Les maladies du prunier en Sologne : Comprendre, prévenir et gérer pour des récoltes saines

Le prunier, bel arbre fruitier, bien que facile à cultiver et peu exigeant, peut être atteint par diverses pathologies, plus ou moins graves. La plupart sont dues à des champignons, mais les pucerons et un déséquilibre cultural peuvent également entraîner des maladies chez le prunier. La prévention est comme toujours la meilleure solution, pour respecter la Nature et la biodiversité. Dans des régions comme la Sologne, où les conditions climatiques peuvent favoriser certains pathogènes, une vigilance accrue est essentielle pour garantir la santé des vergers et la qualité des récoltes. Ce qui frappe souvent les producteurs, c'est que la plupart des problèmes sanitaires ont une origine commune : un arbre affaibli ou un milieu déséquilibré. Un prunier en bonne santé dans un milieu adapté se défend naturellement contre la plupart des agents pathogènes. Ce n’est pas une question de chance - c’est une question de conditions. Un sol bien drainé, un arbre bien aéré, une variété adaptée au terrain, pas d’excès d’azote : ces facteurs font une différence réelle sur la résistance sanitaire de l’arbre.

Arbre prunier sain et vigoureux

Les maladies cryptogamiques : Des champignons à surveiller

Les maladies cryptogamiques, causées par des champignons, sont parmi les plus fréquentes et les plus préjudiciables pour les pruniers. Elles se développent particulièrement bien dans l'humidité, rendant les printemps pluvieux et les étés frais et humides des périodes à risque élevé.

La rouille du prunier : Un fléau des feuilles

La rouille du prunier est une maladie à champignon, causée par le pathogène Tranzschelia pruni-spinosae, et également par Tranzschelia discolor. Cette maladie sévit surtout lors de printemps pluvieux, favorisée par les pluies contaminatrices des mois d’avril et de mai. Mal maîtrisée, elle peut entraîner une défoliation précoce des arbres, dès début août. Les symptômes les plus facilement repérables sont des taches jaune orangé visibles sur la face supérieure des feuilles, qui correspondent aux amas de spores brun violacé déposés sur leur envers. En cours de végétation, on voit apparaître à la face supérieure des feuilles, des taches angulaires décolorées jaune-orangé réparties au hasard sur le limbe. Elles peuvent apparaître le long des nervures, en bordure du limbe ou de manière diffuse sur l'ensemble de la feuille.

La rouille du prunier se manifeste également sous forme de petites pustules de couleur rouille à brun foncé sur la face inférieure des feuilles et de petites nécroses jaunes sur leur face supérieure. Les spores sont présents également sur les branches basses et sur les éventuels rejets de souche. Peu à peu les taches se crevassent, l’épiderme des feuilles devient gris plomb. La conséquence de la présence de ce champignon est un arrêt de la production de lignine et la chute des fruits et des feuilles. Cette maladie concerne en fait tous les arbres fruitiers du genre Prunus (pêcher, cerisier, abricotier, amandier…). Chez le pêcher, on peut parfois observer des fissures sur l’écorce renfermant une poudre orangée. Sur abricotier et pêcher, des pustules brunâtres peuvent apparaître sur les fruits à l’approche de la maturité. Une chute précoce des feuilles peut avoir lieu en été en cas d’infection sévère.

Sur les pruniers d'Ente atteints, l'indice réfractométrique des fruits reste très bas : 15 à 17 °Brix, contre 21 préconisés au minimum pour déclencher la récolte. Cela se traduit par un mauvais rendement vert/sec au séchage. Cette maladie nuit aussi au bon aoûtement des bois et surtout à la constitution des réserves. Dans certains cas, le stress provoqué par la chute précoce des feuilles peut induire des débourrements et des floraisons prématurés en octobre/novembre. Incidence et gravité de la maladie peuvent varier d'une parcelle à l'autre.

Feuille de prunier avec symptômes de rouille

La rouille du prunier est hétéroxène, c'est-à-dire qu'elle a besoin de deux hôtes de nature botanique différente pour réaliser son cycle complet : Prunus (prunier, pêcher, abricotier, amandier) puis anémone sauvage ou cultivée. Cependant, l'anémone n’est pas ou peu présente dans le sud-ouest de la France, le cycle de la rouille devient autoxène : le champignon arrive à compléter son cycle sur un seul hôte, le prunier. Cette capacité est due à la longévité remarquable des urédospores libres qui résistent aux rigueurs de l’hiver sur et dans les feuilles mortes. Une seconde forme de conservation hivernale de la rouille du prunier existerait. Le champignon pourrait persister sous forme mycélienne dans les rameaux. Au printemps, le mycélium permettrait la formation d'urédospores qui seraient libérées au travers des lenticelles du bois. Il faut environ 67 jours dans le Sud-Ouest entre les contaminations des feuilles et l'apparition des premières taches sur l'épiderme. Les urédospores mûres formées sur les lésions sont à leur tour dispersées et assurent des contaminations secondaires sur les feuilles voisines. La rouille du prunier est une maladie polycyclique, ainsi plusieurs autres cycles vont se succéder plus ou moins rapidement au cours de la saison, favorisant une propagation rapide de la maladie sur les arbres et dans les vergers.

Pour lutter contre la rouille, le purin de prêle est couramment utilisé pour ses propriétés antifongiques. Il est également essentiel d'évacuer dès qu’elles tombent au sol les feuilles du prunier afin que les spores soient éliminées du jardin. Irriguer juste après la chute des feuilles afin d'humidifier le sol permettra de favoriser la décomposition des feuilles et d'éliminer des spores. De plus, certaines plantes herbacées (anémones, renoncules) sont des hôtes intermédiaires du champignon - il est donc conseillé de limiter leur présence à proximité des pruniers. Des applications de soufre en préventif en été peuvent freiner le développement sur les variétés très sensibles.

La moniliose : Quand les fleurs et les fruits brunissent

La moniliose, causée par les champignons Monilia fructigena et Monilia laxa, se manifeste de deux façons sur prunier. Au printemps, on observe un dessèchement des fleurs et des jeunes rameaux qui brunissent sans tomber - on parle de « dessèchement des rameaux ». Les fleurs se flétrissent brutalement, comme brûlées. En été, elle provoque la pourriture brune des fruits couverts de pustules grisâtres. Au début, ces organes prennent des teintes mauves, qui brunissent peu à peu. Les fruits se tachent de cercles de pourriture brune et molle avant de se momifier. Les jeunes feuilles se dessèchent mais en restant attachées à l’arbre. Les rameaux touchés montrent une écorce rougissante qui se crevasse en forme de fente ou de cercle pour laisser apparaître le bois nu. Ces plaies sont des chancres à Monilia. Les fruits momifiés restent accrochés à l’arbre et constituent le principal réservoir du champignon. Comme pour la plupart des champignons, c’est un temps humide au printemps et en été qui favorise leur développement.

Fruits de prunier atteints de moniliose

Pour lutter contre la moniliose, il est important de planter les pruniers à bonne distance (4,5 m) les uns des autres et d'aérer leur ramure régulièrement afin de faciliter la circulation de l’air. Le choix de variétés résistantes est également une mesure préventive efficace. Il est conseillé d'éviter les fertilisants riches en azote. La pulvérisation de cuivre ou d’argile complémenté avec du soufre peut être utile. Les parties atteintes doivent être supprimées et détruites. Il est impératif de ramasser et de détruire les fruits momifiés - en été et à l’automne. La taille des rameaux desséchés doit se faire à 15-20 cm sous la zone nécrosée. Éviter les blessures sur les fruits (insectes piqueurs, grêle, frottements) est crucial car elles constituent des portes d’entrée directes pour le champignon. La bouillie bordelaise appliquée en préventif à la floraison limite les contaminations dans les contextes humides.

La cloque du prunier : Les "pochettes" déformées

La cloque du prunier est surnommée la maladie des pochettes. Cette maladie est provoquée par le champignon Taphrina pruni. Les prunes prennent une teinte blanche et se déforment, restent plates et sans noyaux. Les fruits sont déformés et chétifs, prennent une forme allongée, courbée et jaunissent. Ils se recouvrent ensuite d’une pruine blanchâtre. En ouvrant les fruits, on constate qu’ils sont creux et sans noyau. Les feuilles peuvent aussi être déformées sur les rameaux touchés. C’est une maladie fongique qui se développe lors des floraisons fraîches et humides. Un printemps froid et humide est idéal pour ce champignon qui contamine le prunier très tôt, via les fleurs.

Pour lutter contre la cloque, il faut ramasser immédiatement tous les fruits au sol et les détruire, ainsi que supprimer tous les fruits atteints dans l'arbre. Dès la sortie de l’hiver, au débourrement, il est recommandé d'appliquer de la bouillie bordelaise à petite dose, puis de renouveler le traitement fongicide avec une décoction de prêle une fois que les pétales sont tombés. Le champignon hiverne dans les écailles des bourgeons : une application de bouillie bordelaise à l’automne (chute des feuilles) et au débourrement est la mesure préventive la plus efficace. Il est important de tailler pour aérer la couronne - l’humidité stagnante favorise le développement. Une année de cloque sévère affaiblit l’arbre mais ne le tue pas - un arbre vigoureux récupère bien.

Cloque du pécher, c'est maintenant ou jamais ! ( techniques et traitements préventifs pour lutter )

Le coryneum ou criblure : Des feuilles trouées

Le coryneum (Coryneum beijerinckii ou Wilsonomyces carpophilus), aussi appelé criblure, se signale par la présence de taches rondes, rouge violacé, sur la face supérieure des feuilles (notamment le long de la nervure centrale) et sur les branches du prunier. Il est considéré comme une maladie foliaire. Celles-ci prennent ensuite une couleur rougeâtre et, il se forme finalement dans les feuilles de nombreuses petites perforations bordées de rouge. Le nombre de perforations indique la gravité de l'attaque. Le champignon se développe suite à des pluies froides en été, suivies par des réchauffements. C’est au cours de l’été que la maladie peut apparaître, généralement après la récolte. En progressant, ces taches se nécrosent, tombent et donnent à la feuille un aspect criblé. Les feuilles jaunissent puis chutent rapidement, ce qui peut affaiblir l’arbre si l’attaque est marquée. L’écorce peut parfois exsuder de la gomme. Il peut aussi atteindre les fruits (petites taches liégeuses) et les rameaux (chancres superficiels). C’est l’une des maladies fongiques les plus fréquentes sur prunier et mirabellier. Elle se développe par temps humide, notamment au printemps et à l’automne.

Pour lutter contre le coryneum, il est crucial d'éliminer immédiatement les feuilles tombées au sol. Il est également recommandé d'apporter de l’eau aux pruniers, plus particulièrement lorsque la maturation des fruits est proche. La même protection que contre la cloque peut être utilisée. Appliquer du cuivre à faible dose (3 à 5 g par litre) est une méthode de traitement. Une application de bouillie bordelaise à la chute des feuilles et au débourrement est la mesure préventive de référence. Un arbre bien aéré (taille régulière) résiste naturellement mieux à la criblure.

La tavelure : Taches et craquelures sur fruits et feuilles

La tavelure, causée par le champignon Cladosporium carpophilum, atteint principalement les fruits mais les rameaux et les feuilles sont également touchés. Les symptômes apparaissent dès la fin du printemps, des petites taches circulaires sur les 2 faces des feuilles, qui finissent par se craqueler. Sur les rameaux, des taches gris ardoise apparaissent mais sont difficilement repérables. Sur les fruits, des taches liégeuses bien délimitées peuvent nuire à leur aspect et à leur développement. Ce champignon est favorisé par un temps humide et frais.

Pour lutter contre la tavelure, les mêmes mesures que pour lutter contre la cloque peuvent être appliquées.

L'oïdium : Un feutrage blanc révélateur

L’oïdium se reconnaît immédiatement à son feutrage blanc, farineux, qui se développe principalement sous les feuilles. L’arbre pousse alors plus lentement et sa vigueur diminue. Les fruits, parfois touchés, restent petits ou déformés. Ce champignon provoque des amas farineux blancs sur la face inférieure des feuilles. C’est une maladie à l’origine d’un champignon, sa propagation est donc favorisée par un microclimat humide.

La maladie du plomb : Une teinte gris vert métallique et un dépérissement

La maladie du plomb, causée par le champignon Chondrostereum purpureum, est très dangereuse pour les pruniers qu’il peut détruire. C’est via les plaies de taille que ce champignon pénètre dans les tissus de l'arbre. Certaines feuilles prennent une teinte gris vert métallique dès le débourrement, puis cela s’étend au prunier entier. Ce symptôme progresse d’année en année, gagnant l’ensemble de la ramure. Les branches touchées ont une croissance ralentie. En quelques années, le prunier peut totalement dépérir.

Pour lutter contre la maladie du plomb, il est impératif de protéger les plaies de taille. Il est également conseillé de ne pas garder de vieilles souches et de les brûler. Une fois que l’arbre est atteint, il n’y a pas de traitement possible.

Illustration des maladies fongiques courantes du prunier

Les maladies virales : La menace invisible

Les maladies virales sont particulièrement insidieuses car elles sont souvent incurables et peuvent se propager rapidement, nécessitant des mesures drastiques.

La sharka : Le virus redouté des vergers

La sharka (Plum pox virus, PPV) est la maladie virale la plus grave des fruitiers à noyau. Elle se reconnaît à des anneaux ou des marbrures chlorotiques sur les feuilles, et à des taches en anneaux sur la chair des fruits qui rendent ceux-ci inconsommables - déformés, amers, tombant prématurément. Les prunes bleues chutent prématurément. Elle est transmise par les pucerons et se propage rapidement dans un verger. Les symptômes sont visibles sur le feuillage et les fruits. Les feuilles se décolorent et présentent des taches rondes jaune clair. Les fruits se déforment et présentent des nécroses, avec des sillons plus ou moins profonds et des anneaux décolorés. La qualité des fruits est affectée, avec un défaut de maturité, un déficit en sucres et une forte acidité.

C’est une maladie à déclaration obligatoire en France. Il n’existe aucun traitement curatif. En cas de suspicion, il faut contacter la DRAAF ou le service de la protection des végétaux du département. Les arbres atteints doivent être arrachés et détruits - c’est une mesure légale. Il est crucial de choisir des variétés présentant une tolérance à la sharka lorsque vous plantez dans une région à risque. La maîtrise des populations de pucerons - vecteurs du virus - est la principale mesure préventive à votre disposition. Acheter les arbres chez des pépiniéristes dont le matériel végétal est certifié indemne est une garantie essentielle. Pour lutter contre la sharka, étant transmise par les pucerons, les meilleures méthodes de prévention contre cette maladie concernent ces parasites. Il n’y a malheureusement aucun moyen de traitement pour cette affection. Il est conseillé d'éviter les fertilisants riches en azote qui boostent la formation du feuillage. Installer des bandes de glu autour du tronc des pruniers afin d’empêcher les fourmis d’y monter est une bonne pratique. Favoriser la présence des coccinelles et autres prédateurs de pucerons est également important, pensez à l'hôtel à insectes.

Les affections du tronc : La gommose et le chancre

Ces problèmes, souvent liés à des blessures mal cicatrisées ou à un stress racinaire, peuvent sérieusement compromettre la vigueur de l'arbre.

La gommose : Un signal d'alerte de l'arbre

La gommose se manifeste par des coulées de résine ambrée qui suintent du tronc ou des charpentières. Ce n’est pas une maladie en soi - c’est la réponse de l’arbre à une agression. Ce n’est pas une maladie en soi mais seulement le symptôme d’une maladie ou d’un stress agressif. Les causes peuvent être fongiques, bactériennes, mécaniques (blessures de taille, gel) ou liées à un stress racinaire chronique. On observe des exsudats translucides ou ambrés à l’aisselle des branches ou autour des bourgeons. Ce phénomène survient à la suite de stress répétés : manque d’eau, fertilisation inadaptée, sol pauvre ou trop compact, taille trop sévère, vieillissement naturel de l’arbre, ou encore présence d’un agent pathogène. Une gommose peut également être due à une maladie bactérienne, elle s’accompagne alors d’un dépérissement des branches.

Une gommose localisée et stable est souvent bénigne - il faut surveiller sans intervenir. Une gommose qui s’étend avec nécrose de l’écorce sous-jacente mérite investigation : il faut curer la zone jusqu’au bois sain et protéger avec un mastic cicatrisant. Il est important de ne jamais tailler par temps froid et humide - c’est la période de plus fort risque d’infection bactérienne sur les plaies. Une gommose chronique répétée sur le même arbre est souvent le signe d’un problème racinaire (sol asphyxiant, porte-greffe inadapté) - il est alors nécessaire d'interroger les conditions de plantation. Pour lutter contre la gommose, il est conseillé de choisir les variétés de pruniers (et leur porte-greffe) en fonction du sol et du climat. La taille des pruniers doit se faire seulement après la récolte mais durant la période de végétation (taille en vert). Il est également important de désinfecter les plaies de taille.

Gommose sur le tronc d'un prunier

Le chancre bactérien : Nécrose et dessèchement

Le chancre bactérien apparaît généralement sous forme de nécroses sur les feuilles, les fleurs ou même les jeunes fruits. Les rameaux peuvent se dessécher et présenter des chancres bien visibles, accompagnés d’une gommose abondante. Il s'agit d'une bactérie qui entraîne la nécrose des feuilles, des fleurs puis des fruits. On observe gommose, chancre, dessèchement des branches infectées puis les fruits sont tachés.

Les ravageurs foliaires : Des insectes qui affaiblissent l'arbre

Les ravageurs ne sont pas des maladies en soi, mais ils peuvent causer des dommages directs aux pruniers et/ou être vecteurs de maladies.

Les pucerons : Feuilles recroquevillées et transmission virale

Les feuilles de prunier qui se recroquevillent en cornets dès le débourrement sont le signe classique d’une attaque de pucerons - principalement Brachycaudus helichrysi (puceron cendré) ou Brachycaudus cardui. Ces insectes colonisent les jeunes pousses dès l’éclatement des bourgeons, aspirent la sève et sécrètent une salive qui provoque les déformations caractéristiques des feuilles. Le même phénomène s’observe sur le mirabellier, souvent décrit comme « maladie du mirabellier feuilles recroquevillées » - la cause est identique. Certains pucerons entraînent une coloration jaune des feuilles et la chute du feuillage atteint. Ces petits insectes affaiblissent l’arbre en réduisant sa capacité à effectuer la photosynthèse. En effet les sucions de sèves attaquent les feuilles qui s’enroulent ou chutent. Les fourmis en activité intense à la base de l’arbre sont un indicateur précoce - elles protègent les pucerons pour leur miellat.

Un enroulement de colle anti-insectes sur le tronc en janvier-février interrompt les va-et-vient des fourmis et fragilise les colonies. Les coccinelles, chrysopes, syrphes et guêpes parasitoïdes régulent naturellement les populations - favorisez leur présence avec un enherbement fleuri des interrangs. Sur jeune arbre en début d’infestation, un savon noir dilué appliqué directement sur les colonies peut suffire à stopper la progression. Une fois les feuilles bien recroquevillées, les pucerons sont à l’abri à l’intérieur - l’efficacité des traitements de contact est très limitée. L’action préventive (colle, auxiliaires) est toujours plus efficace que la réaction.

Feuilles de prunier recroquevillées à cause des pucerons

Le carpocapse du prunier : Des vers dans les fruits

Le carpocapse du prunier est le ravageur le plus fréquent du prunier. C’est un papillon triangulaire gris cendré, mais il est surtout agressif à l’état de chenille. Le papillon pond ses œufs sur les fruits. La chute du fruit par terre sonne le temps de la nymphose pour le ravageur. La larve passe cette période dans le sol. La femelle pond sur la partie inférieure des fruits, ce qui donne des chenilles rose vif à tête brun foncé qui se développent dans le fruit avant d’atteindre l’écorce ou le sol.

Pour limiter les dégâts sur votre arbre, ramassez régulièrement les fruits tombés au sol et jetez immédiatement les fruits atteints.

Les cochenilles : Boucliers de cire et déformations

Plusieurs espèces de cochenilles peuvent venir élire domicile sur les Pruniers : Cochenille rouge du Poirier, cochenille du Cornouiller, Cochenille Virgule, Lécanine des Pruniers, et plus rarement Pou de San José. Les vergers bio ont rarement de gros problèmes avec les cochenilles. Les cochenilles sont reconnaissables par leur bouclier de cire blanche qu’elles sécrètent. Les symptômes sont une déformation de l’écorce et des jeunes pousses suite à la ponte d’approximativement cinquante larves par la femelle.

La mouche méditerranéenne des fruits : Une menace pour les régions chaudes

Cette mouche jaune aux yeux verts est surtout présente dans les régions méditerranéennes. Elle pond ses œufs dans les fruits dont les larves se nourriront.

L'araignée rouge : Un acarien invisible à l'œil nu

L’araignée rouge est en réalité un acarien ravageur piqueur qui se nourrit du suc vacuolaire des cellules, provoquant leur mort. Ils entraînent donc le dépérissement progressif du prunier. Les femelles adultes sont à peine visibles à l’œil nu (0.4 mm).

Prévention et gestion générale des maladies du prunier

Bien que d’un entretien facile, le prunier est un arbre fruitier sujet à de nombreuses maladies. Pour prévenir une infection, il est nécessaire d'éclaircir et de tailler l'arbre chaque année ainsi que de vérifier régulièrement s'il présente des signes de maladies ou d'infestation. Ces précautions permettent de réagir rapidement et de supprimer une branche atteinte. Une fois le prunier planté, contrôlez-le régulièrement ou observez-le systématiquement. Les maladies touchent les fruits, les feuilles ou les jeunes rameaux verts. Taillez l'arbre facile à entretenir tous les ans, car les maladies fongiques tout particulièrement ont la tâche facile dans une couronne très dense.

La prévention est primordiale. Les erreurs à éviter sont nombreuses et souvent répétées :

  • Appliquer la bouillie bordelaise en curatif sur une cloque ou une moniliose déjà installée - le cuivre est un fongicide préventif. Il protège les tissus sains avant la contamination, il ne guérit pas les tissus déjà atteints. L’application doit se faire avant les périodes à risque, pas après l’apparition des symptômes.
  • Laisser les fruits momifiés sur l’arbre ou au sol - les fruits atteints de moniliose ou de cloque concentrent les spores du champignon. Ne pas les ramasser, c’est garantir une pression sanitaire élevée pour l’année suivante.
  • Attendre que les feuilles soient bien recroquevillées pour agir contre les pucerons - une fois les feuilles refermées sur les colonies, les traitements de contact n’atteignent plus les insectes. La colle anti-fourmis en janvier, les auxiliaires toute l’année, et une intervention au savon noir dès les premières larves - c’est l’ordre logique d’action.
  • Ignorer les symptômes foliaires de la sharka - des anneaux chlorotiques sur les feuilles au printemps, des fruits déformés avec marbrures internes, c’est potentiellement la sharka. Cette maladie se propage par les pucerons d’arbre en arbre. Plus le diagnostic est tardif, plus elle a eu le temps de se disséminer. En cas de doute, faites analyser.
  • Tailler le prunier par temps froid et humide - les plaies de taille fraîches en conditions humides sont des portes d’entrée directes pour les bactéries et les champignons responsables de la gommose et des chancres. La taille du prunier se fait idéalement en été après la récolte, ou en tout début d’hiver par temps sec.

Tableau récapitulatif des maladies et ravageurs du prunier

Adapter la prévention à votre contexte local

En région humide ou à printemps pluvieux : La cloque, la moniliose et le coryneum sont les risques prioritaires. La bouillie bordelaise en préventif à la chute des feuilles et au débourrement est la mesure la plus efficace dans ce contexte. Taillez pour maximiser l’aération de la couronne - un arbre dense et peu ventilé est une invitation aux champignons lors des périodes humides.

En zone à forte pression sharka : Les régions du Sud-Est et de la vallée du Rhône sont les plus touchées. Dans ces zones, le choix variétal est déterminant : certaines variétés présentent une tolérance partielle à la sharka. La maîtrise des pucerons - vecteurs du virus - est la seule prévention vraiment efficace. Il est recommandé de limiter les aphicides chimiques qui détruisent aussi les auxiliaires : la régulation naturelle est plus durable.

En altitude ou zone froide : La gommose bactérienne liée aux blessures de gel est le risque principal. Un badigeon de chaux sur les troncs et la base des charpentières en novembre protège l’écorce des alternances thermiques hivernales. Ne taillez jamais en fin d’automne ou en hiver par temps humide - attendez que les températures remontent et que le temps soit sec.

En petit jardin ou verger mélangé : La biodiversité du jardin est votre premier atout sanitaire. Des haies diversifiées, un enherbement fleuri sous et entre les pruniers, quelques plantes mellifères - c’est le dispositif le plus efficace pour accueillir les auxiliaires qui régulent naturellement les pucerons. Un jardin vivant résiste bien mieux aux crises phytosanitaires qu’un sol nu entretenu aux herbicides.

Il est également important de noter que le sol est souvent associé à l’apparition des maladies, il est donc important que celui-ci soit bien aéré, décompacté et oxygéné. Pour une efficacité plus performante contre les maladies du prunier, il est conseillé de mixer l’argile bentonite sodique au chitosan liquide, en application en pulvérisation sur les feuilles. Pour obtenir des récoltes dignes de ce nom malgré les maladies des arbres, il est indispensable de réagir dès les premiers symptômes. Les branches et les fruits atteints ne doivent en aucun cas être compostés, mais détruits, afin d'éviter une contamination de tout le jardin.

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