Alors que le temps commence à se réchauffer, une odeur nauséabonde peut émerger sur les fermes équestres, préoccupant non seulement les propriétaires, mais aussi les voisins. Cette problématique est d'autant plus sérieuse que l'ammoniac dégagé est malsain pour les chevaux dans les boxes et autres espaces confinés, tout en rendant la propriété désagréable pour tous. Heureusement, une gestion rigoureuse et des solutions innovantes permettent de réduire significativement ces nuisances olfactives.

Les Fondations d'une Bonne Gestion : Sol, Topographie et Ramassage Régulier
La première étape cruciale pour prévenir les odeurs est de s'assurer d'avoir des sols sains et une topographie adéquate dès le départ. Si du gravier ou du sable est déversé sur de la boue ou dans une zone basse et humide, des problèmes de boue et d'odeur sont inévitables. Il est impératif d'avoir une bonne pente régulière, d'environ 2%, lors de l'aménagement des paddocks.
Un programme de gestion du fumier bien conçu est également fondamental. Cela commence par le ramassage du fumier tous les un à trois jours dans toutes les zones de confinement et les lieux à fort trafic. Cette pratique régulière empêche l'accumulation de matière organique, source principale d'odeurs.
L'Aération des Paddocks : Une Solution Simple et Efficace
Si, malgré un ramassage assidu, des problèmes d'odeurs persistent, une solution simple et peu coûteuse consiste à traîner ou herser le paddock. Cette action permet d'aérer la zone, favorisant ainsi la prolifération de microbes aérobies qui décomposent les petits morceaux de matières organiques responsables des mauvaises odeurs. L'aération est essentielle pour le processus de décomposition sans odeur, surtout dans la couche supérieure du sol.
Le Contrôle de l'Humidité : Clé de la Réduction des Émissions Olfactives
L'accumulation d'humidité est l'une des principales causes d'odeur, car les zones sèches se volatilisent moins que les zones humides. Maintenir les installations au sec, ou du moins bien drainées à l'extérieur, est donc primordial.
Drainage Extérieur et Protection Contre les Intempéries
À l'extérieur, cela implique d'investir dans de bonnes gouttières et descentes pluviales fonctionnelles qui détournent l'eau de pluie des bâtiments et des zones de confinement. À l'intérieur de la grange, l'installation de portes ou de moustiquaires peut offrir une protection contre la pluie et un avant-toit est également bénéfique. Une bonne ventilation contribue également à assécher les surfaces en libérant l'humidité et en permettant aux odeurs de se dissiper efficacement.

Remplacement du Sol dans les Zones d'Urine Persistantes
Si une zone odorante se développe à l'extérieur dans une aire de confinement où le cheval urine constamment, il peut être nécessaire de creuser occasionnellement et de remplacer le substrat dans cette zone. Cette mesure ciblée permet de renouveler le sol et d'éliminer les sources d'odeurs incrustées.
Innovations et Produits pour Neutraliser les Odeurs
Face aux odeurs tenaces, diverses innovations et produits sont disponibles pour neutraliser et éliminer les nuisances olfactives.
Produits de Pulvérisation Microbienne : L'Action des Bactéries Amies
Une variété de produits de pulvérisation microbienne est disponible pour neutraliser les odeurs. Ces solutions contiennent différents types de bactéries, d'enzymes et/ou de champignons "amicaux". Très concentrés, ils peuvent être dilués et pulvérisés sur les taches d'urine et dans les zones malodorantes du paddock à l'aide d'un pulvérisateur de jardin. Les microbes bénéfiques décomposent l'ammoniac et les matières organiques qui causent les odeurs et attirent les mouches. Ces solutions sûres peuvent être appliquées aussi souvent que des odeurs sont détectées.
Les Zéolites : Des Minéraux Naturels Capteurs d'Ammoniac
Les produits à base de zéolite peuvent également être très efficaces. Les zéolites sont des minéraux naturels trouvés dans l'argile, caractérisés par une structure très poreuse. Les pores de ces minéraux se lient aux molécules d'ammoniac, les retenant jusqu'à ce que les bactéries naturelles les décomposent et les éliminent, supprimant ainsi les odeurs. La zéolite est présente dans plusieurs marques de produits désodorisants pour les boxes.
Accélérateurs de Compostage : Un Gain de Temps et d'Efficacité
Pour gérer le fumier et réduire les contraintes liées aux odeurs, les accélérateurs de compostage, comme le COMPO’BOOST, offrent une solution pertinente. Il s'agit d'une poudre 100% naturelle composée de bactéries vivantes qui agissent progressivement. Comparable à un compost pour les déchets ménagers, ces bactéries transforment la litière en engrais. L'application est simple : 120 à 150 grammes par box sur la litière. Étant un produit biologique, le COMPO’BOOST ne présente aucun risque pour le cheval. Les premiers résultats sont généralement visibles dès la deuxième semaine : la litière devient plus saine et sèche, l'ammoniac dégagé est considérablement réduit, et l'environnement du cheval est plus confortable, avec un risque infectieux moindre. De plus, il accélère la transformation du fumier en compost, réduisant ainsi la période de stockage et les odeurs.
La Litière : Un Choix Déterminant pour un Environnement Sans Odeur
Le choix d'une litière absorbante de haute qualité est une méthode efficace pour réduire les odeurs en élevage. Les litières absorbantes peuvent piéger les odeurs et maintenir un environnement propre et sec pour les animaux. Les litières à base de matériaux naturels, comme le bois ou la paille, sont souvent les plus efficaces pour absorber les odeurs. Il est crucial de remplacer régulièrement la litière pour éviter l'accumulation d'odeurs.

Litières en Copeaux de Bois : L'Exemple de LITEOR
Certaines litières, comme les copeaux de bois LITEOR, sont spécifiquement conçues pour absorber efficacement l'humidité et piéger les odeurs d'ammoniac. Cela garantit un environnement plus agréable pour les animaux et peut même générer des économies en réduisant la fréquence de renouvellement.
Le Fumier de Cheval : Une Ressource à Valoriser par le Compostage
Le fumier de cheval, souvent perçu comme un déchet, est en réalité une ressource précieuse, riche en éléments fertilisants, qui gagne à être bien gérée. Un cheval de 450 kg produit environ 22 kg de matières fécales et d'urine par jour, soit 680 kg par mois. La quantité de litière nécessaire pour le confort et la propreté des chevaux est également considérable, s'ajoutant au volume total de matières à gérer.

L'Interdiction d'Épandre du Fumier Frais au Jardin
Il est important de noter que le fumier de cheval frais ne doit pas être épandu directement au jardin. Il contient des teneurs élevées en ammoniac et en azote soluble qui peuvent endommager les racines et le feuillage des plantes, en plus de provoquer de fortes odeurs. Le compostage est le processus qui permet à ces composés de se dégrader, rendant le matériau sûr et adapté à une utilisation comme amendement organique.
Le Processus de Compostage du Fumier de Cheval
Pour bien composter le fumier de cheval, il faut rassembler le fumier dans un bac et le placer dans un espace ouvert. Le tas doit être maintenu humide, mais pas détrempé, car l'activité microbienne ralentit fortement lorsque le tas s'assèche. Il est essentiel de retourner régulièrement le compost pour y apporter de l'oxygène. Sans aération suffisante, des odeurs désagréables peuvent apparaître. Avec une bonne gestion (humidité, oxygène et chaleur), le fumier de cheval peut se transformer en amendement de qualité en 6 à 8 semaines, bien que cela puisse prendre plusieurs mois en période froide. Un volume d'au moins 1 m³ de matière est nécessaire pour générer suffisamment de chaleur. Des bacs plus grands, comme ceux de mestbak.be qui peuvent contenir jusqu'à 1,8 m³, rendent souvent le processus plus efficace et simple à gérer. Le compost est prêt lorsqu'il est foncé, friable, doté d'une odeur de terre, et non reconnaissable comme fumier ou litière d'origine.

Précautions avec les Traitements Vermifuges et Herbicides
Il est crucial de tenir compte des traitements vermifuges utilisés chez les chevaux, car ils peuvent affecter certains organismes impliqués dans la décomposition. Si possible, il est préférable d'éviter d'utiliser dans le compost le fumier de chevaux récemment vermifugés. En cas de doute, étaler le fumier au soleil et aux rayons UV peut aider à dégrader certaines substances chimiques. Il est également recommandé de laisser le fumier vieillir ou composter plus longtemps avant de l'utiliser au jardin.
Un autre point d'attention concerne la présence éventuelle d'herbicides persistants dans le fumier. Les chevaux peuvent absorber ces substances via l'herbe ou le foin provenant de parcelles traitées. Ces herbicides, même après compostage, peuvent rester actifs et endommager les plantes sensibles, un phénomène parfois appelé "killer compost". Les cultures à larges feuilles comme les haricots, les tomates et les poivrons sont particulièrement sensibles. Les herbicides à surveiller incluent le clopyralid, l'aminopyralid, l'aminocyclopyrachlor et le picloram. Si le fumier est suspecté de contenir ces substances, il est préférable de ne pas l'utiliser dans le potager, bien qu'il puisse encore convenir pour le maïs, les oignons, l'ail ou les zones enherbées.
Réglementations et Emplacement de Stockage du Fumier
La gestion du fumier est soumise à des réglementations strictes, notamment en ce qui concerne l'emplacement des amas. L'article 59 du Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (RPEP) stipule que l'amas de fumier doit être situé minimalement à 30 m d'un puits d'approvisionnement en eau sur sa propriété ou à 100 m de celui d'un voisin. Dans certaines situations, ces distances doivent être augmentées.
Le type de sol influence également le choix du site d'entreposage, car il faut limiter les risques de contamination des eaux souterraines. Les sols sableux ont une perméabilité rapide, permettant aux nitrates de se déplacer rapidement jusqu'aux eaux souterraines (phénomène de lessivage). Les sols limoneux ou argileux, en revanche, ont une perméabilité plus lente et une meilleure capacité de rétention, aidant à retenir les nitrates.
Sites de Stockage : Capacité, Type et Emplacement
Les sites d'entreposage des matières fécales sont indispensables sur les fermes équestres lorsque l'épandage direct au pâturage n'est pas possible. Il est généralement conseillé de prévoir une capacité suffisante pour l'entreposage des matières fécales pendant 180 jours. La taille, le type et l'emplacement d'un site d'entreposage dépendent de plusieurs facteurs, incluant la quantité de déjections générée, la durée de l'entreposage et la superficie disponible.
Les installations d'entreposage des matières fécales doivent être placées sous le vent et à l'abri des habitations voisines afin de réduire les plaintes potentielles liées aux odeurs et à l'aspect esthétique. La construction doit également respecter les réglementations provinciales et fédérales.

Méthodes d'Entreposage : Tas sur Dalle et Tas Simple
Les méthodes d'entreposage varient de simples tas à de grandes structures couvertes. La méthode d'entreposage en tas sur dalle est la plus répandue et la plus pratique. Elle comprend un plancher imperméable (idéalement une dalle en béton coulé) et trois murs périphériques d'au moins quatre pieds de haut pour contenir les matières fécales. La surface doit être légèrement inclinée pour permettre le drainage vers une bande de végétation filtrante.
L'entreposage en tas simple consiste à stocker les déjections solides et la litière souillée dans un endroit pratique, sans plancher imperméable ni murs. Un emplacement adéquat pour ce type d'entreposage doit être aménagé sur un sol compacté afin d'éviter le lessivage des polluants dans le sol et les eaux souterraines. L'aire de chargement doit se situer sur un sol ferme pour éviter la formation d'ornières. Une bâche de plastique pour recouvrir le tas aide à réduire les odeurs, éloigner les mouches et réduire les risques de lessivage. Une légère pente de 1 à 3 % est recommandée pour faciliter le drainage.
Bandes de Végétation Filtrante et Gestion du Lixiviat
Les bandes de végétation filtrante sont une solution économique pour le traitement des eaux usées à la ferme. Elles recueillent le ruissellement provenant du tas de fumier, où les matières résiduelles sont éliminées par l'activité biologique et l'adsorption dans la matrice du sol, principalement dans la couche arable où l'activité aérobie permet un traitement sans odeur. Il est important de noter que tous les sols ne sont pas aussi efficaces, et le sol gelé ne constitue pas un filtre performant. Il est conseillé de prévoir environ 10 pieds carrés de bande de végétation filtrante par gallon d'eaux usées à traiter.
Pour les grandes installations, le lixiviat (liquide s'écoulant du fumier) peut être recueilli et acheminé vers un réservoir de rétention ou un système de traitement, puis réparti périodiquement sur une bande de végétation filtrante ou irrigué sur un pâturage. L'utilisation d'un bassin de décantation est nécessaire si des matières solides d'excréments sont présentes. Il est essentiel que la végétation soit bien établie avant toute utilisation.
L'Épandage du Fumier : Une Valorisation Agricole encadrée
Selon le REA (Règlement sur l'environnement des activités d'élevage), l'exploitant d'un lieu d'élevage qui procède à l'épandage de déjections animales doit détenir suffisamment de parcelles en culture pour absorber la totalité de ses engrais organiques et minéraux. L'épandage de matières fertilisantes est autorisé du 1er avril au 1er octobre inclusivement.
La Dispersion dans les Pâturages : Précautions et Réalités
Bien que le crottin soit naturellement réparti dans les pâturages par les animaux, l'idée que l'épandage en couches minces réduise les parasites en asséchant les œufs n'est pas toujours vraie. Dans des conditions humides, les œufs peuvent survivre, et des recherches montrent que cette pratique peut même augmenter l'exposition des chevaux aux parasites en dispersant le crottin sur une plus grande surface. Il est donc recommandé de laisser le crottin en tas et de le ramasser pour l'éliminer à l'extérieur du pâturage.
L'Entretien Régulier : Pilier d'un Environnement Sain
Un entretien régulier des installations d'élevage est essentiel pour réduire les odeurs. Cela comprend le nettoyage régulier des zones d'élevage et l'élimination des déchets. Il est également important de maintenir une bonne hygiène dans les bâtiments d'élevage pour éviter l'accumulation de déchets et de matières organiques en décomposition. Un nettoyage régulier contribue à réduire les odeurs et à maintenir un environnement sain pour les animaux et les personnes travaillant dans l'élevage.
La Gestion des Odeurs et le Voisinage : Une Question de Relations
Les odeurs en élevage peuvent être une source de gêne pour les personnes vivant à proximité, entraînant des plaintes des riverains et des restrictions réglementaires. Une gestion efficace des odeurs est donc essentielle pour maintenir de bonnes relations avec la communauté et assurer le bien-être des animaux. Des solutions de conciliation ou de médiation peuvent être envisagées préalablement à toute saisine du tribunal de grande instance en cas de litige.
Stratégies Additionnelles pour Réduire les Odeurs
En plus des méthodes mentionnées, d'autres stratégies peuvent être mises en œuvre :
- Utilisation de produits absorbants : En complément des litières, certains produits peuvent être ajoutés pour une absorption accrue.
- Plantes purificatrices d'air : Introduire des plantes purificatrices d'air dans les bâtiments d'élevage aide à filtrer l'air et à réduire les odeurs.
- Utilisation de bactéries bénéfiques : Au-delà des accélérateurs de compostage, l'introduction ciblée de bactéries bénéfiques peut optimiser la décomposition.
- Rotation des cultures : Si des cultures sont utilisées pour l'alimentation animale, la rotation peut contribuer à une meilleure gestion globale des sols et des nutriments, impactant indirectement la qualité du fumier.