Champ d'épuration : Que planter pour un assainissement harmonieux ?

Les propriétaires possédant un champ d'épuration sur leur terrain se retrouvent souvent démunis face au choix des plantations. Les municipalités, envisageant généralement une simple couverture de gazon, fournissent peu d'informations au-delà de cette recommandation. Pourtant, un champ d'épuration bénéficie grandement d'une couverture végétale, comparativement à une terrasse ou du gravier. Les végétaux jouent un rôle crucial dans le bon fonctionnement du système en absorbant l'excès d'humidité et les minéraux du sol, tout en limitant l'érosion.

Champ d'épuration végétalisé

Les Fondations d'une Plantation Réussie sur un Champ d'Épuration

L'idéal est de privilégier des végétaux aux racines relativement peu profondes. Les plantes herbacées, qu'elles soient vivaces, bisannuelles, annuelles, ou des graminées, constituent un excellent choix. Il est recommandé de planter de manière dense afin d'assurer une couverture végétale complète du sol. Lors de la plantation, évitez de creuser des trous trop profonds ; il suffit de creuser une cavité correspondant à la hauteur de la motte de racines.

Le système d'assainissement individuel, comprenant la fosse septique et la zone d'épandage, est un élément biologique épuratoire essentiel au bon fonctionnement de votre habitation. Il est crucial de comprendre ses principes pour assurer sa longévité.

1. L'infiltration : Les eaux pré-traitées quittent les tuyaux et doivent s'infiltrer dans le sol. Si le sol est compacté, par exemple par le stationnement d'une voiture ou l'installation d'une piscine, l'eau ne peut plus s'évacuer correctement et remonte à la surface, entraînant des odeurs et la formation de marécages.

2. L'aération : Les bactéries responsables de l'épuration de l'eau dans le sol sont aérobies, ce qui signifie qu'elles ont besoin d'oxygène pour survivre. Il est donc impératif que le sol reste perméable à l'air. C'est pourquoi il ne faut jamais le recouvrir de béton ou d'une bâche plastique étanche. Une terrasse sur plots, qui permet la circulation de l'air en dessous, est une option envisageable.

3. L'intégrité physique : Les tuyaux en PVC percés qui composent le système d'épandage sont fragiles. Il est donc essentiel de ne pas les soumettre à des contraintes qui pourraient les endommager.

Le Potager sur Champ d'Épuration : Une Possibilité à Nuancer

Bien que votre municipalité puisse vous conseiller de ne pas cultiver de légumes sur un champ d'épuration, cette option demeure réalisable avec certaines précautions. Cette possibilité est toutefois à écarter si le sol est sablonneux, car les microorganismes (bactéries, virus, etc.) peuvent migrer plus facilement vers la surface. En revanche, si le sol est argileux, les microorganismes sont davantage confinés à la zone immédiate des tuyaux de drainage, rendant le risque minime.

Malgré cela, il est conseillé d'éviter de placer vos planches de culture directement au-dessus des lignes de drainage. Il est également préférable de s'abstenir de cultiver des légumes-racines et des légumes-feuilles, qui présentent un risque plus élevé de contamination. Privilégiez plutôt les légumes à fruits tels que les tomates, concombres, haricots ou pois. En cultivant ces légumes sur des supports ou tuteurs, de manière à ce que les fruits ne touchent pas au sol, vous éliminez pratiquement tous les risques de contamination.

Il est à noter que l'installation de planches surélevées directement sur un champ d'épuration est déconseillée, car elles peuvent entraver l'efficacité du système à éliminer les surplus d'humidité.

Légumes fruits cultivés sur tuteurs

Arbres et Arbustes : Un Danger pour les Systèmes d'Assainissement

Il est idéalement recommandé d'éviter de planter des arbres et arbustes sur un champ d'épuration, et même à proximité immédiate. Il est préférable de planter tout arbre ou grand arbuste à une distance d'environ 6 mètres du champ d'épuration. Dans le cas d'arbres dont les racines sont réputées envahissantes, comme les saules, peupliers, ormes ou érables argentés, une distance de 15 mètres est conseillée.

Les racines des végétaux représentent l'ennemi numéro un des systèmes d'épandage. Elles recherchent activement l'eau, s'infiltrent dans les drains et finissent par les obstruer. Les installateurs de fosses septiques et de zones d'épandage, souvent peu familiers avec l'horticulture, recommandent des distances de sécurité raisonnables pour pallier la diversité des systèmes racinaires.

Les arbres et arbustes, y compris les bambous et les grosses vivaces, sont à proscrire sur une zone d'épandage en raison de leurs systèmes racinaires puissants et étendus. Les racines de ces végétaux peuvent non seulement endommager les conduites d'eau enterrées, mais aussi les boucher ou les affaiblir, aggravant d'éventuelles fuites.

Schéma des racines d'un arbre envahissant des drains

Les Végétaux à Privilégier et Ceux à Éviter

Les autorités municipales semblent penser que vous y cultiverez du gazon, et leurs informations s'arrêtent là. Le gazon est en effet une couverture idéale. Il protège le sol de l'érosion, assure une excellente aération et contribue à l'évapotranspiration, favorisant ainsi le bon fonctionnement de l'épandage.

Vous pouvez également aménager des massifs de fleurs annuelles, de plantes vivaces ou de graminées. Leurs racines sont superficielles et chevelues, ne descendant pas suffisamment profondément pour menacer les drains, qui se situent généralement entre 60 et 80 cm de profondeur. Les plantes vivaces, en général, posent rarement problème, bien que le risque zéro n'existe pas.

Il est crucial de comprendre que les racines des végétaux progressent dans le sol à la recherche d'eau et de nutriments. Elles sont particulièrement attirées par les sources d'humidité. Par conséquent, une canalisation fissurée, un joint défectueux ou un tuyau poreux peuvent attirer le système racinaire d'une plante.

Certains végétaux ne doivent pas être considérés pour la plantation sur ou près d'un champ d'épuration. Cela inclut les espèces dont le système racinaire est trop vigoureux, celles qui ont des besoins en eau excessifs, ou les deux à la fois.

Plantes à éviter près d'une canalisation ou d'un assainissement :

  • Thuya
  • Figuier
  • Saule
  • Liquidambar
  • Paulownia
  • Aulne
  • Peuplier
  • Chêne
  • Érable argenté (Acer saccharinum)
  • Platane
  • Bouleau
  • Orme
  • Mûrier
  • Ailanthe
  • Prunus
  • Cerisier et cerisier à fleurs

Ces arbres présentent un risque élevé de boucher ou d'endommager les tuyaux en raison de leurs radicelles actives à la recherche d'eau.

Plantes à privilégier près d'une canalisation (avec précautions) :

Il est déconseillé de planter au-dessus d'un assainissement ou d'une cuve enterrée. Seul le gazon est généralement conseillé. Si vous souhaitez tout de même végétaliser cette zone, optez pour de petites plantes vivaces à enracinement superficiel et à faibles besoins en eau, dont la taille adulte ne dépasse pas 50 cm de hauteur. Les graminées ornementales constituent également une option sûre.

Tableau comparatif plantes autorisées et interdites

Le Cas Particulier des Arbres de Pluie

Les "arbres de pluie" sont des arbres dont la fosse de plantation est conçue pour recueillir et stocker les eaux pluviales, favorisant leur infiltration. Ils s'inscrivent dans une démarche de gestion alternative des eaux pluviales, visant à traiter l'eau au plus près de son point de chute.

Les arbres adultes, par leurs importants besoins en eau, sont particulièrement efficaces pour absorber une grande quantité d'eau pluviale. Pour optimiser leurs services écosystémiques (réduction du ruissellement, rafraîchissement, biodiversité), il est essentiel de leur accorder une fosse de plantation suffisamment grande, de choisir les essences appropriées et de protéger leur pied.

Il est possible de transformer un arbre existant en arbre de pluie. La dimension de la fosse de plantation est primordiale : plus sa surface d'infiltration et son volume sont importants, plus le volume d'eau de pluie infiltrée sera conséquent. Une grande fosse favorise également le développement racinaire et offre plus de possibilités de végétalisation du pied d'arbre.

Lorsque l'on envisage des plantations près de canalisations ou d'un système d'assainissement, il est primordial de consulter les plans d'implantation de votre habitation. Les constructeurs ou cahiers des charges des aménagements de terrain fournissent des informations essentielles. Planter à proximité d'infrastructures souterraines peut s'avérer risqué si les végétaux ne sont pas choisis avec soin ou si les distances minimales de plantation ne sont pas respectées.

En général, les plantes de plus de 2 mètres de hauteur doivent être écartées d'au moins 2 mètres des bordures du terrain. Il est plus sage d'éloigner les arbres de 4 à 5 mètres des canalisations ou d'un système d'assainissement.

L'Importance de la Distance et de la Nature des Racines

La question de la distance à respecter entre les plantations et les systèmes d'assainissement est complexe. Les installateurs de fosses septiques et de zones d'épandage, n'étant pas toujours des horticulteurs, privilégient souvent des distances de sécurité moyennes pour couvrir la majorité des cas.

Il est difficile d'établir une liste exhaustive des distances nécessaires, mais un peu de bon sens peut suffire. On peut se demander pourquoi certaines distances sont préconisées sans justification claire, et pourquoi la présence de vivaces, dont l'herbe est un mélange, serait préjudiciable au drain.

Il est important de noter que les racines des végétaux peuvent se développer à la fois en profondeur et en largeur, cette croissance variant considérablement selon les espèces. Pour avoir une idée du système racinaire d'un arbre, on peut observer son houppier (l'ensemble de ses branches et de son feuillage).

Certains pépiniéristes proposent des solutions telles que la plantation d'arbres à racines "traçantes" (comme le Morus fruitless ou le Celtis) et l'installation de barrières "stop racines". Il est essentiel de se renseigner sur le principe de ces dispositifs et leur efficacité réelle.

En règle générale, il est déconseillé de planter quoi que ce soit sur une zone d'épandage. Cependant, certains arbres peuvent pousser spontanément, comme un sureau observé sur une zone d'épandage, qui s'est développé normalement avant de montrer des signes de dessèchement, potentiellement dus à un excès d'humidité stagnante ou à une intoxication par les nitrates.

Comment débloquer son champ d'épuration ? Réponse par Bio-Sol

Les Imprévus et la Longévité du Système

Il est important de considérer que les drains ont une durée de vie limitée et peuvent nécessiter une intervention ou un remplacement. Dans ce contexte, il est sage de ne rien planter sur un secteur où des engins lourds risquent d'intervenir. Une amie a dû arracher des rosiers et arbustes pour permettre le remplacement complet d'un drain bouché, entraînant des débordements de fosse septique.

La prudence recommande de planter le plus loin possible d'une zone d'épandage, surtout pour les haies. La présence d'un feutre géotextile, parfois utilisé dans les installations, peut agir comme une barrière aux racines des arbustes.

En conclusion, la réussite de la végétalisation d'un champ d'épuration repose sur une sélection judicieuse des plantes, le respect des distances de plantation et une compréhension approfondie du fonctionnement du système d'assainissement. En adoptant ces bonnes pratiques, vous assurez la longévité de votre installation tout en embellissant votre espace extérieur.

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