L'Art de la Création du Bonsaï : De la Graine à la Miniature Végétale

Miniature végétale qui confine à la pièce d’art, le bonsaï séduit depuis des siècles des publics de plus en plus larges. Venu du Japon et de ses arts de la taille aussi minutieux qu’élégant, ces silhouettes délicates ont pris place dans nos foyers pour y apporter élégance et sérénité. Le bonsaï d’intérieur est exigeant mais les gestes d’entretien, précis et impératifs, sont somme toute assez simples. Retour sur la culture de ces bijoux horticoles et focus sur le terreau qui sera nécessaire à votre bonsaï.

Schéma illustrant les différentes étapes de croissance d'un bonsaï depuis la graine jusqu'à l'arbre formé

Les fondamentaux du terreau et du substrat

Qu’il s’agisse de plantations en pleine terre ou de plantes en pot, le choix du terreau est déterminant dans la réussite de la culture. Composé de divers éléments, le terreau permet la bonne évolution de la plante en permettant à son système racinaire de se développer avec force et à sa croissance d’être vigoureuse. Globalement, on y trouvera une base qui permettra au substrat d’être bien aéré tout en retenant efficacement l’eau. Les tourbes tenaient jusqu’il y a peu ce rôle fondamental d’allègement et d’amélioration des sols ou des substrats mais la disparition progressive des tourbières et les récentes prises de conscience en matière d’écologie la font peu à peu disparaître des terreaux du commerce au profit de matières plus responsables et plus durables comme la fibre de coco par exemple.

Pour les cultures les plus gourmandes comme les plants potagers ou les plantes fleuries par exemple, on choisira un terreau enrichi de compost végétal. La pouzzolane, roche volcanique, aèrera un peu plus encore l’ensemble tout en assurant une bonne rétention d’eau ; elle sera particulièrement adaptée pour les cactées entre autres. Perlite et vermiculite présenteront elles aussi une grande propension à aérer le substrat et offrira un drainage parfait ; on les retrouvera ainsi dans les terreaux utilisés pour les semis et les bouturages mais également pour toutes les plantes qui craindront l’humidité stagnante.

Le substrat spécifique au bonsaï

Le terreau universel ne conviendra pas au bonsaï, tournez-vous vers un terreau spécial bonsaï car ses composants sont spécifiques ; il s’agit généralement d’un mélange de matières volcaniques tendres comme la pumice et dures comme la pouzzolane et d’une argile appelée akadama. Selon l’espèce choisie, quelques amendements pourront être apportés : du sable grossier pour parfaire le drainage, du terreau organique pour la rétention d’eau. Vous trouverez également des substrats bonsaïs déjà enrichis en engrais adaptés à la culture en intérieur et en extérieur.

Le terreau pour bonsaï, qu’il s’agisse d’un ficus ginseng ou d’un conifère, fera preuve d’une bonne rétention d’eau afin de conserver une humidité relative mais constante, de qualités drainantes afin que les racines ne pourrissent pas et d’une aération hors pair pour que les racines s’oxygènent et jouent pleinement leur fonction d’absorption et de transformation des nutriments. Le substrat sera renouvelé à chaque rempotage. La couche inférieure du pot (environ 1/4 de part) doit être remplie d’un mélange de terre grossière. Sur la couche inférieure, il y a une couche d’akadama, de gravier fin et de terreau, dans le ratio : 1/2 + 1/4 + 1/4.

Coupe transversale d'un pot à bonsaï montrant les différentes couches de drainage et de substrat

La voie royale : le semis de bonsaï

Si vous avez beaucoup, vraiment beaucoup de patience, il va vous être possible de multiplier vous-même des bonsaïs. Bien sûr, dans ce cas, ce seront vos enfants qui bénéficieront des bons résultats de cette opération. Beaucoup de débutants dans l’art du bonsaï veulent former leurs premiers arbres à partir de semis. Pourquoi former un bonsaï à partir d’une graine est considéré comme la voie royale du bonsaï ? Parce que vous avez un contrôle quasi-total sur tout le développement de l’arbre. A l’opposé, lorsque vous partez d’un plant de jardinerie, vous devez composer avec ce que vous avez.

Toutes les espèces de végétaux, d’origine naturelle, donnent une graine. Qu'elle soit sous la forme d’une graine nue, pépin, noyau ou fruit sec, la graine est le résultat d’un accouplement entre deux plantes de la même espèce. Les espèces que vous pouvez semer sont presque toutes réalisables. Seules les variétés produites par l’Homme peuvent ne pas produire de graines. Pour optimiser vos chances, préférez ramasser les graines à maturité directement sur l’arbre, sur les branches les plus hautes. Privilégiez les arbres qui poussent à côté de chez vous.

Préparation et stratification des semences

Pour faire germer une graine, il est nécessaire de provoquer leur « réveil ». Pour assurer une bonne germination, il est donc nécessaire de « donner un coup de froid » aux graines, pour leur faire comprendre que c’est l’hiver, puis des températures plus douces. On appelle cela la « stratification ». Dans le cas où elle est nécessaire, l’effet du froid humide prolongé active la graine qui réagira au contact de la chaleur en s’ouvrant pour faire sortir son germe.

Pour une stratification chaude, comme froide, le stockage est exactement le même, seul le lieu d’exposition change : au réfrigérateur, ou à l’air libre dans la maison. Pour ce qui est du contenant, un sac de congélation, une boîte plastique alimentaire, ou autre qui puisse s’ouvrir et fermer facilement, quant au substrat : papier absorbant, sphaigne, sable de rivière, tout ce qui peut contenir les graines tout en étant capable de conserver de l’eau. Surveillez fréquemment que le substrat ou contenant est toujours humide, et surveiller la sortie de germes.

FAIRE un BONSAÏ à partir d'une GRAINE 🌳AFDB🌳

Techniques de semis et repiquage

La terre à utiliser pour faire vos semis doit être composée à parts égales de sable, de terreau, de terre de jardin et de tourbe. Disposez une couche drainante dans le fond d'une terrine ou d'un pot, constituée de sable, de gravillons ou de tessons de pots cassés. Remplissez votre récipient du mélange terreux et semez vos graines. Le semis terminé, faites tremper votre pot pendant une dizaine de minutes dans deux à trois centimètres d'eau. Couvrez l'ensemble d'une plaque de verre, à laisser en place jusqu'à la sortie des plantules.

Quand les jeunes plantes auront quatre à six feuilles, il faudra les repiquer dans des pots ordinaires, en prenant soin de disposer les racines bien verticalement. Il y a une étape essentielle à faire à ce moment : couper la racine pivot. C’est la grosse racine, prolongement du tronc, qui va chercher à s’enfoncer dans le sol pour bien ancrer l’arbre. Ce que nous voulons, c’est avoir des racines qui partent en étoile autour du tronc. En coupant le pivot au-dessous de petites racines latérales, vous allez stimuler ces dernières.

La multiplication par bouturage

Pratiquement toutes les espèces d’arbres peuvent être prélevées à partir de boutures, choisissez un arbre sain et vigoureux avant les boutures. Prélevez des boutures, d’une longueur de 5 à 10 centimètres, sur l’extrémité d’une branche de la plante que vous désirez multiplier. Sectionnez-les de façon bien nette, sous un œil et ne conservez que les quatre premières feuilles. Si la bouture contient beaucoup de feuilles, il est judicieux d’en couper plusieurs. Coupez l’extrémité en angle pour favoriser l’absorption de l’eau.

Piquez ces boutures dans la terre de votre jardin et jusqu’à leur moitié, en utilisant le même mélange que celui recommandé pour le semis. Il ne devrait pas y avoir de feuilles sous terre. Vous favoriserez l’apparition de racines en plaçant votre pot dans un sac en plastique transparent, hermétiquement clos, après avoir légèrement humidifié la terre. Rincez une bonne quantité d’eau sur le lit de coupe, faites-le avec une buse fine et assurez-vous qu’aucune saleté ne soit emportée. Placez le pot dehors, dans un endroit ensoleillé, de préférence à l’abri du vent.

Illustration détaillée de la technique de bouturage étape par étape

Soins et mise en forme des jeunes plants

Lorsque les pousses se seront bien développées, il faudra les transplanter dans des pots individuels. Durant les semaines suivantes, surveillez la ligature pour ne pas qu’elle s’incruste. Une des difficultés de créer un bonsaï à partir d’une graine, est que vous devez avoir une idée plus ou moins précise de la forme que vous voulez obtenir. Une forme en cascade donne rarement de bons résultats avec les érables. Vous devez également savoir quelle sera la hauteur finale de votre bonsaï, quel diamètre de tronc vous voulez obtenir.

Pour les jeunes mame, pour des entre-noeuds extrêmement courts dès le départ, le pincement des bourgeons, couplé au retrait des hakama, est efficace. Il s’agit de la « coque » qui formait le bourgeon : au moment où une paire de feuilles s’ouvre, retirez-la délicatement, et à l’aide d’une pince à épiler, retirez les hakama. La mise en pot peut se vouloir plus « classique », et la mise en terre, elle, peut partir pour 2 à 5 ans avant un retour en pot. Si votre objectif est de créer un bonsaï avec un gros tronc, un passage en pleine terre permet d’aller plus vite.

Le rempotage surviendra tous les 2 ou 3 ans. Une fois l’arbre dépoté, grattez la terre avec prudence pour en délester les racines, démêlez celles-ci tout aussi prudemment et peignez-les. Raccourcissez au ciseau les racines les plus longues, coupez totalement celles qui sont abîmées sans toutefois éliminer plus de 30% du volume racinaire d’origine. Installez votre bonsaï dans son nouveau pot ! Le drainage est assuré par le perçage impératif du pot. Placez un petit grillage au fond pour empêcher racines et substrat d’obstruer les trous. Tapissez d’une fine couche de terreau pour bonsaï et positionnez votre arbre. Comblez minutieusement les espaces avec le reste du substrat.

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