Guide complet du bouturage du rosier couvre-sol et autres variétés

Le rosier est sans doute l’un des végétaux les plus emblématiques des jardins, et la possibilité de le multiplier par bouturage offre aux jardiniers, qu'ils soient débutants ou expérimentés, une opportunité précieuse de préserver et de reproduire leurs variétés préférées. Cette méthode naturelle, simple et accessible permet non seulement de créer de nouvelles plantations à moindre coût, mais aussi de conserver une variété ancienne, difficile à trouver, ou même de transmettre une rose de famille. Contrairement au semis, qui donne un individu génétiquement différent, la bouture reproduit à l'identique la variété choisie, avec toutes ses qualités, y compris sa floraison, sa couleur, sa résistance aux maladies et son parfum. Cette approche économique et écologique ne requiert ni greffage, ni porte-greffe, ni engrais chimique complexe, rendant la culture des roses plus gratifiante et accessible à tous.

Illustration des différents types de rosiers

Les diverses variétés de rosiers : un choix pour chaque aménagement

Avant de se lancer dans le bouturage, il est essentiel de comprendre la diversité des rosiers et leurs utilisations spécifiques pour agrémenter au mieux votre ravissant jardin. Chaque type de rosier répond à des besoins d'aménagement distincts, offrant une palette de couleurs et de formes variées, allant du rose tendre au noir profond, en passant par le blanc immaculé.

Rosiers buissons : les classiques du jardin

Les rosiers buissons sont les plus communs et sont idéaux pour créer des massifs floraux ou des haies. Ils doivent être plantés en groupe, car chaque plant produit entre une et quatre fleurs. On peut les placer près de l’entrée du jardin ou former des haies menant au garage. Pour la production de roses à couper, il est préférable de privilégier les rosiers buissons à grandes fleurs, comme le rosier Honoré de Balzac ou le Maria Callas. Ces variétés sont particulièrement appréciées pour l'élégance de leurs fleurs solitaires ou en petits groupes.

Rosiers grimpants et lianes : embellir les structures verticales

Les rosiers grimpants, comme la Gloire de Dijon ou le Rimosa, peuvent dépasser 5 mètres de hauteur. Ils nécessitent d'être fixés sur un support, par exemple une armature de métal plastifié de couleur verte, pour pouvoir s'épanouir. Ils font merveille pour une pergola ou une tonnelle, ajoutant la fraîcheur de l’ombre à la beauté de leurs fleurs, et peuvent aisément agrémenter un mur de séparation ou une façade disgracieuse. Les rosiers lianes peuvent même atteindre jusqu'à 10 mètres, parfaits pour habiller de grands espaces.

Pergola avec rosiers grimpants et clématites

Rosiers couvre-sol : des tapis floraux pour les pentes

Si l’objectif est de couvrir un terrain en pente ou un talus, il est préférable d'opter pour un rosier couvre-sol, comme le rosier Opalia ou le Rosa Pink Panoramic. Leurs silhouettes tapissantes n'excèderont pas 70 à 80 cm de haut. Il faudra faire une retenue de terre avec des pierres ou des pieux en bois, ce qui permettra à l’eau de bien pénétrer le sol sans stagner, tout en imbibant facilement la terre. Selon la variété, il faudra creuser à 50 cm de profondeur et planter entre 1 et 3 pieds par mètre carré. Leurs fleurs abondantes couvriront tout l’espace, végétalisant bordures et murets avec un charme indéniable.

Rosiers tiges et pleureurs : élégance et hauteur

Pour dissimuler un muret ou des canalisations d’un mètre de hauteur, les rosiers tiges pleureurs sont une excellente option. À partir de 1 m ou 1,10 m, les roses vont fleurir et descendre vers le sol avec beaucoup d’élégance, offrant un port boule ou retombant selon la variété. Ces rosiers sont conduits en arbres et apportent une touche d'originalité au jardin.

Rosiers arbustifs et haies : pour des massifs généreux

Les rosiers arbustifs atteignent et dépassent généralement les 2 mètres de haut, offrant le plus souvent une floraison en vagues généreuses. Pour une haie libre ou taillée, des variétés comme le Mozart, le Yvonne Rabier ou le Clair Matin peuvent être choisies, apportant structure et couleur à l'espace.

Rosiers sans épines : la douceur avant tout

Pour ceux qui préfèrent des rosiers sans épines, il existe des variétés comme le rosier rose grimpant Madame de Sancy de Parabère, ou le Morletti, aux roses magenta, qui atteint environ deux mètres en hauteur et en largeur. Ces rosiers offrent la beauté des roses sans les inconvénients des épines.

Rosiers anciens : parfum, longévité et rusticité

Enfin, il est intéressant de redécouvrir des variétés de rosiers anciens, comme le rosier de Provins, le Cent-Feuilles ou le Cardinal de Richelieu. Ils sont d’une très grande longévité, sont très parfumés et résistent bien aux maladies. En contrepartie, leurs roses fanent vite une fois coupées. Ils ont donc vocation à agrémenter le jardin, et non l’intérieur de la maison. Ils demandent à être tuteurés, car leur hauteur atteint 1,5 m à 2 mètres.

Préparation du sol et plantation des rosiers

La réussite de vos rosiers, qu'ils soient issus de boutures ou achetés, dépend en grande partie d'une préparation adéquate du sol et d'une plantation soignée. Les rosiers préfèrent une terre un peu argileuse et siliceuse, celle qui colle aux semelles quand il pleut, riche, meuble et bien drainée.

Amendement du sol

Il est crucial de préparer d'avance la terre qui accueillera vos rosiers, que ce soit en pleine terre ou en pot. L'engrais doit être placé plus profondément que vos rosiers et recouvert d’une couche de terre, pour éviter de brûler les racines. Si vous utilisez un pot, mélangez du terreau pour rosiers avec un peu de compost ou d’engrais organique et du sable pour alléger le mélange et assurer un bon drainage. L'eau ne doit pas stagner, mais imbiber facilement la terre.

Préparation des rosiers avant plantation

Si vos rosiers sont achetés en pot, il faut égaliser leurs racines nues et supprimer les racines enchevêtrées. S’ils sont achetés en mottes, ôtez l’emballage en plastique. Un pralinage des racines est recommandé : trempez quelques minutes les racines dans un mélange de terre et d’argile, ou dans du pralin pour jardin, formant une sorte de boue un peu liquide. Avant la plantation, élaguez le bois mort, les tiges fragiles ou cassées pour assurer une meilleure reprise.

Arrosage et emplacement

Pour les rosiers en pot, l'arrosage est plus fréquent qu’en pleine terre, surtout en été. Arrosez dès que la terre sèche en surface, sans jamais laisser le pot baigner dans une soucoupe d’eau stagnante. Il est important de ne pas bassiner, c'est-à-dire de ne pas pulvériser des gouttelettes d’eau sur les feuilles, car cela pourrait favoriser l’apparition de maladies comme le marsonia ou l’oïdium (des champignons parasitaires).

Un rosier en pot appréciera un balcon bien exposé, ensoleillé au moins 5 à 6 heures par jour. Évitez les expositions trop ventées, notamment en hauteur. En pleine terre, les rosiers se plaisent dans un endroit lumineux mais à l'abri du soleil direct intense.

Le bouturage des rosiers : une technique accessible à tous

Le bouturage est une méthode fantastique pour propager vos variétés préférées de rosiers sans dépenser une fortune. Il est idéal pour préserver et reproduire une variété que l’on apprécie, et est accessible même aux débutants.

Choisir le bon moment et les bonnes tiges

La meilleure période pour faire des boutures de rosiers est la fin de l'été, vers le mois de septembre, lorsque les tiges sont semi-aoûtées, c'est-à-dire qu'elles commencent à faire du bois et à durcir. Le bouturage semi-ligneux intervient entre juillet et septembre. Il est également possible de bouturer au printemps, en mai-juin, en prélevant des tronçons de tige d'environ 20 cm de long. Le bouturage à bois sec, pour les tiges âgées et dures, se fait entre novembre et février sur des rameaux complètement aoûtés.

Choisissez des tiges saines, exemptes de maladies et de parasites, qui ont déjà donné des fleurs pour le bouturage d'été. Pour les rosiers grimpants, prélevez des pousses secondaires non fleuries, semi-ligneuses, idéalement issues de l’année. Les rosiers anciens et les rosiers buissons offrent les meilleures chances de réussite pour un jardinier amateur.

Préparation de la bouture

  1. Prélever le rameau : Équipez-vous de gants et d'un sécateur propre, désinfecté et bien aiguisé. Sectionnez des rameaux de l'année semi-ligneux, soit tout juste défleuris, soit n'ayant pas porté de fleurs. Coupez une tige tout juste défleurie, longue de 20 à 25 cm.
  2. Préparer les tronçons de tige : Supprimez la tête du rameau sectionné en coupant toute la partie tendre juste au-dessus d'une feuille. Coupez l'autre extrémité à quelques millimètres sous une feuille pour obtenir au final un tronçon de 10 à 15 cm (ou 15 à 20 cm).
  3. Nettoyer la bouture : Sur ce tronçon, ne conservez que la feuille du haut, de laquelle vous ne conserverez que 2 folioles (les petites feuilles qui composent la feuille générale). Supprimez toutes les épines. Retirez les feuilles du bas pour éviter qu’elles ne touchent le substrat et ne provoquent de pourriture. Laissez quelques feuilles en haut de la tige pour permettre la photosynthèse.

Schéma de la préparation d'une bouture de rosier

Techniques de bouturage

Il existe plusieurs méthodes pour faire prendre racine à vos boutures de rosiers.

Bouturage en pleine terre ou en pot avec cloche

Cette méthode est la plus courante et la plus polyvalente.

  1. Préparer le substrat : Utilisez un mélange léger de terreau et de sable (1/2 sable et 1/2 terreau léger) ou de perlite pour assurer un bon drainage. Un pot profond (au moins 30 cm de haut et 30 à 40 cm de diamètre pour une culture ultérieure) est idéal.
  2. Utiliser des hormones de bouturage (facultatif) : Trempez l’extrémité coupée dans une hormone de bouturage (en vente chez les pépiniéristes) sous forme de poudre ou de gel. Des alternatives naturelles existent comme l'infusion de saule (riche en acide salicylique, faite en trempant de jeunes rameaux de saule dans de l’eau pendant 24 à 48 h), l'eau de cuisson des lentilles (les légumineuses contiennent des hormones naturelles de croissance) ou le miel pur (possède des propriétés antibactériennes et peut légèrement favoriser l’enracinement).
  3. Planter la bouture : Enfoncez la tige préparée dans le substrat jusqu’au deuxième nœud, ou plantez la tige à environ 10 cm de profondeur, la moitié de la bouture. Tassez légèrement.
  4. Créer un microclimat : Couvrez le pot d’une cloche improvisée (bouteille plastique découpée maintenue par un Pikaserre), d’une mini-serre ou d'un sachet en plastique transparent sur chaque pot pour créer un effet de serre qui maintiendra une humidité élevée et accélérera l'enracinement.
  5. Emplacement : Placez la bouture à la mi-ombre, à l’abri du vent et du soleil direct, dans un espace aéré et maintenu à une température supérieure à 5°C.
  6. Arrosage : Arrosez généreusement pour bien humidifier le substrat. Maintenez le substrat humide mais jamais détrempé. Un arrosage fin à la base avec un système goutte à goutte permet d’éviter l’excès d’eau.

Schéma d'une bouture sous cloche

Bouturage dans l’eau

Cette méthode est la plus rapide et fonctionne surtout pour les tiges très jeunes, notamment au printemps.

  1. Préparer la bouture : Choisissez une tige saine, non fleurie, de 15 à 20 cm. Supprimez les feuilles du bas, ne conservez que les deux feuilles supérieures.
  2. Plonger dans l'eau : Plongez le tiers de leur longueur dans une eau additionnée d’hormone végétale (eau de saule ou eau de cuisson des lentilles par exemple), tiges maintenues droites. Assurez-vous qu'aucune feuille ne trempe dans l'eau.
  3. Emplacement et entretien : Placez le récipient dans un endroit lumineux mais à l'abri du soleil direct. Changez l'eau tous les deux à trois jours pour éviter la pourriture et maintenir un environnement propre.

Bouturage dans une pomme de terre

Bien que virale sur internet, cette méthode donne des résultats mitigés.

  1. Préparer la bouture : Suivez les étapes de préparation de la bouture comme pour le bouturage en pot.
  2. Insérer dans la pomme de terre : Faites un trou dans une pomme de terre crue, insérez la base de la bouture dedans.
  3. Planter l'ensemble : Plantez la patate avec la bouture dans un terreau "semis et bouturage".
  4. Entretien : Maintenez le substrat humide. La pomme de terre est censée fournir humidité et nutriments, mais en pratique, elle n’apporte pas grand-chose de plus qu’un bon terreau bien arrosé. Cette méthode est plus intéressante comme expérience ludique.

Marcottage

Le marcottage est une autre manière d’obtenir des boutures de rosiers, particulièrement efficace pour les variétés qui s'enracinent plus lentement.

  1. Période : Au printemps ou en automne.
  2. Procédure : Enterrez une tige souple située sur le côté du buisson, sur une longueur d’environ 30 cm, à 10 à 15 cm de profondeur. Cette tige enterrée produira ses propres racines en quelques mois.

Entretien des boutures

  1. Arrosage : Maintenez le substrat légèrement humide, sans le détremper. Un apport d’engrais naturel tous les 15 jours pendant la période de floraison renforce la vigueur du rosier une fois enraciné. Durant l'hiver, l'arrosage doit être limité au strict minimum pour les boutures sous châssis.
  2. Patience et observation : Les racines devraient commencer à se développer en 4 à 6 semaines. Une résistance à la traction indique que des racines commencent à se former. De nouvelles pousses peuvent également apparaître. Si les feuilles se développent et la tige reste ferme et garde une couleur saine, la bouture est réussie.

Repiquage et transplantation

  1. Repiquage : Au printemps suivant, repiquez les boutures dans des pots individuels remplis d’un substrat léger et bien aéré. Là encore, l'humidité doit rester constante.
  2. Transplantation finale : Leur installation dans leur emplacement définitif se fera au terme d'un enracinement correct et de la formation d'une motte conséquente. Après un bouturage réussi de vos rosiers, la transplantation finale pourra se réaliser dès le mois de février ou mars ou bien à l'automne suivant si vos boutures ont encore besoin de raciner.

Le temps d'enracinement varie fortement d'une variété à l'autre, sachant que les variétés à petites fleurs seront plus aisées à bouturer et plus enclines à raciner que les autres. Avant d'obtenir un rosier vigoureux et florifère, il faut compter au moins deux ans, mais l'expérience vaut le coup d'être tentée.

Pergola avec rosiers grimpants et clématites

Entretien des rosiers adultes

Un entretien régulier est essentiel pour la santé et la floraison abondante de vos rosiers.

Taille des rosiers

La taille est une étape cruciale pour stimuler la floraison et maintenir la forme de l'arbuste.

  • Rosiers buissons : Taillez entre fin février et fin mars, 10 à 15 cm au-dessus du sol, sur une longueur de 1 ou 2 yeux (bourgeons).
  • Rosiers non remontants : Taillez en juin, dès la fin de leur floraison.
  • Rosiers grimpants : Éliminez les rameaux crevassés et gardez les rameaux verts. Attachez-les à un treillage, sans trop serrer, jusqu’à la fin de l’hiver.
  • Gourmands : Si vous avez l’intention de faire des greffes, il faudra éliminer les gourmands une fois par mois.

Illustrations des différentes techniques de taille de rosier

Désherbage et protection

Entre chaque tige, arrachez manuellement le maximum de mauvaises herbes pour éviter la compétition pour les nutriments et l'eau. Protégez votre jeune rosier contre les pucerons avec un traitement naturel et surveillez aussi les limaces ou escargots au pied, qui peuvent causer des dommages importants.

Fertilisation

Un apport d’engrais naturel tous les 15 jours pendant la période de floraison renforce la vigueur du rosier. Rappelez-vous que l'engrais doit être placé plus profondément que vos rosiers et recouvert d’une couche de terre pour éviter de brûler les racines.

En suivant ces conseils, vous pourrez non seulement multiplier vos rosiers préférés, mais aussi les maintenir en pleine santé pour un jardin resplendissant de roses.

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