Le fumier de mouton est un amendement organique précieux, composé des déjections de l'animal et de sa litière végétale, généralement constituée de paille. Il se distingue par sa nature de fumier « sec et chaud », car il chauffe vite et se décompose rapidement, même en climat frais. À la base, il s'agit d'un fumier compact, car, tant qu’il est dans la bergerie, il est compacté par les piétinements des ovins. L’inconvénient est que plus il est compacté, moins il produira de jus d'écoulement. Sa composition est riche : environ 25 % de matières sèches issues de la litière végétale, le reste étant des matières humides, les fèces et les urines. Il permet d’apporter du calcium, du magnésium, de l’azote et du phosphore au sol, tout en étant particulièrement riche en potassium.

Les propriétés agronomiques du fumier ovin
Plus qu’un engrais, le fumier de mouton est un amendement du sol. Il permet d’améliorer la structure et la texture du sol qu’il aura tendance à rendre plus poreux, car, au fil des mois, les macro-organismes du sol vont s’en nourrir et travailler le sol en même temps. Il est une excellente alternative au fumier de cheval pour les sols argileux et compacts. Sa richesse en nutriments sera parfaite pour enrichir un sol pauvre.
L’azote contenu dans ce fumier va être libéré progressivement dans le sol. Grâce à sa richesse en potassium et en phosphore, il fera merveille pour doper un gazon un peu fatigué ou tout simplement en fertilisation automnale. Il est également un engrais complet, naturel et facilement digestible, notamment lorsqu'il est transformé, destiné à fertiliser les légumes, arbres et arbustes fruitiers, pelouses, conifères et autres plantes de jardin et de balcon. De par sa composition riche et équilibrée, il est particulièrement recommandé pour nourrir les sols stériles. Sa faible teneur en chlorure le rend parfait pour la culture de légumes et de fruits.
Gestion, compostage et transformation industrielle
Le fumier de mouton peut sans problème être ajouté au compost. Toutefois, comme il est plus difficile à composter, il est important de l’émietter correctement pour le répartir dans votre compost. Pour ce faire, vous pouvez le casser au croc. De plus, dans la mesure où ce fumier est sec, il doit être humidifié pour permettre au processus de compostage de se poursuivre normalement. Un arrosoir, par-ci par-là, facilitera la montée en température.
L'évolution des techniques de valorisation a permis de créer des produits plus stables. L’activité s'est structurée dès les années 1980 avec des procédés innovants. Par exemple, la première innovation a été d’en faire un pellet, permettant de concentrer la matière. Dans une tonne de bouchons, vous avez quasiment 4 tonnes de produits pulvérulents. Ce procédé de bouchonnage, lorsqu'il est réalisé à froid, permet de préserver la vie microbienne pour essayer de la réintégrer au sol ensuite.
Certains produits subissent une biofermentation solide de 12 mois à l’air libre, qui permet d’enrichir la matière organique en composés stables, précurseurs de l’humus, et d’élever les micro-organismes. Cet « élevage », qui s’exprime en particulier par des montées en température sous l’action des micro-organismes présents, autorise une hygiénisation complète en éliminant les espèces pathogènes et les graines d’adventices.
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Utilisation au potager et au jardin d'ornement
Le fumier de mouton est une très bonne solution pour restaurer le sol après la culture de plantes gourmandes et pour l’enrichir. Au potager, vous pourrez l'utiliser en paillant les planches de culture des légumes, une fois par an seulement par planche. Il est idéal pour restaurer le sol après des plantes gourmandes comme les cucurbitacées, mais pas seulement : sa teneur en potasse est très intéressante pour les légumes-fruits comme les tomates, les aubergines ou les courgettes.
Si vous disposez de fumier bien décomposé, il peut être utilisé au pied des arbres et des fruitiers à n’importe quelle période. En revanche, au moment de sa décomposition, le fumier frais monte en température. Cela veut dire que vous ne devez planter aucun végétal tant qu’il n’est pas entièrement décomposé, au risque de brûler les racines encore jeunes. L'épandage sera idéalement fait à partir de l’automne jusqu’à la fin de l’hiver.
La dose conseillée lorsqu'il est bien mûr est de 5 kg par m² de sol. En pot ou en jardinière, la règle est différente : incorporez environ 10 à 15 % de fumier composté au volume du substrat. Il faut cependant rester vigilant : les légumes-racines comme les carottes, les navets, les oignons ou les pommes de terre peuvent souffrir d’un excès d’azote qui favorise le feuillage au détriment du développement racinaire.
Précautions sanitaires et équilibre du sol
Lorsque le fumier frais provient de chez un éleveur, les moutons peuvent être vecteurs de maladies, sans que vous ne le sachiez. Le mouton peut être vecteur de maladies, notamment de l’échinococcose. Renseignez-vous bien si vous prenez du fumier chez un éleveur ; les bêtes doivent être vermifugées correctement pour éviter d’être porteuses. Autre précaution : épandre le fumier frais au minimum 3 mois avant de cultiver sur la planche, afin que les œufs meurent.
En règle générale, pour éviter de déséquilibrer la structure et la composition du sol, il est préférable de diversifier les apports sur celui-ci. Pour ce faire, vous pouvez ajouter des plantes séchées, des feuilles mortes, des résidus de tonte ou de taille. Un apport massif ne doit être fait qu’une fois par an. Trop d’azote ou de phosphore entraîne le lessivage des nutriments vers les nappes phréatiques et la pollution des cours d’eau.

Innovation et biotechnologies appliquées
L'industrie de la fertilisation a développé des solutions poussées basées sur le principe actif OV, avec 600 micro-organismes bénéfiques identifiés pour améliorer la fertilité des sols et optimiser la nutrition des plantes. Le fumier de mouton sert de base à des solutions microbiennes et non microbiennes. Par exemple, des spécialités microbiennes homologuées, s’appuyant sur des micro-organismes sous-représentés dans les sols, ont vu le jour :
- A6Mil (à base de Bacillus amyloliquefaciens) favorise la levée et améliore l’enracinement.
- N1trium (à base d’Azotobacter vinelandii) permet de fixer l’azote atmosphérique dans le sol.
- K4Libre (à base de Pseudomonas chlororaphis) s’attaque aux sols carencés en potassium.
- D3stress (à base de Peanibacillus poymyxa) améliore la résistance des cultures aux stress abiotiques.
Ces biotechnologies, incluant également des solutions à base d'algues ou d'acides aminés, permettent une libération progressive des nutriments, soutenant l'activité biologique et le développement d’une microflore appropriée du sol. Cette approche moderne de la fertilisation organique transforme un déchet d'élevage en une solution technologique de haute performance pour le maraîchage, l'arboriculture et les grandes cultures.