
L'île de La Réunion, terre volcanique et tropicale, est mondialement reconnue pour la richesse de son terroir. Au-delà de sa vanille emblématique, l'île possède une autre richesse botanique qui a façonné son économie et son paysage : le géranium rosat. Cette plante, dont le nom scientifique est Pelargonium asperum var. Bourbon, est devenue, au fil des décennies, un symbole indissociable de l'identité réunionnaise. Si les géraniums qui fleurissent au bord de nos fenêtres ne sont en fait pas les plantes que les scientifiques appellent des géraniums, petite plante sauvage d’origine européenne, les spécimens cultivés à La Réunion appartiennent au genre Pelargonium, originaires d’Afrique du Sud et connus en France depuis le XVIIᵉ siècle.
L'histoire d'une acclimatation réussie
C’est dans la ville de Grasse, en Provence, que débute l’histoire du géranium rosat. Cette ville provençale, qui possède une longue tradition de culture des plantes à parfums, commence à cultiver le géranium rosat au XIXe siècle. Au XIXe siècle, les roses du Levant commençaient à devenir rares et ce géranium offrait une bonne alternative. La plante est distillée dans un alambic à partir de 1882. Cependant, les producteurs de cette plante ont très vite cherché à faire pousser cette espèce dans des pays plus chauds que la Provence, car les géraniums craignent le gel, ce qui obligeait les producteurs métropolitains à renouveler les plants tous les ans.
Le géranium rosat fut introduit à l’île de La Réunion vers 1870. Sa culture et sa distillation pour en extraire de l’huile essentielle furent principalement développées par un fermier de la Plaine des Cafres, un certain Boisjoly Poitier, pour remplacer l’exploitation de la canne à sucre quand la France se mit à produire du sucre à partir de la betterave. C’est en Algérie, autour de Blida, et à La Réunion, dans les Hauts de Saint-Paul, que les plantations de géranium rosat ont été développées dès le milieu du XIXe siècle et la distillation était faite sur place. La Réunion s’est alors forgé un savoir-faire qui attirait les parfumeurs de Grasse et du monde entier.
Botanique et caractéristiques du Pelargonium
Le géranium rosat du genre Pelargonium est une variété de plante d’origine sud-africaine importée sur l’île de la Réunion au XIXe siècle. Il est issu de croisements entre les espèces sauvages de pélargoniums introduites d’Afrique du Sud. Sur l’île de La Réunion, le cultivar le plus important porte le nom de Pelargonium cv.
Il s'agit d'un arbrisseau très ramifié, pouvant mesurer jusqu’à 1m40 de haut. Ses feuilles sont duveteuses, lobées, persistantes et contiennent du géraniol, un alcool liquide huileux à l’odeur de rose. Quand on les froisse ou les chauffe, un parfum citronné se dégage, rappelant celui des roses. Les tiges poussent vertes et se lignifient avec l’âge. Aujourd’hui, il existe à l’île de La Réunion différentes variétés de géranium avec des parfums très différents : rose, menthe, citron, camphre. Ces plantes trouvent naturellement leur place dans les jardins créoles de l’île, à côté d’autres plantes à parfum, aromatiques et médicinales comme le vétiver, le curcuma, la citronnelle africaine, le safran tropical ou encore le patchouli.
La production réunionnaise : un savoir-faire artisanal
Le géranium rosat Bourbon est sans conteste la star de l’île. Introduit vers 1870, il y est cultivé depuis dans de vastes plantations, occupant aujourd’hui près de 150 hectares pour 140 producteurs. Ces champs odorants sont concentrés dans les Hauts de l’ouest de l’île, autour de la commune de la Petite-France, considérée comme la « capitale du géranium ».
Reportage : La distillation du géranium rosat
L’huile essentielle de géranium rosat est produite de manière traditionnelle avec un alambic, en utilisant les vertus de la distillation artisanale. Il est important de noter qu'elle est extraite des poils très fins présents sur la plante, et non des fleurs. La plante est cultivée toute l’année, mais pour produire une huile de qualité, la récolte a lieu juste avant l’arrivée des fleurs, c’est-à-dire de mai à septembre.
Le processus de distillation
Le producteur plonge les feuilles dans un alambic chauffé au feu de bois. La « cuite », qui désigne la cuisson, permet d’extra## L'Île de La Réunion et le Géranium Rosat : Un Trésor Olfactif en Pleine Renaissance

L'Île de La Réunion, terre volcanique et luxuriante, est également le berceau d'un trésor olfactif d'une richesse inouïe : le géranium rosat, et plus spécifiquement le géranium rosat Bourbon (Pelargonium asperum var. Bourbon). Cette plante, bien que d'origine sud-africaine, a trouvé à La Réunion une terre d'accueil et un savoir-faire ancestral qui l'ont élevée au rang de star des plantes à parfum. Son histoire, sa culture, son processus de distillation et ses multiples usages en font un pilier de la tradition et de l'économie locale.
Une Introduction Historique et une Identité Renommée
Le géranium rosat du genre Pelargonium est une variété de plante d'origine sud-africaine importée sur l'île de La Réunion au XIXème siècle, plus précisément vers 1870. C'est dans la ville de Grasse en Provence, ville mondialement connue pour sa tradition ancestrale de distillation des plantes à parfum, que l'on a eu l'idée de distiller une espèce de ce géranium, le géranium rosat (Pelargonium graveolens) dont le parfum rappelle celui de la rose. Au XIXe siècle, les roses du Levant commençaient à devenir rares et ce géranium offrait une bonne alternative. Les producteurs de cette plante ont très vite cherché à faire pousser cette plante dans des pays plus chauds que la Provence, car les géraniums craignent le gel, ce qui oblige les producteurs à renouveler les plants tous les ans.
C'est en Algérie, autour de Blida, et à La Réunion, dans les Hauts de Saint-Paul, que les plantations de géranium rosat ont été développées dès le milieu du XIXe siècle, et la distillation était faite sur place. La Réunion s'est forgé un savoir-faire qui attirait les parfumeurs de Grasse et du monde entier. La ville provençale, qui possède une longue tradition de culture des plantes à parfums, commence à cultiver le géranium rosat au XIXème siècle. La plante est distillée dans un alambic à partir de 1882. Dès lors, l'huile produite à La Réunion est considérée comme la meilleure huile essentielle de géranium du monde. Le cultivar le plus important sur l'île de La Réunion (variété d'une espèce végétale obtenue artificiellement pour être cultivée) porte le nom de Pelargonium cv.

La production réunionnaise, d'une qualité exceptionnelle, connaîtra une forte expansion au début du XXe siècle, notamment au Tampon et dans les Hauts de l'ouest. Puis, la culture du géranium est progressivement tombée en désuétude, avant de connaître un renouveau depuis les années 1980, sous l'impulsion de l'activité touristique.
Caractéristiques Botaniques du Géranium Rosat
Le géranium rosat est un arbrisseau très ramifié, pouvant mesurer jusqu'à 1m40 de haut. Ses feuilles sont duveteuses, lobées, persistantes et contiennent du géraniol, un alcool liquide huileux à l'odeur de rose. Quand on les froisse ou les chauffe, un parfum citronné se dégage, rappelant celui des roses. Les tiges poussent vertes et se lignifient avec l'âge. Le géranium rosat trouve sa place dans les jardins créoles de l'île, à côté d'autres plantes à parfum, aromatiques et médicinales comme le vétiver, le curcuma, la citronnelle africaine, le safran tropical, le patchouli, etc. Il est important de noter que les géraniums qui fleurissent au bord de nos fenêtres ne sont en fait pas les plantes que les scientifiques appellent des géraniums, petite plante sauvage d'origine européenne. Ces géraniums d'ornement, que tout le monde appelle géranium, sont en fait des Pelargonium, plantes originaires d'Afrique du Sud et connues en France depuis le XVIIᵉ siècle.
Une Culture Ancrée dans les Hauts de l'Ouest
Le géranium rosat Bourbon est sans conteste la star de l’île. Introduit vers 1870 à La Réunion, il y est cultivé depuis dans de vastes plantations, occupant aujourd’hui près de 150 hectares pour 140 producteurs. Ces champs odorants sont concentrés dans les Hauts de l’ouest de l’île, autour de la commune de la Petite-France, considérée comme la « capitale du géranium ». Le géranium rosat continue d'être cultivé principalement dans les Hauts de l'ouest de l'île, notamment à la Petite France, où l'on trouve encore une trentaine de distilleries. Certains producteurs fournissent les grands groupes de produits cosmétiques et d'autres pratiquent plus les circuits courts et la vente directe.
Le climat de l'île permet de cultiver la plante toute l'année. La plante est cultivée toute l'année, mais pour produire une huile de qualité, la récolte a lieu avant l'arrivée des fleurs, c'est-à-dire de mai à septembre. La récolte a lieu juste avant la floraison, de mai à septembre. La culture de cette plante a progressivement disparu, mais les Réunionnais en connaissent les bienfaits qui font partie de la culture traditionnelle de l'île.
L'Art de la Distillation Artisanale
Reportage : La distillation du géranium rosat
L’huile essentielle de géranium rosat est produite de manière traditionnelle avec un alambic, en utilisant les vertus de la distillation artisanale. L'huile de géranium est toujours produite de manière traditionnelle avec un alambic. Il est important de savoir qu’elle est extraite des poils très fins présents sur la plante, et non des fleurs. Ce sont les feuilles et non la fleur qui produit le parfum du géranium, et plus précisément les minuscules poils à la surface des feuilles.
Le producteur plonge les feuilles dans un alambic chauffé au feu de bois. L’agricultrice nous en dit davantage : "On laisse chauffer, on laisse bouillir un peu avec le tamis." La « cuite », qui désigne la cuisson, permet d’extraire l’huile contenue dans les feuilles grâce à la chaleur. La vapeur essentielle qui s’élève est conduite par un tuyau. La vapeur passe ensuite dans un tuyau avant d'être refroidie dans un condenseur à serpentin. Un tuyau passe ensuite dans une autre cuve remplie d'eau froide pour faire revenir la vapeur à l'état liquide. Il sera alors facile de séparer l'huile de l'eau, l'huile étant plus légère. Puis, un liquide en ressort : "l'eau est dessous, et l'huile est plus légère que l'eau donc l'huile va remonter." Il traverse ensuite l'essencier qui va permettre de séparer l'huile et l'eau. Pour obtenir un demi-litre d'huile essentielle de géranium Bourbon, il faut distiller 400 kg de feuilles et de tiges dans un alambic que les cultivateurs réunionnais font chauffer au feu de bois. Il faut 300 à 400 kg de feuilles pour obtenir entre 0,5 et 1 litre d'huile essentielle.
Anne-Gaëlle présente à des visiteurs le cheminement du géranium en partant de la production jusqu'au résultat. Toutes les étapes leurs sont exposées. "Moi j'ai jamais vu, c'est la première fois que je vois." Anne-Gaëlle a toujours grandi et vécu dans cette culture. Pour elle, il est important de faire perdurer ce savoir-faire traditionnel. Valoriser cette technique rare de nos jours est essentiel. Pourtant une technique phare à l'époque sur notre île. Elle rajoute : "Très rare, donc c'est en perdition. Il n'y a plus beaucoup de personnes qui le font. Moi, justement en tant que jeune femme, mi veut tenir ça et pouvoir ramener ça loin. La emmène a moin loin, le géranium aussi, à savoir au salon de l'agriculture, donc national, international."
Un Parfum Enivrant et des Variétés Diverses
On extrait de cette fleur une huile essentielle enivrante et sucrée, dont les effluves floraux, très prisés par l'industrie du parfum, sont dus à la présence d'oxyde de rose, molécule rare de la famille des monoterpènes. Les plus grands parfumeurs faisaient le voyage à La Réunion pour traquer la meilleure huile essentielle de géranium au monde : le géranium rosat. Les parfumeries de Grasse ne juraient que par la production réunionnaise, considérée d'une qualité exceptionnelle. L'essence ainsi obtenue est très prisée en parfumerie, en pharmaceutique, en aromathérapie, en cosmétique et entre aussi en application dans la fabrication de savons.
Aujourd'hui, il existe à l'île de La Réunion différentes variétés de géranium avec des parfums très différents : rose, menthe, citron, camphre.

Multiples Usages et Vertus du Géranium Rosat
Une fois l'huile essentielle obtenue, le géranium peut être utilisé par des parfumeurs célèbres. Aussi, elle peut servir dans la cuisine, les cosmétiques. Le géranium rosat est aujourd'hui utilisé dans des produits cosmétiques et dans des soins paramédicaux (aromathérapie, phytothérapie). On lui prête ainsi certaines vertus médicinales. Ce produit possède également des vertus médicinales.
Les applications médicinales de l'essence de géranium sont multiples : elle possède des propriétés cicatrisantes, elle est excellente pour les soins de la peau et éloigne les insectes (dont les moustiques). Anne-Gaëlle en fait profit en cuisine pour sa table d'hôte, mais également dans la fabrication de savons, de vinaigre ou sirop. En cuisine, le géranium rosat apporte son extraordinaire parfum au rhum arrangé, sirop, brioche, salade, gelée, glaces, pâtisserie, mais aussi dans les farces et les sauces. Le géranium est en vente sur le marché de Saint-Paul, à la Maison du géranium.
Les Enjeux Économiques et la Pérennisation du Savoir-Faire
De nombreuses espèces animales et végétales ont été introduites à La Réunion par ceux qui s'y sont installés, et certaines plantes l'ont été comme débouché économique. Le géranium fait partie de ces plantes que l'on distille pour en extraire le parfum et dont la culture et la distillation se sont largement répandues dans les Hauts de La Réunion, en particulier au Tampon et dans les Hauts de Saint-Paul, au village de Petite France. La Réunion a longtemps exploité le géranium rosat pour produire une huile essentielle au parfum envoûtant. L'île de La Réunion est non seulement connue pour son volcan et sa nature, mais aussi par le savoir-faire de ses habitants. On y cultive deux plantes aromatiques qui font la renommée du pays : la vanille et le géranium rosat. Ce dernier a été découvert dans la région du Cap de Bonne-Espérance en Afrique du Sud.

Le géranium rosat fut introduit à l'île de La Réunion vers 1870. Sa culture et sa distillation pour en extraire de l'huile essentielle furent principalement développées par un fermier de la Plaine des Cafres, un certain Boisjoly Poitier, pour remplacer l'exploitation de la canne à sucre quand la France se mit à produire du sucre à partir de la betterave. Devant le succès de cette culture, d'autres pays se sont lancés dans la culture du géranium rosat, et la production réunionnaise s'est un peu réduite. L'île reste malgré tout un des plus grands producteurs d'huile essentielle de géranium avec la Chine, l'Égypte, le Maroc et les Comores toutes proches. Malheureusement, avec la mondialisation, la culture du géranium devient de moins en moins profitable pour les agriculteurs réunionnais. La culture du géranium tend malheureusement à disparaître.
Pourtant, la distillation est toujours faite de manière artisanale encore aujourd'hui et ce sont le plus souvent les récoltants qui la réalisent. Les producteurs se retrouvent dans les lieux de production historiques à Saint-Paul et au Tampon, mais aussi ailleurs dans les Hauts comme à Saint-Leu. L'engagement de jeunes comme Anne-Gaëlle à perpétuer ce savoir-faire est essentiel pour la survie de cette culture emblématique de l'île.