Le lombricompostage est une technique qui permet d’obtenir un fertilisant sous forme de terreau et de liquide très concentré, à partir des ordures biodégradables. La dégradation de ces déchets est effectué par des vers de compost. Les vers aussi appelés lombrics se nourrissent des épluchures de vos fruits et légumes, du marc de café ou encore des morceaux de papier, que nous leur apportons. Après ingestion et digestion, les vers évacuent le lombricompost. Il s’agit de matières fécales, de couleur noire ayant l’aspect de terreau et l’odeur de l’humus. Le lombricompostage est une gestion intelligente et écologique de ses ordures ménagères. En effet, le lombricomposteur permet de ne pas incinérer ses déchets biodégradables et donc de réduire son émission de CO2.

Les fondamentaux du processus de dégradation
Le lombricompostage, ou encore vermicompostage, est une méthode écologique de valorisation de nos déchets organiques : résidus de cuisine, fumiers, boues de station d'épuration… Le principe est simple, les vers de terre (lombrics) se nourrissent des déchets végétaux apportés : ils produisent des déjections sous forme d'un lombricompost, de la consistance du terreau mais aussi surtout un liquide fertilisant appelé « lombrithé » ou « thé de vert ».
Il n'y a pas de fermentation. Dans un composteur classique, l'étape importante, amenant les résidus à l'état de compost frais, est une dégradation aérobie intense : il s'agit essentiellement de la décomposition de la matière organique fraîche à haute température (50-70°C) sous l'action de bactéries. Dans un lombricompost, la transformation des déchets se fait à température ambiante, via le travail des vers, bactéries et autres organismes décomposeurs.
La nature de la biodégradabilité dans le lombricomposteur
La notion de biodégradabilité ici se réfère à la capacité des microorganismes et des vers de compost à assimiler la matière organique. Les déchets (débris végétaux du type épluchures de légumes et restes de repas, mais aussi cadavres d’animaux, déjections…) servent d'aliments aux micro-organismes (bactéries et champignons) et aux lombrics présents dans le lombricompost qui les mangent et les digèrent.
Seulement quelques espèces de vers sont utilisées pour le lombricompostage. C’est le cas de la famille des Eseinia. Eisenia fetida ou "ver du fumier", ou ver tigré. Rouge tigré de gris ou de jaune, il préfère les matières en décomposition. Eisenia endreï ou "ver de Californie" ou ver rouge. De couleur très rouge, il préfère les matières fraîches et contrairement à ce que son nom laisse entendre, il est originaire de nos contrées !
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Facteurs influençant la vitesse de dégradation
Pour assurer un fonctionnement optimal et éviter toute nuisance, il est essentiel de maintenir le lombricomposteur en équilibre. Cela passe par une gestion attentive de son contenu et de ses conditions de vie.
- L'aération : Pour une décomposition optimale des déchets, l’aération est très importante. Les organismes vivants dans un lombricomposteur ont besoin d'oxygène.
- L'humidité : L’humidité du lombricomposteur doit être bien régulée : suffisante pour le bon fonctionnement du système, mais sans excès.
- Le rapport Carbone/Azote : Ce rapport n'est pas important pour les vers, mais pour la composition finale du compost. En général, les déchets organiques ménagers sont riches en azote. Rééquilibrez avec des matières carbonées, car si vous n'avez pas suffisamment de vers, vos matières organiques risquent de se transformer en une pâte gluante et malodorante.
- La température : Les vers se plaisent dans des températures entre 5 et 30 degrés. La température de confort des vers se situe entre 15 et 25°C. Une température en dessous de 0°C et au-dessus de 35°C risque de leur être fatale.
Gestion des apports pour une efficacité maximale
Pour bien alimenter votre compost, l’idéal est de couper vos aliments pour qu’ils se compostent plus rapidement. Nous vous recommandons alors de faire des tranches d’environ 2 cm. Vous pouvez stocker vos aliments dans un récipient bien fermé, pour éviter les odeurs, et nourrir votre lombricomposteur 1 à 3 fois par semaine. Lorsque vous avez nourri votre compost, nous vous suggérons de recouvrir vos aliments de matières carbonées préalablement humidifiées et découpées (carton, essuie tout, serviette en papier journaux…).

Plus les déchets sont petits, plus vite ils se décomposent et mieux ils sont digérés par les vers. Les déchets fraîchement déposés en surface sont d’abord attaqués par un ensemble de micro-organismes, notamment les bactéries, les champignons, les collemboles et les acariens. Ce sont eux qui amorcent la décomposition. Ensuite, les vers interviennent en consommant les résidus issus de cette première transformation.
Les produits du lombricompostage
Outre le lombricompost, le lombricompostage produit du thé de compost ou lombrithé. Le percolat (matière liquide) est riche en nutriments, en molécules organiques non encore dégradées, et en micro-organismes décomposeurs bénéfiques. L'humus (matière noire, grumeleuse, humide au toucher) contient des minéraux nécessaires aux plantes, de l'acide humique (molécule qui encourage la ramification des racines et leur métabolisme) et des micro-organismes décomposeurs bénéfiques.
Il s'agit d'un système dans lequel des micro-organismes décomposeurs vont finir le travail de « digestion » des composés chimiques afin qu'ils soient plus facilement et directement disponibles pour la plante. L'intérêt d'effectuer ce travail de décomposition dans le biofiltre évite que la décomposition se déroule au niveau des racines des plantes et engendre des pourritures ou des carences.
Optimisation du cycle biologique
La lombriculture consiste à vendre des vers de fumier ou à commercialiser leur sous-produit à savoir : le lombricompost. Appuyée par un important battage médiatique, la lombriculture a également bénéficié de tout un courant écologique visant simultanément à éliminer naturellement des déchets organiques et à produire des amendements agricoles biologiques.
En lombricompostage, nous dit Cyril BORRON, les vers se reproduisent juste pour compenser les morts. En lombriculture, en revanche, on accélère la reproduction en enrichissant continuellement le substrat ; ils peuvent alors ingérer jusqu’à leur poids. L’abondance de nourriture fraîche les incite à s’accoupler, produisant des cocons d’où éclosent des vers juvéniles qui deviennent adultes au bout de trois mois.
Le lombricompost a un effet structurant du sol grâce à sa rétention en eau importante et au stockage de matière organique. Il augmente en outre la biodiversité du sol. On observe un effet sur les rendements dès la première année. L'andain que nous montre Vincent DUCASSE est un mélange de fumier de bovin et de biodéchets. Ceux-ci augmentent la teneur en NPK du fumier et sa richesse microbiologique. Le lombricompost ne brûle pas les racines mais pour définir les quantités à utiliser en agriculture, il est préférable de pratiquer une analyse de terre et une analyse du produit car la qualité du lombricompost varie, on s’en doute, en fonction des intrants.
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