La plantation d'une haie est un projet structurant pour tout jardinier, qu'il s'agisse de délimiter une parcelle, de créer un écran visuel ou de favoriser la biodiversité. Le noisetier (Corylus avellana) est un choix privilégié pour sa robustesse, son aspect écologique et la récolte gourmande qu'il offre. Cependant, réussir une telle installation demande de comprendre les besoins physiologiques de l'arbuste et les techniques de taille adaptées.

Les fondements du noisetier au jardin
Le noisetier sauvage pousse spontanément dans nos forêts et dans toute l’Europe dont il est originaire. Arbuste multi-tronc apprécié pour son côté écologique et bien sûr ses noisettes comestibles, on peut planter le Noisetier partout en France. Il sert de gîte et de couvert pour la faune comme les oiseaux et les petits animaux en automne et hiver. Le Noisetier est aussi apprécié pour son côté mellifère en début d’année, ressource rare en cette période pour les insectes butineurs.
Il est important de noter que le noisetier produit entre 6 et 11 kg de noisettes par pied au meilleur de sa production. En fonction des variétés, les noisettes sont rondes ou plus allongées. Pour une production optimale, il faut veiller à ce que les noisetiers soient d’espèces différentes pour se fertiliser et produire, car les fleurs séparées mais sur le même pied sont pollinisées par le vent. Les fleurs femelles (rouges) sont petites et discrètes, tandis que l'on observe plus facilement les fleurs mâles en forme de chatons.
Conception et plantation d'une haie de 14 mètres
Pour garnir une séparation de 14 mètres, le choix de la densité est crucial. Le Noisetier est un arbuste qui peut atteindre 5 mètres de haut sur 3 mètres de large. On le plante tous les 80 cm à 1 mètre pour une haie fruitière. Sinon, on espace les pieds tous les 3 mètres.
Il aime les expositions ensoleillées à mi-ombragées avec un sol frais mais non trempé et drainé. Il tolère aussi les sols argileux et calcaires. Il est fortement conseillé de privilégier les haies mixtes où l'on mélange plein d'arbustes pour donner un côté très naturel. La combinaison noisetier/sureau vient du fait que par chez moi on les trouve en grande quantité à l'état sauvage d'où mon choix. Ils sont également appréciés par les oiseaux : refuge, nidification, nourriture. L'autre avantage c'est que les noisettes c'est excellent à manger et que le sureau je m'en sers pour faire des macérations. On peut aussi songer aux prunelliers, pas très cool pour les humains mais en revanche pouvant abriter toute une petite faune sympa.
Tutoriel : la plantation d'une haie champêtre. Prom'Haies Poitou-Charentes
Entretien : Taille, soin et récolte
Le Noisetier se taille quand la sève de l'arbre est descendue, entre décembre et février. On peut pratiquer une taille de maintien tous les 5 ou 6 ans ; cela évite que la haie ne parte trop haut. Pour le sureau le but c'est d'avoir une floraison (puis les baies) si tu tailles de trop tu n'auras que des tiges et des feuilles.
On apporte de l’engrais une fois par an au printemps. On pense à bien l’arroser les 2 premières années. Ensuite, le noisetier est autonome. On surveille pendant l’été qu’il a suffisamment accès à la ressource. Cela permettra de récolter des noisettes plus grosses. Les noisettes sont récoltées à partir de fin août et jusqu’en octobre. On peut aussi récolter et consommer les noisettes vertes (noisettes fraîches) dès le mois de juillet. Saviez-vous que, consommées principalement sèches, les noisettes peuvent être séchées dehors mais à l’abri des pluies sur un plateau, dans un endroit ventilé ?
Valorisation des déchets de taille : Plessage et tressage
Plutôt que d’évacuer en déchetterie les déchets de taille des végétaux du jardin, un certain nombre d’entre eux peuvent être réutilisés pour créer des bordures, des haies, des brises-vue aux formes et aux esthétiques diverses. C’est une façon originale de recycler les végétaux sur place et de stocker du carbone directement au jardin.
Le noisetier est parfait pour les clôtures plessis : les tiges de 2 ans se tordent et se courbent facilement sans jamais plier ou casser. Sur un noisetier qui n’a pas été recépé depuis 6-7 ans, les tiges plus fortes pourront être utilisées pour faire des piquets. Le recépage consiste à tailler court, au niveau du sol de façon à provoquer une émission de tiges très nombreuses. Cela permet de disposer en quantité de tiges de même taille, et surtout bien droites, ce qui facilite leur utilisation.

Les piquets sont placés tous les 35-40 centimètres ; des avant-trous sont pratiqués afin de faciliter leur mise en place. Les départs de rameaux sur les piquets doivent être retirés de façon à faire glisser les tiges et « tasser » suffisamment le plessage. Les tiges sont passées alternativement devant et derrière les piquets.
Le noisetier s’utilise aussi sous forme de tuteur. On récupère les (grosses) branches coupées des différentes tailles et on s’en sert comme tuteurs au jardin, manches d’outils et cannes. On l’utilise également en tressage et vannerie. Utilisé autrefois par les Celtes, le noisetier servait à la confection de baguettes « magiques » pour trouver des sources d’eau.
Gérer la production et l'aspect visuel
Il faut noter que si vous faites une haie entière de noisetiers, vous allez passer des jours à récolter des noisettes. Et si vous ne les ramassez pas, vous en aurez partout au sol. Cela va vite donner un aspect sale à votre jardin. Il est donc sage de réfléchir à la composition de sa haie en fonction du temps que l'on souhaite consacrer à la récolte.
Pour ceux qui cherchent des formes compactes ou naines, sachez que la sélection horticole propose des variétés différentes du Corylus avellana sauvage, bien que ce dernier reste le plus performant pour une haie champêtre naturelle. En préparant bien le terrain, en éliminant les ronces et en choisissant des compagnons adaptés comme le sureau ou le charme, vous créerez un écosystème durable qui, au-delà de la récolte, offrira un refuge précieux à la petite faune de votre jardin. La "bonne plante au bon endroit" demeure l'adage fondamental pour garantir la pérennité de votre haie, qu'elle soit destinée à la production fruitière ou à la simple protection visuelle de votre propriété.