Les plantes grasses, ou succulentes, sont réputées pour leur capacité à stocker l'eau dans leurs tissus charnus, ce qui leur confère une résilience remarquable face aux conditions arides. Au-delà de cette adaptabilité, nombre d'entre elles offrent un spectacle visuel saisissant, notamment celles dont les bords des feuilles se teintent de rouge. Cette coloration est souvent une réponse à l'exposition au soleil ou à des variations de température, ajoutant une dimension esthétique unique à ces végétaux déjà fascinants. Cet article explore une sélection de ces plantes, leurs caractéristiques, leurs besoins culturels et les particularités qui les rendent si appréciées.

L'Aeonium arboreum : un buisson sculptural méditerranéen
L'Aeonium arboreum, avec son nom scientifique évocateur, est une espèce d'aeonium qui se distingue par sa stature et sa forme buissonnante. Atteignant en moyenne 1 à 2 mètres de hauteur, cette plante forme des tiges charnues, chacune étant couronnée par une rosette de feuilles épaisses, pouvant mesurer jusqu'à 20 centimètres de diamètre. Sa floraison est estivale, ajoutant une touche de couleur à son allure déjà élégante.
La culture de l'Aeonium arboreum est particulièrement adaptée aux climats doux. En plein air, il peut être cultivé toute l'année sur la Côte d'Azur. La variété atropurpureum est particulièrement prisée pour sa belle coloration, qui est obtenue grâce à une exposition en plein soleil. Pour le compost, il est recommandé d'utiliser de la terre de jardin suffisamment riche, mélangée à une égale quantité de sable, afin d'assurer un bon drainage, essentiel pour les plantes grasses.
L'Agave americana marginata : une géante emblématique
L'Agave americana marginata est une plante très populaire, reconnaissable à sa taille imposante. Sans fleurir, cet agave mesure en moyenne 1,20 mètre de hauteur. L'agave est une plante monocarpique, ce qui signifie qu'il meurt après avoir fleuri, un phénomène qui, selon la légende, ne se produit qu'au bout d'un siècle. En réalité, la "Century plant" des Anglais s'épanouit généralement lorsqu'elle a entre dix et trente ans.
La culture de l'agave est qualifiée d'enfantine, particulièrement sur la Côte d'Azur où il s'est naturalisé. Il est même rustique en quelques points abrités du littoral atlantique. Dans d'autres régions, il est conseillé de le placer en été dans un endroit ensoleillé et de le rentrer à l'approche des grands froids. Plus que le gel, cette espèce redoute l'humidité hivernale. Durant l'hiver, la potée doit être conservée dans un endroit frais et sec (3 à 8°C). La multiplication par semis demande beaucoup de patience.

L'Aloe arborescens : la robustesse alliée à l'esthétisme
L'Aloe arborescens ressemble de prime abord beaucoup à l'agave, avec ses rosettes de feuilles charnues, courbées et dentelées. Sa culture est à la portée de tout le monde. Il peut être cultivé en plein air sur la Côte d'Azur, au soleil ou à mi-ombre, ou bien en pot sous des climats moins cléments. La multiplication de l'aloès s'effectue au cours de l'été en séparant les rejets qui naissent au pied de la plante. Il faut ensuite les laisser sécher deux à trois jours avant de les planter dans des petits pots individuels.
Le Carpobrotus acinaciformis : un couvre-sol résistant
Le Carpobrotus acinaciformis, aussi connu sous les appellations de figue des Hottentots, figue marine, doigt de sorcière ou mésembryanthème, est une plante couvre-sol rampante et vivace. Il peut recouvrir de grandes surfaces, tout en ne dépassant pas une vingtaine de centimètres de hauteur.
Naturalisé dans le Midi, principalement en bord de mer, le carpobrotus se rencontre également sur la côte atlantique. Il pousse tout seul, résistant à la sécheresse et aux embruns. Il doit être cultivé au soleil, en pleine terre si la température hivernale ne descend pas en dessous de - 4°C. En pleine terre, la plante se débrouille seule en termes d'arrosage ; en pot, il est nécessaire de l'arroser lorsque la terre s'est desséchée. La multiplication est possible par plusieurs méthodes : la division des souches importantes (à replanter aussitôt), le semis (en juillet-août, sous châssis froid ou en caissette, avec une germination au printemps suivant et un repiquage en pépinière), ou encore le bouturage.
Le Conophytum : les fascinantes plantes-cailloux
Les Conophytums, dont il existe 315 espèces, sont des plantes-cailloux. Leur culture est délicate, notamment en ce qui concerne l'arrosage. Les conophytums paraissent sans vie durant la moitié de l'année. Il ne faut presque pas les humidifier tant que les nouvelles plantes n'apparaissent pas d'entre les feuilles desséchées. La multiplication par semis est assez délicate car les semences ont la finesse de la poussière. Il faut éparpiller les graines sur du terreau sableux, sans les recouvrir. Le bouturage n'est pas très facile non plus, car il faut prélever les boutures avec la nouvelle paire de feuilles à l'état latent, sinon c'est l'échec.
Le Crassula falcata : un arbuste ornemental
Le Crassula falcata, également connu sous le synonyme de rochea, présente un aspect arbustif et mesure environ 60 centimètres de hauteur. Sa floraison est très séduisante. Ce crassula peut décorer les rocailles bien drainées dans les jardins de la Côte d'Azur. Ailleurs, il constitue une bonne plante d'appartement. Le compost doit être humifère, avec une bonne proportion de terreau de feuilles bien décomposé. Les arrosages doivent être réguliers pendant la période de croissance, de mars à septembre, un peu plus copieux durant la floraison, et réduits en hiver. La multiplication est facile par bouturage de tiges de 8 centimètres de longueur, prélevées de mai à juillet. Il faut laisser sécher les boutures avant de les piquer dans du sable et de la tourbe. Il existe près de 300 espèces de crassula.
L'Echeveria : des rosettes colorées et diverses
L'Echeveria est un genre qui offre une grande diversité de formes et de couleurs, avec plusieurs espèces aux bords des feuilles rouges ou rosés.
Echeveria glauca : une espèce facile et rustique
L'Echeveria glauca est très facile à cultiver et assez rustique. En appartement, il est essentiel de placer cet echeveria dans un endroit frais, car il périt lorsque la température hivernale dépasse 10°C. Pour les arrosages, l'eau ne doit jamais stagner, et il faut stopper presque complètement les apports d'eau durant l'hiver. La multiplication est simple : il suffit de détacher les rosettes qui sont produites le long des tiges, de les laisser sécher deux jours avant de les mettre dans des pots emplis de terreau et de sable.
Echeveria setosa : la plante naine soyeuse
L'Echeveria setosa est une plante naine, mesurant 8 centimètres de hauteur et 15 centimètres de largeur, constituée d'une rosette presque dépourvue de tige. Cette espèce réclame, elle aussi, beaucoup de lumière, et si possible le plein soleil.
Echeveria colorata : une explosion de couleurs du Mexique
L'Echeveria colorata, également connue sous les noms d'Echeveria lindsayana ou Echeveria colorata f., est native des forêts du nord du Mexique et a donné naissance à de nombreux cultivars. Qu'il s'agisse de la variété botanique ou d'une variété horticole, cette Crassulaceae offre une explosion de couleurs. Comme l'Echeveria shaviana, l'Echeveria colorata est une plante succulente au port compact, mesurant jusqu'à 40 centimètres de diamètre pour seulement 20 centimètres de haut. Certaines variétés, comme l'Echeveria colorata « Mexican Giant », sont plus imposantes et peuvent atteindre 50 centimètres de diamètre pour 30 centimètres de hauteur.
L'Echeveria colorata n'est pas acaule, mais sa tige, fine et courte, disparaît sous la rosette de feuilles. Les limbes charnus sont presque triangulaires et recouverts de pruine, une pellicule qui leur donne un aspect cireux. La couleur du feuillage dépend de la variété. Chez l'Echeveria colorata type, les limbes vert clair ou blancs sont rehaussés par une pointe de rouge ou de noir à leur extrémité. Le feuillage de l'Echeveria « Mexican Giant » est rose à l'apex. En été, des fleurs rose et orange éclosent sur une hampe florale de 30 centimètres et durent jusqu'au milieu de l'automne, apportant une touche de couleur supplémentaire à la plante. L'Echeveria colorata n'est pas toxique.
Les Echeveria colorata sont des plantes grasses non rustiques. Dans la plupart des régions, elles sont cultivées en intérieur. Cependant, cette succulente aime le soleil. Si l'on dispose d'un jardin, d'un balcon ou même d'un rebord de fenêtre, il est conseillé de la mettre dehors à la belle saison. Elle appréciera une exposition progressive à la lumière naturelle.
7 ERREURS courantes lors de la CULTURE DES SUCCULENTES 🌵⚠️
Les Echeveria colorata ont besoin d'un arrosage copieux lorsque le sol est totalement sec. Pour savoir si la plante a soif, il faut observer ses feuilles : lorsqu'elle manque d'eau, elles se creusent, se froissent ou pointent vers le bas. Il faut arroser avec une eau à température ambiante, de préférence non calcaire, jusqu'à ce que le substrat soit gorgé d'eau, et laisser la plante égoutter avant de la remettre à sa place. Il est important de vider l'eau qui stagne au fond du cache-pot ou de la soucoupe. Les Echeveria colorata poussent dans les régions arides et n'aiment pas l'humidité, il n'est donc pas nécessaire de les brumiser.
Chaque année, au printemps, il est recommandé de rempoter l'Echeveria colorata pour lui donner plus d'espace. Il faut choisir un pot percé en terre cuite deux ou trois centimètres plus grand que le précédent. Au fond, il faut déposer un lit de graviers ou de billes d'argile pour optimiser le drainage, puis remplir de terreau pour cactées et succulentes jusqu'à deux ou trois centimètres du bord. Avant de rempoter, il est conseillé de nettoyer la plante en retirant les feuilles sèches à la base et les fleurs fanées. Il faut former un trou au centre du pot et y planter la succulente, en s'assurant que toutes les racines sont enfouies. Tasser pour chasser les bulles d'air. La surface peut être recouverte de perlite ou de sable.
Pour favoriser la croissance de l'Echeveria colorata, un apport d'engrais est conseillé au printemps et en été. Les Echeveria colorata peuvent s'épanouir sans engrais si elles sont rempotées régulièrement. Il est également recommandé de supprimer les hampes florales fanées.
Lorsqu'il n'y a plus de risques de gelées, c'est le moment de planter en pleine terre. Il faut sélectionner un endroit ensoleillé, en privilégiant si possible une pente ou un talus pour que l'eau s'écoule plus facilement et que les racines risquent moins de pourrir. Creuser un trou de la taille de la motte, planter l'Echeveria colorata au milieu et combler avec un mélange de terreau et de sable.
Le bouturage s'effectue lors de la phase de forte croissance, généralement au printemps et au début de l'été. Il est possible de profiter du rempotage annuel pour prélever les rejets qui se forment à l'extérieur de la plante. Au besoin, il faut les séparer à l'aide d'un sécateur ou d'un couteau propre et bien affûté. Il faut choisir un pot percé adapté à la taille des boutures, de préférence en terre cuite, car cette matière favorise le séchage uniforme du sol et limite les risques de pourrissement des racines. Garnir le fond avec un lit de billes d'argile ou de graviers, puis verser un substrat composé en parts égales de terreau, de terre de jardin et de sable. Planter la bouture et tasser. Une couche de sable peut être ajoutée en surface. Il faut installer la jeune pousse dans un endroit lumineux, mais à l'abri du soleil direct.
L'Euphorbia milii : la Couronne du Christ
L'Euphorbia milii, ou Euphorbia splendens, est une excellente plante d'appartement qui aime la pleine lumière, mais craint le soleil direct qui peut provoquer le dessèchement de son feuillage. Sur la Côte d'Azur, cependant, cultivée en plein air, elle supporte le plein soleil. Sa floraison est plus abondante en hiver, mais les fleurs peuvent s'épanouir à n'importe quel moment de l'année. Le compost doit être très humifère et bien drainé. Les arrosages sont fréquents en été, réduits mais non supprimés dès la fin de la floraison. La multiplication s'effectue en avril-mai par prélèvement de boutures. Il est important de stopper l'écoulement du latex en les plongeant dans l'eau chaude et en appliquant un peu de cendre sur la plaie de la plante-mère. On compte plus de 2000 espèces d'euphorbes, annuelles, bisannuelles, ou vivaces, arbustives, succulentes.

L'Euphorbia resinifera : une plante de rocaille architecturale
L'Euphorbia resinifera forme des groupes denses de 40 centimètres à 1 mètre de hauteur. Dans le Midi, cette euphorbe est une bonne plante de rocaille, où elle constitue de larges taches. Elle peut également être cultivée en pot comme plante d'appartement. La multiplication se fait par bouturage de tiges ; il est crucial de bien laisser sécher la plaie de coupe avant de planter dans du sable mêlé à de la tourbe. Le latex de cette espèce, dont les propriétés médicinales furent découvertes par Euphorbius, médecin du roi de Numidie, est très toxique (il servait à empoisonner les flèches des indigènes).
La Faucaria felina : les mâchoires de tigre
La Faucaria felina, également appelée mâchoire de tigre ou mâchoire de chat, est une curieuse petite plante grasse de 5 centimètres de hauteur. Elle présente des feuilles très épaisses, opposées et réunies à leur base. Les fleurs se manifestent gaiement en fin d'été et en automne. Sa culture est facile. Il faut mettre cette espèce en pleine lumière et au soleil, et la sortir dans le jardin ou sur le balcon durant la belle saison. Les arrosages doivent être abondants en été et en automne, puis progressivement ralentis pour être complètement supprimés en hiver. La multiplication est amusante et simple, par bouturage de juin à août, après un séchage de deux jours.
La Gasteria maculata : une plante d'ombre tachetée
La Gasteria maculata, aussi connue sous les synonymes d'Aloe pulchra et Gasteria pulchra, est une petite plante grasse de 20 centimètres de hauteur. Elle présente des feuilles de 20 centimètres de long, vert foncé moucheté de blanc. C'est une excellente plante d'appartement, mais le gasteria peut aussi trouver sa place dans les rocailles méditerranéennes, à exposition ombragée et abritée. Il redoute en effet le plein soleil qui brûle et macule de rouge son feuillage. L'hiver, on peut le conserver dans une pièce chauffée (10 à 16°C). Il est recommandé d'utiliser des pots bien drainés, plus larges que hauts, remplis d'un mélange de terre de jardin argileuse (2/3) et de sable (1/3).
Le Graptopetalum : la plante de porcelaine aux reflets rosés
Le Graptopetalum, également connu sous le synonyme de Sedum weinbergii ou l'appellation de plante de porcelaine (nom partagé avec une autre plante grasse, l'Hoya carnosa), est une espèce plus ou moins rampante, qui ressemble à un echeveria. Elle offre des feuilles enduites d'une pruine blanc grisâtre, à reflets rosés. Le graptopetalum est une jolie plante de rocaille, pour le Midi et le littoral atlantique, poussant facilement au soleil, en pleine terre comme en pot. Pour les arrosages, il est important de ne pas mouiller la plante et de ne pas l'arroser par le dessus, mais de se contenter d'humecter le sol.
L'Haworthia fasciata : les zébrures perlées de l'ombre
L'Haworthia fasciata, très proche des gasteria, présente des feuilles pointues, étroites et offrant des stries perlées de couleur blanche. Sa culture est sans problème, l'haworthia étant une plante résistante, aussi bien dans les jardins du Midi que dans les appartements. C'est une espèce de mi-ombre, car au soleil ses feuilles rougissent, se dessèchent, bronzent ou perdent leurs stries perlées. Il est donc préférable de la cultiver à mi-ombre, en lui assurant l'hiver une température minimale de 10°C. Les arrosages doivent être réguliers et copieux en été, espacés l'hiver et distribués alors en fonction de la température ambiante. Dès qu'il a deux ans d'âge, l'haworthia émet des rejets.
Le Kalanchoé hybride : la plante facile pour débutant
Le Kalanchoé hybride est une petite plante d'environ 20 centimètres de hauteur, caractérisée par des feuilles lisses, dentelées sur les bords et nuancées de rougeâtre. C'est une plante d'appartement populaire, une espèce de pleine lumière, mais qui craint le soleil estival. A la belle saison, il est conseillé de la placer à mi-ombre et de la sortir sur le balcon ou dans le jardin. C'est une plante grasse pour débutant, de culture très facile, ce qui explique sa grande vogue.
Le Kalanchoé est une plante succulente d'ornement qui séduit par sa facilité de culture. Il se plaît en pot dans la maison ou la véranda et aussi à l’extérieur toute la belle saison et est cultivé pour son feuillage durable et ses belles fleurs. Les plus populaires offrent une floraison vivement colorée pendant 2 à 3 mois.
Le kalanchoé est une plante tropicale vivace succulente, arbustive ou grimpante selon l’espèce. Il est originaire principalement d’Afrique et de Madagascar. D’une espèce à l’autre, le kalanchoé offre des fleurs, des feuillages, des formes et des dimensions très variés (de 15 à 350 cm). Son caractère gélif fait qu’on le cultive comme plante d’intérieur ou de balcon à la belle saison. On apprécie sa facilité d’entretien, sa résistance aux maladies et aux parasites et surtout sa résistance à la chaleur et à la sécheresse. En effet, le feuillage succulent, lisse ou velu est gorgé d’eau lui permettant de résister aux oublis d’arrosage. Certaines espèces ont des feuilles toxiques pour les humains et les animaux.
Le genre Kalanchoe compte plus d’une centaine d’espèces. Si la plus connue offre une floraison abondante et longue durée, d’autres méritent de figurer en bonne place dans nos intérieurs et nos vérandas pour la beauté de leur feuillage.
- Kalanchoe blossfeldiana ou le Kalanchoé de Blossfeld est le kalanchoé le plus populaire. De 30 à 40 cm en tous sens, il porte des feuilles vert foncé brillant, arrondies et charnues à bords dentelés. Il fleurit pendant 2 à 3 mois offrant des bouquets serrés de fleurettes tubulaires rouges, oranges, jaunes, blanches ou roses. Si la floraison est généralement printanière, on trouve ce kalanchoé en fleurs à la vente toute l’année. Il se conserve après floraison. La nouvelle obtention « Queen » se compose de plusieurs coloris très vifs, voire bicolores pour certains cultivars.
- Kalanchoe calandiva est issu d’une mutation naturelle du kalanchoé de Blossfeld. Au lieu des fleurs simples à quatre pétales, ses fleurs sont bien doubles offrant une petite rosette à 32 pétales. Il existe différents coloris de ce kalanchoé double.
- Kalanchoe behariensis ou le Kalanchoé à oreilles d’éléphant (ou de Behara) : s’il atteint plus de 3 m dans son milieu naturel malgache, ce petit arbre de croissance lente à port dressé culmine à 1 m en pot. Ses feuilles très décoratives sont longues et triangulaires. Grises ou brun clair, elles sont couvertes d’un fin duvet. La plante fleurit lorsqu’elle est adulte, mais rarement en intérieur.
- Kalanchoe pumila : ce petit kalanchoé à port rampant de 20 à 30 cm de hauteur fait merveille dans les suspensions. Ses feuilles ovales et dentées sont vertes joliment teintées de pruine blanche. La plante fleurit en fin d’hiver sous forme de grappes lâches de fleurettes rose mauve.
- Kalanchoe tubiflora ou plante chandelier : cette plante à port dressé atteint 25 à 30 cm de hauteur. Elle possède des feuilles de 15 cm de long, cylindriques et gris vert marquées de brun-rouge. Les fleurettes tubulaires pendantes rouge orangé sont regroupées en panicules.
- Kalanchoe thyrsiflora : cette espèce sud-africaine est appréciée pour sa silhouette évasée formant une rosette aux larges feuilles arrondies vert pâle teinté de rouge sur les bords. Les jeunes pousses sont rouge vif. La plante fleurit au printemps offrant des bouquets de fleurettes tubulaires jaunes délicatement parfumées.
La culture du kalanchoé se fait principalement en pot. Le kalanchoé se plaît à situation lumineuse pour une floraison optimale et de belles colorations des feuillages, pour les espèces à feuillage décoratif. Il apprécie un substrat bien drainé. Comme il craint le froid (et encore plus en pot), offrez-lui une température minimale de 10 °C. En climat doux, aux gelées inexistantes ou rares et de courte durée, il est possible de le planter en pleine terre.

Rempotez votre kalanchoé au printemps dans un pot légèrement plus grand que le pot d’origine. Utilisez un terreau spécial plantes méditerranéennes ou un terreau pour plantes fleuries mélangé avec ¼ de graviers ou de sable grossier. Placez une couche de drainage de 2 à 3 cm de billes d’argile au fond du pot. Installez le kalanchoé puis tassez légèrement avec le plat de la main. Terminez par un arrosage.
Le kalanchoé de Blossfeld peut se multiplier par semis. Semez les graines au printemps au chaud et à la lumière dans la maison (20 à 25 °C) à la surface d’un terreau spécial semis. Couvrez avec un peu de terreau tamisé et vaporisez. Repiquez en godet individuel lorsque les plantules sont manipulables.
Le kalanchoé apprécie de passer l’été à l’extérieur et de bénéficier de la fraîcheur des nuits. Placez-le d’abord à exposition tamisée pour éviter les brûlures du soleil. Le kalanchoé a des besoins modérés, voire faibles en eau. Il craint plus les excès d’humidité que le manque d’eau. Arrosez une à deux fois selon la taille du pot, tous les 15 jours à la belle saison. Doublez la cadence pendant la floraison. Évitez de mouiller les feuillages des espèces duveteuses. En hiver, pendant la période de repos végétatif, arrosez avec parcimonie, juste assez pour que le substrat ne dessèche pas complètement et que les feuilles ne flétrissent pas (une fois par mois). Si la température d’hivernage de la potée est inférieure à 10 °C, stoppez les arrosages.
Encouragez la floraison de votre potée de kalanchoé avec un apport d’engrais spécial plantes fleuries (ou plantes vertes pour les kalanchoés décoratifs pour leur feuillage), une fois par mois de juin à août. Rempotez tous les ans ou tous les deux ans au début du printemps. Aucune taille n’est nécessaire. Toutefois, si les pousses de certains kalanchoés s’allongent, vous pouvez les pincer pour renforcer leur végétation (vous pouvez alors bouturer les parties coupées). Supprimez régulièrement les fleurs fanées et les feuilles mortes, sèches ou abîmées.
Un mauvais arrosage du kalanchoé peut provoquer l’apparition de maladies. Une humidité excessive favorise ainsi le mildiou et le noircissement des feuilles. A contrario, trop de sécheresse (ou une plante qui a froid) provoque le dessèchement du feuillage et sa chute. Un kalanchoé de Blossfeld (Kalanchoe blossfeldiana) qui manque de lumière se remarque à son feuillage vert pâle et l’allongement des tiges. Les cochenilles repérables à des petites plaques laineuses sur les feuilles ou les racines peuvent parasiter le kalanchoé.
Le Pachyphytum bracteosum : des feuilles charnues en spatule
Le Pachyphytum bracteosum, synonyme de cotyledon, est proche des échéverias, dont il partage les goûts et la silhouette. Ce pachyphytum présente des feuilles charnues en forme de spatule, amassées en groupes denses. Pour que cette plante prospère bien, il faut lui éviter les pluies et la protéger l'été des brûlures du plein soleil. Le compost doit être très poreux.
Le Pleiospilos hybrida : le caméléon des rocailles
Le Pleiospilos hybrida, aussi appelé caillou à fleurs, plante-caillou ou mésembryanthème, est une petite plante de forme insolite qui présente deux paires de feuilles charnues, à l'aspect de galets. La Côte d'Azur peut accueillir les pleiospilos, où ils jouent les caméléons dans les rocailles ensoleillées. Ils peuvent supporter des températures un peu inférieures à zéro, mais à condition de vivre dans des sols bien drainés. Le compost doit être très poreux, car ce « caillou » est l'une des plantes grasses qui pourrit le plus facilement. Durant la période de pleine végétation, de mai à juillet, il faut arroser lorsque le terreau est bien sec, en prenant soin de verser l'eau près des bords du pot. La multiplication se fait par semis, en mars, sur un terreau sableux et bien tamisé.
Le Sedum acre : la vivace couvre-sol rustique
Le Sedum acre est parfaitement rustique et très utilisé en rocaille, en muret fleuri, ou bien pour garnir les interstices des dallages. Tout bon terre de jardin, bien drainée, de préférence riche en sable et pauvre en humus, convient pour le compost.
Le Sedum rubrotinctum : un feuillage qui rougit au soleil
Le Sedum rubrotinctum, synonyme de sedum guatemalense, est une ravissante espèce non rustique qui mesure environ 20 centimètres de hauteur et s'étale un peu plus. Ce sedum est une bonne plante d'appartement, éprise de lumière et de soleil, ce dernier faisant rosir ou rougir le feuillage. Le compost doit être poreux, composé de sable, de petits cailloux et de terre de jardin. Il existe plus de 600 espèces de sedum.
Le Sempervivum arachnoïdeum : la toile d'araignée vivante
Le Sempervivum arachnoïdeum présente un étalement d'environ 30 centimètres. Sa culture est absolument sans problème.
Le Senecio cephalophorus : l'hybride aux nuances gris-bleuté
Le Senecio cephalophorus est un hybride qui se présente généralement sous la forme d'une plante de 30 centimètres, à tiges et feuilles succulentes, nuancées de gris bleuté. Sa culture est facile. La multiplication est sans problème, par bouturage de feuilles en juin-juillet.
La Stapelia variegata : la stapélie étoilée
La Stapelia variegata, ou stapélie, produit des fleurs solitaires ou groupées, étoilées, jaune pâle et maculées de taches pourpre foncé ou brun chocolat. Une exposition éclairée et ensoleillée, non brûlante durant les mois les plus chauds, est nécessaire à la bonne croissance de cette plante. Pour le compost, il faut mélanger, par parties égales, du sable grossier ou des gravillons à du terreau. Même en hiver, il faut veiller à ce que la plante ne se dessèche jamais complètement, en arrosant très peu durant cette saison.
Comprendre la coloration rouge des feuilles
La coloration rouge ou rosée des bords des feuilles chez de nombreuses plantes grasses est un phénomène fascinant, souvent lié à la présence d'anthocyanes. Ces pigments sont produits par la plante en réponse à divers facteurs environnementaux, principalement un stress lumineux intense, une faible humidité, des températures froides ou un manque de certains nutriments. Il est important de noter que cette coloration n'est généralement pas un signe de souffrance, mais plutôt une adaptation protectrice.
Lorsque les plantes grasses sont exposées à un ensoleillement direct et prolongé, la production de chlorophylle, le pigment vert responsable de la photosynthèse, peut être surchargée. Pour se protéger des rayons UV excessifs et éviter les brûlures, la plante synthétise des anthocyanes. Ces pigments agissent comme un écran solaire naturel, protégeant les cellules végétales des dommages causés par la lumière intense. C'est pourquoi de nombreuses variétés de succulentes, comme l'Echeveria colorata ou le Sedum rubrotinctum, intensifient leurs teintes rouges ou roses lorsqu'elles sont cultivées en plein soleil.
De même, des températures plus fraîches, notamment en hiver ou à l'automne, peuvent également stimuler la production d'anthocyanes. C'est une stratégie de la plante pour se préparer aux conditions plus rigoureuses, en renforçant ses défenses cellulaires. Une humidité faible et un substrat bien drainé, caractéristiques des environnements naturels des plantes grasses, contribuent également à cette coloration, car la plante est déjà habituée à optimiser ses ressources dans ces conditions.
Il est crucial de distinguer cette coloration naturelle et saine d'un rougissement dû à un coup de soleil ou à un stress excessif. Si les feuilles rougissent de manière uniforme et que la plante semble saine, c'est généralement un bon signe. En revanche, si les feuilles deviennent brunâtres, flétrissent ou présentent des taches, cela peut indiquer un problème d'exposition trop intense ou un manque d'eau. La capacité des plantes grasses à afficher ces nuances de rouge ajoute une dimension dynamique à leur culture, permettant aux amateurs d'observer leur réactivité à l'environnement et de profiter d'un spectacle visuel changeant.
La santé de vos succulentes : signes et solutions
Les plantes grasses sont généralement faciles à vivre et ne demandent que peu de sollicitude, quelle que soit la variété : Crassula, Echeveria, Sedum, Haworthia, Senecio, etc. Un peu d’eau, de lumière, de soins et surtout beaucoup d’amour sont les ingrédients clés pour le bien-être de ces petits protégés. Elles sont donc idéales pour les amateurs de plantes n’ayant pas la main verte. En suivant les conseils d’entretien des plantes grasses, elles devraient rayonner !
Cependant, il peut arriver que des difficultés surviennent pour maintenir ces compagnons en vie. Si les plantes brunissent, il s’agit probablement d’un excès d’eau. Au contraire, si elles sèchent, elles ont besoin d’être hydratées rapidement. Si les feuilles rougissent, attention aux coups de soleil ! Dans ce cas, il est conseillé de les déplacer à l’ombre quelque temps. Enfin, si des amas blancs sont observés sur le feuillage, il se pourrait qu’elles soient attaquées par des cochenilles. Une surveillance attentive et une réaction rapide permettent de résoudre la plupart des problèmes et de profiter pleinement de la beauté et de l'adaptabilité de ces végétaux remarquables.