Guide complet sur la santé de l'abricotier : Comprendre la gommose et les pathologies associées

Les abricotiers, bien que convoités pour leurs fruits savoureux, peuvent être sujets à diverses maladies et conditions qui les amènent à dépérir. Comprendre les signes avant-coureurs et les causes potentielles est essentiel pour tout jardinier souhaitant préserver la santé de son arbre fruitier. Ce guide vise à éclaircir les doutes sur la vitalité de votre abricotier, en passant des symptômes les plus évidents aux subtilités de son état de santé. L'abricotier est un arbre fruitier que peut être touché par de nombreuses maladies. Comme tous les fruitiers, l’abricotier est sujet à quelques maladies, certaines sont bénignes, d’autres peuvent toutefois faire périr l’arbre. C’est pourquoi il est nécessaire de prêter attention à certains détails utiles pour prévenir les maladies, ainsi que de réagir rapidement pour limiter autant que possible les dégâts.

Schéma anatomique d'un abricotier montrant les points d'entrée des pathogènes

La gommose : symptômes, causes et mécanismes de défense

La gommose se manifeste par des écoulements de résine translucide à partir de fissures dans l’écorce, généralement à l’aisselle des branches. Cette maladie, que l'on appelle également gommose, se déclare surtout sur les arbres fruitiers à noyau (cerisiers, prunier, abricotier, pêcher, etc.). Elle traduit toujours une attaque au cœur du tronc. La maladie tire son nom du symptôme principal de la maladie, les suintements de résine (la "gomme") le long du tronc. Ceux-ci se produisent au niveau d'une fissure de l'écorce, souvent au point de jonction entre deux branches. C'est l'éclatement de l'écorce qui provoque l'écoulement de gomme et non pas l'inverse. Par temps sec, la gomme sèche et durcit en quelques semaines.

L'attaque responsable de l'écoulement de gomme commence toujours par s'introduire par le biais d'une petite blessure, comme une plaie de taille mal cicatrisée ou encore une fissure de l'écorce consécutive à de fortes gelées. Les bactéries responsables de l'infection, notamment du genre Pseudomonas, se multiplient dans les tissus de l'arbre, sous l'écorce. En réaction, l'arbre cherche à se défendre en épaississant les tissus qui entourent le foyer infectieux, ce qui provoque la rupture de l'écorce puis un écoulement de gomme.

Il est important de différencier deux grandes catégories de gommose :

  • La gommose physiologique : elle est provoquée par un déséquilibre dans les conditions de culture (sol mal drainé, excès d’eau, gel, erreurs de taille, carences…). Aucun agent pathogène n’est à l’origine de cette forme, mais elle fragilise considérablement l’arbre.
  • La gommose parasitaire : elle est causée par des champignons pathogènes, tels que ceux du genre Cytospora, Monilinia ou Botryosphaeria. Ces micro-organismes pénètrent dans l’arbre via des plaies ou des fissures et déclenchent l’apparition de chancres, nécroses et exsudats de gomme.

Bien qu’elle puisse sembler alarmante, la gommose est donc avant tout un mécanisme de défense de l’arbre face à divers stress ou agressions. Pour autant, une fois installée, elle peut gravement compromettre la production de fruits et affaiblir l’arbre, voire entraîner sa mort si elle n’est pas traitée à temps.

Les maladies cryptogamiques et bactériennes courantes

L'abricotier est susceptible de contracter plusieurs maladies, souvent d'origine fongique ou bactérienne, qui peuvent affaiblir l'arbre, altérer ses fruits ou, dans les cas les plus graves, entraîner sa mort.

La moniliose (Monilia laxa)

La moniliose représente la maladie la plus redoutable pour un abricotier. Ce champignon provoque le dessèchement brutal des fleurs au printemps, puis la pourriture brune des fruits en été. Les fruits tachés sont victimes de ce champignon qui se développe dès le printemps sur les bourgeons à fleurs, particulièrement par temps humide et froid. Les champignons responsables de la moniliose se trouvent partout dans l'environnement. La maladie commence par le dessèchement des bouts de branches. En cas de grave infestation, c'est tout l'arbre qui dépérit. La moniliose peut également s'attaquer aux fruits, provoquant une pourriture brune et molle. Le champignon pénètre dans le fruit par des blessures.

L'oïdium (Podosphaera tridactyla)

L'oïdium forme un feutrage blanchâtre caractéristique sur les fruits et les feuilles de l’abricotier. Sur le fruit, on observe des taches blanches grisâtres donnant un feutrage blanchâtre. Il se manifeste par des taches blanches grisâtres sur les feuilles et les fruits, évoluant vers une nécrose brune et dure qui altère l’aspect du fruit. La pulvérisation du traitement bio "cloque du pêcher" du stade de la chute des pétales jusqu'au début de la nouaison est un moyen efficace pour soigner l'abricotier.

La maladie de Coryneum (criblure)

Cette maladie est due au champignon Coryneum beijerinckii. Elle provoque des tâches brunâtres, puis des trous caractéristiques dans les feuilles, ainsi que des lésions sur les fruits. Les tâches rouges sur les feuilles apparaissent rapidement après le débourrement et deviennent ensuite des trous. Ce sont les feuilles qui sont les plus touchées, mais lorsque l’attaque est très sérieuse, branches et fruits peuvent l’être également. Les fleurs et les futurs fruits se dessèchent, rappelant la moniliose, les rameaux peuvent être marqués de taches violacées.

Infographie illustrant les différents stades de la moniliose sur les fruits et fleurs

Méthodes de diagnostic : comment savoir si votre abricotier est mort ?

Il est parfois difficile de se résoudre à l'idée qu'un arbre est définitivement perdu, mais plusieurs signes peuvent vous aider à déterminer avec certitude si votre abricotier est mort.

  • Le test de flexion de la tige : Pour vérifier la vitalité d'un arbuste, vous pouvez tester la souplesse d'une de ses tiges. Appliquez une légère flexion : si elle casse de façon nette et sèche, vous pouvez probablement dire adieu à votre arbre. En revanche, si elle ploie souplement, cela indique que de la sève circule dans l'arbuste, et donc qu'il est vivant.
  • Le test du grattage de l'écorce : L'ultime test pour vérifier l'état d'un végétal ligneux consiste à gratter légèrement, sur une petite surface, la fine écorce d'un rameau. Sous l'écorce se trouve le cambium. S'il est vert et humide, l'arbuste est en vie. S'il est brun et sec, malheureusement, l'arbre est mort.
  • L'état de l'écorce et les branches : Un arbre en difficulté présentera une écorce effritée ou tombée, percée de trous et de fissures, qui ouvrent la porte aux insectes xylophages. Vérifiez si des branches n'ont pas de feuilles, ou si les feuilles sont brunes ou décolorées.

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Stratégies de traitement et de soins curatifs

Si la gommose est consécutive à une attaque de bactéries dans l’arbre, c’est celles-ci qu’il faut combattre. Comme il n’existe pas d’antibiotiques pour les plantes, l’infection se combat avec de la bouillie bordelaise (contenant des sels de cuivre, qui ont une action bactéricide). Vous pouvez pulvériser la plaie, chaque mois, jusqu’à ce que la situation soit résorbée. Il est plus efficace d’appliquer un onguent sur la plaie, à savoir un badigeon d’argile verte auquel vous aurez rajouté de la bouillie bordelaise, étalé au pinceau. Renouvelez cette application trois fois dans l’année, jusqu’à guérison. Il ne faut JAMAIS retirer la gomme, même si elle est fraîche ou qu’elle a tendance à s’écouler à cause du temps pluvieux. Au contraire, aidez-la à sécher.

Pour les autres maladies, la prévention est la clé :

  1. Nettoyer les zones atteintes : À l’aide d’un outil propre et désinfecté, grattez les parties atteintes jusqu’à atteindre du bois sain. Supprimez toute gomme et les tissus nécrosés.
  2. Traitements au cuivre : En janvier, il est conseillé d’appliquer la bouillie bordelaise au stade bourgeon gonflé pour prévenir la moniliose. En février et mars, l’hydroxyde de cuivre offre une protection plus douce pendant la floraison.
  3. Renforcement naturel : Les décoctions de prêle et les purins d’ortie renforcent naturellement la résistance du feuillage et peuvent limiter les risques face à la tavelure ou l'oïdium.
  4. Taille raisonnée : Évitez de trop serrer vos fruitiers et de les garder trop touffus au centre, la circulation de l’air permet souvent d’éviter toutes sortes de maladies. Pensez à mastiquer les grosses plaies de taille et à toujours travailler avec un outil de coupe bien aiguisé, pour une coupe nette qui ne blessera pas l’arbre, et bien désinfecté pour éviter toute contamination.

Prévention et bonnes pratiques culturales

La prévention des maladies de l’abricotier commence dès la plantation. Il faut choisir un emplacement ensoleillé, à l’abri des vents violents, avec un sol léger et bien drainé. Proscrivez les endroits où la terre reste humide en hiver, et où l’air est toujours moite, par exemple à proximité des fleuves et dans les vallées. Les Prunus armeniaca greffés sur Prunus cerasifera Myrobolan donnent des arbres vigoureux et s’adaptent à tout sol. Si votre sol est lourd et argileux, le porte-greffe St Julien donnera des arbres plus compacts.

L'abricotier est un arbre fruitier qui apprécie un sol filtrant, bien drainé et la chaleur. Des arrosages excessifs sont néfastes au développement de l’abricotier, surtout en période de repos car il se montre alors plus sensible à l’humidité stagnante. Si l’arbre est planté sur une pelouse qui reçoit des arrosages automatiques et des apports d’engrais gazon, riche en azote, cela entraîne des suintements de gomme et la coulure des fleurs au printemps.

Diagramme montrant le cycle annuel des soins préventifs pour l'abricotier

Pour les arbres anciens, si l'arbre meurt, il n'est pas toujours nécessaire de dessoucher, sauf si l'arbre était atteint de pourridié. En laissant la souche, qui peut être recouverte de lierre par exemple, vous offrez un abri et de la nourriture à une variété de petits animaux et de champignons. Le couvert végétal et les rejets de l'arbre contribueront à son intégration paysagère. Dans un vaste jardin ou un parc, il est préférable de laisser les arbres en têtards ou trognes, offrant ainsi des lieux de nidification et d’habitat pour les oiseaux et les petits mammifères. Les insectes saproxylophages trouveront également le bois nécessaire à leur cycle de vie, contribuant à sa décomposition en humus.

Enfin, la sélection de variétés résistantes est un facteur déterminant pour la pérennité du verger. Dans certaines régions, comme le Roussillon, la lutte contre les maladies de l’abricotier passe par la sélection de variétés résistantes. Des variétés comme les abricotiers Hunza, originaires d’Afghanistan, sont réputées pour être robustes et résistantes à la sécheresse. En appliquant de bonnes pratiques culturales, en étant vigilant face aux symptômes des maladies et en réalisant les tests appropriés, vous pourrez évaluer au mieux l’état de votre abricotier et agir en conséquence.

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