Permaculture et Arme de Chasse : Un Équilibre Délicat pour la Gestion des Écosystèmes

La permaculture, contraction des termes « permanente » et « agriculture », est une conception éthique qui prend en compte l’écosystème dans son intégralité. Elle vise à créer des systèmes agricoles durables et résilients en s’inspirant des modèles naturels, minimisant ainsi l’impact négatif sur l’environnement. Le principe fondateur de la permaculture est de s’adapter au sol et à son environnement, respectant la nature, les animaux et les hommes, pour offrir de nombreux avantages sur le long terme. Paradoxalement, la gestion des populations de gros gibier, dont la prolifération peut menacer ces mêmes écosystèmes et les cultures, conduit certains acteurs à considérer l'arme de chasse comme un outil nécessaire, bien que son lien direct avec la philosophie permacole soit complexe.

La Permaculture : Principes et Outils pour une Agriculture Durable

La permaculture permet de faire le lien entre différents éléments d’un système. L’aménagement s’effectue en fonction des ressources et matériaux disponibles (terre, arbres, eau, soleil, bois, végétation, etc.). Un jardin en permaculture répond à nos besoins ainsi qu’à ceux de notre environnement. La culture de fruits, de légumes et de plantes doit participer au développement de la biodiversité.

Schéma des principes de la permaculture

Outils Essentiels en Permaculture

En permaculture, l’accent est mis sur le respect de la terre et de ses écosystèmes. Les outils utilisés sont donc choisis pour leur douceur d’action et leur efficacité dans une agriculture durable. Même en permaculture, les outils traditionnels du jardinage ont leur place.

  • La bêche : Cet outil familier est essentielle pour creuser, déplanter, et déplacer des plants. Elle s’avère utile pour retirer des couches de gazon ou de plantes sauvages sur des espaces à transformer. Elle est indispensable pour décompacter et aérer la terre.
  • La pelle : Un outil simple mais efficace, elle est idéale pour remplir rapidement les brouettes et creuser de grands trous, notamment pour la plantation d’arbres et d’arbustes.
  • Le râteau : Un outil classique mais indispensable, il est utilisé pour de multiples tâches. Il permet de ramasser les feuilles mortes ou l’herbe tondue, niveler le sol, affiner la couche superficielle du sol, et étaler le compost ou le paillage. Dans le cadre de la permaculture, un râteau solide et efficace est l’outil de base d’un jardinier.
  • Le croc : Il permet d’ameublir et d’aérer le sol, en particulier les terrains argileux, sans le bouleverser.
  • Le sécateur : Nécessaire pour tailler les petits végétaux, aromates vivaces, arbres et arbustes fruitiers.
  • L’arrosoir : Bien que simple, il est crucial pour l’irrigation du potager.
  • La brouette : Bien que parfois encombrante, elle est idéale pour déplacer des outils et matériaux comme le compost, le foin, ou la terre végétale.
  • Le semoir : Un outil pratique pour distribuer les semences de manière précise et économique.
  • Le plantoir : Il facilite grandement la plantation et les repiquages.
  • Les gants : Souvent négligés, ils sont pourtant essentiels pour la protection contre les coupures, blessures et salissures.

Infographie des outils de jardinage essentiels en permaculture

Outils Spécifiques à la Permaculture

Certains outils, bien que non obligatoires, peuvent être d’une aide précieuse selon la situation du permaculteur.

  • Le sarcloir (ou sarclette) : Aussi appelé sarclette, le sarcloir est un outil de jardinage très utile pour désherber manuellement son jardin ou son potager. Avec son manche long et sa tête en acier tranchante, il est idéal pour éliminer les mauvaises herbes, permettant de travailler debout et soulageant le dos, particulièrement efficace dans les sols légers.
  • L’arrache rumex : Cet outil de permaculture sert à arracher les plantes à racines pivotantes, telles que le rumex, les chardons, les pissenlits, mais sert aussi à récolter les légumes tels que les poireaux, les carottes ou le panais.
  • La fourche bêche (ou fourche à bêcher) : C’est un outil de jardin qui permet de retourner la terre, de l’aérer et ainsi d’ameublir le sol pour y faire ses semis. Idéale pour les sols lourds et argileux, la fourche bêche a l’avantage de préserver les lombrics, ces hôtes essentiels dans un jardin.
  • La grelinette (ou bio bêche) : Composée de plusieurs dents et de deux manches latéraux en bois, elle permet d’aérer la terre et de sortir les cailloux et racines du sol. Cette fourche écologique ameublit les premières couches du sol sans les retourner, ce qui préserve son écosystème.
  • Le bionneur : Outil de jardin hybride entre le croc et le râteau, il permet d’entretenir facilement vos buttes ou billons. Muni de dents aplaties et coupantes prolongées, il pénètre facilement dans le sol. Son long manche en bois offre une bonne ergonomie.
  • Le broyeur pour végétaux et branches : C’est un outil clé en permaculture pour la gestion des déchets verts. Il permet de transformer branches et végétaux en mulch ou BRF (Bois Raméal Fragmenté), enrichissant et protégeant le sol.
  • Le campagnole : Fruit d’une collaboration entre la Fabriculture et la Ferme du Bec Héllouin, c’est un outil polyvalent pour le sol. Il permet d’aérer les sols, de briser les mottes et d’extraire cailloux et racines, le tout avec une grande facilité de déplacement.
  • La serre : N’est pas obligatoire en permaculture, mais elle offre des avantages significatifs. Elle offre un environnement contrôlé, idéal pour la culture de légumes précoces et permet d’accélérer les récoltes d’été. L’utilisation de la serre en permaculture se fait avec une approche réfléchie. Il s’agit de créer un équilibre entre l’effort investi et les bénéfices obtenus. Par exemple, il est possible de commencer par cultiver quelques légumes connus pour observer leur développement sous serre, avant de diversifier les cultures.

Le Rôle des Animaux en Permaculture

Les animaux participent à l’équilibre d’un écosystème, c’est pourquoi ils sont très utiles en permaculture. Qu’ils soient sauvages ou domestiqués, les poules, abeilles, ânes, etc., sont de véritables alliés pour votre potager. Ils peuvent protéger votre espace cultivé mais également produire de quoi l’enrichir. En permaculture, chaque élément doit avoir plusieurs fonctions.

  • Les poules : Elles sont très efficaces pour nettoyer le potager et le verger des petits ravageurs. Elles produiront également de bons œufs frais.
  • Les dindes : Elles seront des alliées contre les rongeurs.
  • Les moutons : Ils aideront à nettoyer le sol des fruits non consommables ainsi que pour enlever les herbes entre les arbres.
  • L’âne : Hormis sa production de fumier et la tonte, l’âne est très utile pour les poules, car c’est un très bon chasseur de renards.
  • Les abeilles : Qu’elles soient sauvages ou domestiques, elles sont essentielles à nos écosystèmes. Elles pollinisent de nombreux végétaux, indispensables pour produire des fruits.
  • Le chat et le chien : Oui, le chat et le chien sauront protéger votre potager. Outre son côté chien de garde pour la maison, ce dernier éloignera les chevreuils juste par son odeur.

Il existe également des plantes qui attirent les décomposeurs, les auxiliaires et les pollinisateurs. Il est important de s’en servir. Prendre un ou plusieurs animaux nécessite d’avoir de la place pour les accueillir et du temps à leur accorder. Si un espace ne possède pas d’arbre, il faudra en planter, car les animaux préfèrent une ambiance « sous-bois » qu’un terrain désert. Les animaux en permaculture sont très utiles, mais ils restent des êtres vivants qui auront besoin d’attention au quotidien. Une réflexion préalable à leur adoption est donc essentielle.

Un jardin durable | ARTE Regards

La Chasse : Une Réponse à la Prolifération du Gros Gibier

En dépit de l'approche respectueuse de la nature prônée par la permaculture, la prolifération de certaines espèces de gros gibier pose des défis concrets aux agriculteurs et aux écosystèmes. Le nombre de chasseurs diminue, tandis que le gros gibier pullule. Des situations comme quatre hectares de maïs ravagés par des sangliers et resemés dans la foulée, en mai 2019, sont devenues fréquentes.

Le Contexte de la Prolifération du Gros Gibier

Les sangliers et les chevreuils prolifèrent. Les premiers, essentiellement cantonnés au sud du département, investissent désormais les campagnes du nord. Anne-Françoise Le Bihan, agricultrice à Nostang, rappelle que le cervidé est responsable de dégâts en légumes de plein champ. Pour Thierry Chasles, vice-président de la Fédération départementale de la chasse, la pratique reste essentielle pour limiter la prolifération des populations. Il insiste sur le fait que « si nous ne faisons rien aujourd’hui, les populations se multiplieront par 3 ou 4. Ensuite, c’est très difficile d’en réduire le nombre ». Il en veut pour preuve la tempête de 1999 qui avait décimé des arbres et laissé des zones non praticables, le montant des dégâts dans les cultures étant passé de 1998 à 1999 de 150 000 € à 300 000 €.

L'Implication Croissante des Agriculteurs dans la Chasse

Face à ces dégâts, certains agriculteurs, qui n’avaient jamais été attirés par la chasse, y voient désormais un loisir ou une nécessité. Christophe Guillouzouic, éleveur laitier à Questembert, a vu rouge après une perte importante de maïs. « Cette perte a été un déclic. J’ai suivi une formation et passé le permis de chasser ». L’opération, initiée par la FDSEA et relayée par les chasseurs, a séduit 22 agriculteurs en 2019 et 16 en 2020, malgré la crise sanitaire. Une nouvelle session de formation est programmée en février 2021. En 2000, 26 % des chasseurs français étaient des agriculteurs ; aujourd’hui, ils ne représentent que 8 %. « Ils ont moins de temps », estime Gwenaël Le Luel, en charge du dossier chasse à la FDSEA. La raréfaction des lapins, perdrix et faisans sauvages est une autre raison du manque d’intérêt des agriculteurs. Cependant, la nécessité de gérer le gros gibier ramène certains d'entre eux à la chasse. Joël Walkenäere, administrateur de la fédération des chasseurs, assure que « le fait de former des agriculteurs est positif », ajoutant avec un brin provocateur : « Ils se rendront compte qu’il n’est pas toujours aisé de tirer des sangliers ».

Le Permis de Chasse : Formation et Examen

Pour s’engager dans cette activité, l’obtention du permis de chasse est obligatoire. Depuis le 1er janvier 2014, le candidat reçoit une convocation pour une épreuve qui se déroule en une seule séance composée en premier lieu des exercices pratiques, puis, en cas de réussite, des questions théoriques. En cas d’échec, à l’une des deux épreuves, le candidat doit déposer un nouveau dossier d’inscription et se présenter à une nouvelle session. Les candidats sont préparés par une formation obligatoire dispensée par les services techniques de la fédération de chasse : une demi-journée de théorie et une demi-journée de pratique. Ces formations, prises en charge par la fédération de chasse du Morbihan, coûtent environ 500 €, auxquels il faut ajouter un travail individuel, sur la réglementation notamment. Aucune dépense n'est à prévoir pour l'éleveur, sinon l’achat d’un fusil depuis l’obtention du permis (entre 200 € pour une arme d’occasion et 1 000 € pour une flambant neuve). Anne-Françoise Le Bihan, agricultrice à Nostang, a obtenu son permis de chasse à 0 €. « Je pourrai désormais accompagner mon mari », témoigne-t-elle.

Image d'un chasseur en formation au maniement des armes

Réglementation et Missions d'Intérêt Général

Un premier arrêté préfectoral régissant la chasse a été pris par Gérard Gavory, préfet de la Manche le 4 novembre dernier. « Chaque département a sa spécificité », souligne Gérard Bamas, président de la Fédération des chasseurs de la Manche. Les étourneaux entre autres ne sont pas sans présenter des nuisances dans les exploitations du département. Une décision entérinée dans un arrêté modificatif fin de semaine dernière. « C’est une possibilité supplémentaire pour nous. C’est un moyen qu’il faut saisir parce que la problématique est réelle dans notre département. Le contenu de l’arrêté initial reste inchangé. Il autorise « la chasse collective du sanglier et des cervidés telles que les battues administratives, la chasse individuelle, à l’affût, à poste fixe ». Pour pouvoir pratiquer, l’attestation dérogatoire avec le motif de « Participation à des missions d’intérêt général sur demande de l’autorité administrative » reste obligatoire. 8 500 bracelets ont été accordés pour éliminer des chevreuils sur l’année en cours, soulignant l'ampleur de la tâche.

Chasser Sans Arme à Feu : Techniques de Survie et Permaculture

Bien que la chasse moderne utilise des armes à feu pour la gestion des populations, il existe des méthodes de chasse plus rudimentaires, souvent associées à la survie en pleine nature, qui s'éloignent des préoccupations de la permaculture mais peuvent illustrer une forme de rapport direct à la nature. Quand il s’agit de survivre en pleine nature, savoir chasser pour se nourrir peut faire toute la différence. Même sans arme à feu, il existe plusieurs solutions pour chasser dans la nature.

  • Le bâton solide ou légèrement incurvé : De la longueur du bras, c’est l’un des outils les plus rapides à réaliser. Il est conseillé de choisir un bâton droit, sans nœuds, et de travailler la courbure naturelle du bois.
  • Le harpon : C’est une arme très pratique pour chasser près de l’eau ou dans des zones marécageuses.
  • Les pierres : Elles peuvent être utilisées comme munitions.

Il est important de se rappeler que la pratique et l’adaptation sont les meilleurs alliés. Tester, améliorer, et rester discret dans ses mouvements sont des principes clés pour la chasse de survie.

La Transmission des Savoirs : Jardiner avec les Tout-Petits

Jardiner avec les tout-petits, c’est bien plus qu’une simple activité de plein air. C’est une porte ouverte sur la patience, l’observation et la compréhension des rythmes naturels. Dès le plus jeune âge, ils peuvent participer à des gestes simples comme semer des graines, arroser les plantations ou récolter quelques légumes mûrs. Le jardin devient alors une salle de classe vivante, où l’on apprend que les tomates ne poussent pas dans les rayons du supermarché, que les insectes ont un rôle à jouer, et que chaque geste a un impact. Travailler la terre avec les tout-petits, c’est aussi leur transmettre en douceur des valeurs fondamentales : respect du vivant, humilité face à la nature, et émerveillement face au cycle de la vie. Cette transmission s'inscrit pleinement dans l'éthique de la permaculture, en encourageant une connexion profonde avec l'environnement dès le plus jeune âge.

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