Le Compostage Sans Compromis : Solutions et Astuces pour Maîtriser Tous Vos Déchets Organiques

Vous vous êtes lancé dans le compostage avec enthousiasme, prêt à transformer vos déchets en or noir pour votre jardin. Tout se passe bien avec les épluchures, le marc de café et les coquilles d’œuf… mais voilà que vous vous retrouvez face à des rebelles : la viande, le fromage et les agrumes ! Alors, doit-on les bannir à jamais du compost ? Pas si vite ! Heureusement, il existe des techniques malignes pour les gérer sans transformer votre bac à compost en champ de bataille. Dans cet article, nous allons vous expliquer comment apprivoiser ces déchets difficiles et leur offrir une seconde vie, sans risquer l’apocalypse olfactive ni compromettre la qualité de votre précieux amendement organique.

Pourquoi certains déchets sont-ils des "trouble-fêtes" dans le compost ?

Quand vous composez votre compost, certains déchets se décomposent sans problème, tandis que d’autres posent de véritables casse-têtes. La viande, les produits laitiers et les agrumes font partie de ces trouble-fêtes. Il est crucial de comprendre les raisons de ces difficultés pour mieux les surmonter.

La viande et les produits laitiers : un festin pour les nuisibles et des risques sanitaires

La viande et les produits laitiers sont souvent les premiers éléments que l'on est tenté de bannir du composteur traditionnel, et ce, pour de bonnes raisons. Si vous y balancez un reste de steak ou un vieux bout de fromage, c’est un buffet à volonté pour les rats, les renards et les mouches. Ces nuisibles sont non seulement indésirables, mais ils peuvent aussi devenir un véritable fléau, cherchant à s'installer près de cette source de nourriture facile. En plus de l'attrait pour la faune environnante, ces déchets génèrent des problèmes d'ordre olfactif et sanitaire. Un compost équilibré sent l’humus frais. Mais dès qu’on y met de la viande ou des produits laitiers, bonjour l’odeur de charogne ! Cette émanation nauséabonde est le signe d'une décomposition anaérobie (sans oxygène) et attire davantage les indésirables.

Illustration des nuisibles attirés par les déchets de viande et produits laitiers dans un compost non géré

Les risques sanitaires sont également à prendre au sérieux. Viande et fromage ne sont pas juste des stars du frigo : ils peuvent aussi être des nids à bactéries. Entre la salmonelle, E. coli et d'autres agents pathogènes, leur présence dans un compost mal géré peut représenter un danger. Un compost bien entretenu et équilibré atteint des températures qui éliminent les bactéries pathogènes, mais cela nécessite une gestion attentive, surtout lorsqu'il s'agit de ces types de déchets. C'est pourquoi, dans un compost classique, ces déchets attirent les nuisibles et sentent mauvais, rendant leur intégration délicate.

Les agrumes : une question d'acidité et d'huiles essentielles

Contrairement à la viande et aux produits laitiers, les agrumes n’attirent pas les nuisibles. Par contre, ils posent un autre problème : l’acidité. Une trop grande quantité d’écorces d’orange ou de citron peut déséquilibrer le pH et ralentir la décomposition des autres matières. L'acidité excessive peut inhiber l'activité des micro-organismes responsables de la décomposition, freinant ainsi l'ensemble du processus. Les écorces d’orange, citron et pamplemousse sont également riches en huiles essentielles antibactériennes… ce qui n’est pas vraiment une bonne nouvelle pour les micro-organismes qui bossent dur dans votre compost. Ces huiles peuvent avoir un effet antiseptique, perturbant l'équilibre délicat de la vie microbienne essentielle au compostage. Cependant, il est important de noter que les agrumes ne sont un problème que si vous les utilisez en grande quantité. En les coupant finement et en les mélangeant bien, leur impact peut être minimisé.

Autres éléments à composter avec modération ou à éviter

Au-delà de la viande, des produits laitiers et des agrumes, d'autres éléments nécessitent une attention particulière ou doivent être exclus de votre composteur. L’Agence de la transition écologique (ADEME) recommande de composter avec modération et précaution certains déchets organiques comme les végétaux très ligneux ou durs (tailles, branches, noyaux…) qui se dégradent difficilement. Pour accélérer la décomposition, les broyer avant de les intégrer à votre compost est indispensable. Bien qu’utiles pour aérer le compost et apporter des éléments minéraux, les coquillages et les coquilles d’œufs ne doivent pas être trop nombreux car ils ne se décomposent pas facilement et peuvent prendre beaucoup de temps.

Schéma illustrant l'équilibre entre les matières vertes et brunes pour un compost sain

De manière générale, un compost, ce n’est pas une poubelle magique où tout disparaît sans effort. Il faut trier les ordures ménagères, car tous les détritus ne peuvent se transformer en engrais. Évitez de jeter dans votre compost des matières non biodégradables comme les couches et protections féminines, les bois traités, les produits chimiques. Préférez aussi mettre à la poubelle les mauvaises herbes, car leurs graines peuvent germer dans votre compost, ainsi que les plantes susceptibles de porter des maladies (rosiers et arbres fruitiers) ou toutes les parties malades d'une plante (feuilles, tiges, fruits) afin de ne pas propager ces affections. Les cendres de bois, si elles sont utilisées avec modération, peuvent apporter des minéraux, mais une trop grande quantité altère le pH. Quant aux litières non biodégradables, plastiques, métaux, verres, papier glacé, imprimé ou coloré, langes jetables, poussières de sac d'aspirateur et balayures, tissus synthétiques (nylon, lycra) et tous les produits chimiques, ils sont strictement à proscrire. Les fumiers doivent être utilisés bien décomposés, car frais, ils sont riches en éléments solubles trop concentrés pour la croissance des plantes. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) recommande de ne pas placer les produits plastiques dits biodégradables, notamment les sachets à usage unique, dans les composts domestiques, car leur décomposition n'est pas garantie dans ces conditions.

Comment apprivoiser les déchets difficiles : solutions et techniques avancées

Maintenant que vous savez pourquoi ces déchets sont compliqués, passons à l’action ! Non, vous n’êtes pas obligé de jeter votre vieux bout de fromage ou vos écorces d’orange à la poubelle. Il suffit de les gérer autrement ou de les composter avec des techniques adaptées. Dans la suite, on va voir comment transformer ces rebelles en alliés, sans ruiner votre compost ni attirer toute la faune du quartier.

Le compostage à chaud : la chaleur comme alliée

Si vous voulez composter viande, produits laitiers et agrumes sans prise de tête, il vous faut de la chaleur. Le compostage à chaud est une méthode qui permet d'atteindre des températures élevées (souvent entre 50 et 70 °C) au cœur du tas de compost. Cette chaleur est le résultat de l'activité intense des bactéries thermophiles, qui se nourrissent de la matière organique. Ces températures élevées sont suffisantes pour tuer la plupart des agents pathogènes présents dans la viande et les produits laitiers, ainsi que les graines de mauvaises herbes, et pour accélérer considérablement la décomposition. Un compost en pleine action peut facilement atteindre en son centre une température de 60 à 70°C pendant les premières semaines. Cette chaleur, c’est le signe que vos microbes travaillent à plein régime. Pour un compostage à chaud réussi, il est essentiel de bien équilibrer les matières (carbone et azote), de maintenir une humidité adéquate et surtout d'assurer une bonne aération du tas. Couper la viande en petits morceaux et les placer au milieu des résidus pour ne pas attirer les animaux est une précaution supplémentaire.

Compost ► On reprend les bases pour avoir le plus beau compost

Le Bokashi : la fermentation anaérobie pour une solution sans odeur

Si vous voulez une solution efficace et sans odeur, le Bokashi est votre allié. Cette méthode d'origine japonaise utilise un seau hermétique et un "son de Bokashi" (un mélange de son de céréales inoculé avec des micro-organismes efficaces, ou EM). Contrairement au compostage traditionnel qui est un processus aérobie, le Bokashi est une fermentation anaérobie. Les micro-organismes efficaces décomposent les déchets dans un environnement sans oxygène, transformant la matière organique en un produit fermenté appelé "pré-compost Bokashi". Ce processus est idéal pour la viande, les produits laitiers et les agrumes, car il ne génère pas d'odeurs désagréables et ne les rend pas attractifs pour les nuisibles. Une fois le seau plein et le processus de fermentation terminé (généralement après quelques semaines), le contenu est enterré dans le jardin où il se décomposera rapidement, ou ajouté à un composteur traditionnel. Le Bokashi permet de valoriser tous les résidus alimentaires, y compris les plus "difficiles". Pour ceux qui cherchent une méthode adaptée à l'appartement, le Bokashi est parfait pour composter sans jardin.

L'enterrement direct : une méthode simple et efficace

Si vous cherchez une option minimaliste, l’enterrement direct peut suffire. Cette technique consiste à enterrer les déchets difficiles (viande, produits laitiers, agrumes coupés en petits morceaux) directement dans le sol de votre jardin. Creusez une tranchée de 20cm de profondeur et d’une largeur correspondant à la quantité de déchets que vous souhaitez. Couvrez de paille ou d’un plastique noir et maintenez humide comme pour un compost normal. Cette méthode présente l'avantage d'être simple et de ne pas attirer les nuisibles, car les déchets sont immédiatement recouverts. Le sol environnant, riche en micro-organismes, se chargera de la décomposition. C'est une excellente alternative pour gérer ces déchets sans les intégrer à votre composteur principal si vous n'avez pas de système Bokashi ou de compostage à chaud.

Adapter le lombricompostage : précautions avec les vers

Si vous utilisez un lombricomposteur, attention : les vers n’aiment pas l’acidité des agrumes et fuient les produits laitiers ou la viande. Les vers de compost (Eisenia fetida) sont très efficaces, mais ils ont des préférences alimentaires spécifiques. L'acidité excessive des agrumes peut perturber leur environnement. Quant à la viande et aux produits laitiers, bien qu'ils puissent être décomposés par les vers en très petites quantités et bien enfouis, ils risquent surtout d'attirer des mouches et des odeurs désagréables dans un système fermé comme un lombricomposteur. Pour le lombricompostage, il est préférable de composter les agrumes avec modération, en les coupant finement et en ne les ajoutant qu'en petites quantités. Pour la viande et les produits laitiers, il est fortement recommandé d'utiliser une des autres méthodes (Bokashi, compostage à chaud, enterrement direct) plutôt que de les introduire dans un lombricomposteur.

Image d'un lombricomposteur avec des vers

Les principes fondamentaux d'un compostage réussi : éviter les pièges classiques

Le compostage est un processus de transformation des déchets organiques (déchets de cuisine, déchets verts et de bois) par des micro-organismes et petits animaux (bactéries, vers de terre) en un produit comparable au terreau : le compost. Mais pour que ce processus se déroule correctement, il faut respecter quelques règles fondamentales. Un compost qui fonctionne bien, c’est un écosystème vivant. Si le processus ralentit, c’est souvent un problème d’équilibre.

L'équilibre Carbone/Azote (C/N) : la recette secrète des micro-organismes

Le fameux rapport C/N est un élément crucial du compostage. Concrètement, ça veut dire qu’au départ, votre mélange devrait contenir entre 25 et 35 fois plus de carbone que d’azote (en poids). Mais rassurez-vous, pas besoin de sortir votre calculatrice chaque fois que vous compostez ! Les bactéries ont besoin de carbone comme source d’énergie (un peu comme nous avec les glucides) et d’azote pour fabriquer leurs petites protéines bactériennes. Trop de carbone, elles manquent de matériaux de construction. Trop d’azote, elles sont survoltées, mais s’épuisent rapidement ! Pour produire un compost mûr et prêt à l’emploi rapidement, il est nécessaire de bien équilibrer les déchets à composter. Vous devez mélanger des déchets humides qui contiennent de l’azote (1/3) et des déchets secs riches en carbone (2/3). En pratique, mélangez environ 2 volumes de matières azotées (les « vertes » comme vos épluchures de légumes, votre gazon coupé) pour 1 volume de matières carbonées (les « brunes » comme les feuilles mortes, le carton, les branches broyées). L'équilibre des matières carbonées (brunes) et azotées (vertes) est la clé d'un compostage efficace. Un bon compost est un mélange équilibré de ces deux types de matériaux. Si vous avez une trop grande proportion de matières sèches (carbonées), la décomposition ralentit, le mélange paraît sec. Inversement, une trop grande proportion de matières humides, azotées, va entraîner une décomposition trop rapide et mal faite, avec un dégagement d’odeurs ammoniaquées et un compost liquide et noir peu ragoûtant. Le remède : ajoutez, selon le cas, de la matière azotée, par exemple des tontes de gazon ou de la matière carbonée, par exemple des feuilles sèches ou des déchets de taille.

L'aération : l'oxygène, souffle de vie du compost

L’aération est un facteur essentiel puisque le compostage est un processus aérobie. La mauvaise aération du tas de compost est la principale raison d’un compostage lent, partiel, hétérogène ou mal odorant. On estime que l'air devrait occuper au moins 50% du volume du tas. Les bactéries responsables de la dégradation du compost doivent être dans des conditions aérobies, c'est-à-dire en présence d’oxygène pour pouvoir respirer. En dégradant, elles produisent de la chaleur. Il est important de bien aérer le tas de compost pour apporter l’oxygène aux bactéries et pour maintenir une température autour de 70°C. Pour cela, mélangez le tas le plus souvent possible (toutes les 4 à 6 semaines) pour bien aérer le tout. Le premier mélange ne doit être réalisé que 2 à 4 semaines après la mise en tas des déchets. Avec un outil adapté comme l'aérocompost, formez des puits d'air dans le compost. Vous pouvez aussi en profiter pour y incorporer des activateurs naturels (urine, fumier de volaille, poudre d’algue, poudre d’os marine) qui stimulent l’activité. Une bonne aération peut se faire naturellement avec un bon mélange de matières structurantes. L’aération est donc indispensable pour éviter que les matières ne se tassent excessivement, créant des zones anaérobies responsables des mauvaises odeurs (odeur d’œuf pourri).

L'humidité : le juste milieu pour l'activité microbienne

Il est important que vous contrôliez l’humidité de votre compost. Un compost efficace doit être aussi humide qu'une éponge bien essorée. L'eau est vitale pour les micro-organismes ; si le compost est trop sec, les micro-organismes responsables de la décomposition ne peuvent pas fonctionner correctement. Pour vérifier qu’il est satisfaisant, comprimez une poignée de compost dans votre main. Si le compost est trop sec et que l'apport de déchets humides n'est pas suffisant, les bactéries meurent et seuls les champignons continuent à travailler. Vous verrez alors apparaître des filaments mycéliens blancs. Dans ce cas, arrosez votre compost. Vérifiez également que l’aération n’est pas trop importante (espace entre les planches,…), que l’emplacement n’est pas trop venteux. Vous pouvez couvrir votre tas de compost avec une bâche après l’avoir arrosé, elle gardera l’humidité. Si le compost est trop sec, ajoutez progressivement de l'eau en remuant pour bien répartir l'humidité.

Schéma illustrant le test de la poignée pour vérifier l'humidité du compost

Attention à l’inverse de ne pas trop humidifier votre compost. Un excès d'eau diminue la quantité d'air disponible dans le volume de compost. Les bactéries aérobies (qui ont besoin d’oxygène) sont remplacées par des bactéries anaérobies (qui n’ont pas besoin d’oxygène) qui dégagent des gaz et engendrent des odeurs désagréables. Dans ce cas, pensez à bien le mélanger pour éviter que certaines zones à l’intérieur ne soient trop humides. Pensez également à découvrir votre tas par temps sec pour augmenter l’aération. Si le taux d’humidité est vraiment trop important, étalez (par temps sec) sur le sol une partie du compost durant quelques heures afin de l'aérer, puis remettez-le dans le bac à compost. Couvrir le compost avec un couvercle ou une bâche est recommandé durant les périodes pluvieuses.

La taille des déchets : plus petit pour décomposer plus vite

La taille des ordures est aussi importante. Pensez à mélanger des détritus de différentes dimensions (fins et gros) pour favoriser l’oxygénation. Ne vous privez pas de couper les déchets les plus imposants en petits morceaux. Plus un déchet est gros, plus il met du temps à se décomposer. Hacher finement les déchets : plus les morceaux sont petits, plus ils se décomposent rapidement, car cela augmente la surface de contact disponible pour les micro-organismes. Les morceaux les plus gros, qu’il s’agisse de fruits entiers ou de branches non découpées, mettent beaucoup plus de temps à se désagréger. Cela est particulièrement marqué lorsqu’il s’agit de matières très dures comme les coquilles d’huîtres ou les os. D’où un compost mal décomposé. Le remède : récupérez ces gros morceaux et broyez-les. Pour un compost 100% naturel, utilisez des matériaux variés et broyés (les micro-organismes seront plus efficaces si les déchets sont en petits morceaux) en mélange équitable secs (bois, rameaux, feuilles mortes) et humides (encore verts).

La température : un indicateur d'activité et les phases de décomposition

Les réactions de compostage nécessitent de l'oxygène et dégagent de la chaleur. Deux phénomènes se succèdent dans un processus de compostage : le processus de dégradation, amenant les résidus à l'état de compost frais, est une dégradation aérobie intense : il s'agit essentiellement de la décomposition de la matière organique fraîche à haute température (50 à 70 °C) sous l'action de bactéries et en présence d’oxygène. Ensuite, le processus de maturation est caractérisé par une dégradation moins soutenue. Un compost en pleine action peut facilement atteindre en son centre une température de 60 à 70°C pendant les premières semaines. Cette chaleur, c’est le signe que vos microbes travaillent à plein régime. Mais voici un secret que les perfectionnistes du compost n’aiment pas entendre : votre compost n’a pas besoin de chauffer à 60°C pour fonctionner !

Le déroulement dans le temps du compostage est celui qui se produit en conditions idéales de température, humidité et proportions de matières. Durant les semaines 1 et 2 se produit une forte augmentation de la température (entre 40 et 70°) tandis que les matières organiques pourrissent sous l’effet des bactéries aérobies. La température atteint un pic puis redescend. C’est la phase de décomposition. Pendant les semaines 3 à 5, les bactéries deviennent moins nombreuses tandis que les champignons poursuivent leur travail de pourrissement des matières. C’est la phase de dégradation. À partir des semaines 5 à 6, la température est redescendue sous les 30° et ce sont des vers de compost et autres coléoptères, mille-pattes, collemboles qui sont sur le devant de la scène et qui se nourrissent des matières précédemment transformées. Celles-ci sont molles et les macro-organismes en réduisent progressivement la taille. De nouveaux microorganismes s’attaquent aux plus petites particules. C’est la phase de maturation. À partir de la semaine 8 le compost se trouve dans une phase de minéralisation. Les vers de compost transforment les particules en des substances minérales qui pourront être assimilées par les végétaux.

Accélérateurs et astuces pour un compostage optimal

Pour un compost qui se décompose bien et rapidement, quelques accélérateurs naturels et astuces de gestion peuvent faire toute la différence.

Activateurs naturels : stimuler la vie microbienne

Pour accélérer le processus, oubliez les intermédiaires et mettez votre compost directement en contact avec le sol. On peut aussi utiliser les peaux de banane, les restes de café et de thé qui ont le pouvoir d’accélérer naturellement la décomposition. Ils font venir les lombrics, heureux de "travailler" dans votre compost. Une poignée de terre de jardin peut également enrichir le compost en micro-organismes. Quelques arrosages au purin d’ortie dilué peuvent donner un bon coup de fouet à un compost paresseux. Attention aux activateurs de compost vendus dans le commerce sous forme liquide, en granules ou en pâtes : bien que certains soient efficaces, la nature offre déjà de nombreuses solutions.

Le rôle des micro-organismes et macro-organismes : une chaîne de décomposition

Le compostage est un processus de transformation des déchets organiques en un terreau riche, d'excellente qualité et 100% naturel. Il est le fruit du travail acharné d'une multitude d'organismes. Dans une poignée de compost en bonne santé, on compte entre 5 et 7 milliards de bactéries ! C’est un peu comme avoir une planète entière qui travaille pour vous, 24h sur 24, à transformer vos déchets en humus. Ces micro-organismes se succèdent selon un processus bien orchestré. D’abord, les bactéries mésophiles (qui aiment les températures de 20 à 45°C) s’attaquent aux sucres et aux protéines facilement digestibles. Puis, les champignons jouent aussi un rôle crucial : ils s’attaquent aux matières que les bactéries ne peuvent pas décomposer, mais ils ne survivent pas au-delà de 50°C. Plus tard dans le processus, les macro-organismes comme les vers de terre, les coléoptères et les cloportes prennent le relais, fragmentant les matières plus grossières. L'ensemble de cette biodiversité est essentielle pour une décomposition complète et équilibrée.

Le choix de l'emplacement et du matériel

Un bon emplacement pour un tas de compost est à l’ombre car une situation trop chaude le dessèche. De plus, il est préférable que le composteur soit à l'abri du vent. Comme composteur, vous pouvez utiliser les silos du commerce ou le construire vous-même avec des planches de bois ou du grillage. Prenez garde à bien laisser le fond de votre bac à compost en contact avec le sol car c’est une source directe de micro-organismes (comme les lombrics) indispensables à la réussite de votre compost. L’idéal est d’avoir au moins deux compartiments à compost afin de pouvoir le retourner aisément. Pendant que vous laissez un bac terminer sa fermentation en compost, remplissez le second et ainsi de suite ! Pour ceux qui désirent composter une petite quantité de déchets, vous pouvez creuser un trou directement dans la terre. Il existe également des composteurs de balcons pour ceux qui ne possèdent pas de jardin.

Photo de différents types de composteurs: en tas, en silo, et de balcon

Pour le matériel, une brouette est utile pour transporter les déchets jusqu'au tas de compost. Un récipient de petite taille permet de récupérer les déchets de la maison. Un broyeur aide à couper les déchets en petits morceaux et faciliter le travail de fermentation des micro-organismes. Une fourche est indispensable pour remuer et aérer régulièrement le tas. Un thermomètre de couche peut observer l’évolution de la température au cœur du compost. Des thermomètres spécialisés vous indiquent la température au centre de votre tas de compost, traduisant ainsi l’activité qui y règne. Si la température est trop élevée, n’hésitez pas à aérer votre compost.

Les astuces supplémentaires pour une gestion intelligente des déchets

Au-delà du compostage traditionnel, il existe des moyens alternatifs de valoriser les déchets qui posent problème :

  • Nettoyant naturel avec les agrumes : Laissez les écorces d'agrumes macérer dans du vinaigre blanc pendant deux semaines. Vous obtiendrez un excellent nettoyant multi-usages, parfumé et écologique.
  • Répulsif contre les insectes : Fourmis, moustiques et chats détestent l’odeur des agrumes. Vous pouvez frotter des écorces sur les surfaces à protéger ou les déposer dans des zones stratégiques.
  • Bouillon maison : Avant de les jeter, utilisez les os et morceaux de viande pour préparer un délicieux bouillon. C'est une excellente façon de maximiser l'utilisation de ces restes avant d'envisager d'autres méthodes de décomposition.
  • Donner une partie des déchets aux animaux : Si vous avez des poules, elles seront ravies de récupérer certains restes alimentaires, notamment les épluchures et même certains produits laitiers (en petites quantités et pas salés). La méthanisation domestique est aussi une solution high-tech pour transformer les déchets alimentaires (y compris viande et produits laitiers) en biogaz et en fertilisant liquide. Le compostage avec des champignons, comme le mycélium, peut aider à décomposer des matières complexes comme les agrumes.

Diagnostic et solutions aux problèmes courants du compost

Un compost qui met du temps à se décomposer est souvent le signe d’un déséquilibre ou d’un manque d’attention. Pas de panique ! Il existe plusieurs raisons pour lesquelles votre compost peut stagner ou suivre une mauvaise pente. La bonne nouvelle? Un compost qui dysfonctionne, c’est presque toujours réparable !

Compost trop sec / pas assez de décomposition

Diagnostic : Si le compost est trop sec, les micro-organismes responsables de la décomposition ne peuvent pas fonctionner correctement. La température va stagner. Votre compost ne chauffe pas ou sent la sciure sèche.Solution : Un compost efficace doit être aussi humide qu'une éponge bien essorée. Si le tas est trop sec, ajoutez progressivement de l'eau (de pluie de préférence pour éviter le chlore qui peut nuire aux microbes) en remuant pour bien répartir l'humidité. Arrosez votre compost et couvrez-le pendant la saison sèche, car ce couvercle va limiter la déperdition d’humidité. Il peut aussi être judicieux de déplacer le composteur s’il se trouve dans un endroit très venté et/ou en plein soleil. Ajoutez des matières vertes fraîches (épluchures, tontes de gazon).

Compost trop humide / mauvaises odeurs

Diagnostic : Si le tas de compost est trop humide, le processus est ralenti et les mauvaises odeurs apparaissent. Trop humide, il va rapidement manquer d’oxygène, ce qui va défavoriser les organismes décomposeurs. Le résultat : un compost mal décomposé et, très souvent, une odeur désagréable d’œuf pourri ou de marécage qui nous fait reculer d’un bon mètre.Solution : Ajoutez des matières sèches telles que de la paille, du carton déchiqueté, des copeaux de bois ou des feuilles mortes à votre compost puis aérez-le en le retournant. Couvrir le compost avec un couvercle ou une bâche est recommandé durant les périodes pluvieuses pour éviter l'excès d'eau. Pensez à l’aération du compost pour alimenter les bactéries en oxygène.

Manque d'oxygène / tas tassé

Diagnostic : Sans oxygène, les micro-organismes décomposeurs meurent. Les matières sont beaucoup trop tassées, la température ne monte pas et le compost est mal décomposé. Le processus de compostage est lent, partiel ou hétérogène.Solution : Le compost doit être aéré et retourné régulièrement pour amener de l’oxygène partout. Vous utiliserez une bêche ou une fourche pour bien le mêler et passer le dessous dessus, à faire à peu près toutes les 2 semaines à 1 mois. L'oxygène est essentiel au travail des micro-organismes. Retournez le tas toutes les deux à trois semaines à l'aide d'une fourche pour introduire de l'air. L’aération peut se faire naturellement avec un bon mélange de matières structurantes.

Présence de nuisibles

Diagnostic : Vous avez un reste de steak ou un bout de fromage qui traîne ? Mauvaise idée de le balancer directement dans votre compost classique. Les rats, renards et mouches sont attirés par les restes de viande et produits laitiers.Solution : Si vous tenez à les composter, utilisez un compostage à chaud bien maîtrisé, un Bokashi ou enterrez-les à bonne profondeur. Recouvrez toujours vos déchets de cuisine avec des matières brunes pour les dissimuler. Pour limiter les odeurs et éloigner les animaux, appliquez au besoin un peu d’onguent contre la toux autour des trous d’aération de votre bac brun et sur les rebords du couvercle.

Processus trop lent

Diagnostic : Vous soulevez le couvercle de votre composteur et découvrez la même salade flétrie qu’on y a jetée, il y a trois mois. Votre compost ne se décompose pas comme prévu.Solution : Un compost qui met du temps à se décomposer est souvent le signe d’un déséquilibre ou d’un manque d’attention. Pour accélérer la décomposition, rien de tel que le mix ou l’alternance en couches de catégories opposées. Mélangez les déchets carbonés avec les déchets azotés, les déchets humides avec les déchets secs, les ordures grossières et les plus fines. Hachez finement les déchets, utilisez des vers de compost qui digèrent les matières organiques, ajoutez des activateurs naturels comme le marc de café, le fumier de poule ou une poignée de terre de jardin.

Compost ► On reprend les bases pour avoir le plus beau compost

Le compost mûr : comment le reconnaître et l'utiliser

Le compost est prêt lorsqu’il sent la terre forestière, l’humus et s’effrite facilement. Il peut être mûr au bout de 3 à 6 mois au printemps/été ou 6 à 9 mois en automne/hiver s’il est bien isolé et retourné régulièrement. Certains composteurs permettent même la réalisation d’un compost de qualité en 4 à 6 semaines seulement !

Aspect, odeur, texture

Lorsqu’il est mûr, le compost a un aspect très homogène, on ne voit plus aucune des matières qui l’ont composé. Il est de couleur sombre et a une odeur de terre, de forêt. Sa texture est fine, facile à émietter. Un compost en santé, ça sent la forêt après la pluie. Si le compost est prêt, il est homogène, foncé, sent le sous-bois et sa texture est grumeleuse.

Temps de maturation

La décomposition du compost est un processus naturel qui peut prendre entre quelques semaines et un an. Si vous êtes pressé d’obtenir votre engrais maison, mieux vaut sélectionner les déchets et ne pas tout jeter au compost. Pour un compost bien décomposé, pensez à alterner entre deux couches avec un activateur à compost. Le déroulement dans le temps est celui qui se produit en conditions idéales de température, humidité et proportions de matières. Si dans les conditions optimales il ne faut que 2 à 3 mois pour obtenir un compost mûr, cela peut prendre jusqu’à 2 ans si les conditions sont mauvaises.

Tamisage et utilisation

Lorsque votre compost est prêt, il reste toujours quelques fragments non décomposés. Vous pouvez les récupérer en tamisant votre compost. Réincorporez-les ainsi dans le prochain tas que vous ferez. Retirez le compost mûr par la base et incorporez-le au pied des plantes ou dans les trous de plantation. Attention à ne pas l’enterrer mais à l’incorporer de façon superficielle. Épandez 30 à 70kg de compost pour une surface de 100m², trois fois par an. À la fin du compostage, le tas aura perdu 2/3 de son volume initial, mais il sera concentré en éléments nutritifs. Si vous n’avez pas obtenu suffisamment de compost pour l’ensemble de votre jardin, n’hésitez pas à le compléter par du terreau commercial prêt à l’emploi. C'est un amendement organique naturel à utiliser directement dans son jardin, un fertilisant d'excellente qualité et 100 % naturel. Il allège la terre et permet des économies d'engrais, de terreau et d'eau.

L'impact environnemental du compostage : un geste pour la planète

Nous sommes tous encouragés à valoriser nos déchets pour réduire le volume de nos ordures ménagères. Bien qu’il n’y ait aucune obligation pour les particuliers, la technique du compost s’inscrit dans cette démarche vertueuse de l’environnement. Le compostage permet de réduire nos déchets (de cuisine et de jardin) et d'éviter les transports jusqu'à la déchetterie pour s'en débarrasser. Au Canada, 63 % des résidus alimentaires que nous jetons auraient pu être mangés, l’équivalent de 1 300 $ par année pour un ménage moyen. Pour les résidus alimentaires non comestibles, votre participation au compostage représente un geste concret à la lutte contre les changements climatiques. De nombreuses municipalités distribuent du compost gratuitement ou à coût réduit au printemps.

Le compostage, c’est un processus naturel qui se déroule depuis des millions d’années sans notre aide. Notre rôle, c’est juste de créer les bonnes conditions pour que nos petits sujets dévoués… heu pardon, ouvriers microscopiques, soient heureux. Équilibrez vos matières (un peu de vert, un peu de brun. Votre compost ne ressemble pas à celui des influenceurs de jardinage d’Instagram? Parfait! Il n’y a pas qu’une seule façon de faire du compost. L’important, c’est que ça fonctionne pour vous, dans votre réalité, avec le temps que vous avez. En comprenant les facteurs clés qui influencent la décomposition, tels que l'humidité, l'aération, l'équilibre carbone/azote et la taille des morceaux, vous serez en mesure de diagnostiquer et de résoudre les problèmes de votre compost. En l’ajustant régulièrement, vous obtiendrez un engrais naturel de qualité pour votre jardin. Le compost n’est pas seulement un moyen de recycler vos déchets, c’est une promesse d’un sol riche et fertile pour vos plantations.

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