Le plaisir sexuel est un vaste territoire, une cartographie intime où chaque exploration révèle de nouveaux sommets. Si, au lit, on l’avoue, le plaisir clitoridien est géant, le plaisir vaginal est également une réalité incontournable. Pourtant, une question revient souvent : pourquoi la pénétration n’est-elle pas toujours aussi intense qu’une caresse clitoridienne ? La réponse réside dans une meilleure compréhension de notre anatomie et dans la capacité à orchestrer une symphonie sensorielle où chaque partie du corps devient un instrument de plaisir.

La découverte de soi : le clitoris comme point de départ
Pour beaucoup de femmes, le clitoris est la source principale de leur plaisir. Il faut dire que lors de notre première séance de masturbation, c'est lui que l'on découvre. Plutôt facile : il est là, on le voit, pas besoin de le chercher partout. Le vagin, on l'explore moins. On n'ose pas, on ne sait pas. En grandissant, et avec les rencontres, on ressent davantage de plaisir lors de la pénétration, mais effectivement, ce n'est jamais aussi fou que des caresses clitoridiennes.
La masturbation aide à mieux connaître son corps, ses zones de plaisir. C’est une première étape qui consiste à stimuler son clitoris à notre guise. Dès lors que le clitoris est titillé, qu'il s'enflamme et en demande encore, notre vagin réagit : il se dilate, se lubrifie, devient sensible. Autrement dit, il entre dans la course. Et que fait-on ? On continue de se toucher le clitoris, juste le clitoris, mais aussi les seins, l'entrecuisse, les lèvres, nos cheveux, mais on laisse notre vagin. On continue jusqu'à ce que notre envie de pénétration se révèle, jusqu'à ce que notre vagin nous supplie d'être comblé. C'est une première étape pour éveiller doucement notre vagin : on le fait languir en nous occupant du voisin.
Intégrer le vagin : au-delà de la simple pénétration
Désormais, on sait qu'il est là, bien là, on a conscience du plaisir qu'il peut nous procurer, nos jambes s'écartent, presque impatientes. Tandis qu'on titille notre clitoris en prenant du plaisir, voilà que notre vagin nous sonne. Et nous sonne bien. Alors on y va. Mais on ne lâche pas notre clitoris, qu'on soit seule ou à deux. En couple, on préférera les positions du missionnaire ou de l'Andromaque, pour une double stimulation.
Le but, c'est de ressentir le maximum du plaisir, notamment grâce à notre clitoris que l'on connaît par cœur, tout en "habituant" notre vagin à être présent. Ce qui revient à prendre son pied en intégrant notre vagin à cette extase. On ne se pose pas la question d'où vient le plaisir (clitoridien ou vaginal ?), on se dit juste qu'on apprécie l'instant et que tous nos organes sont là, réveillés, acteurs. Maintenant qu'on a appris à ressentir un plaisir global, vagin inclus, on se concentre uniquement sur lui. Bien sûr, on peut stimuler notre clitoris pour faire monter l'excitation, et tout le reste de notre corps. Mais on part en exploration, avec nos doigts ou un sextoy, dans notre vagin. Histoire de le découvrir lui, de découvrir ses terminaisons nerveuses, son point G et les vingt-cinq autres que l'on possède peut-être. Car le vagin, certes moins innervé que le clitoris, a de quoi nous faire grimper au ciel. On tente la pénétration mais on s'occupe aussi des parois vaginales. Ce n'est pas le mouvement de va-et-vient qui provoque le plus de plaisir, c'est le fait d'aller faire un petit tour à droite, un petit tour à gauche.
Anatomie et nuances : comprendre le vagin et la vulve
Avant de commencer, il est important de savoir avec quoi vous travaillez. Il n'y a pas que le vagin. Techniquement parlant, le terme « vagin » fait uniquement référence au canal musculaire (là où passent les bébés) qui relie l’utérus à la vulve. Alors que le mot « vulve » lui, décrit tout ce qui se trouve à l’extérieur du vagin. Cela comprend le pubis, les petites lèvres (labia minora) et les grandes lèvres (labia majora), le clitoris, l’ouverture vaginale et le périnée (la peau entre les ouvertures vaginale et anale).
Il y a tant de choses à explorer… et donner du plaisir à une femme avec ses mains est un art qui peut inclure autant d’emplacements que son plaisir l’autorise. Et si vous souhaitez adopter une approche plus originale, essayez en vous positionnant derrière. Dans les deux cas, vos deux zones d’intérêt sont le clitoris et l'ouverture vaginale, mais toute cette zone est sensible et mérite une attention toute particulière.

Les préliminaires : une mise en bouche indispensable
Les préliminaires sont la recette d’un ébat amoureux au comble du plaisir. C’est bien connu, ils sont aussi importants que tout ce qui suit lors d’une partie sous la couette. Censés exciter les partenaires, les préliminaires préparent également le corps à différentes pratiques sexuelles, l’amenant au comble de l’excitation. D’après les experts, les préliminaires devraient durer 30 minutes.
Pour réaliser des préliminaires dont votre partenaire se souviendra, il faut tout d’abord apprendre à reconnaître les zones érogènes, c'est-à-dire les zones riches en terminaisons nerveuses. Chez les femmes comme chez les hommes, les principales zones érogènes sont les parties génitales. Parmi elles : les mamelons, qui sont une zone érogène parfaite. Le frein, situé sous le pénis, est lui aussi une partie très sensible du corps de votre homme. De même pour la prostate et le périnée.
Une ambiance romantique, des huiles parfumées et surtout, des caresses qu’il n’oubliera pas… Les massages érotiques sont loin de dater d’hier. Véritable art, ils permettent de stimuler le corps et de faire monter l’excitation à son maximum. C’est en alternant caresses, frictions, pressions et effleurements sur les zones érogènes de son partenaire que l’on peut réaliser un massage érotique digne de ce nom. L’ambiance joue également beaucoup. N’hésitez donc pas à investir dans une bonne huile de massage parfumée (et si possible comestible), à tamiser la lumière de votre intérieur et à booster votre confiance en soi.
La dynamique de l'excitation : jeux et exploration
Mais les préliminaires ne s’arrêtent pas aux massages coquins. Pour exciter son partenaire, les jeux sexuels seront eux aussi parfaits avant de faire l’amour. Pour cela, pourquoi ne pas envoyer un sexto alors qu’il est au travail ? Autre moyen d’exciter son homme à distance : endosser un rôle bien loin de la réalité. Autre préliminaire très en vogue ces dernières années : les sextoys. Parce qu’il participe d’une vision phallocentrée et non-inclusive de la sexualité moderne, le terme de préliminaires suscite le courroux de ceux et celles qui - à juste titre - considèrent ces mises en bouches érotiques comme des coïts à part entière.
La routine a gagné vos ébats sexuels ? Et si vous changiez vos habitudes ? Pas besoin de longues heures pour donner un coup de fouet à sa vie intime. Tout le monde sait que de nombreuses femmes atteignent l’orgasme autrement que par la pénétration. Cela tombe bien car les mains (et la bouche) peuvent être utilisées de façons créatives pour donner du plaisir à une femme. Utilisez vos doigts pour donner du plaisir n’est pas seulement une façon idéale d’explorer le corps de votre partenaire et de découvrir ce qu’elle aime, cela peut être le clou du spectacle.
Techniques de stimulation manuelle
Toutes les femmes sont différentes, mais vu que la plupart se masturbe, votre partenaire doit probablement avoir une bonne idée de ce qui l’excite. Demandez à votre partenaire de se masturber devant vous pour que vous puissiez voir ce qu'elle aime. Mettez votre main sur la sienne et appréciez la vitesse à laquelle elle bouge, dans quelle mesure elle appuie et où ça. Si elle est trop timide pour vous montrer, vous pouvez mener votre propre enquête.
Foncer tête baissée sur le clitoris ou l’ouverture vaginale n’est jamais une bonne idée… même les préliminaires ont besoin de préliminaires. Que ce soit en l’embrassant, en caressant son corps, en allumant des bougies ou en lui massant d’abord les épaules, plus elle sera détendue, mieux l’expérience sera pour vous deux. Ajouter du lubrifiant est toujours une bonne idée. Cela permet à vos doigts de glisser plus facilement, et de rendre ce moment encore plus agréable. Il y a de nombreux types de lubrifiants, notamment à base d’eau ou de silicone - et pour intensifier le ressenti de son clitoris, un gel orgasmique peut faire toute la différence.
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Prenez soin de vos outils : lavez-vous les mains et coupez-vous les ongles. Insérer un doigt dans le vagin avec des ongles tranchants n’est pas franchement recommandé. En plus de rendre l’expérience plus agréable, des ongles courts et des mains propres permettront d'éviter les petites lésions vaginales qui, en plus de ne pas être très plaisantes, représentent un risque d’infection et augmentent la probabilité de contracter une IST.
Essayez de vous faciliter les choses en utilisant les deux mains. Vous pouvez caresser sa poitrine ou sa cuisse avec votre autre main - ou utilisez les doigts d’une main pour stimuler son clitoris et ceux de l'autre main pour la pénétrer. Commencez avec un seul doigt et ajoutez-en un deuxième au fur et à mesure qu’elle devient excitée ou qu’elle le demande. Et peu importe ce qu’on vous a dit, oubliez le « fisting », sauf si elle vous le demande directement - utiliser plus de deux ou trois doigts simultanément est une grave erreur pour la plupart des femmes.
Le clitoris : bien plus qu'un "petit bouton"
Le clitoris ne contient pas moins de 8 000 terminaisons nerveuses. De l’extérieur, il ressemble à un petit « bouton », mais en réalité, il remonte en arrière beaucoup plus que ce que l’on imagine - jusqu’à 13 centimètres. Pour le stimuler, empoignez le pubis de votre partenaire avec votre main et bercez-le doucement, d’avant en arrière.
Voici d’autres techniques :
- En écartant les lèvres avec une main et en posant le talon de votre main sur le clitoris, utilisez les doigts de votre autre main pour pénétrer votre partenaire.
- Faites glisser vos doigts en forme de V, de haut en bas, sur le clitoris.
- Avec les coussinets de vos doigts, tapotez le pubis et le clitoris, ou faites des cercles de plus en plus petits autour du clitoris.
Essayez différentes techniques, vitesses et niveaux de pression pour voir ce qui fonctionne le mieux, mais rappelez-vous de commencer doucement et de gagner progressivement en intensité - le clitoris peut être très sensible.
La question du point G : mythe ou réalité ?
Existe-t-il vraiment ou pas, là est la question. Ceux qui croient en l’existence du point G pensent généralement qu'il se situe à l’intérieur du vagin, à environ cinq centimètres. Certaines femmes sont convaincues qu’elles ont un point G alors que d’autres n’y croient pas. Dans tous les cas, il n’y a pas de mal à essayer. Une fois qu’elle est allongée sur le dos, insérez un ou deux doigts et imaginez que vous essayez d’atteindre l'arrière de son nombril - c’est la direction globale dans laquelle vous voulez aller mais de toute façon, vous ne souhaitez pas aller si loin.
Le truc est d’insérer votre doigt en adoptant un angle de bas en haut et de faire des mouvements circulaires pour masser tout doucement le haut du vagin. Si vous rencontrez une zone plus texturée et semblable à une bosse, alors vous êtes près du but. Mettre un (ou plusieurs) doigt(s) dans le vagin ne fait pas juste partie des préliminaires. Cela peut être un moyen idéal de lui montrer à quel point vous aimez lui donner du plaisir et une manière facile de la faire grimper aux rideaux si jamais la pénétration n’est pas au menu. Vos doigts peuvent aussi devenir très utiles si jamais vous « terminez en premier » pour ne pas la laisser en plan.
Une perspective historique : dépasser les préjugés
Le plaisir féminin a été assez malmené dans les derniers siècles. Qu’on pense à l’époque Victorienne qui réprimait le désir sexuel et la masturbation, puis à l’hypothèse de Freud comme quoi le plaisir procuré par la stimulation du clitoris était immature. Notre discours sur le plaisir sexuel féminin est encore teinté de cette histoire.
Quand vous croyez qu'il est plaisant de se contraindre à stimuler qu'un seul endroit du corps, vous pensez un peu comme Freud. Au contraire, en stimulant plusieurs endroits, vous procurerez plus de plaisir. Le plaisir reste du plaisir, peu importe l’endroit du corps stimulé. Quand on se force à stimuler le vagin parce qu'on a la croyance que cela devrait être plaisant pour la femme, on ne devient pas meilleur partenaire sexuel. On est un meilleur partenaire sexuel quand on est à l'écoute de ce qui amène le plus d'excitation sexuelle et de plaisir.
Pensez au clitoris. Des études à l’UQAM ont démontré que le clitoris est la partie du corps humain la plus sensible. Cela signifie qu’aucune partie du corps masculin n’est aussi sensible que le clitoris. De grâce, ne vous limitez pas qu’au vagin ou qu’au clitoris. Le corps est parsemé de capteurs qui n’attendent qu’à être découverts. D'ailleurs, il est dépassé de parler d'orgasme clitoridien ou d'orgasme vaginal considérant que les deux sont interreliés.
Statistique et réalité du plaisir
Plusieurs femmes ne ressentent pas de plaisir lors de la pénétration. C’est un fait qui est difficile à accepter, autant pour les femmes que les hommes. Certaines femmes ressentent même de la douleur lors de la pénétration vaginale. Avoir du plaisir en stimulant le vagin n’est pas automatique et ce n’est pas universel. Plusieurs femmes aimeraient ressentir du plaisir vaginal et il y a plusieurs manières d'y parvenir.
Il faut tout d’abord explorer les sensations vaginales. Lorsque la question est posée, plusieurs femmes vont dire qu’elles ne ressentent rien lors de la pénétration. Vraiment rien ? En fait, elles veulent plutôt dire qu’elles ne ressentent pas un plaisir qui peut les amener à l’orgasme. C’est très différent de ne rien ressentir. On estime qu'il y a entre 24% et 37% des femmes qui auraient de la difficulté à atteindre l'orgasme. La présence de croyances irrationnelles sur la sexualité y contribue, comme l'idée que l'orgasme ne devrait se produire que durant la pénétration ou que la femme n'a pas autant besoin d'activités sexuelles que l'homme.
Créer une communion sensorielle
Pour prendre du plaisir et atteindre l’orgasme, les femmes ont besoin de sentir la communion, la fusion entre elles et leur partenaire. Elles ont besoin de sentir que vous ne vous préoccupez pas uniquement de votre propre plaisir mais que vous êtes aussi à l’écoute de ses désirs à elle, et que comme elle, votre plaisir vient aussi de celui que vous donnez. Le secret ? Lui parler, chercher à savoir si elle va bien, si elle aime ce que vous lui faites, et lui demander de vous faire part de ses envies, bref, lui montrer que vous vivez un moment de partage.

Le bas des reins est sans doute la zone érogène la plus sensible. Au moindre frôlement, le bassin s’arque, le bas des reins se courbe, et le plaisir s’empare progressivement de chaque parcelle de son corps en feu. Traduction : lors des préliminaires, ne négligez surtout pas cette zone. Commencez doucement, puis insistez en vous emparant passionnément de sa taille.
Enfin, n’oubliez pas le pouvoir des mots. Murmurer des mots doux… dans le feu de l’action. Attention, il ne s’agit pas de lui raconter votre journée, ni de se perdre dans un flot incessant de propos vulgaires. L’idée est plutôt d’augmenter la température en parlant de vos envies, de ce que vous aimeriez qu’il vous fasse. Une femme embrassée se sent aimée, désirée, et par ricochet, son désir grimpe ! N’oubliez pas non plus de la regarder. Le contact visuel est fondamental dans la montée du désir. Tout est une question de lâcher-prise, de curiosité et d'écoute mutuelle. Chaque ébat est une opportunité de redécouvrir ces zones, de réinventer la carte du plaisir et de faire en sorte que chaque moment soit une exploration nouvelle, vibrante et partagée.