d’un arbre dépend de son espèce, sa taille, son état de santé et de son âge. Commencer par les branches mortes permet d’avoir une meilleure visibilité sur l’arbre, pour continuer une taille adaptée. Faire appel à un professionnel est idéal, cette tâche nécessitant des compétences, du matériel et une expertise spécifique.

Biodiversité et durabilité de l'agriculture, Xavier Reboud - INRAE

Que faire des déchets végétaux ?

Une fois les plantes taillées, il est important de désencombrer l'extérieur en évacuant les déchets végétaux. Il est possible de sécher le bois pour en faire du bois de cheminée ou du paillage naturel, de le vendre (pour compléter ses revenus et faire des heureux !), ou tout simplement de le jeter en déchèterie dans les bacs dédiés.

Que ce soit pour les plus petits besoins ou les plus grands projets, l'expertise d'un bureau d'études éco-paysagiste ou d'un arboriste professionnel garantit des aménagements durables et respectueux de l'environnement.

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