
Le paillage, qu'il soit minéral ou végétal, est une pratique essentielle en jardinage, offrant une multitude d'avantages pour le sol et les plantes. Au-delà de ses fonctions protectrices et nutritives, le paillage organique, en particulier celui issu de matières recyclées comme les palettes broyées, s'inscrit dans une démarche d'économie circulaire et de durabilité. Cette méthode, en plus d'être écologique, se révèle être un atout précieux pour la santé de votre jardin, contribuant à la vitalité du sol et à la robustesse des cultures.
Pourquoi Pailler Son Jardin ? Les Multiples Avantages
Pailler son jardin présente une série d'avantages indéniables, impactant positivement l'arrosage, la protection des plantes et la qualité du sol.
Régulation de l'Humidité et Économies d'Eau
Un des rôles essentiels du paillage organique est de retenir l’eau dans le sol en occultant les rayons du soleil. Un paillage peut vous faire réaliser 40 % d’économies d’eau. En effet, un sol nu, travaillé profondément, forme souvent une croûte de battance sur laquelle l’eau ruisselle. Elle ne pénètre pas dans le sol et les plantes finissent par souffrir d’un manque d’eau. La couverture végétale, en faisant fonction de parasol, garde l'humidité et permet au sol de rester meuble et aéré. Un arrosage sous le paillage est bien plus efficace qu’au-dessus.
Pour optimiser l'arrosage sous paillage, le tuyau microporeux est un excellent système d’arrosage antigaspillage. Souple, il s’installe en ligne ou en zigzag selon la forme de vos plantations dans les bordures, les massifs ou au potager. La matière poreuse laisse suinter l’eau tout le long du tuyau permettant ainsi d’arroser des décamètres de plantation. Installé avant la mise en place du paillage et après un bon désherbage, il augmente l’efficacité de l’arrosage. Au moment de la mise en place de votre réseau, il est crucial de vérifier la pression de l’eau. Elle ne doit pas sortir en jet, mais suinter par gouttelettes.
Pour faire profiter les plantes de la totalité de l’irrigation et lutter contre les gaspillages, la meilleure méthode est de les arroser directement au pied, au plus près de leur système racinaire. Il est alors nécessaire de dégager la couche de paillage afin d’effectuer un arrosage ciblé et de la remettre en place ensuite. Cependant, pour éviter cette manœuvre qui peut s’avérer fastidieuse, réutiliser des bouteilles en plastique percées peut créer un système d’irrigation lente et localisée.
UN PAILLAGE LAISSE T-IL PASSER L'EAU ► Expérience et comparatifs
Lutte Contre les Mauvaises Herbes et Protection Contre les Nuisibles
Un simple paillis freine la pousse des mauvaises herbes, vous épargnant ainsi la corvée de désherbage. Le paillage empêche les mauvaises herbes de se développer grâce à son opacité. De plus, contre les chapardeurs, le paillis constitue une barrière efficace. Par exemple, ceux à texture rugueuse dissuadent les limaces et escargots. Les matières sèches et poudreuses comme la cendre de bois, la craie, le sable ou encore les poils de vos animaux fraîchement brossés, sont fort désagréables pour les gastéropodes et les empêchent de se déplacer. Les paillages minéraux, comme la pouzzolane à la texture rugueuse, constituent de bons anti-limaces. Il est conseillé de choisir une petite granulométrie car, trop grosse, elle procurera un refuge aux plus petits gastéropodes. La prêle, riche en silice, déposée en couche de 5 cm d’épaisseur autour de vos légumes, va renforcer le sol et les plants en se décomposant, constituant aussi une barrière efficace contre les limaces et les escargots.
Protection Thermique et Préservation du Sol
En hiver, au pied des frileuses, le paillage amortit la chute des températures. La couverture végétale conservera ensuite cette chaleur. Par contre, un paillis déployé trop tôt bloquera les rayons bienfaisants du soleil, et le résultat serait négatif : la terre serait maintenue froide car le sol est souvent encore froid. Il faut lui laisser le temps de se réchauffer avant de le pailler. En automne, le paillage installé en fin de saison sert, à l’inverse, à protéger le sol contre un refroidissement trop brutal.
Le paillage protège également le sol des fortes pluies, limitant le lessivage. Une terre vivante abrite la vie, et le paillage a un effet positif sur la microfaune du jardin. En se décomposant, les végétaux employés en paillis vont fertiliser le sol, nourrissant la terre. Un paillage organique permanent permet au substrat de s’enrichir au fur et à mesure de sa décomposition.
Le Paillage à Base de Palettes Broyées : Une Solution Innovante
Le broyat de bois, et en particulier le mulch de copeaux de bois de palette, est une option de paillage qui gagne en popularité grâce à ses multiples atouts et son inscription dans une démarche d'économie circulaire.

Qu'est-ce que le Broyat de Bois et le BRF ?
Utiliser du broyat de bois comme paillage, voire du BRF (Bois Raméal Fragmenté), est devenu monnaie courante dans les jardins. Le broyat de bois est composé de tout type de bois, vieux ou jeune, feuillus ou résineux, branches mortes ou vivantes. L’acronyme BRF vient de bois raméal fragmenté. Bois fragmenté est synonyme de bois broyé, c’est le mot raméal qui est important : il s’agit de bois provenant de rameaux, c’est-à-dire de branches. Celles-ci sont vivantes, fraîchement coupées, de faible diamètre, et principalement issues de feuillus. En résumé, le BRF est un broyat, mais tous les broyats ne sont pas du BRF ! La différence vient du fait que les bois raméaux sont très riches en nutriments et qu’ils sont encore mal lignifiés. Le broyat peut être utilisé de deux façons : pour pailler le sol ou pour l’amender, même si les deux sont liés.
Le broyat de copeaux de bois de palette est reconnu pour ses performances d’amortissement. Compact mais aéré grâce à sa finesse de broyage, le mulch de palette forme une surface lisse respirante mais hermétique aux mauvaises herbes. Moins connu, le mulch de broyats de bois de palette possède des qualités de compacité qui se prêtent bien aux manœuvres des parkings et terrasses. Le paillis en mulch copeaux de bois de palette est une solution multi-atouts pour les espaces verts urbains, les écuries, les aires de jeux, les parcours sportifs, les terrains de sport extérieurs. Depuis 1992, les Ets Patrie produisent des plaquettes de bois à partir des palettes en fin de vie non réparables, inscrivant ainsi leur entreprise dans une démarche d’économie circulaire.
Les Avantages Spécifiques du Broyat de Bois de Palette
Le broyat de bois utilisé en paillage va apporter d’innombrables bénéfices à votre jardin :
- Enrichissement du sol : Les copeaux de bois ou paillis enrichissent le sol en se décomposant et fournissent des micro-nutriments naturels. La décomposition du bois dans le sol est un processus essentiel. Le bois est composé pour une part de cellulose et pour l’autre part de lignine, en proportions variables selon l’essence et selon l’âge. La cellulose est souple, constituée de glucose, elle est facile à décomposer et à digérer. La lignine, elle, est constituée de “tanins”, c’est l’élément durcisseur qui donne au bois sa solidité. Elle est difficile à décomposer, d’ailleurs seuls les champignons (les basidiomycètes du sol, ce que l’on appelle souvent “la pourriture blanche”) sont capables de la décomposer.
- Favorise la biodiversité du sol : Il constitue un hôtel-restaurant grand luxe pour nombre d’organismes vivants : oiseaux, petits mammifères, insectes, mais aussi bactéries, champignons et autres micro-organismes. Cette biodiversité est importante car elle constitue un écosystème, dont fait aussi partie le sol de votre jardin. Il s’agit en effet d’une chaîne alimentaire, dans laquelle chaque élément a sa place et qui va enrichir la vie du jardin et du sol. Cette faune du sol (la pédofaune) va considérablement modifier le sol, qui va être constamment brassé et aéré par des quantités de travailleurs. Résultat : un sol décompacté, meuble, dans lequel air et eau vont circuler facilement et qui va faciliter l’enracinement des plantes.
- Amélioration de la structure du sol et formation d'humus : Grâce à tout ce petit monde et au broyat de bois, va se former un humus stable, et donc un sol fertile, riche en nutriments directement assimilables par les plantes que vous y cultivez.
- Rétention d'eau accrue : Ce type de sol a d’importantes capacités de rétention d’eau, il est comme une éponge qui peut restituer lentement, par capillarité, l’eau qu’elle contient dès que son environnement est plus sec. Cela permet donc de notables économies d’eau, et de travail pour le jardinier !
- Relation symbiotique avec les champignons mycorhiziens : La décomposition du broyat faisant intervenir des champignons, la présence de mycélium et de champignons mycorhiziens est acquise. Les champignons mycorhiziens sont ceux qui sont capables d’établir une relation symbiotique avec les racines des plantes. Relations bénéfiques à chacune des parties puisque le champignon est capable d’aller chercher très loin eau et nutriments (contrairement à la plante) qu’il va fournir aux racines en échange de sucres que la plante fabrique grâce à la photosynthèse. Qui dit champignons dit plantes bien nourries !
- Contrôle des mauvaises herbes : Les copeaux de bois ou paillis évitent la croissance des plantes adventices grâce à leur opacité. Les copeaux de bois empêchent la germination (processus par lequel une graine devient une plante). De plus, les copeaux de bois du broyeur contiennent des morceaux de bois et d’écorce sous différentes formes. Cela permet à l’eau de s’infiltrer à des vitesses différentes et d’éviter le compactage.
- Esthétisme et protection : Le paillis de bois de palette offre un paillis neutre et une note naturelle et esthétique au jardin. Disposées sur le sol, elles vont servir de rempart aux intempéries comme la grêle, le vent ou même le gel.

Inquiétudes et Précautions
Un sujet controversé est de savoir si vous pouvez utiliser les copeaux de bois de votre broyeur comme paillis. Les principales préoccupations concernent le transfert de maladies du bois à vos plantes. Pour que cela se produise, il faudrait un concours de circonstances parfait, ce qui, selon les phytopathologistes, est très peu probable.
Un autre risque est la libération de produits chimiques allélopathiques (libération d’inhibiteurs de croissance). Les recherches menées au fil des ans ont montré qu’il ne s’agit pas d’un problème. La seule plante qui pourrait causer un problème serait le noyer, que l’on ne trouve pas dans un jardin typique. Le chêne et le châtaignier sont des bois qui contiennent une grosse quantité de tanins, qui inhibent la croissance des plantes. Par exemple, les jardiniers doivent savoir que le paillage de châtaignier est juste parfait à étaler dans un endroit où… on ne veut pas de plantes !
En outre, une préoccupation commune est que l’azote est lié pendant son processus de décomposition. Cela peut avoir un effet lorsqu’il s’incorpore au sol, c’est pourquoi les copeaux de bois de déchiquetage conviennent comme paillis de surface. Cependant, ils offrent de grands avantages en tant que paillis, comme l’a montré une étude réalisée en 1990 : rétention d’humidité, modération de la température, contrôle des mauvaises herbes. En se décomposant, ils apportent de la matière organique et des nutriments dans le sol grâce à l’activité des vers de terre et des insectes.
Les conifères acidifient le sol et se décomposent très lentement. On ne fait pas un bon paillage avec 100% de thuyas, de pin ou peu importe l’espèce de conifère. Il faut arrêter d’en mettre dans les jardins ! L’écorce de pin n’a strictement aucun intérêt dans un jardin. Ces écorces acidifient le sol qui n’en a bien souvent pas besoin. La conséquence peut être un déséquilibre de l’écosystème. Autres éléments à prendre en compte : c’est un produit qui coûte très cher, met un temps infini à se dégrader et ne nourrit pas le sol. Il est recommandé de réserver les écorces ou les aiguilles de pins aux plantes de terre de bruyère (azalées, hortensias, rhododendrons).
Comment Réaliser un Bon Paillage avec du Broyat de Palettes ?
La mise en place d'un paillage efficace requiert quelques étapes clés pour maximiser ses bénéfices.
Préparation du Sol
Avant la mise en place du paillage, le sol doit être propre. Ce nettoyage minutieux parfois fastidieux vous épargnera la corvée de désherbage pendant un bon moment. Après un passage de griffe ou l’arrachage manuel des herbes indésirables, répartir uniformément une couche de paillage.
Quand et Comment Appliquer le Paillage ?
Idéalement, le paillis sera mis en place après les premières plantations, dès qu’elles auront développé leurs premières racines. Attendre la fin du mois d’avril (ou début mai) pour pailler. Pour que ces couvertures du sol soient efficaces, épandre au minimum une épaisseur de dix centimètres de paillis. Pour pailler des arbres, vous étalerez le broyat de bois sur 3 à 10 cm sur toute la surface de leur couronne. Cette matière organique très riche en carbone sera mise en place comme couverture entre la fin de l’hiver et le printemps.
Il est possible d’intégrer le broyat sur quelques centimètres, à condition que ce soit superficiel et que la terre ne recouvre pas le broyat. Vous intégrerez le broyat dans le sol en automne plutôt qu’au printemps. En effet, au printemps, vous risquez de provoquer une importante faim d’azote : les bactéries qui décomposent la matière organique ont besoin d’azote pour faire leur travail. Or, le broyat est riche en carbone mais très peu en azote. Tout ce qui est disponible dans le sol va être puisé pour la décomposition, et il n’y en aura plus de disponible pour les plantes qui poussent ou sont mises en place à cette période clé de l’année. Cette carence va durer environ 6 mois, autant dire que les plantations de l’année seront assez mal loties ! En automne par contre, beaucoup d’azote est présent dans le sol (toutes les plantes herbacées en fin de culture qui meurent au sol, y compris leurs racines, en apportent beaucoup). Et il n’est pas utilisé donc il finit par être lessivé et partir dans les nappes phréatiques sous forme de nitrates. Il est alors judicieux de mettre beaucoup de broyat sur et dans le sol, cela va mobiliser cet azote qui ne sera donc pas perdu.
Si vous utilisez en même temps d’autres méthodes de fertilisation, vous pouvez apporter du broyat en amendement même en fin d’hiver. Par exemple, vous pouvez le mettre en place au pied d’engrais verts ou de cultures de pois et autres légumineuses.
Le BRF : Spécificités d'Utilisation
En ce qui concerne le BRF, voici ce qui est préconisé : prélevé et broyé entre la fin de l’automne et le début de l’hiver, il est épandu au sol sur 3 cm, un sol même enherbé. Il est conseillé d’avoir réalisé un semis de légumineuses pour assurer par la suite la présence d’azote. Il pourra avantageusement être recouvert de paille qui maintiendra une certaine chaleur et protégera toute la faune qui vit dans le sol. La paille favorisera de ce fait la décomposition qui sera plus rapide.
Après 3 à 4 mois, au printemps donc, sa décomposition a commencé et de nombreux champignons doivent l’avoir colonisé. Certains l’enterrent alors dans le sol, dans les 10 premiers centimètres, mais cela n’est pas recommandé. En effet, tous ces organismes décomposeurs, les champignons ici, sont des organismes aérobies. Cela signifie qu’ils ont besoin d’oxygène pour vivre et se multiplier. Et en enfouissant la matière organique dans le sol, vous les privez d’oxygène, et le travail de décomposition s’arrête. Il suffit de regarder le sol d’une forêt et de s’en inspirer : la matière organique (feuilles, branches) tombe au sol, et elle y reste, elle n’est jamais enterrée. L’intégration, si elle est faite, sera donc superficielle et le BRF ne sera pas enterré. Un apport de fumier bien composté pourra être fait en l’absence de culture de fèves et autres pois (toujours pour l’azote). Il sera alors possible de cultiver normalement votre sol, sans avoir besoin de le travailler.
Quelle Quantité et Quel Type de Bois Utiliser ?
Pour du BRF : prélevez entre octobre et février des rameaux de feuillus de 7 cm de diamètre maximum, âgés de 2 ou 3 ans, idéalement en lune descendante. Broyez ce bois dans les 15 jours qui suivent la coupe. Le BRF doit être épandu juste après avoir été broyé (dans les 24 h).
Il est généralement conseillé de broyer en morceaux de 2 à 10 cm. Cependant, plus le broyat est fin, plus rapidement il se décompose car les champignons vont pouvoir se développer plus rapidement.
De nombreuses théories et débats existent sur tel et tel bois qu’il serait déconseillé d’utiliser comme broyat en raison de la présence de substances allélopathiques ou de tanins. Il semble cependant d’après nombre d’expériences que tous les bois, y compris les bois de résineux et de noyers, peuvent être employés. Peut-être pour éviter des excès en tel ou tel composé est-il judicieux de broyer divers bois ensemble. À savoir : il n’a à ce jour jamais été démontré qu’apporter uniquement du broyat de résineux pouvait provoquer une acidification du sol.
Fabrication de Son Propre Broyat
Pour fabriquer soi-même du broyat de bois à utiliser comme paillage, il faut un broyeur bien sûr, à acheter, louer ou se faire prêter, ainsi que du bois.
Un broyeur électrique est préférable pour un jardin de superficie petite à moyenne (jusqu’à 500 m²). Affichant entre 2000 et 3000 watts, vous serez en mesure de broyer des rameaux et des branches jusqu’à 45 mm. Un broyeur thermique sera adapté pour des jardins plus grands et sa puissance, jusqu’à 6600 watts, viendra à bout de branches de 75 mm. Le broyeur 6 ch avec un moteur incroyablement puissant de 6 ch et un régime imbattable de 3600 tr/min, est le joyau de la couronne, digne de n’importe quel roi. Qu’il s’agisse d’une guerre humide ou d’un jour de soleil brûlant, cette machine peut tout supporter. Il passe sans effort du broyeur au déchiqueteur pour offrir une polyvalence dont un paysan ne peut que rêver.

Alternatives et Compléments au Paillage de Palettes Broyées
Outre le broyat de palettes, d'autres matériaux de paillage offrent des avantages spécifiques et peuvent être combinés pour une efficacité optimale.
Paillages Végétaux Courants
- Feuilles mortes : Usez et abusez des feuilles mortes pour vos paillages. On n’a pas fait mieux. C’est le meilleur moyen d’améliorer ou d’entretenir la fertilité du sol. Les vers de terre, les insectes en raffolent. Vous pouvez les étaler absolument partout, au pied des haies, entre les vivaces, au potager. Entassez-les au pied des plantes frileuses. L’automne est le moment idéal pour amasser une quantité importante de feuilles qui, une fois séchées au soleil, serviront à protéger les massifs. En se décomposant, les feuilles constituent une excellente source de nutriments et participent à la création de l’humus et au développement des micro-organismes, indispensables travailleurs de la terre. L’excédent de feuilles (uniquement saines), peut également être mis au compost. Attention, le risque existe, d’infecter le compost ! Essayez de garder un petit coin de votre jardin pour entasser les feuilles et fabriquer un terreau de feuilles maison. Le mieux, c’est de fabriquer un petit silo avec des palettes recyclées.
- Paille et foin : La paille est l’amie de l’eau. C'est un matériau aéré et sec qui ne risque pas de fermenter. En couche épaisse, c’est une excellente barrière contre le froid. La paille comme le foin peuvent libérer des quantités considérables de potassium au cours de la saison, ce qui constitue un sérieux atout pour les sols et pour les plantes qui en manquent ! Par ailleurs, leur aspect naturel offre au regard une jolie note esthétique. Attention, si des céréales ont subi des traitements, il arrive que la paille qui en est issue contienne des traces de pesticides.
- Tontes de gazon et terreau de feuilles : Ces deux paillis végétaux, en fournissant à la terre de la matière organique, mais aussi de l’eau, redonneront au sol les ressources dont il a besoin pour que l’on puisse y implanter des cultures potagères. Les paillis verts (feuillages tendres, jeunes rameaux, déchets de pelouse) sont riches en azote. Seuls, en trop grande quantité ou trop frais, ils peuvent brûler les racines des jeunes plants. Cependant, ils sont pleinement intéressants dès lors qu’on les ajoute à un paillis pauvre en azote (écorce, paille de blé, papier, BRF) et peu décomposé. Quand les tontes sont fraîches, ne paillez pas sur plus de 2 à 3 cm d’épaisseur. L’humidité attire les limaces et peut favoriser l’arrivée de maladies. Afin d’éviter les moisissures, penser à laisser sécher les tontes de gazon et le terreau de feuilles avant de les éparpiller dans le jardin.
- Paillettes de lin et de chanvre : Le paillis de lin est quant à lui très fin. Il est apprécié pour son côté très décoratif. Penser à l’arroser après sa mise en place sous peine de le voir s’envoler très facilement. Il a l’avantage de nourrir et d’alléger les sols trop lourds et ne les acidifie pas. Par exemple, les paillettes de chanvre, de pH neutre, forment une protection idéale qui, une fois arrosée, reste compacte et résiste au vent en restant en place durablement.
- Écorces de fèves de cacao : Ces paillis conviennent tout particulièrement aux terrains pauvres en azote. Ce paillis reste en place pendant un an, ce qui est parfait pour les plantes annuelles. La couleur bois des écorces de fèves de cacao donne une note naturelle et esthétique au jardin. Elles sont constituées en réalité par les déchets de l’industrie du chocolat. Ces écales retiennent la moitié de leur poids en eau.
- Déchets de cuisine et de potager : Les épluchures et déchets végétaux de la cuisine ou du potager peuvent servir de paillage tant qu’ils sont, pour ces derniers, indemnes de maladies. En effet il est préférable de ne pas utiliser des restes de légumes ou des feuilles suspectes au pied des plantes de la même espèce. Étalés au sol, ils améliorent sa structure et sa fertilité et permettent le développement des racines en maintenant l’humidité.
- Fougères : Toutes les fougères sans exception sont très précieuses à utiliser en hiver pour protéger les plantes fragiles. Dans ce cas, utilisez-les entières et entassez-les sur et autour de la plante à protéger. Les frondes de fougère sèches qui demandent à être coupées en fin de saison peuvent être recyclées en protection antifroid pour les cultures les plus fragiles. Disposer des tuteurs de maintien autour du pied et courber les frondes pour créer une barrière en forme de cheminée. Installées de cette manière (en forme de capuchon protecteur), les frondes de fougère sèches protégeront efficacement les parties aériennes des plantes fragiles contre les vents et les températures hivernales.
- Bambous : Les bambous sont généreux en feuilles. Quand vous coupez, nettoyez vos vivaces ou votre potager, regroupez les déchets sur la pelouse et passez-les à la tondeuse. Ce paillage de courte vie (6 mois environ) peut être utilisé dans les massifs ou au potager.
Paillages Minéraux et Autres Matériaux
- Graviers : Les graviers sont très utiles à tous les jardiniers qui vivent en régions où le sol est frais mais qui ont envie de cultiver quelques plantes de terrain sec. Ils sont très utiles pour protéger le pied des plantes de terrain sec de l’humidité et du froid.
- Papiers et cartons : Empiler une dizaine de feuilles de papier journal mais éviter d’utiliser les pages comportant des encres de couleurs. Concernant les cartons, veiller à les faire se chevaucher afin qu’aucune mauvaise herbe ne puisse pousser. Poser sur ces paillis de la paille, du terreau, ou toute autre couverture végétale. En plus d’ajouter une note esthétique au jardin, ils maintiendront les cartons ou le papier journal en place.
- Toiles en fibres naturelles : Plus écologiques que le film plastique, les toiles en fibres de coco ou de jute sont totalement biodégradables, et ce en trois ou quatre ans. Les premières sont en effet confectionnées à partir de l’enveloppe qui entoure les noix de coco. Le jute est une plante herbacée de la famille des Malvacées, appelée aussi chanvre de Calcutta. Ces deux matières sont 100 % naturelles ! Ce sont des paillages qui existent en grand format, pour des surfaces importantes, ou en dalles, pour entourer de jeunes arbustes. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ils laissent pénétrer l’eau, ainsi que l’air.
UN PAILLAGE LAISSE T-IL PASSER L'EAU ► Expérience et comparatifs
Gestion du Paillage en Fin de Saison et Fertilisation
La fin de saison est un moment clé pour la gestion du paillage et la préparation du sol pour les cultures futures.
Recyclage et Compostage
Le paillage organique non décomposé comme les paillettes de lin ou de chanvre, le bois raméal fragmenté (BRF), les feuilles mortes… se dégrade et induit souvent une faim d’azote. Ce sont en effet les enzymes responsables de la décomposition qui consomment l’azote pour réaliser ce travail. Un paillage installé trop tôt après la plantation peut provoquer cette carence en azote au moment précis où les plantes en ont le plus besoin. C’est pourquoi il est déconseillé d’enfouir les matières non décomposées qui dilapideront l’azote au cours de leur dégradation en terre.
La troisième année, il suffit alors d’enfouir les restes du vieux paillage pas encore dégradés. On remet alors éventuellement une petite dose d’engrais organique et surtout, on ajoute du compost ou on remet une couche de paillage. Le sol forestier est considéré comme le meilleur des sols, stable et fertile. Composé d’humus fabriqué lentement par la matière qui tombe au sol et les organismes qui travaillent à la décomposer, il paraît assez simple de le reproduire tout simplement en recouvrant le sol du jardin de bois, broyé pour plus d’efficacité. L’excédent de feuilles (uniquement saines), peut également être mis au compost. Attention, le risque existe, d’infecter le compost !
Fertilisation Optimale
Bien pailler, c’est important. Mais on ne paille pas n’importe comment et avec n’importe quoi surtout. La recette du succès : engrais à la plantation + paillage. On assure ainsi à la plante de la nourriture pour 3 ou 4 ans. L’engrais de fond (corne broyée par exemple qui se dégrade lentement) nourrit la plante pendant deux à trois ans. Il est très utile pour restaurer un sol appauvri ou pour “créer” un sol fertile dans des zones de remblai. Il va donc être épandu 1 à 2 fois sur un terrain, mais une fois celui-ci redevenu vivant, l’utilisation du broyat devient inutile, des ajouts réguliers de compost suffisent à maintenir un bon taux de matière organique.
Il est recommandé d’utiliser 75 % de broyat de bois blanc + 20 à 25% de châtaignier (ou de chêne ou de conifère) grand maximum. Un paillage riche en azote, comme les tontes de gazon, devra être étalé en petite quantité, surtout s’il n’a pas assez séché. Elles apportent de l’azote et sont pratiques au printemps et en été quand il n’y a pas de feuilles mortes ! Si vous en avez trop, vous pouvez en mettre au compost ou les donner à manger aux poules.