La Lixiviation et la Fertilisation : Comprendre et Optimiser la Gestion de l'Azote

La lixiviation, un phénomène naturel et un processus industriel clé, joue un rôle crucial dans la gestion des nutriments du sol, notamment l'azote, et a des implications significatives pour l'agriculture et l'environnement. En agriculture, la compréhension et la maîtrise de la lixiviation sont essentielles pour optimiser la fertilisation et minimiser les pertes de nutriments coûteux et polluants. Cet article explore en profondeur la lixiviation, ses mécanismes, ses impacts, et les stratégies pour une fertilisation azotée plus efficiente, en intégrant les connaissances historiques et les innovations contemporaines.

Schéma de la lixiviation des nitrates dans le sol

Qu'est-ce que la Lixiviation ? Définition et Distinction

La lixiviation est un processus par lequel un solvant, le plus souvent l'eau, extrait des substances solubles d'un matériau solide et les transporte. En pédologie et agronomie, la lixiviation correspond à l'entraînement, en profondeur dans la couverture pédologique et vers les aquifères, de substances dissoutes telles que les nitrates, les phosphates et les pesticides. Ce phénomène résulte des mouvements de la phase liquide du sol ou du substrat. Il est important de distinguer la lixiviation du "lessivage". Tandis que la lixiviation concerne uniquement les éléments solubles entraînés verticalement par infiltration après dissolution, le lessivage se réfère normalement au même processus appliqué à des particules solides non solubles. Ces deux termes ont longtemps été confondus et le sont encore souvent.

Des écrits anciens en agriculture, comme le "Booke of Husbandry" de J. Fitzherbert datant de 1525, mentionnent déjà l'existence de ce que nous appelons aujourd'hui la lixiviation : "And yf the lande be falowed in wynter tyme, it is farrre the worse, for the principal causes, one is, all the rayne that commeth shal washe the lande, and dryue awaye the donge, and the good moulde, that the lande shall be moche the worse." L'essentiel y est déjà : la pluie qui tombe sur le sol nu en hiver le lave et lui enlève le fumier et ce qu'il a de bon. Plus tard, au 18ème siècle, Angran de Rueneuve, en 1712, observe que les sels contenus dans les amendements descendent et tendent vers leur centre à cause de leur pesanteur, soulignant déjà le mouvement vertical des nutriments.

Historiquement, les premières analyses faites à Rothamsted en Angleterre ont révélé l'ampleur des pertes en composés azotés, principalement les nitrates, qui étaient alors rares et chers. Le lessivage des nitrates vers 1900 était reconnu comme étant produit par la minéralisation de l’humus du sol après la récolte, entraîné par les eaux excédentaires drainant en période hivernale, à une époque où les prélèvements par la végétation sont faibles. Les pertes étaient plus abondantes dans les sols peu épais et perméables, en l'absence de végétation (sol nu, jachère) et après labour ou épandage de fumier.

L'Azote : Un Élément Essentiel et Vulnérable

L'azote est souvent le premier élément minéral limitant le niveau de production dans les cultures, mais il est coûteux à produire pour l'industrie et le monde vivant. Mal géré, il peut polluer les cours d'eau et les nappes phréatiques. Un litre de pétrole est nécessaire pour produire un kilogramme d'engrais azoté pur, ce qui souligne l'importance économique de sa bonne gestion.

L'azote minéral, sous forme d'ions nitrates (NO3-), est très peu retenu dans le sol car il n'est pas retenu par la Capacité d'Échange Cationique (CEC), générée par le complexe argilo-humique chargé négativement. En revanche, l'azote sous forme organique peut être minéralisable par la faune microbienne du sol. C'est pourquoi il est essentiel de "recycler" l'azote pour limiter les pertes par lixiviation. Un couvert végétal, en pompant l'azote par ses racines et en le transformant en protéines, puis en le restituant au sol sous forme de matière organique, permet de retenir l'azote que l'eau entraînerait sans difficultés sur un sol nu. Les légumineuses offrent un avantage supplémentaire en fixant l'azote atmosphérique, enrichissant ainsi le sol.

Cycle de l'azote dans le sol et les plantes

Facteurs Influencant la Lixiviation des Nitrates

Plusieurs facteurs interconnectés influencent le ruissellement et la lixiviation des molécules en suspension (MES), notamment les nitrates et les pesticides, vers les eaux superficielles et souterraines.

Facteurs Pédologiques

Les caractéristiques du sol jouent un rôle majeur. Dans les sols sableux, les risques de lixiviation de l'azote sont plus élevés que dans les sols à texture fine (argiles, limons) qui stockent davantage d'eau et allongent le temps de percolation des nitrates. Plus le sol est drainant, plus les pertes par lixiviation sont importantes. La lixiviation est également plus prononcée dans les sols peu profonds, car les nitrates sont plus rapidement hors de portée des racines. Les sols riches en matière organique sont plus prédisposés à des pertes d'azote par lixiviation car la minéralisation de l'azote organique est plus intense. Un pH élevé est favorable à la minéralisation de l'azote sous forme de nitrates (nitrification), augmentant ainsi le risque de pertes lorsque cette minéralisation se produit en période d'inter-culture. Enfin, un reliquat élevé d'azote nitrique après la récolte des cultures augmente le risque de pertes par lixiviation, surtout pour des récoltes proches du début de la période de drainage.

Facteurs Climatiques

Les facteurs climatiques déterminent la fréquence et l'intensité des événements susceptibles d'entraîner l'azote et les pesticides hors de la zone racinaire. Le risque de lixiviation est important lorsqu'une pluie efficace (la pluie excédentaire qui contribue directement à la lixiviation et au ruissellement) survient entre la date d'épandage et le prélèvement par les cultures. Les lixiviations et les concentrations les plus importantes en nitrates s'observent généralement en automne lorsqu'il fait doux : la minéralisation est alors active, les pluies sont efficaces et les besoins des végétaux sont faibles ou nuls dans le cas des sols nus. Les années à automne doux et hiver humide sont des années de forte pollution nitrique en l'absence d'un couvert automnal qui absorbe l'azote disponible dans le sol. Une lame drainante élevée peut entraîner la lixiviation de la totalité de l'azote présent dans le sol en début d'automne.

Pratiques Agricoles

Les pratiques agricoles sont des facteurs majeurs sur lesquels il est plus facile d'agir pour limiter la lixiviation. Si un engrais est apporté à une période de faible besoin pour la culture, cet azote sera mobilisé par d'autres processus comme la lixiviation. Le travail du sol, en accroissant la porosité structurale du sol, augmente la minéralisation et donc la potentielle lixiviation des nitrates générés s'ils ne sont pas absorbés par un couvert. Cette minéralisation de la matière organique provoque une baisse du phénomène d'adsorption des pesticides et donc de leur rétention dans le sol.

Optimisation de la Fertilisation Azotée pour Limiter la Lixiviation

Chaque unité d'azote compte et doit être valorisée au mieux en l'apportant au bon moment. Des retards de semis à l'automne, des sols engorgés en hiver, des biomasses au tallage en retrait par rapport à la moyenne, sont autant de situations justifiant le recours à des outils, en complément de la mesure de reliquats azotés de sortie d'hiver (RSH), pour estimer la dose totale prévisionnelle. Ces outils aident à ajuster au mieux la dose prévisionnelle d'azote, calculée pour assurer rendement et qualité optimale, en fonction des objectifs de production. L'impasse d'apport au tallage peut être recommandée dans certaines conditions, si les conditions d'absorption d'azote et de croissance ont été très favorables.

Calendrier des Apports

Pour le blé, les besoins en azote sont relativement faibles durant le tallage mais augmentent fortement durant la montaison. Il est fondamental d'estimer l'azote fourni par le sol avec la mesure du RSH et de le coupler à des OAD pour estimer l'azote déjà absorbé. Le deuxième apport, autour du stade épi 1 cm, est l'apport principal pour garantir le rendement. Il est donc crucial de bien le valoriser, en intégrant les conditions météorologiques permettant la valorisation par la plante des apports d'azote. Le dernier apport contribue grandement à la teneur en protéines des grains mais aussi au rendement. Si la dose totale à apporter est faible, il est préférable de réduire les deux premiers apports, voire de faire l'impasse sur le premier apport au tallage dans les cas où le niveau de reliquats en sortie d'hiver est satisfaisant.

Outils de Pilotage et Modulation des Doses

En cours de campagne, des outils de pilotage visent à ajuster la dose d'azote à apporter en fin de cycle, en fonction du potentiel de production. Leur principe de fonctionnement s'appuie généralement sur la mise en réserve préalable d'une partie de la dose totale d'azote. La décision de l'apport de cette mise en réserve, ou d'une fraction de celle-ci, s'appuie sur un diagnostic de l'état de croissance et/ou de nutrition azotée du couvert courant montaison. Ce diagnostic permet de revoir à la hausse ou à la baisse les besoins en azote de la culture au regard du potentiel de production actualisé et des objectifs de qualité (concentration en protéines des grains). Certains outils permettent également de moduler la dose d'azote du dernier apport à une échelle intraparcellaire, bénéficiant ainsi aux parcelles les plus hétérogènes.

Capsule 6 - La lixiviation pour extraire les minéraux

Minimiser la Volatilisation Ammoniacale

La volatilisation de l'ammonium contenu dans les engrais en gaz ammoniac est une source de pollution et diminue la marge de production. Ce phénomène est favorisé par les sols dont le pH est supérieur à 7,5, les conditions chaudes, sèches et venteuses. Il peut intervenir tant que l'azote apporté n'a pas migré dans les couches inférieures du sol sous l'action de la pluie.

La volatilisation ammoniacale est drastiquement réduite quand les engrais sont enfouis, même superficiellement (5 cm), ou lorsque les apports sont réalisés avant un épisode pluvieux significatif (10 à 15 mm dans les 30 jours suivant l'apport). L'addition d'inhibiteur(s) d'uréase est également efficace pour limiter les pertes par volatilisation. Chez le blé, les urées additionnées de NBPT ou de NBPT + NPPT s'avèrent même un peu plus efficaces, en sols calcaires, que l'ammonitrate pour le rendement, et ces deux formes s'équivalent pour le taux de protéines. En revanche, les performances des solutions azotées restent très inférieures à celles de l'ammonitrate, même additionnées d'inhibiteurs d'uréase, car la volatilisation n'est pas le seul vecteur de la baisse d'efficience.

Une autre voie pour contenir la volatilisation consiste à enrober l'engrais. Les urées enrobées, ou « engrais protégés », libèrent l'azote minéral progressivement pendant le cycle de la culture, limitant ainsi la quantité d'azote directement exposée au risque de volatilisation. De plus, cela peut permettre de s'affranchir en partie du fractionnement et d'économiser ainsi un passage d'épandeur, et donc du carburant.

Choix de la Forme d'Azote et Efficacité

Le choix de la forme d'azote est important car il impacte le rendement mais aussi la qualité de la récolte. De nombreuses études sur les céréales montrent que l'ammonitrate est plus efficace que l'urée et les solutions azotées (non adjuvantées ou non enrobées) en termes d'efficience d'absorption de l'azote. En blé tendre, l'ammonitrate et l'urée donnent des rendements similaires lorsque les conditions de valorisation de l'azote sont favorables. Cependant, l'urée est moins efficace pour assurer une teneur en protéines conforme aux exigences du marché (-0,23 point de protéines par rapport à l'ammonitrate).

Les solutions azotées sont moins performantes. Elles entraînent en moyenne une perte de rendement de -3,3 q/ha et une diminution de 0,58 point de protéines par rapport à l'ammonitrate. Cette inefficience est liée, très probablement, à une plus forte organisation de l'azote par les micro-organismes du sol ou à des pertes par lixiviation accrues.

Engrais Foliaires

Certains engrais azotés se pulvérisent sous forme foliaire (urée, nitrate d'ammonium, amides ou urées polymérisées). Une étude d'Arvalis montre qu'à dose totale d'azote équivalente, une stratégie ammonitrate à deux premiers apports complétée par des engrais foliaires aux doses recommandées par les fournisseurs au stade « dernière feuille » est égale, en termes de rendement, à une stratégie 100 % ammonitrate. Toutefois, la plupart de ces engrais sont préconisés par les fabricants à des doses de 20 à 100 L/ha, ce qui correspond à des apports de 6 à 20 kg/N/ha, insuffisants pour les besoins en fin de montaison.

Ainsi, en raison des faibles doses d'azote que permettent d'apporter des engrais foliaires appliqués en fin de cycle, les deux premiers apports doivent être plus conséquents que dans une stratégie 100 % ammonitrate classique pour avoir une dose d'azote totale équivalente. Cette différence de répartition de l'azote au cours du cycle génère une teneur en protéines inférieure de 0,5 % pour la stratégie « apports foliaires » par rapport à la stratégie « 100 % ammonitrate ».

Biostimulants

Plusieurs biostimulants revendiquent une amélioration de la nutrition azotée des cultures par le biais de la fixation de l'azote atmosphérique par des bactéries rhizosphériques ou colonisant les feuilles des cultures. Toutefois, les essais d'Arvalis et de nombreux partenaires (chambres d'agriculture, coopératives et négoces), dans une large gamme de contextes pédoclimatiques et en conditions légèrement limitantes en azote, n'ont révélé aucun gain significatif en termes de rendement ou de qualité (taux de protéines).

Tableau comparatif des types d'engrais azotés

Gestion de l'Azote des Digestats et Potentiel de Lixiviation

L'introduction de cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE) dans la rotation est une spécificité des systèmes de culture avec méthanisation qui peut induire une modification des flux de carbone et d'azote et avoir un impact sur la lixiviation des nitrates. La lixiviation de nitrates est l'entraînement sous forme dissoute des ions NO3-, par l'eau qui draine à travers le sol jusqu'aux nappes phréatiques et eaux de surface. Pour aboutir à une situation à faibles risques de pertes, il faut avoir une faible quantité d'azote nitrique disponible dans le sol avant tout épisode de drainage.

Le choix de la période d'apport est à déterminer en fonction des périodes de besoin en azote des cultures, des formes d'azote du produit à épandre et des possibilités techniques d'épandage. Tout apport excessif est susceptible d'être perdu par lixiviation pendant l'automne-hiver. Les formes d'azote (ammoniacal et organique) et le rapport C/N des digestats et de tout produit organique sont les propriétés qui vont conditionner le potentiel de lixiviation des nitrates. Elles sont d'ailleurs prises en compte pour établir les calendriers d'épandage réglementaires (Directive Nitrates).

La fertilisation à partir de produits à C/N élevé (plutôt organiques) ou à C/N faible (plutôt minéraux) est toujours une source de nitrates. Son effet peut être limité par le choix des périodes d'épandage : pendant la culture pour les produits à libération directe d'N (faible C/N, type lisiers) ; bien avant l'implantation de la culture pour les produits à organisation puis libération d'N (fort C/N, type fumiers). Les fractions solides des digestats comportent des fractions d'azote organique et de C/N plus élevées que les digestats bruts ou les fractions liquides. Les fractions solides sont donc des produits de type fumier, à apporter bien avant l'implantation de la culture. Les digestats bruts ou les fractions liquides sont des produits de type lisier à épandre pendant ou juste avant l'implantation de la culture. À pratique d'épandage similaire et à quantité d'azote efficace identique, les digestats présentent globalement un risque de lixiviation similaire aux fertilisants organiques classiques. Les points clés à maîtriser sont une bonne connaissance de leur composition, et la précision et la régularité de la dose apportée. Il reste que plus la part organique de l'azote est importante, plus sa minéralisation est soumise aux imprévus des aléas climatiques pendant la période d'ouverture du bilan et après.

Bonnes Pratiques pour Réduire les Pertes d'Azote par Lixiviation

Pour minimiser les risques de lixiviation et optimiser l'utilisation de l'azote, plusieurs bonnes pratiques agricoles sont recommandées :

  • Connaître son digestat : Effectuer une analyse de laboratoire ou consulter les fiches digestats pour connaître les formes d'azote et le rapport C/N.
  • Ajuster la dose d'épandage : Bien prendre en compte la teneur en azote du digestat et les fournitures par le sol. Tout apport excessif sera perdu par lixiviation.
  • Coordonner les apports : Faire correspondre au mieux les doses et périodes d'apport aux périodes de croissance de la culture.
  • Valoriser les digestats liquides et bruts : L'azote de ces digestats étant rapidement disponible, l'utiliser aux périodes de forts besoins des cultures, comme les céréales d'hiver (premier apport en sortie d'hiver pour limiter la volatilisation) ou juste avant le semis du maïs.
  • Gérer les fractions solides : Les fractions solides sont à apporter bien avant l'implantation de la culture (février-mars pour le maïs), afin d'éviter un effet dépressif et d'anticiper la dynamique de libération de l'azote.
  • Éviter les épandages automnaux : Particulièrement pour les céréales et les digestats bruts/liquides, avant le début de la période de drainage.
  • Favoriser les techniques d'épandage à faibles émissions d'ammoniac : L'enfouissement rapide et l'injection optimisent la valorisation de l'azote par la culture et limitent indirectement le risque de pertes par lixiviation.
  • Assurer une bonne répartition : Une répartition homogène des digestats sur les parcelles est cruciale.
  • Réduire les reliquats d'azote : Laisser le moins de reliquats d'azote possible avant le début de la période de drainage, en implantant par exemple un couvert efficace (CIPAN ou CIVE) capable d'absorber la minéralisation du sol en automne.
  • Optimiser la récolte des CIVE : Ne pas récolter tardivement la CIVE d'hiver et/ou revoir la gamme de précocité du maïs pour ne pas pénaliser le développement du maïs et diminuer les reliquats d'azote dans le sol à l'automne.

Ces bonnes pratiques sont d'autant plus importantes à respecter lorsque la parcelle est à risque (par ses caractéristiques du sol, sa position dans le versant et/ou à forte lame drainante). En zone vulnérable, il faudra respecter obligatoirement la Directive nitrates.

Impact Environnemental de la Lixiviation

Au-delà de l'impact agricole, la lixiviation a des conséquences environnementales importantes. La contamination des eaux souterraines est une préoccupation majeure, car les solutions de lixiviation peuvent s'infiltrer dans les nappes phréatiques, polluant l'eau potable. La lixiviation acide peut provoquer des écoulements acides miniers, détruisant les écosystèmes aquatiques. Les opérations de lixiviation en tas nécessitent souvent une grande superficie, impactant les habitats naturels. Enfin, les procédés de lixiviation consomment souvent de grandes quantités d'eau, ce qui peut mener à l'épuisement des ressources locales.

Un calcul prudent et des mesures d'atténuation sont nécessaires pour minimiser ces effets, tels que l'utilisation de méthodes de recyclage de l'eau et de traitement des effluents avant rejet. Les innovations récentes se tournent vers la bio-lixiviation pour minimiser l'empreinte carbone de l'industrie. En utilisant des bactéries et des plantes pour extraire les métaux, les rejets toxiques sont réduits et l'utilisation de produits chimiques nocifs est limitée. La "phyto-lixiviation" tire parti de certaines plantes hyperaccumulatrices capables d'extraire et de concentrer les minéraux du sol, transformant ainsi la lixiviation en un processus durable.

Infographie sur les impacts environnementaux de la lixiviation

La Lixiviation dans l'Industrie Minière : Un Processus Essentiel

En dehors de l'agriculture, la lixiviation est un processus fondamental dans l'industrie minière pour extraire des substances solubles d'un solide en utilisant un liquide. Ce procédé est essentiel dans la séparation et la récupération des métaux précieux, mais aussi dans le traitement des sols contaminés.

Comprendre la Lixiviation Industrielle

La lixiviation, dans ce contexte, est le processus par lequel un solvant (généralement de l'eau, un acide ou une base) extrait des solutés spécifiques d'un matériau solide. Il existe plusieurs types de lixiviation, chacun adapté à des besoins spécifiques :

  • Lixiviation acide : Utilise des acides comme solvants, souvent pour extraire des métaux tels que le cuivre et l'or. Par exemple, pour extraire le cuivre d'un minerai, une lixiviation acide est souvent utilisée. Le cuivre oxydé est dissous par une solution acide selon l'équation chimique : [ CuO + 2HCl \rightarrow CuCl2 + H2O ] Le produit CuCl2 obtenu peut ensuite être électrolysé pour obtenir du cuivre pur.
  • Lixiviation alcaline : Utilise des bases fortes, notamment pour le traitement des minerais d'aluminium. Dans le processus Bayer, l'hydroxyde de sodium est utilisé pour extraire l'alumine de la bauxite selon l'équation : [ Al2O3 + 2NaOH + 3H2O \rightarrow 2NaAl(OH)4 ]
  • Lixiviation biologique : Fait appel à des micro-organismes pour extraire des métaux à partir de minerais.

Étapes du Processus de Lixiviation Industrielle

Le processus de lixiviation peut être divisé en plusieurs étapes distinctes :

  1. Préparation du matériau : Le matériau solide est souvent broyé pour augmenter sa surface de contact.
  2. Mélange : Le solide et le liquide (solvant) sont mélangés, permettant au solvant de pénétrer le solide.
  3. Séparation : Le solide est séparé du liquide, qui contient maintenant les solutés extraits.
  4. Élimination des impuretés : Le mélange liquide est purifié pour éliminer les substances indésirables.

Pour l'extraction d'or par lixiviation, le minerai est broyé en particules fines. Une solution de cyanure est ajoutée pour dissoudre l'or selon l'équation chimique : [ 4Au + 8NaCN + O2 + 2H2O \rightarrow 4NaAu(CN)_2 + 4NaOH ] L'or dissous est ensuite séparé du résidu de minerai et purifié par des méthodes chimiques supplémentaires.

Applications et Innovations

La lixiviation est utilisée non seulement dans l'industrie minière, mais aussi dans des domaines variés comme le recyclage de batteries, la récupération d'uranium et même dans le secteur pharmaceutique. La recherche continue d'améliorer les processus traditionnels, notamment en recourant à la bio-lixiviation, où l'emploi de micro-organismes permet un mode d'extraction plus respectueux de l'environnement. Des bactéries telles que Acidithiobacillus ferrooxidans oxydent le fer ferreux pour solubiliser les sulfures métalliques, réduisant ainsi l'empreinte écologique. L'équation suivante exemplifie la réaction biologique : [ 2Fe^{2+} + 2H^+ + 1/2O2 \rightarrow 2Fe^{3+} + H2O ]

Conclusion Partielle

La lixiviation, qu'elle soit un phénomène naturel dans les sols agricoles ou un processus contrôlé dans l'industrie minière, est un concept complexe aux multiples facettes. Sa compréhension approfondie est cruciale pour une gestion durable des ressources naturelles, la protection de l'environnement et l'optimisation des rendements agricoles et industriels. Les avancées scientifiques et technologiques offrent de nouvelles perspectives pour maîtriser ce processus et atténuer ses impacts négatifs, tout en maximisant ses bénéfices.

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