L'art de concevoir une haie fruitière intégrée en permaculture

La création d’une haie dans un jardin en permaculture transcende la simple fonction de délimitation. Ces structures vivantes procurent de l’ombre, enrichissent le sol, produisent du paillage, accueillent des auxiliaires de culture, et parfois, nous cachent du voisin. Sur ce dernier point, c’est souvent la déception quand, arrivé l’automne, la haie se dépouille de ses feuilles et met notre jardin à la vue de tous. Pour certains ce n’est pas un problème, mais d’autres préfèrent garder leur intimité toute l’année ! D’un point de vue écologie et utilité pour le potager et l’écosystème qui l’entoure et le compose, le bilan est, nous pouvons le dire, un peu médiocre. Pourtant, avec un peu de réflexion, nous pouvons tout à fait faire de notre haie persistante une haie à la fois vectrice de biodiversité, mais également nourricière, tout en nous nourrissant en partie. Cette réflexion sur la biodiversité et l’utilité de chaque plante dans votre potager est au cœur d’un design en permaculture. Pour répondre à un besoin quelconque de l’habitant du lieu, ici se cacher du voisin, il est possible de réfléchir plus globalement, et de se questionner sur la façon de remplir ce besoin tout en favorisant les autres êtres vivants autour de nous et maximiser l’utilité de chacun des éléments.

Schéma de structure d'une haie fruitière multi-étagée en permaculture

La sélection des espèces persistantes pour une intimité durable

En effet, de nombreux végétaux fruitiers ont un feuillage persistant. Leur seul inconvénient est parfois leur croissance, très lente. Mais si nous souhaitons nous accommoder au rythme de la nature, nous accepterons ce désavantage en voyant notre objectif, année après année, être progressivement atteint. En attendant, vous pourriez investir dans des palissades ou des filets, afin de cacher provisoirement la vue, même si cette proximité avec le voisin peut aussi être l’occasion de créer des liens, et discuter ensemble…! Par ailleurs, ne vous bercez pas d’illusions : n’imaginez une récolte abondante de fruits délicieux sur une haie persistante. Quelques-uns sont intéressants, mais pour certains, un climat adéquat sera indispensable à la fructification.

Ainsi, si vous habitez dans un climat vraiment frais et peu propice aux cultures « exotiques », il est peut-être préférable d’installer une haie classique, persistante ou non, mais avec des essences variées, ou bien une haie champêtre, utile à la biodiversité. Dans ce cas, tant pis pour la vue dégagée en hiver : pourquoi pas l’occasion de nouer des liens avec vos voisins… ?! Les lianes peuvent très bien se développer dans les arbres fruitiers. Nous avons également des végétaux fruitiers intéressants qui se cultivent quasiment partout : l’arbousier, et les eleagnus. Ainsi que quelques agrumes rustiques qui seront intéressants même en climat frais. Il en existe de nombreux, qui produiront si votre climat le permet. En dehors de ces climats, vous aurez la possibilité d’admirer leur floraison, et peut-être dans quelques années certains fruits… En effet, le réchauffement climatique étant inévitable, il est probable que nos climats évoluent et avec eux, les comportements des végétaux que nous y avons implantés.

L'Arbousier et les Eleagnus : piliers de la haie persistante

L’arbousier est un arbuste parfait pour créer une haie fruitière. On transforme ses fruits, les arbouses, en gelées ou en confitures. Consommées crues, les baies ne sont pas très goûteuses, mais certains les apprécient ! L’arbousier croît lentement mais surement, et protège très bien de la vue. Vous pouvez le cultiver quasiment partout, mais ses fruits ont besoin d’un automne doux pour arriver à maturité. En région froide et humide, l’arbousier ne produira pas souvent car les fruits gèlent en hiver. Les fruits de l’arbousier mettent un an à se former et à mûrir. On les connait surtout pour leur utilisation en haie persistante, mais on ignore souvent que certaines variétés produisent des fruits ! Leur culture est très simple, car les eleagnus s’adaptent presque partout et poussent assez rapidement. Vous trouverez des indications sur les différentes variétés à cultiver.

Photographie d'un arbousier en fruits

Le Feijoa et les agrumes rustiques

Le feijoa, ou Goyavier du Brésil, mesure de 2,5 m à 6 m selon les climats et les sols et produit des fruits ovoïdes de 5 à 10 centimètres. Sa croissance est lente, mais il vous offrira une floraison magnifique et des fruits si vous êtes dans la moitié sud de la France (néanmoins, si vous vivez dans la moitié Nord, n’hésitez pas à tester ! Au pire, les fleurs sont également très bonne !). Si vous êtes dans un climat où il ne gèle presque pas, cet arbre est fait pour vous ! Il résiste tout de même à -10 degrés une fois bien installé, mais il perd alors ses fruits (à partir de -4 degrés). Vous pouvez le cultiver dans la zone dite « de l’oranger »… et un peu autour tout de même, mais dans une zone bien abritée. Il peut résister à de fortes gelées une fois bien installé, jusqu’à -15 degrés. Des vergers sont en cours de plantation en France, en Corrèze notamment.

Si votre climat le permet, ces mandariniers produiront de délicieuses mandarines, sans pépin. Les variétés recommandées sont ‘Owari’, et ‘Okitsu’, les plus rustiques soit disant, bien qu’il existe maintenant un cultivar presque introuvable tellement il est victime de son succès : le Mandarinier Owari ‘Francis soulès’. Il résisterait à -14°C, ce qui est exceptionnel pour une mandarine. L’arche du Livradois en cultive en Auvergne, à 1000 m d’altitude, c’est pour dire s’il peut s’adapter à nos climats ! Le satsuma résiste en général à -12°C. Vous avez cependant d’autres agrumes rustiques plus intéressant qui fructifieront et pousseront mieux dans les régions plus à l’est, ou au centre. Certains agrumes rustiques que l’on peut cultiver en France en obtenant des fruits. En parlant d’agrumes rustiques, c’est l’occasion de vous présenter notre numéro spécial dédié à ces plantes.

Stratification et dynamique d’une haie nourricière multi-étagée

Ce type de haie nourricière associe plusieurs couches végétales, des arbres fruitiers de grande taille jusqu’aux plantes couvre-sol comestibles, dans un espace structuré verticalement. Elle imite l’écosystème forestier comestible en favorisant les complémentarités entre les plantes et en occupant efficacement le volume disponible. Chaque strate joue un rôle précis, pour créer un ensemble vivant, productif et durable. Une haie fruitière abrite, régule et nourrit en générant des récoltes étalées sur 6 à 10 mois. Une haie fruitière en strates ne se contente pas, comme une haie classique, de délimiter ou protéger une parcelle. Elle embellit, abrite, régule et nourrit en générant des récoltes étalées sur 6 à 10 mois : fruits, baies, herbes ou encore fleurs comestibles. Son organisation limite l’intervention du jardinier. En effet, l’ombrage des étages supérieurs et la couverture du sol allègent les besoins en arrosage et en désherbage. Avec ses fleurs et baies, la haie attire les pollinisateurs et auxiliaires, de quoi soutenir la biodiversité et la résilience du jardin.

Haie fruitière en permaculture : l’exemple chez Stéphanie

Identification des strates végétales

Pour mieux comprendre l’organisation de ce type de haie et prévoir son implantation, il est utile d’identifier les différentes couches végétales utiles. On retrouve ainsi :

  • La canopée (2 à 5 m) : avec des arbres sur tige : pommier, poirier, mûrier, figuier, nashi, prunier ou sorbier, parfois noyer ou châtaignier.
  • La sous‑canopée (1,5 à 2 m) : comprenant les petits arbres ou arbustes structurants : figuier nain, grenadier, pêcher de vigne, cognassier, néflier, sureau noir, argousier.
  • Les arbustes (0,5 à 1,5 m) à cueillir : framboisiers, groseilliers à maquereau, cassissiers, myrtilliers, caseilliers, camerisiers, amélanchiers, prunellier.
  • Les plantes herbacées comestibles : rhubarbe, oseille, aromatiques comme menthe, mélisse, ciboulette, ail des ours.
  • Les couvre‑sols : fraisier remontant, violettes comestibles, oignon rocambole, origan, thym, canneberge, etc.
  • Les grimpantes : qui utilisent les plantes voisines plus hautes comme support : vigne, kiwi rustique, ronces sans épines, pois grimpants à récolte précoce, etc.

Chaque strate interagit en symbiose, exactement comme dans un jardin forêt complet, sauf qu’ici tout est regroupé à l’échelle d’une « simple » haie. L’idée est de penser sa haie en « plan de coupe », c’est-à-dire en graduant les hauteurs de plantation, des grands arbres au nord jusqu’aux couvre-sol au sud, afin de ne pas créer d’ombre excessive sur les plantes de petite taille.

Méthodologie d'implantation et entretien

La réussite d’une haie fruitière multi-étagée repose d’abord sur une bonne observation du terrain. Repérez les zones les mieux exposées au soleil, les couloirs de vent, la nature du sol, la présence d’humidité ou de pente, pour mieux choisir les espèces et leurs emplacements. Une exposition sud à sud-ouest garantit généralement une bonne maturité des fruits. Cherchez dès le départ les associations bénéfiques (par exemple : un fruitier entouré de plantes aromatiques répulsives, de couvre-sol nourriciers et de fixateurs d’azote). Sélectionnez ensuite de préférence des variétés locales, rustiques et peu exigeantes pour créer un mur végétal vivant et autonome.

Préparation du sol et plantation

Première étape : préparer le sol ! Cela peut être fait dès l’été, en travaillant l’espace avec du compost, un paillage ou des engrais verts. La plantation se fera ensuite à l’automne, quand le sol est encore chaud et les pluies plus fréquentes. Éventuellement au tout début du printemps, dans les régions les plus froides. Il est également possible d’installer sa haie sur plusieurs années, en commençant toujours par les strates les plus hautes et en respectant les exigences d’implantation de chaque espèce. Pour faciliter l’entretien, pensez à installer immédiatement des systèmes d’arrosage passif : oyas, rigoles ou baissières travailleront pour vous. À plus long terme, une taille périodique suffira à maintenir le bon équilibre entre les différentes strates.

Si les végétaux que vous allez installer sont à croissance lente, vous pouvez en placer un tous les 80 cm à 1 m. Ainsi, l’effet brise-vue sera plus rapidement atteint : les végétaux vont vite se rejoindre et monter en hauteur. Ils risquent de s’entremêler, mais ça n’est absolument pas grave. Pensez bien à la vigueur des végétaux que vous installez côte à côte. En plaçant un eleagnus, à croissance rapide, avec un feijoa, à croissance lente, le premier risque de gêner fortement le second. Le risque est que les végétaux à croissance rapide étouffent ceux à croissance lente. Il est tout à fait possible d’ajouter des végétaux au pied de votre haie existante si l’exposition le permet et si la haie déjà en place n’est pas encore trop imposante. Pensez simplement creuser un gros trou pour déranger les racines de la haie et permettre aux nouveaux végétaux de se faire une place.

Diversité des essences et usages oubliés

Un verger c’est pour la vie ! Ne plantez plus au hasard. Un certain nombre d’arbustes utilisés couramment dans les haies présentent des usages que l’on a bien souvent oubliés, voir méprisés. L’aubépine (Crataegus monogyna ou C. oxycantha) en est un exemple parfait. Sa floraison abondante blanche au printemps est un enchantement. Elle a une odeur miellée qui attire les abeilles. Ses fleurs ont des vertus médicinales reconnues. Celles-ci sont suivies, à l’automne, par une fructification rouge, appelée cenelle, qui est comestible. Du reste, les oiseaux ne s’y trompent pas. Le sureau noir (Sambucus nigra), est aussi un oublié. Ses élégantes ombelles de fleurs blanches arrivent à la fin du printemps. On en fait des boissons, des beignets, des tartes et autres gâteaux : elles ont un parfum délicat. Les fruits seront aussi comestibles, mais cuits, car crus, ils sont purgatifs. D’autres arbustes, comme l’amélanchier, à l’attrayante floraison printanière blanche est suivi, en juin, par de nombreuses baies, qui sont très douces.

Illustration des différentes baies comestibles de haie

Espèces pour petits et grands jardins

Dans la famille des ronces (Rubus), vous trouverez principalement les framboisiers, comme la variété ‘Septembre’, moins épineuses que les autres, qui produit des fruits rouges parfumés de juin à septembre. Cet arbuste classique aux petits fruits rouges acidulés comporte des variétés plus insolites, comme ‘King Edward VII’ à la splendide floraison rose. Le cassissier s’adapte à la mi-ombre, et produit de gros fruits noirs à transformer. Vous hésitez entre cassis et groseille ? Optez pour la caseille ! L’argousier (Hippophae rhamnoides), au beau feuillage argenté, est une extraordinaire source de bienfaits. L’argousier peut atteindre jusqu’à 5 m de haut. Il se présente comme un arbuste très ramifié au port dense. Peu sensible à la nature du sol, l’argousier tolère le froid comme la sécheresse.

Dans un sol calcaire et bien drainé, le figuier se plaît au cœur d’une haie comestible. Dans des conditions de culture optimale, le figuier offre d’abondantes récoltes de figues, à déguster à plusieurs stades de maturité. Si vous êtes à la recherche d’un arbuste fruitier pour haie, capable d’embellir l’espace extérieur, le kaki est une espèce intéressante. Également appelé plaqueminier du Japon, le kaki doit être installé en plein soleil et, idéalement, à l’abri des vents violents. Synonyme d’exotisme, le grenadier trouve sa place dans une haie comestible. Il se présente comme un bel arbuste fruitier dont la hauteur varie de 2 à 6 m. En automne, son feuillage prend des couleurs de saison.

Optimisation de l'espace et gestion de la concurrence

Plantés côte à côte, les fruitiers vont forcément entrer plus ou moins en concurrence pour l’eau et les nutriments contenus dans le sol ; une situation que l’on ne retrouve pas dans un verger. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que chaque arbre produise autant que s’il était planté seul au milieu de votre pelouse. La production de la haie fruitière doit s’envisager dans sa globalité et sa diversité. L'agencement de la haie fruitière doit être ordonné, alternant de façon régulière arbres et arbustes. La séquence suivante, à répéter, permet d’accueillir la plupart des fruitiers et d’obtenir une haie homogène et « naturelle » : deux arbres tiges encadrant trois ou quatre sujets arbustifs, voire plus suivant la taille des arbustes et celle des arbres tiges.

La passiflore, par exemple, convient très bien pour cacher la vue si elle occupe bien l’espace, produit des fruits et est médicinale ! Pour la cultiver, il suffit d’installer une treille et de la faire grimper dessus. La passiflore vous cachera des regards, car elle garde en partie ses feuilles en hiver (si votre climat est doux). Sa croissance est très rapide, elle peut même devenir envahissante. La variété ‘Passiflora Tucumanensis’ est très intéressante : elle est rustique jusqu’à -10/-15 degrés et produit des fruits plutôt savoureux dans le sud de la France. Les feuilles de la ‘Passiflora Incarnata’ sont utilisées en médecine naturelle. Pour les lianes, le problème va se poser au moment de la taille de la haie : n’ayez pas peur de les détruire partiellement : ces dernières sont très vigoureuses et repartiront de plus belle. Elles supportent tout à fait les grosses tailles, elles repartent même après une taille à ras du sol !

Vers une autonomie du système

L’emploi du BRF est recommandé pour que le sol de ces haies devienne quasiment autonome en eau et en amendements. Enfin, un constat intéressant : les associations racinaires et le mélange des espèces semblent jouer à plein dans ce principe de plantation. Optez pour une haie maîtrisée en contre-espalier ou pour une version libre : pour un verger qui prend peu de place. Dans le cas d'une haie maîtrisée en contre-espalier, une taille appliquée permet de maîtriser les arbres afin d’assurer une bonne production d’une année sur l’autre. Elle limite ainsi les effets d’alternance, surtout sur le pommier. C’est également la possibilité de récolter beaucoup en optimisant la surface disponible qui orientera ce choix.

Pour une version libre en clôture, vous choisirez des essences poussant en forme libre, c’est-à-dire en buisson dès la base. Cependant, vous pourrez panacher, sur la ligne de plantation, avec des formes demi-tige ou tige pour les grands espaces et haies brise-vent, ceci à condition que tous les sujets ne se gênent pas. L’idéal est de jouer sur la diversité des hauteurs et encombrements afin de constituer un linéaire attrayant, productif et efficace. Nombreuses sont les essences envisageables ce qui permet de récolter des fruits successivement une bonne partie de l’année. Tout d’abord, vous pouvez envisager les fruitiers classiques que vous cultiverez en touffe à partir de scion, fuseau ou quenouille : pommiers, poiriers, nashis.

L’emploi d’un porte-greffe nain permet aussi d’envisager les arbres souvent très vigoureux comme les pruniers. Envisagez des essences rustiques et souvent oubliées comme les néfliers, cormiers ou cognassier. Alternez les plantes hautes comme les noisetiers ou pêchers de vigne et les buissons bas de groseilliers ou cassissiers afin de varier le plaisir de récoltes goûteuses. Dans une haie déjà bien implantée, envisagez d’incorporer dans les trous occasionnels les ronces sans épines ou pourquoi pas, plus joli, un rosier liane. En couvre-sol, envisagez, côté ombre, une plantation de fraise des bois. Veillez au bon développement des plantes. N’hésitez pas à tailler les plus chétives pour encourager un bon enracinement et la ramification dès la première année. Taillez en hiver (sauf pour les fruits à noyau, en été) afin de contenir les plantes en largeur, éventuellement un peu en vert l’été. Apportez chaque automne une fertilisation organique et minérale. Rechargez régulièrement en fin d’hiver, sur sol se réchauffant, les paillis organiques et bien sûr veillez à supprimer les mauvaises herbes.

La haie fruitière est la meilleure option pour allier gourmandise, plaisir et productivité. Cette haie gourmande est en effet parfaite pour satisfaire les petits et les grands gourmands tout en faisant office de brise-vue. Pour limiter son entretien, l’idéal est de constituer une haie libre d’allure champêtre, avec des arbustes faciles à vivre. Planter en quinconce sur deux lignes soit en limite de propriété ou au milieu du jardin, par exemple pour délimiter différents espaces (jardin d’agrément et potager). Mais une plantation sur une ligne est totalement envisagée si vous disposez de moins de place. Un dernier conseil : certains arbustes à pollinisation dioïque (argousier, camérisier…) nécessitent la présence d’un pied femelle et d’un pied mâle pour fructifier. D’autres sont autofertiles. En matière de haie de petits fruits, les possibilités sont très nombreuses. On peut déjà choisir des espèces relativement communes dont la saveur des fruits est appréciée de tous. Si les cerisiers, pommiers, poiriers ou pruniers peuvent être intégrés à une haie gourmande, il est plus évident de planter des arbustes à fruits plus adaptés à une haie par leur aspect drageonnant. Ainsi, les framboisiers, les ronces à fruits, les cassissiers et les casseilles, les myrtilliers et les cranberries, les groseilliers à grappes ou à maquereaux sont des arbustes très productifs. Le camérisier ou chèvrefeuille arbustif qui offre ses fameuses baies de mai… L’arbousier qui donne des fruits orange en août et septembre. Les haies fruitières sont faciles à entretenir. Pour limiter leur développement, les arbustes se taillent en général en hiver. En automne, un apport d’amendement organique et minéral est recommandé. Tout comme la pose d’un bon paillage pour éviter la pousse des mauvaises herbes et conserver une certaine humidité.

L’intégration de fixateurs d’azote à intervalle régulier dans votre haie, en suivant le rythme du trio FPP : Fixateur d’azote - Pommier - Poirier, prunier ou autre fruitier, et ainsi de suite. Entre ces arbres/arbriseaux s’installeront les arbustes, et autour les herbacées. Des lianes comestibles pourront compléter l’optimisation de l’espace dans sa verticalité. Notez qu’il vous faudra, pour réussir vos haies, les associer avec intelligence et, pour cela, connaître les guildes végétales, c’est-à-dire les associations heureuses de plantes, pour créer un système résilient et durable. Enfin, un critère essentiel à retenir, si vous disposez d’un bel espace : aménagez vos haies fruitières par mois de récolte. Comme un jardin-forêt, qui peut, par ailleurs, être composé uniquement de haies fruitières, une haie gourmande comportera donc idéalement plusieurs strates : des plantes de la rhizosphère, des couvre-sols, des herbacées, des arbustes, des arbrisseaux et des lianes. Certaines espèces sont connues, d’autres sont plus insolites, et pourtant tout aussi adaptées à nos régions, ici en France métropolitaine. De port imposant, le noyer peut atteindre 25 m ; il offre une production généreuse d’octobre à novembre. N’hésitez pas à le combiner au mûrier. Fructifié sur tige, ce noisetier est le plus grand de son espèce, pouvant atteindre 20 m. Très rustiques, les noisetiers offrent des récoltes abondantes de noisettes à l’automne, et peuvent également servir de fourrage pour les ruminants. Le châtaigner est un grand arbre (30 m) rustique à floraison mellifère, dont les fruits se récoltent en automne. Le merisier est un régal pour les yeux par sa floraison blanche en mars - avril, qui laisse place à de délicieuses petites merises aigres-douces. Le mûrier noir a une croissance lente, et offre des fruits noirs très sucrés dès la fin de l’été, qui font de délicieuses confitures, gelées mais aussi vins et liqueurs. Les mûriers en arbres sont des plantes compagnes des noyers, car elles freinent l’effet d’acidification du sol causé par ces derniers. Grand classique des vergers, le pommier n’est plus à présenter ! Incontournable, vous pouvez toutefois vous laisser surprendre par certaines variétés, comme le pommier ‘Winter Banana’, aux pommes jaunes dont la chair ferme et sucrée a un goût de banane.

Originaire de Chine, le plaqueminier est un grand fruitier, au port étalé, qui s’adapte pourtant parfaitement au climat tempéré. Le plaqueminier d’Europe ou de Chine se plaira dans un emplacement frais ou humide. Le figuier offre des fruits sucrés et juteux, qui peuvent être consommés aussi bien frais que cuisinés. Cet arbuste à croissance rapide atteint 4 m de haut sur 2 m de large. Très rustique, ses fleurs se cueillent en mai pour être consommées en beignets et vous faire bénéficier de leurs propriétés médicinales. La baie de mai est très rustique : originaire de Sibérie, elle résiste au froid jusqu’à - 45 °C ! Plantez-la à l’ombre des arbres car elle ne produit pas en plein soleil. Cet arbuste buissonnant produit des fruits sucrés et juteux sur quelques jours seulement. Riches en vitamine C, leur goût oscille entre le kiwi et la myrtille. Originaire des sous-bois, ce petit arbuste aime l’ombre. Très vigoureux, cet arbuste à fruits comestibles persistant et épineux produit des baies orange riche en vitamines C, à consommer fraîches ou cuisinées. Le cognassier est un arbuste au port retombant à l’étonnante floraison mellifère, très abondante au mois de mai. À l’instar de la variété ‘Wonderful’, une belle floraison orangée laisse place à de gros fruits acidulés et juteux. Très rustique, cet arbuste, au port étalé retombant, est de culture facile. Sa jolie floraison mauve laisse place à de délicieux petits fruits rouges, très recherchés en fruits secs pour son goût et ses propriétés antioxydantes. De la famille des Rosacées, l’Amélanchier comporte 26 variétés. L’Amélanchier de Lamark est relativement peu connu ; il est pourtant très esthétique au jardin grâce à une magnifique et abondante floraison blanche en avril, qui laisse place à de petites baies noires sucrées en juillet, et des couleurs automnales flamboyantes. Avec son port plus dressé que son cousin européen, l’Amélanchier du Canada offre quant à lui une belle floraison estivale. Le PawPaw est un arbuste qui produit d’excellents fruits de forme oblongue, à l’étonnant goût de papaye et de banane. De la famille des Myrtacées, le feijoa produit fleurs et fruits comestibles, en forme de kiwis. Cet arbuste insolite est très esthétique au jardin : jolie floraison blanche, en clochettes pendantes, fruits étoilés et teintes jaunes automnales éclatantes. Vous récolterez en octobre des fruits au goût étonnant de petits pois. Ce petit arbuste, de la famille des Rosacées, est très rustique et facile de culture.

Si vous créez un jardin-forêt, sachez que ces haies gourmandes peuvent constituer le socle de votre design. Il vous faut pour cela, entre autres, connaître les bonnes associations végétales et implanter intelligemment vos haies. Cette installation peut même être à la base d’un projet agricole ou artisanal : durable, résilient et offrant des récoltes abondantes, un jardin-forêt à base de haies fruitières est l’ultime système agro-écologique ! Les raisons qui peuvent vous conduire à planter une haie sont nombreuses : délimiter un terrain, se protéger du vent, se cacher d’un vis-à-vis ou bien encore offrir le gîte et le couvert aux auxiliaires du jardinier. Une raison supplémentaire peut s’ajouter à toutes celles-là : satisfaire la gourmandise du jardinier ! Et oui, les fruitiers sont assez nombreux et variés pour en trouver quelques-uns qui se plient à l’exercice de la haie ! Arbres fruitiers, arbustes à baies et arbustes à petits fruits : il est possible de marier les saveurs, les couleurs et les époques de fructification, mais encore faut-il bien les choisir et agencer la haie de manière optimale. Gourmands dans l’âme, préparez-vous à accueillir, chez vous, des arbustes fruitiers pour haie, prêts à ravir vos yeux et vos papilles. Il s’agit d’un moyen original d’habiller le jardin et d’offrir, à la haie, une fonctionnalité supplémentaire très intéressante. Une haie, oui, mais fruitière !

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