Le fumier de cheval : un amendement précieux pour un jardin florissant

Le fumier de cheval, véritable trésor pour tout jardinier soucieux de la santé de son sol et de la vigueur de ses cultures, est un amendement organique plébiscité à travers le monde. Utilisé depuis des générations, il est reconnu pour ses nombreuses qualités qui en font un fertilisant de choix. Mais comment exploiter au mieux ses bienfaits et quelles sont les précautions à prendre pour une utilisation optimale ?

Sac de fumier de cheval granulé et pelle

Qu'est-ce que le fumier de cheval et pourquoi est-il si apprécié ?

Le fumier de cheval est un mélange simple mais puissant, composé des déjections des chevaux et de leur litière végétale, généralement de la paille. Cette litière peut varier et inclure du genêt, de la sciure, de l’ajonc ou de la fougère, selon les pratiques des propriétaires. Cette composition en fait un amendement organique exceptionnel, riche en fibres grâce à la litière, en humus, et en micro-organismes végétaux. Les minéraux, essentiels au développement des sols cultivés, y sont également présents en quantités importantes.

Le fumier est un bon amendement pour le sol, composé à la fois de déjections animales, d’urines et de matières végétales. Il est donc constitué comme un parfait compost : un mélange de matières sèches, ligneuses et donc riches en carbone, et de matières humides et riches en azote. Lors de sa décomposition, il offre au sol tous les nutriments dont il est composé : minéraux et oligoéléments. Ses matières organiques favorisent également la formation d’une couche d’humus.

La structure comme la composition du sol en sont améliorées, quelle que soit la qualité du sol au départ (argileux ou sablonneux). Le sol devient plus aéré, l’air et l’eau y circulent mieux, et l’eau y est plus facilement retenue. Tout ceci est extrêmement profitable aux plantes cultivées dans le potager. Le fumier de cheval, en particulier, est bien équilibré grâce à sa teneur en paille, et est particulièrement apprécié pour les terres lourdes et argileuses, qu’il contribue réellement à alléger et à améliorer. Il est particulièrement riche en potasse et en azote, bien que plus pauvre en phosphore que d'autres fumiers. Sa spécificité chimique favorise la culture.

Les différentes formes de fumier de cheval et leurs utilisations

Le fumier de cheval peut être utilisé sous plusieurs formes, chacune ayant ses propres avantages et inconvénients. Il est crucial de choisir la forme appropriée à vos besoins pour maximiser son efficacité tout en évitant les écueils.

Le fumier frais : précautions et utilisations spécifiques

Le fumier de cheval frais est un mélange de déjections des chevaux et de litière végétale, généralement de la paille. En fonction des proportions de paille, de crottin et d'urine, il est plus ou moins sec. Le fumier frais présente quelques inconvénients. Il est assez riche en ammoniaque à cause des urines, donc une quantité importante peut être polluante. En apparence, utiliser le fumier de cheval paraît facile, mais il faut faire très attention dans la manipulation car il peut être très vite dévastateur. Encore frais, il faut composter son fumier de cheval pour ne pas avoir de mauvaises surprises. En outre, il faut savoir que l’excrément tout chaud contient encore des végétaux cellulosiques résultant de la digestion. S’il est alors tout de suite répandu sur le sol, ces cellules pourraient germer et porter atteinte à la semence.

Jardinier épandant du fumier frais dans un potager

De plus, il peut contenir des restes de traitements médicamenteux, vermifuges par exemple, qui peuvent être toxiques pour la faune du sol. Ces matières dangereuses disparaissent au bout de 2 à 3 semaines, il faut donc éviter d’utiliser du fumier frais et le stocker, le temps qu’il se décompose. Enfin, comme tout rebut, il est susceptible de contenir des champignons ou des virus. Cependant, sa rapide montée en température et la présence d’oxygène vont assez rapidement les détruire.

Il est assez conseillé de ne pas l’épandre juste avant de faire des plantations, il est préférable de le faire au moins 3 à 4 mois avant. La quantité d’azote qu’il contient est un peu importante pour certaines de vos plantations et risque de brûler leurs racines. Par ailleurs, si le cheval est en traitement médical, les produits chimiques des médicaments seraient néfastes à la plantation. De même, les huiles essentielles et autres élixirs perturbent voire détruisent les micro-organismes et autres insectes et animaux des sols et compost.

Malgré ces précautions, utiliser le fumier frais a l’avantage de doper l’activité biologique du sol. Et après 1 mois environ, le fumier de cheval pourra tout à fait être utilisé comme lit de culture pour certains légumes (tomates et courges). Par contre, ne l’utilisez pas frais en cours de culture, lorsque les plants ont déjà poussé, les éventuels agents pathogènes qui pourraient s’y trouver seraient encore actifs et pourraient contaminer votre production. Le fumier de cheval est néanmoins assez fibreux, et moins chargé en azote que d’autres fumiers. Si le fumier est pailleux et s'il est frais, on peut l'étaler sur le sol, sans l'enfouir. En quelques semaines, et en fonction de la température et des précipitations, il se compostera tout seul, en "nappe". Un labour superficiel, sans retournement, permet d’en incorporer les restes à la fin de l’hiver. Le fumier frais peut aussi rejoindre le compost, où il agira comme un puissant activateur biologique.

Le fumier mûr ou vieilli : l'équilibre parfait

Un fumier est considéré comme mûr ou vieilli après avoir été déposé à l’air libre, idéalement sur des planches ou des branchages, pendant 3 à 4 mois. Comme le fumier de cheval monte vite en température, les bactéries, germes et traces de traitements sont souvent détruits durant ce processus.

Le fumier demi-mûr peut être épandu deux fois par an, au printemps et à l’automne, pour permettre à la terre de conserver sa fertilité. C'est un excellent produit de fond pour certaines plantes comme le rosier ou les tomates. Pour limiter les risques de contamination par des résidus médicamenteux ou la présence de graines de plantes fourragères ou adventices, il est préférable d'utiliser un fumier bien mûr ou composté.

Le fumier composté : l'optimisation des nutriments

Il faut environ 6 mois pour composter correctement un fumier. Le fumier de cheval, qui monte très haut en température, peut ainsi se débarrasser des éventuelles bactéries ou parasites qu’il peut contenir. Ce compostage permet également d’équilibrer les ratios NPK (N pour azote, P pour phosphore, K pour potasse). Un fumier de cheval bien décomposé présente ainsi un NPK de 0,6 % d’azote, 0,4 % de phosphore et 0,7 % de potassium.

Il ne fait donc courir aucun risque aux racines de jeunes végétaux qu’une forte quantité d’azote peut brûler, et les quantités de minéraux apportés au sol restent raisonnables. Vous pouvez donc l’épandre en quantité sans crainte, les doses conseillées étant de 1 à 3 kg par m² et par an. L'intérêt aussi de composter le fumier de cheval est qu'il va perdre son odeur assez caractéristique : en effet, les micro-organismes vont transformer l'azote uréique et ammoniacal (des déjections) par une forme organique non volatile, donc non odorante.

Pour bien mener ce compostage, plusieurs choses sont importantes : ne réalisez pas de tas trop hauts, dans lesquels le processus ne se passerait pas correctement. Installez-le sur des branchages, qui permettront à l’air de passer en-dessous et qui favoriseront également l’écoulement du liquide qui se forme au cours de la décomposition. Ou bien retournez-le au moins 3 fois au cours des 6 mois. Il est conseillé de couvrir le fumier, par exemple avec de la paille. Cela évitera le lessivage de tous les nutriments dans le sol entraînés par la pluie. Il est possible d’y intégrer les déchets verts du jardin ou de la cuisine pour améliorer le compostage.

Le FUMIER au POTAGER - Tout savoir (ou presque !)

Le fumier déshydraté en granulés : la praticité à portée de main

Le fumier déshydraté, compacté en granulés et garanti naturel, est élaboré par compostage, broyage et déshydratation. Très simple à utiliser de par sa présentation en granulés, il est idéal pour tous ceux qui n’ont pas accès à du vrai fumier. Le fumier de cheval en sac pour potager est du fumier déjà composté, que vous pouvez donc utiliser dès l’achat.

Le fumier déshydraté a de plus l'avantage de pouvoir être employé à tout moment et pour de nombreuses plantes potagères : pommes de terre, tomates, salades, petits fruits… Vous l’emploierez aussi bien pour fertiliser le sol avant une plantation que pour apporter des nutriments en cours de croissance de vos plantes potagères. Il se mélange très simplement à la terre ou au terreau et s’incorpore par griffage ou ratissage. En entretien, il sera apporté 1 fois par an, à l’automne ou au printemps, à raison d’1 kg/m². En entretien, dans un potager, compter entre 300 et 600 g/m².

Comment utiliser le fumier de cheval au jardin ?

L'utilisation du fumier de cheval au jardin doit être adaptée à vos objectifs et au type de culture. Qu'il s'agisse d'enrichir le sol à long terme, de stimuler la croissance ou de créer des couches chaudes, le fumier de cheval offre de multiples possibilités.

Pour l'entretien régulier du sol

Pour l’entretien régulier de la vie du sol, l’apport le plus intéressant se situe en automne, et à l’entrée de l’hiver. C’est à l’automne qu’il est conseillé de réaliser cet épandage. Une fois le printemps venu, le gel et les pluies étant passées sur le fumier, aidées par les micro-organismes vivants dans le sol, le fumier sera parfait pour les plantes potagères. Les vers de terre et autres vont faire leur travail et l'incorporer progressivement dans le sol, en douceur et déjà décomposé. Vous le grifferez légèrement avant d’y faire vos plantations. Cette méthode permet de nourrir le sol, de l’enrichir, sans pour autant nuire à la vie indispensable qui s’y cache. Et non seulement vos légumes y trouveront les nutriments dont ils ont besoin pour une bonne croissance, mais en plus votre terre sera améliorée.

Le meilleur moyen pour bien intégrer le fumier dans le sol, c’est de ne pas l’intégrer ! Il convient en effet de l’étaler sur le sol et de le laisser se décomposer jusqu'au moment des plantations, environ 3 à 4 mois. En effet, sa décomposition doit se faire en milieu aérobie, c’est-à-dire exposé à l’air. La couche de fumier de cheval doit être épaisse, et il est judicieux de couvrir cet amendement avec par exemple toutes les feuilles mortes ramassées dans votre jardin. Si vous êtes dans une zone ventée, fixez un filet sur les feuilles, vous serez sûr qu’elles ne risquent pas de s’envoler ! Cette double couverture est laissée telle quelle pendant toute la mauvaise saison. Au printemps, il n’y a plus qu’à semer ou planter après un petit griffage.

Une approche permaculturelle

Plutôt que vouloir enfouir, ne serait-ce que superficiellement, le fumier de cheval épandu, celui-ci peut tout simplement être recouvert de matières ligneuses, entendez par là de matières composées de lignine (substance organique qui, associée à la cellulose, compose le bois), par exemple de la paille, des feuilles, du BRF. Vous formerez ainsi, progressivement, des buttes sur lesquelles vous pourrez planter vos légumes sans avoir à travailler le sol.

La confection de couches chaudes pour les semis

Le fumier de cheval est tout à fait approprié à la confection de couches chaudes, car il monte rapidement en température. C'est une technique ancestrale pour réaliser des semis à repiquer. Il est très simple de faire une couche chaude au potager, où elle servira pour les semis et jeunes plants frileux à planter plus tard.

Vous pouvez la construire directement sur le sol, mais il est plus judicieux de creuser une fosse d’une cinquantaine de centimètres. Cela permettra de conserver la chaleur émise par la décomposition des matières organiques qui la composent. Faites une couche de 30 à 40 cm de fumier de cheval et arrosez copieusement. Le fumier peut être mélangé à des déchets verts variés, type tontes de gazon ou encore du BRF et recouvert d’une couche de compost.

Schéma d'une couche chaude avec du fumier

Sans fosse, fabriquez un cadre en bois de 30 cm environ de hauteur qui sera posé sur le tas, le cadre doit être un peu plus petit que le tas de fumier. Étendez le fumier et le tasser. Le tas doit être très compact, sur une épaisseur de 30 cm. Avec du fumier pailleux il faudra bien arroser. Fabriquez un cadre de 30 cm de hauteur et le poser sur le tas. Remplir de 10 à 15 cm de terreau bien décomposé ou horticole. Étalez du terreau par-dessus et attendez une semaine. Passé ce délai, la température sera plus douce, environ 20°, et vous pourrez y installer vos semis et jeunes plantes potagères. Puis épandre 10 à 20 cm de terre ou de terreau par-dessus afin de semer des graines de légumes ou de fleurs. L'an prochain, le fumier formera un amendement à enterrer pour fertiliser le sol. Les racines des plantes y trouveront les éléments nutritifs utiles à leur développement. Le fumier retient l'eau et assure au sol une grande fraîcheur.

Apport au printemps

Autre possibilité : utiliser le fumier de cheval pour le potager au printemps. Lorsqu’il est bien décomposé, cette matière organique peut tout à fait être apportée sur les planches un peu avant les plantations. Au début du mois de mars, il faut faire une couche de 6 cm environ et patienter une quinzaine de jours. Vous aurez juste ensuite à l’enfouir superficiellement et planter ou semer comme vous le faites habituellement. Le fumier frais peut être apporté sur des cultures, mais veillez à n’en mettre qu’une très petite quantité.

Quelles plantes apprécient le fumier de cheval ?

Le fumier de cheval est bon pour presque tout au potager ! Il sera utilisé frais, à demi-mûr ou totalement composté selon les cas. Il faut l’apporter aux légumes et autres plantes potagères qui en ont le plus besoin : toutes les courges, les tomates et autres solanacées (poivrons, aubergines…). Ces légumes gourmands supportent bien le fumier à demi-mûr, voire à peine composté. Les pommes de terre en sont également friandes, car le fumier de cheval est riche en potasse. Les salades peuvent aussi en profiter, mais ne leur donnez que du fumier bien décomposé. Les pommes de terre vont aussi apprécier ce fumier pour l’apport non négligeable de potasse. N’hésitez pas à en fournir aussi aux salades et à tous les légumes qui aiment les terres riches.

Évitez par contre de planter des alliacées comme les oignons, l’ail, l’échalote, à des endroits que vous avez enrichi avec du fumier (ou autres matières organiques d’ailleurs), elles ont horreur de ça !

Dosage et fréquence d'apport du fumier de cheval

Quel est le dosage de fumier de cheval pour le potager ? En règle générale, les plantes les plus gourmandes du potager nécessitent entre 15 et 20 g d’azote, entre 8 et 10 g de phosphore et entre 20 et 30 g de potassium, par an et par m². Cependant, ces besoins sont en partie apportés par d’autres biais : la décomposition du paillage lorsqu’il est organique, le compost, l’utilisation d’engrais verts. Alors quelle quantité de fumier de cheval apporter au m² ? La première année, 3 kg de fumier de cheval décomposé est une bonne dose, puis 1 kg par m² la deuxième année.

En entretien, l’épandage de fumier décomposé ne sera pas fait tous les ans. Il est inutile, voire déconseillé, d’intégrer du fumier à la terre de votre jardin ou potager tous les ans. Vous pourrez apporter ce fumier tous les 2 ou 3 ans, à raison d’1 kg par m². Quelle que soit sa forme, utilisez le fumier de cheval pour votre potager qui vous le rendra bien sous forme de beaux et bons légumes. Mais ce n’est pas le seul avantage que vous en retirerez. Les apports de fumiers vont améliorer votre sol au fil des années, qui deviendra plus facile à travailler.

Toxicité et qualité du fumier

Le fumier de cheval peut en effet contenir des matières dangereuses, notamment des vermifuges, mais qui disparaissent au bout de 2 à 3 semaines. Il faut donc éviter d’utiliser du fumier frais et le stocker, le temps qu’il se décompose. Les vermifuges, insecticides et autres médicaments chimiques de synthèse administrés aux chevaux, bovins et autres animaux sont toxiques pour la faune du sol. Si le principe actif peut être considéré comme dégradé en quelques semaines à quelques mois, les résidus de dégradation restent à vie. Des déjections d'animaux frais ou en fumier, sont fertiles que si les animaux ne reçoivent pas de médicaments chimiques de synthèse. De même, les huiles essentielles et autres élixirs perturbent voire détruisent les micro-organismes et autres insectes et animaux des sols et compost.

Pour limiter ces risques, préférez un fumier bien mûr ou composté, respectez les doses et évitez les apports trop rapprochés. Mélangez le fumier de cheval que vous avez récupéré avec un peu de paille et laissez-le reposer un mois à l’air libre.

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