Le Jardinage Amateur en Île-de-France : Un Engagement pour la Nature et le Lien Social

L'Île-de-France, et plus particulièrement Paris, est un terrain fertile pour le développement du jardinage amateur. Loin des clichés de la ville minérale, un réseau dense et dynamique de jardins partagés, d'initiatives écologiques et de lieux d'apprentissage s'épanouit, porté par des associations passionnées et des citoyens engagés. Ce mouvement répond à des aspirations multiples : renforcer le lien social, améliorer le cadre de vie, favoriser la biodiversité et adopter des pratiques respectueuses de l'environnement.

Carte des jardins partagés en Île-de-France

Les Jardins Partagés : Un Cœur Vert au Service de la Communauté

Au cœur de cette effervescence, l'association Graine de Jardins, créée en 2001, joue un rôle central en tant que tête de réseau francilienne des jardins partagés. Elle œuvre au renforcement du lien social, à l'amélioration du cadre de vie et bien plus encore. Faisant partie du réseau national « Le Jardin dans tous ses États » (www.jardins-partages.org), qui a élaboré la charte du Jardin en Partage, Graine de Jardins accompagne les associations dans la mise en place de ces espaces conviviaux. À Paris, les jardins partagés adhèrent à la charte du programme municipal Main Verte, qui énonce des valeurs communes essentielles : le renforcement des liens sociaux, la participation des habitants à l’aménagement de leur cadre de vie quotidien, la solidarité avec les personnes en difficulté, le respect de l’environnement et le partage.

L'Île-de-France compte une centaine de jardins partagés, dont 75 à Paris intra-muros et 20 en Seine-Saint-Denis, et Graine de Jardins en a soutenu un grand nombre dans leur développement. Ces chiffres témoignent de la vitalité de ce mouvement et de l'intérêt croissant des Franciliens pour une forme de jardinage collaborative et solidaire.

Un Jardinage Respectueux de l'Environnement

L'association Graine de Jardins se positionne clairement en faveur d'un jardinage respectueux de l'environnement. Elle propose des ateliers de jardinage écologique, où les participants se réunissent pour choisir un thème de saison. Ces ateliers sont à la fois visuels et manuels, permettant une approche concrète des pratiques durables. Conformément aux conventions, les associations n'ont pas le droit d'utiliser de produits phytosanitaires, encourageant ainsi l'adoption de méthodes naturelles. Pour accompagner cette démarche, un site internet avec des ressources sur le jardinage écologique a été mis en ligne, offrant aux jardiniers amateurs un accès facile à des informations précieuses.

Mon jardin en ville : les jardins partagés à La Ciotat

Innovations et Bonnes Idées en Jardinage Urbain

Le jardinage amateur en Île-de-France ne se limite pas aux parcelles traditionnelles. Des initiatives innovantes fleurissent, démontrant une grande créativité pour verdir les espaces urbains et répondre aux défis spécifiques de la ville.

Le Jardinage Hors-Sol : Verdir la Ville Minérale

Le jardinage hors-sol a permis de « renaturer » des espaces minéraux et ingrats, rendant fertiles des surfaces auparavant considérées comme stériles. Des exemples emblématiques incluent la dalle Hannah Arendt à Montreuil (93), un jardin situé sur le toit d’un gymnase rue des Haies dans le XXe arrondissement de Paris, ou encore le jardin Ecobox, installé sur le toit d’un parking souterrain, impasse de la Chapelle dans le XVIIIe arrondissement de Paris.

Le jardin Ecobox, par exemple, est composé de palettes de bois non traité, recouvertes de géotextile pour l'écoulement des eaux et d’une couche de 40 cm de terre végétale. Le principe du jardinage hors-sol est de favoriser la récupération et le recyclage sous toutes ses formes. Il permet d’utiliser des paniers, des coffres en bois et tout autre contenant de récupération. Laurence Baudelet, coordinatrice de Graine de Jardins, explique que l'association récupère, par exemple, les rouleaux de gazon utilisés dans les salons professionnels, ou les paniers en osier des légumes, jetés en fin de marchés.

Exemple de jardinage hors-sol sur un toit

Le « Kit du Jardin » : L'Accessibilité pour Tous

Une autre bonne idée est le « kit du jardin ». Ce kit est fabriqué à l'aide de trois palettes et permet aux personnes à mobilité réduite de jardiner à hauteur et en fauteuil, favorisant ainsi l'inclusion et l'accès au jardinage pour tous.

Biodiversité et Gestion des Déchets : Des Pratiques Essentielles

La préservation de la biodiversité et une gestion efficace des déchets sont des piliers du jardinage amateur en Île-de-France, avec des initiatives concrètes mises en place pour atteindre ces objectifs.

Favoriser la Faune Auxiliaire

Des opérations ont été mises en place pour favoriser la faune auxiliaire, essentielle à l'équilibre des écosystèmes. L'installation d'hôtels à insectes est une pratique courante, offrant des abris et des sites de reproduction à de nombreux pollinisateurs et prédateurs naturels de ravageurs. La création de mares, même de petite taille, a également montré son efficacité. À Paris, par exemple, 4 m² de mare ont suffi à attirer des libellules en seulement 3 semaines, illustrant l'impact positif de ces aménagements sur la biodiversité urbaine.

Compostage et Paillage : Réduire les Déchets et Enrichir les Sols

Le compostage et le paillage sont des pratiques encouragées pour réduire les déchets et améliorer la qualité des sols. Le compostage autonome permet aux jardiniers de transformer leurs biodéchets en un amendement riche pour leurs cultures. Un site dédié, compostaparis.fr, fournit des informations et des ressources pour les Parisiens intéressés par le compostage. Cependant, la distribution de composteurs à grande échelle n'est pas toujours la solution optimale, car l'accompagnement et la mobilisation d'un petit groupe de personnes sont cruciaux pour la réussite de la démarche. La bonne recette est simple : si l'envie est là, réunir quelques personnes et agir. Pour en savoir plus, le site www.jardinons-ensemble.org est une ressource précieuse.

Santé des Plantes et Qualité Environnementale : Défis et Recommandations

La santé des plantes, la qualité des sols et de l'eau, ainsi que l'exposition aux polluants sont des préoccupations majeures dans le contexte du jardinage urbain. Des études approfondies et des recommandations sont élaborées pour assurer des pratiques sûres et durables.

Veille Sanitaire et Ressources pour les Jardiniers Amateurs

Les Bulletins de santé du végétal (BSV) sont des synthèses précieuses pour la santé des plantes au jardin, fournissant des informations sur les maladies et ravageurs et les méthodes de lutte appropriées. Par ailleurs, de nouvelles plateformes sur les insectes pollinisateurs sont disponibles, offrant des ressources pour favoriser ces acteurs essentiels de la biodiversité. L'adage "La bonne plante au bon endroit" est familier à l'association Jardiner Autrement, soulignant l'importance de choisir des plantes adaptées aux exigences du milieu pour leur bonne santé et leur résilience.

Impact des Polluants et Recommandations pour la Santé

Dans le cadre de la sous-action 1 de l’action 2.1, des travaux ont été menés par le Cerema, l’Ineris et l’Inrae pour approfondir les connaissances concernant le transfert de polluants vers les plantes potagères et les sols, en lien avec les retombées atmosphériques, l’arrosage et les pratiques de jardinage. La revue de projets existants a montré que certains aspects restent peu étudiés, tels que la qualité des composts et des eaux d’irrigation, ainsi que la contribution de l’air aux transferts de polluants vers les végétaux.

Sur la base de cette revue et du retour d’expérience de l’Ineris, des recommandations d’aménagement ou comportementales sont préconisées afin de limiter l’exposition des populations. Il est crucial d'avoir une bonne connaissance des milieux et des habitudes des jardiniers pour fournir des recommandations adéquates et des mesures de gestion adaptées à chaque situation. La pérennité et la mémoire de ces recommandations sont essentielles pour réduire efficacement les expositions des jardiniers.

Distinction entre Jardinage Collectif Amateur et Agriculture Urbaine Professionnelle

L’Inrae, fort de son expérience d’enquêtes auprès de nombreux jardiniers amateurs et acteurs concernés, a réalisé un retour d’expériences sur les pratiques culturales. Un premier point est d’ordre terminologique : de nombreux services de l’État, associations et chercheurs s’accordent aujourd’hui pour distinguer le jardinage collectif amateur du monde de l’agriculture urbaine professionnelle. Les mesures de gestion de risques ne sont pas transférables d’un domaine à l’autre, car le monde professionnel peut être encadré, contrairement au monde des amateurs.

Un deuxième point souligne que, compte tenu de la pluralité et l’extrême variabilité des pratiques des jardiniers amateurs (y compris pour un même jardinier), il n’est pas possible de faire porter la gestion des risques sur leur seul comportement. Il est donc préférable de mettre en place ces usages sensibles dans des sites présentant les meilleures qualités environnementales possibles (sol, air, eau). Il est préconisé d’éviter le jardinage sur des sols aux contaminations supérieures à ce que l’on observe dans les terres agricoles, en accord avec les valeurs proposées par le Guide ARS (2022).

Le troisième point vise à concilier les multiples fonctions des sols urbains et des usages sécurisés. Lorsque les contaminations ne permettent pas un usage alimentaire, des alternatives (cultures ornementales, espaces de biodiversité, espaces de régulation thermique, hydrique, etc.) sont évaluées en prenant en compte la qualité des sols des sites concernés, afin de préserver la santé des populations et de développer une ville durable.

Le quatrième point met en lumière la nécessité de mieux évaluer la qualité de l’eau et la qualité des composts utilisés en jardinage, ce que confirme la synthèse bibliographique de l’Ineris.

Cartographie et Données sur les Sols Urbains

L’expertise historienne universitaire n’est ni suffisamment mobilisée dans les diagnostics historiques urbains, ni bien recensée dans les bases de données dédiées aux sols. Les données sur les sols (péri)urbains sont encore à développer, et leur accessibilité par les usagers et collectivités pose problème. La connaissance des sols urbains, y compris leur degré de contamination, est un préalable à tout aménagement de nature en ville, particulièrement lorsqu’un usage sensible (fréquentation de jeunes enfants, consommation de productions potagères cultivées en pleine terre) y est recherché.

Dans ce cadre, le Cerema a travaillé à la construction d’un système d’information géographique (SIG) permettant de représenter, à l’échelle de la tâche urbaine francilienne, un indice de pression polluante potentielle, en mobilisant les couches d’informations géographiques disponibles. Une seconde partie des travaux menés par le Cerema est liée à la capitalisation des données disponibles sur les sols en Île-de-France, leur structuration au sein d’une base de données et leur exploitation statistique et cartographique. La base de données a été structurée sur le modèle de la base de données des sols urbains (BDSolU) gérée par le BRGM.

Un travail de contextualisation des gammes de concentration en substances potentiellement polluantes des sols franciliens a été mené. Ces gammes de valeurs sont celles utilisées pour construire les valeurs repères du guide "Aménager un jardin collectif" (ARS - mai 2022). Différents producteurs de données (organismes de recherche, collectivités) ont été contactés afin d’échanger sur l’existence de données sur leur territoire, leur mise à disposition et les besoins de montée en compétence et de partage d’expériences autour des questions de gestion de la contamination des espaces de nature en ville. Un certain nombre de données ont été rassemblées et feront l'objet d'une première analyse. La question de l’accessibilité de ces données aux collectivités et usagers est également abordée, et un modèle de convention cadrant l’utilisation des données a été établi et signé par plusieurs collectivités. Pour rappel, l’ARS a publié un guide à l’attention des collectivités territoriales pour l’aménagement de nouveaux jardins collectifs.

Les Ateliers de Jardinage : Apprendre, Partager et Se Connecter

Les ateliers de jardinage en Île-de-France offrent une multitude de bienfaits, tant pour la santé physique et mentale que pour le développement des compétences et la sensibilisation à l'environnement.

Bienfaits des Ateliers de Jardinage

Participer à un atelier de jardinage à Paris ou en Île-de-France permet tout d’abord la réduction du stress et de l’anxiété. Jardiner offre une occasion de se détendre en travaillant avec les plantes et la terre. Ces ateliers améliorent également la santé mentale en réduisant les symptômes de dépression et en favorisant une attitude positive.

Ensuite, le jardinage est une activité physique à part entière. Il permet de renforcer ses muscles, d’améliorer sa souplesse et sa flexibilité, et de brûler des calories. Au-delà des aspects physiques, le jardinage contribue au développement de compétences spécifiques, telles que la planification de jardins, la culture de légumes et la gestion des sols.

De plus, l'atelier au potager favorise une meilleure sensibilisation à l’environnement et à la durabilité, en enseignant des pratiques respectueuses de l’environnement. Enfin, les ateliers de jardinage sont un excellent moyen de créer des liens sociaux, en permettant aux participants de travailler ensemble et de partager une passion commune.

Où Trouver des Ateliers de Jardinage en Île-de-France

De nombreux ateliers de jardinage sont disponibles en Île-de-France. Parmi eux :

  • Les Ateliers de Jardinage Urbain : Situés à Paris, ils proposent des ateliers pratiques pour apprendre à cultiver son propre jardin en ville.
  • Les ateliers de la Maison du Jardinage : Sous la responsabilité de la ville de Paris, cette maison organise des ateliers animés par un conseiller environnement et propose des conférences ou cours thématiques.
  • Les Jardins de Cocagne : Un réseau d’associations proposant des ateliers de jardinage et de maraîchage en Île-de-France.
  • Le Jardin des Plantes de Paris : Ce lieu emblématique propose également des formations et des ateliers thématiques.

Groupe de personnes participant à un atelier de jardinage

Les Jardins Publics de Paris : Des Trésors Botaniques et des Espaces de Détente

Le Jardin des Plantes de Paris est un lieu exceptionnel qui offre une diversité de jardins, chacun avec ses spécificités et son intérêt pour le jardinier amateur comme pour le promeneur curieux.

Les Carrés de la Perspective : Un Catalogue Vivant

Les cinq « carrés de la perspective », qui, entre une double allée de platanes, conduisent le regard à travers le Jardin des Plantes, sont en réalité rectangulaires. Leur nom dérive de leur usage : ce sont des carrés, ou carreaux, de culture. Respectant les principes du « jardin à la française » (ouverture de l’espace, symétrie, harmonie des formes…), ils composent une vaste perspective qui s’étire sur 480 mètres et 2,5 hectares entre les statues de Lamarck, côté Seine, et de Buffon, côté Grande Galerie de l’Évolution. C’est un lieu de promenade coloré, agréable et changeant, pendant toute la belle saison, grâce aux deux séries de plantations annuelles. Dès la fin de l'hiver, les plantes bisannuelles et les bulbes, plantés au mois de novembre de l’année précédente, y sont en fête. Puis les plantations du mois de mai nourrissent une magnifique floraison estivale. Sept cents variétés de plantes se relaieront pour maintenir l’éclat des plates-bandes de juin à octobre. Ce véritable catalogue vivant est le fruit d’un travail collectif réalisé avec des botanistes, des horticulteurs, des producteurs ou obtenteurs grainiers, tous unis pour promouvoir la connaissance des plantes ornementales de jardins. Une mine d’idées pour le jardinier amateur à court d’imagination !

Le Jardin des Plantes Ressources : De la Plante au Quotidien

Le Jardin des plantes ressources met en lumière l'importance des plantes dans notre quotidien. Un grand nombre de médicaments utilisés aujourd’hui proviennent directement ou indirectement de plantes médicinales utilisées traditionnellement, comme le romarin, qui possède des vertus antiseptiques, anti-oxydantes et purifiantes. On y trouve également des plantes textiles comme le lin, la ramie ou le sisal, ainsi que des plantes dites « tinctoriales », dont on extrait les pigments pour fabriquer des teintures, à l'instar du pastel, d'où l'on tirait autrefois le bleu-indigo.

Ce jardin présente également la diversité des cultures de plein champ (blé, orge, triticale…), des plantes utilisées par l’industrie du parfum (rose, iris, jasmin…), pour la cosmétique (millepertuis, saponaire, échinacée pourpre…), des plantes aromatiques et condimentaires (raifort, safran, livèche…), des potagères (lentille, arachide, quinoa…), des plantes à usage traditionnel, et d’autres aux vertus dépolluantes ou utilisées pour soigner les cultures au jardin.

L'École de Botanique : Apprendre l'Évolution Végétale

L’École de botanique est une école sans mur et à ciel ouvert, où amateurs et professionnels peuvent réviser leurs leçons de choses végétales. Elle présente au public et aux étudiants la diversité végétale de toutes les régions tempérées du globe, des plantes à fleurs aux fougères et aux mousses, des plantes herbacées naines aux arbustes. Une sélection au sein de chaque famille et genre est effectuée pour présenter les espèces les plus contrastées dans leurs aspects (diversité morphologique) et le maximum de lignées différentes (diversité évolutive).

L’arbre de l’évolution des plantes terrestres est présenté sur une « table d’orientation » au centre du jardin, mettant en évidence le lien entre l’histoire évolutive des plantes, la classification qui en découle, et la disposition des plantes dans les massifs. Quatre plates-bandes illustrent des phénomènes liés à l’évolution des plantes : Adaptation, Diversification, Convergences et Orientation de l’évolution.

Depuis la création du jardin en 1626, l’École de Botanique a été remaniée six fois, suivant les progrès de la systématique. Enfin, depuis 2010, la classification présentée à l’École de botanique est celle de l’APG (Angiosperm Phylogeny Group), groupe international de botanistes. Cette nouvelle classification, dite « phylogénétique », se veut le reflet exact de l’histoire de l’évolution des plantes, où chaque groupe de classification correspond à une branche de l’arbre de l’évolution, constituée d’un ancêtre et tous ses descendants.

Le Jardin Alpin : Un Défi de Jardinage au Cœur de Paris

En plein Paris, niché au cœur du Jardin des Plantes, le Jardin alpin rassemble plus de 2 000 espèces végétales montagnardes. L’ancêtre du jardin alpin fut créé en 1640. Il ne prendra sa forme actuelle qu’à partir de 1931, s'étendant sur près de 4 000 m2. Le Jardin alpin réunit des collections de plantes issues de régions de haute, moyenne et basse altitude de France et du monde, ainsi que quelques spécimens typiques de milieux écologiques particuliers, comme les tourbières.

La présentation des végétaux s’effectue en fonction de leur origine géographique ou de leurs affinités écologiques. Une des difficultés principales consiste à reconstituer artificiellement les conditions environnementales favorables à la vie des plantes collectées. Pour y parvenir, les jardiniers ont créé de véritables microclimats en tirant partie de la localisation du jardin. Sa conception en dépression, aux allées du Jardin des Plantes, forme un vallon de verdure protégé des vents desséchants, du froid intense et des grandes chaleurs. Cependant, certaines conditions naturelles s’avèrent délicates à recréer, comme le besoin de repos sans pluie en hiver pour les plantes de montagne. Certains végétaux du Jardin alpin sont donc recouverts de bâches dès l’automne pour simuler le manteau neigeux.

Ce lieu a une riche histoire scientifique, abritant notamment le pistachier, un des doyens du Jardin des Plantes, grâce auquel Sébastien Vaillant prouva l’existence de la sexualité végétale en 1718. Ce jardin n'est pas ouvert toute l'année.

Plantes alpines dans un jardin en ville

Le Jardin Écologique : La Biodiversité Francilienne en Miniature

Enclave de nature préservée au sein du Jardin des Plantes, le jardin écologique accueille la faune et la flore d’Île-de-France, représentant toute la diversité écologique du Bassin parisien dans ses quatre milieux forestiers et ses sept milieux ouverts. Créé en 1932, il a été conçu pour présenter les milieux naturels en Île-de-France, une région où l'Homme a joué un rôle considérable dans la formation des paysages.

Le Jardin écologique abrite une faune importante, sédentaire ou de passage, qui trouve ici un lieu privilégié pour se nourrir et se reproduire. Pour préserver sa tranquillité, l’intervention des jardiniers est la plus légère possible. Fragile, l’endroit n’est accessible qu’en visite guidée. Après une période de fermeture et de « nature sauvage » de 1960 à 1982, le jardin a rouvert en 2004 après des inventaires et des projets de rénovation. Cette parenthèse a permis à de nombreux insectes, mollusques, petits mammifères et oiseaux de prendre leurs aises.

Aujourd’hui, le jardin compte quatre milieux forestiers : une chênaie-frênaie sur sols calcaires, une chênaie-charmaie sur sols frais et riches, une chênaie-châtaigneraie sur sols acides et une ormaie sur sols nitratés et frais. La partie non forestière est constituée d’un champ cultivé en céréales selon des pratiques douces qui permettent la floraison du cortège des plantes messicoles : coquelicot, bleuet, nielle des blés… Pour créer ce jardin unique, il a fallu modifier les sols et rassembler des espèces selon leurs habitats préférentiels, chaque réaménagement étant réalisé de manière à déranger le moins possible la faune.

Au cours de la visite guidée, le promeneur traversera une prairie de fauche, une friche illustrant les différents stades de la reconquête spontanée par la flore d’un milieu abandonné par l’Homme. Il parcourra également les abords d’une lande et découvrira la végétation très particulière qui se développe dans les mares se formant sur les dalles de grès constituant les platières de Fontainebleau. Ces retenues d’eau sont temporaires, se créant dans les dépressions des rochers et s’asséchant en été. Plus loin, la vigne et son cortège d’espèces bulbeuses (gagée, ornithogale en ombelle, rare tulipe sauvage…) accompagneront le visiteur qui cheminera vers une nouvelle mare et ses berges humides, milieu fragile et riche en plantes protégées. Ce jardin n'est pas accessible en visite libre.

Le Jardin de Roses et de Roches : Une Ode à la Reine des Fleurs

Entièrement dédiée à la reine des fleurs, la roseraie habille avec délicatesse les abords de la galerie de Minéralogie. D’inspiration romantique, elle propose au visiteur une promenade parmi 390 espèces sauvages et variétés de roses, anciennes ou contemporaines.

La roseraie a été dessinée et plantée en 1990, avec pour fil conducteur l’histoire de ces fleurs cultivées depuis l’Antiquité. L’allée centrale, ombragée par des rosiers grimpants, s’ourle de massifs au fil desquels le promeneur découvre les couleurs et senteurs de variétés aux noms célèbres. Contrastant avec la délicatesse des fleurs, des roches s’intercalent entre les arbustes, écho extérieur des collections minéralogiques conservées dans le bâtiment mitoyen, témoignant de la diversité des roches de France.

Le lieu abrite à la fois des espèces botaniques, des roses anciennes (créées avant 1867) aux délicats parfums et des roses modernes (créées après 1867) aux superbes floraisons. Chaque année, les jardiniers de la roseraie assurent des formations gratuites sur la taille des rosiers à l’attention du public.

Le Jardin des Altérités : Un Voyage Botanique et Culturel

Le Jardin des Altérités raconte des histoires de voyage, de plantes et de sagas familiales. Une grande partie des fruits et légumes cultivés en France sont d’origine étrangère, comme le piment d’Espelette ou la pomme de terre, qui viennent d’Amérique. Ce jardin emmène les visiteurs sur la trace de plantes connues et moins connues, à la rencontre de l’Autre et de l’Ailleurs.

À travers six parterres thématiques, le Jardin des Altérités a été conçu pour représenter les façons dont s’articule la diversité biologique des plantes avec la diversité culturelle des humains. Il rassemble des espèces ayant voyagé par le monde, aujourd’hui intégrées dans les patrimoines culturels, culinaires, historiques et religieux de leurs pays d’arrivée. Il incarne un espace où différentes manières de penser les Ailleurs et les Autres peuvent se rencontrer.

Historiquement, les conquêtes ont favorisé l’appropriation, par les conquérants, de semences, de techniques et de savoir-faire autochtones. C’est ainsi que de nombreuses plantes se retrouvent aujourd’hui dans nos jardins et nos paysages.

Mon jardin en ville : les jardins partagés à La Ciotat

Les Alternatives aux Produits Chimiques pour les Jardiniers Amateurs

Depuis le 1er janvier 2019, les jardiniers amateurs n’ont plus accès aux produits chimiques de protection des plantes. En réponse à cette évolution réglementaire, FREDON Île-de-France a lancé en juin 2018 la charte « Jardiner en préservant sa santé et l’environnement ». Ce projet vise à accompagner les distributeurs de ces produits et leurs clients vers des solutions alternatives.

Les enseignes signataires s’engagent à exposer sur leur surface de vente différents supports de communication : fiches techniques, livrets, plaquettes, affiches, etc. Ces supports sont destinés à être consultés directement par le jardinier amateur et à apporter des informations sur les bonnes pratiques au jardin.

Par ailleurs, les vendeurs sont formés à la fois sur les risques que présentent les produits de protection des plantes et sur les outils disponibles pour répondre à l’ensemble des problématiques sanitaires rencontrées au jardin. Ils seront ainsi à même de conseiller au mieux les jardiniers. Enfin, les jardineries et enseignes signataires sont encouragées à organiser des animations avec l’appui de FREDON Île de France sur des thématiques concrètes rencontrées par les particuliers. Des événements comme la semaine du développement durable se prêtent à ce type d'animations en jardineries, offrant des opportunités d'apprentissage et de partage d'expériences.

Produits alternatifs pour le jardinage écologique

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