Guide complet pour la plantation et l'entretien de votre haie

Au cœur de nos jardins, les haies se révèlent être bien plus qu'une simple délimitation. Elles incarnent une alliance parfaite entre utilité, esthétisme et contribution écologique. En effet, les haies ont d'abord un rôle utilitaire : elles servent à en délimiter l'ensemble ou une partie, formant différents espaces et surtout créant une intimité dans le jardin. Au-delà de cette fonction première, elles peuvent souligner un massif de fleurs ou une perspective ouverte sur le paysage, abriter des vents trop violents, diminuer le bruit des alentours, et même défendre le jardin contre des incursions. Mais leur rôle ne s'arrête pas là. Les haies ont aussi une fonction décorative très importante, comme en témoignent les haies champêtres en mélange, qui sont libres ou taillées, selon les types de végétaux. Enfin, et c'est un point essentiel, elles jouent un rôle crucial dans la biodiversité. Véritables lieux de nidification pour les oiseaux, refuges pour les insectes, et sources de nourriture pour les pollinisateurs et autres auxiliaires du jardinier, les haies participent encore plus activement à la vie du jardin lorsqu'elles marient différentes espèces d'arbustes, des floraisons alternées pour les pollinisateurs, des baies pour les oiseaux et des feuillages persistants. La plantation d'une haie est une étape essentielle pour transformer et organiser votre extérieur, assurant une croissance homogène, un entretien simplifié et un résultat esthétique durable. Cependant, pour réussir cette entreprise, une planification minutieuse et une connaissance approfondie des bonnes pratiques sont indispensables.

Pourquoi planter une haie ? Les multiples bienfaits de cette barrière naturelle

Planter une haie est l'une des meilleures solutions pour structurer son jardin tout en créant un brise-vue naturel et esthétique. Bien plus qu’une simple barrière végétale, la haie participe à la biodiversité, protège du vent, atténue le bruit et embellit votre extérieur tout au long de l’année. C’est à ce moment qu’intervient la plantation d’une haie, une étape essentielle pour transformer et organiser votre extérieur. Les haies constituent des alternatives naturelles aux clôtures et aux murs, pour délimiter votre propriété. En choisissant les types de haies que vous aimez, vous créez une délimitation sur mesure ne nécessitant qu’un travail de plantation relativement faible. Cette diversité vous permet également de jouer avec les haies pour diviser votre jardin et créer des espaces personnalisés.

Les rôles d'une haie sont multiples et interdépendants. Sur le plan environnemental, la haie facilite l’infiltration de l’eau dans le sol et limite son ruissellement en surface. Elle occupe la fonction de « brise-vent » et limite ainsi l’évaporation du sol, protégeant vos cultures et votre jardin des courants d'air indésirables. Enfin, les racines des arbustes permettent de fixer le sol, évitant les éventuels glissements de terrain et le maintien des talus. Pour la faune du sol, un paillage est un aspect écologique important ; c’est un refuge et un garde-manger pour nombre d’insectes. Une haie bien pensée offre un gîte sûr et des ressources vitales pour une multitude d'organismes.

Schéma des différents rôles d'une haie (brise-vent, biodiversité, délimitation, etc.)

Quand et où planter votre haie ? Les facteurs clés de succès

Planter une haie au bon moment et au bon endroit est essentiel pour assurer sa reprise et limiter les problèmes futurs. La période de plantation influence directement l’enracinement, la vigueur et la santé de votre haie, tandis que le choix du bon emplacement garantit un développement harmonieux et durable.

Périodes idéales de plantation

L’automne est généralement la période idéale pour planter une haie. Les températures plus douces et l’humidité naturelle du sol favorisent l’installation des racines avant l’hiver. En choisissant de planter entre octobre et décembre, vous donnez à vos arbustes toutes les chances de bien reprendre au printemps suivant. Pour les végétaux à racines nues, la période de plantation la plus favorable se situe pendant le repos végétatif de la plante, c’est-à-dire entre fin novembre et fin mars. Pour s’en souvenir, on peut penser à Catherine en plantant entre les deux Sainte Catherine (25 novembre et 24 mars).Il est également possible de planter au printemps, généralement de février à avril, à condition de prévoir un arrosage suivi et rigoureux, surtout dans les régions au climat sec. Si vous souhaitez planter des haies persistantes ou des conifères, faites-le juste avant le début de la pousse en avril ou après la fin du mois d’août. En revanche, il est vivement déconseillé de planter pendant les périodes de gel, de fort ensoleillement, de vent sec ou quand le sol est gorgé d’eau. Ces conditions climatiques extrêmes stressent les jeunes plants et limitent leur enracinement. Si vous ne pouvez pas respecter ce calendrier, la variante du bac à plantes est faite pour vous.

Choisir le bon emplacement

Le choix de l’emplacement est tout aussi important que la période de plantation. Une haie doit avoir un emplacement qui lui convient pour créer un brise-vue naturel et dense. Avant tout, prenez le temps d’analyser la nature de votre sol. Il est important de prendre en compte les conditions écologiques du milieu, telles que le climat régional (dans un contexte de hausse des températures) et les caractéristiques du sol, pour assurer le bon développement et la croissance des végétaux. Vous pouvez repérer les espèces poussant spontanément dans votre région pour vous aider dans votre choix d’espèces et/ou demander conseil auprès d’un pépiniériste. Vérifiez le drainage du sol pour éviter l’accumulation d’eau stagnante et pensez à enrichir la terre avec du compost ou du terreau si elle est trop pauvre ou trop compacte.

L’exposition joue également un rôle clé. Certaines essences de haies prospèrent en plein soleil, comme le photinia ou le laurier-cerise, tandis que d’autres préfèrent la mi-ombre, comme le houx. Si vous souhaitez planter des haies dans un endroit ensoleillé, de nombreux types de haies peuvent être envisagés. Dans un endroit ombragé, vous pouvez planter des haies peu exigeantes, comme des ifs ou des rhododendrons. Les haies de buis sont aussi appréciées que pratiques pour les bordures de jardin. Choisir des plantes adaptées à l’exposition de votre jardin limite les soins ultérieurs et assure un feuillage dense et sain.

Enfin, évaluez l’espace disponible. Tenez compte de la taille que les haies vont atteindre dans les années à venir. Respecter les distances réglementaires avec la voirie ou les propriétés voisines est indispensable pour éviter les conflits ou les tailles trop sévères. Prévoyez également l’espacement adéquat entre les plants.

Réussir sa plantation de haies champêtres

La planification minutieuse : un gage de réussite

Une des erreurs les plus fréquentes lors de la plantation d’une haie est de choisir ses arbustes uniquement sur des critères esthétiques, sans prendre en compte leur adaptation au jardin. Il est crucial de prendre le temps de bien choisir ses arbustes, car c'est une étape déterminante pour obtenir une haie dense, durable et esthétique. La deuxième erreur courante est de se lancer sans avoir préparé un plan d’implantation précis. Pour éviter cette erreur, il est toujours recommandé de définir l’emplacement exact de la haie avant de planter. Le travail de réflexion sur le type de haie et le choix des essences est un travail préalable important afin que la haie s’intègre harmonieusement dans son environnement.

Choix des arbustes et des essences

Pour un jardin décoratif toute l’année, la sélection des espèces est fondamentale. Pour les haies champêtres, la diversité et les espèces indigènes sont les maîtres mots : plus les essences sont variées, plus la diversité d’animaux sauvages sera grande. Les espèces indigènes sont des espèces poussant naturellement dans une zone géographique donnée : elles sont adaptées au milieu et favorisent la venue des espèces animales qui leur sont liées. Une erreur technique majeure est de ne pas tenir compte des espèces d'intérêt écologique. En milieu (semi) naturel, il est important de s'assurer que le site ne présente pas un intérêt botanique que la plantation mettrait en danger, comme c'est le cas des pelouses calcaires ou des landes à bruyères.Quant au choix d’un pépiniériste, il est conseillé de s’orienter vers un professionnel se trouvant à moins de 100 km autour de chez soi et si possible agréé « Végétal Local », en lui spécifiant votre souhait de planter des végétaux locaux pour ne pas déséquilibrer l’écosystème. Il est également recommandé de privilégier des jeunes plants (40 à 80 cm généralement, parfois plus) à racines nues, en mottes ou en godets (conteneurs), qui sont faciles à planter et souvent plus intéressants en termes de prix. Il est conseillé de prendre des plants âgés d’un ou deux ans qui mesurent 40 à 60 cm de haut et ont entre 3 et 4 branches. Les racines sont nues pour permettre une meilleure garantie de reprise des pousses et de manière plus vigoureuse.

Infographie : Sélection d'arbustes adaptés aux haies champêtres

Distances de plantation et nombre de plants

La largeur et la hauteur de votre future haie dépendent du nombre de plantes que vous devez planter par mètre courant de haie. Mesurez les longueurs que vous souhaitez planter et calculez le nombre de plants nécessaires pour concevoir votre haie.

Les distances de plantation peuvent varier en fonction de la densité que vous souhaitez :

  • Haies classiques et fleuries : tous les 60 cm à 80 cm, avec une plantation en quinconce possible.
  • Haies de conifères : tous les 80 cm.
  • Haies brise-vent : tous les 2,50 mètres pour les grands arbres, tous les 80 cm pour les arbustes.
  • Haies défensives : tous les 50 cm à 80 cm, avec une plantation en quinconce possible.
  • Haies basses taillées : tous les 15 cm pour les buis, tous les 30 cm pour les autres arbustes, avec une plantation en quinconce possible. Pour une haie basse, plantez vos arbustes tous les 30 à 40cm.
  • Haies champêtres : tous les 60 cm à 80 cm, avec une possibilité en quinconce. Pour des haies assez denses constituées d’une seule rangée, les plants peuvent être espacés de 50 à 60 cm. Pour des haies moins denses d’une seule rangée et des haies larges sur deux rangs, les plants peuvent être respectivement espacés de 80 cm ou 1 m et plus. Si vous optez pour une haie composée de deux rangées, les plants seront disposés en quinconce.

Pour une haie moyenne, plantez vos arbustes tous les 70 à 80cm. Pour une haie haute, plantez vos arbustes tous les 1.2m. Pour des haies d’une hauteur jusqu’à 1m, prévoyez de préférence trois à quatre plantes par mètre courant. Pour les haies libres, ne comptez qu’une seule fois la première plante de la haie pour le premier mètre. Par exemple, si vous plantez quatre plants de haies par mètre courant, vous n’aurez besoin que de quatre plantes pour le premier mètre et de quatre autres pour tous les mètres courants suivants. Pour densifier la haie, il est possible de réaliser la plantation sur 2 lignes en quinconce avec 1 plant tous les 50 cm, soit 4 plants au mètre, ce qui permettra à la haie de se fermer plus rapidement.

Préparation du sol : une étape fondamentale pour l'enracinement

Une tranchée de plantation insuffisamment dimensionnée est une erreur technique majeure lors de la mise en place d’une haie. Un volume de sol trop restreint limite l’exploration racinaire et compromet durablement la reprise des arbustes. Planter une haie dans un sol non amendé compromet directement l’enracinement et la croissance des arbustes. Un sol pauvre ou compacté bloque les échanges air/eau et limite l’assimilation des nutriments.

Pour assurer une reprise et une bonne croissance des plants, le sol pourra être « préparé » de la manière suivante. L'emplacement devant recevoir la haie est préparé suivant sa taille. Il faut compter 2,50 m en largeur à sa base, sur la longueur totale de la haie. Commencez par effectuer un désherbage manuel (uniquement !), car il est préférable que la terre soit exempte d’herbes. Ces dernières font en effet « concurrence » aux jeunes plants de votre haie en prélevant des minéraux dans le sol. Pour la préparation du terrain, un désherbage manuel permet d’enlever toutes les vivaces comme les orties, le chiendent, etc. Une autre solution est de pailler dès l’été précédant l’automne de la plantation. Cette solution permet de préparer le sol sans effort, l’automne étant la période idéale pour planter.

Creusez une tranchée de 50 cm de profondeur et autant de large pour votre haie. Ameublissez la terre en bêchant avec la fourche au fond des trous pour favoriser la pénétration de l’eau en profondeur et pour aérer le sol afin que les racines puissent se développer correctement. Aérez la terre et incorporez un amendement organique et un engrais de fond (corne broyée par exemple). Il n’est pas nécessaire d’ajouter des engrais ou des amendements si le sol est déjà riche. Sur les parcelles cultivées, un labour est réalisé, suivi d’une préparation de sol grâce à un outil animé. Si possible, la préparation doit être effectuée en fin d’été pour des plantations en fin d’automne et en hiver. Sur prairie, le travail du sol n’est pas obligatoire sur toute la bande s’il n’y a pas de problème de compaction.

Pour une haie à racines nues, placez-les environ une heure avant la plantation dans un seau ou un bac rempli d’eau. Les plants de haies sont ainsi préparés de manière optimale. Si vous avez des plants de haies en pots, il vous suffit de les immerger dans l’eau juste avant de les planter, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de bulles d’air. Pour vérifier le besoin en eau, touchez le terreau pour voir s’il est sec ou humide. S’il est sec ou brun clair, faites tremper la motte pendant 5 minutes.

Schéma des étapes de préparation du sol et de creusage de la tranchée

La plantation pas à pas : techniques et erreurs à éviter

Une fois les jeunes plants à racines nues ou en godets achetés, vous pouvez commencer à réfléchir pour agencer leur placement en quinconce sur toute la longueur de la future haie.

Le matériel nécessaire

Pour planter une haie champêtre, le temps nécessaire dépend du nombre de plants, mais comptez au minimum une journée. Le matériel nécessaire comprend une pioche, une houe, une bêche, une fourche pour bordure (dents plates), une pelle, une petite pelle de jardin et une brouette.

Étapes de plantation

  1. Préparation des trous de plantation : Effectuez les trous de plantation, à l’aide de la pioche, houe, bêche ainsi que la fourche. Faire des trous de plantation : creusez un trou de 3 à 4 fois la taille du pot ou de la motte que vous recevez. Les trous de plantation ne doivent pas être trop étroits pour éviter de compresser les racines. Ils doivent être suffisamment spacieux pour permettre de poser délicatement le plant sans tordre les racines ; elles doivent s’étaler et être dans leur position naturelle. De plus, les trous doivent être assez profonds pour que le collet de la plante soit au niveau du sol. Le collet d’une plante est la partie de transition entre la tige et les racines, et ne doit pas être trop ou pas assez enterré. Si une plante est trop enterrée, son collet pourrira et votre plante va mourir.
  2. Pralinage des arbustes : Ne pas praliner les arbustes, en particulier ceux à racines nues, est une erreur technique qui compromet la reprise. Pour éviter cela, réalisez systématiquement un pralinage juste avant la plantation, en préparant un mélange de terre argileuse et d’eau, éventuellement enrichi en compost mûr, jusqu’à obtenir une boue épaisse et adhérente. Les racines sont réhydratées, nettoyées des parties abîmées puis entièrement trempées dans ce pralin afin qu’elles soient uniformément enrobées. Pour favoriser la reprise, vous pouvez saupoudrer les racines nues d’Oenosan avant la mise en place.
  3. Mise en terre des plants : Une fois les plants posés méticuleusement dans les trous, comblez-les avec la terre que vous avez mise de côté au moment de creuser. Il est recommandé de préparer un mélange de plantation de terreau et terre de jardin à 50/50. Au moment de combler le trou et de recouvrir le sol, nous vous conseillons de disposer la terre en cuvette autour du pied pour optimiser l’arrosage et éviter le ruissellement. Placez les plants à la bonne profondeur, puis rebouchez avec la terre extraite. Plantez votre arbuste bien droit. Pensez également à enterrer vos plantes au niveau du collet.
  4. Tassage et arrosage initial : Tassez légèrement la terre. Un sol insuffisamment tassé autour des racines peut entraîner un dessèchement des racines en raison des poches d’air présentes dans le sol. Tassez avec vos mains si les plantes sont petites. Une fois la plantation terminée, pensez à arroser une première fois. Arrosez abondamment. C’est cet arrosage qui permettra à la terre de se mettre en contact avec les racines. Un arrosage insuffisant lors de la plantation est une erreur technique majeure. Si le volume d’eau apporté n’est pas adapté à la taille de la plante, la terre ne se met pas en contact avec les racines et l’enracinement est compromis. On compte environ 1 arrosoir par plante selon la taille du plant (5 à 10L).

Après la plantation : paillage, protection et premiers entretiens

La plus coûteuse erreur après la plantation d’une haie est de négliger l’entretien durant les deux premières années. C’est durant cette phase que la haie construit son système racinaire et sa structure. L’arrosage devra être régulier, surtout en cas de sécheresse, pendant les trois premières années suivant la plantation. L’arrosage : on surveille l’arrosage de sa haie au moins la première année pour s’assurer que les plantes poussent bien et ne manquent de rien. Agissez en conséquence en apportant au moins un arrosoir par plante. Il est généralement recommandé d'arroser deux à trois fois par semaine la première année de plantation. Dessinez des rigoles le long de la ligne de plantation pour permettre à l'eau d'atteindre plus vite les racines.

Le paillage : un allié précieux

Une fois la haie plantée, le paillage est essentiel pendant les deux à trois premières années pour un développement optimal. Le paillage permet d’éviter la repousse des herbes et conserve l’humidité du sol en évitant l’évaporation. Vous pouvez choisir de mettre un paillage ou non quand vous plantez votre haie. Il garde l’humidité en saison chaude. Le paillage doit être impérativement naturel et biodégradable : copeaux de bois, paille, paille de lin, feuilles mortes. Attention au paillage avec de l’écorce et des épines de résineux qui ont tendance à acidifier le sol. Si vous tondez des petites zones de votre terrain, vous pouvez placer vos résidus de tonte en fine couche directement au pied des arbustes. Une tonte séchée au préalable pourra être placée en couches plus épaisses. Pour limiter la concurrence avec la végétation herbacée (graminées, adventices, etc.), il est conseillé d’utiliser une protection au pied de la haie pendant les 3 premières années, par du bois déchiqueté ou de la paille sur un rayon de 50 cm autour du plant et 15 cm d’épaisseur si les plants sont mis en terre dans un trou individuel sur prairie.

Protection contre les prédateurs

Si votre haie est à la portée des lapins, chevreuils ou lièvres, il sera nécessaire de protéger vos jeunes pieds avec, par exemple, des manchons de protection en papier biodégradable. Les protections correspondent généralement à des manchons en filet ou grillagés. Il existe plusieurs tailles. Pour les arbustes, la protection n’est pas toujours nécessaire.

Entretien et taille de formation

Dans la mesure du possible, il est conseillé de laisser évoluer vos arbres librement : le mieux est de ne rien faire, car toute taille est une agression qui fragilise l’arbre. Néanmoins, une taille est parfois nécessaire, notamment pour les plantations de voisinage ou proches des voiries. Pour cela, la taille devra toujours se faire en dehors de la période de reproduction des oiseaux (qui a lieu d’avril à fin juillet), au risque de perturber ou de détruire les nichées d’oiseaux. Si vous taillez, faites-le toujours en hiver, avant la montée de la sève entre novembre et décembre.Pour une haie caduque : au printemps (mars-avril) pour stimuler les pousses et en octobre. Vous pouvez choisir de ne tailler qu’une fois dans l’année. Pour une haie fleurie : taille après la floraison, peu importe l’époque de floraison.Des apports nutritifs comme du compost ou de l’engrais organique au printemps (2 à 4 kg/m² en bande de plantation) sont également bénéfiques. Une taille de formation d'une à deux tailles par an, selon les essences, avec une première taille légère pour favoriser la ramification, peut être envisagée.Lors d’une belle journée de fin d’hiver - après les dernières gelées durant le second hiver qui suit la plantation, et seulement celui-ci -, il est possible de procéder à un recépage (taille) des arbres et arbustes caducs comme marcescents à 10-20 cm du sol, afin d’étoffer à la base la structure de la haie. Cependant, il est préférable de ne pas tailler les persistants, ou du moins très légèrement si besoin, car ils repoussent et grandissent plus lentement. Par cette action de taille en cépée, la haie va repousser avec plus de vigueur en hauteur et en largeur, ce qui est essentiel pour son intégration dans le paysage environnant et son attractivité pour la faune.Lorsque l’on taille des branches le long du tronc d’un arbre ou d’un arbuste, celui-ci referme sa blessure en créant un bourrelet cicatriciel. Pour que ce dernier puisse se former correctement et ainsi empêcher un pourrissement ou une maladie, la coupe ne doit pas être effectuée au ras du tronc et ne doit laisser aucun chicot. Il est aussi conseillé de limiter les plantes sauvages poussant au pied de vos haies, afin de permettre à celles-ci un bon départ.

La haie champêtre : un modèle de biodiversité

Une haie champêtre est composée d’espèces indigènes (par exemple : chêne pédonculé, charme commun, aubépine, sureau noir…) et présente trois étages de végétation : une strate herbacée, une strate arbustive et une strate arborescente. Les espèces végétales présentes dans une telle haie sont « adaptées » à la faune sauvage locale, à la différence des végétaux exotiques et/ou d’ornements. Ces dernières ne permettent pas à la faune sauvage d’accomplir la totalité de leur cycle de vie et peuvent présenter des caractères envahissants, ce qui constitue un problème écologique majeur. Par exemple, le Buddleia - appelé "arbre à papillons" - dont l’anatomie des fleurs n’est pas adaptée aux papillons Européens : les lépidoptères peuvent s’y coincer la trompe et meurent emprisonnés.

L’étage herbacé est très important au pied d’une haie : il peut fournir les matériaux pour la construction des nids et abrite également de nombreuses larves d’insectes, notamment des chenilles, pour la nourriture des jeunes oiseaux. De plus, les fleurs sauvages et herbes qui poussent au pied de la haie aident à dissimuler les nichées vis-à-vis des prédateurs. Mais avant tout, cette strate permet à de nombreuses plantes sauvages de croître comme le primevère officinale, les composées (pâquerettes, marguerites), les poacées (herbes graminées), les fougères (Ptéridophytes), champignons, lichens et mousses (Bryophytes).

Une haie champêtre dans sa forme la plus « naturelle » est une haie très dense, avec une base assez large pour fournir un gîte sûr. Les arbres et arbustes qui la composent sont de formes et de tailles variées. Les petits terrains ne laissent pas toujours la possibilité d’avoir une haie digne de ce nom. Néanmoins, il est toujours possible de planter des arbustes de manière moins dense et ce sur une seule rangée. Pour ceux qui ont plus d’espace, vous pouvez entreprendre la plantation d’une haie champêtre sur deux rangs en mélangeant des arbustes et des arbres de différentes tailles. Quels que soient la densité et le nombre de plants de la haie que vous allez planter, les maîtres mots sont « diversité » et « indigènes ».

Réussir sa plantation de haies champêtres

Planter une haie en milieu urbain : cours et balcons

Ce guide est particulièrement destiné aux espaces verts significatifs. Mais si vous n’avez pas d’espace de pleine terre, planter quelques arbustes d’essences locales est néanmoins tout à fait possible pour favoriser la biodiversité. Certaines espèces peuvent être plantées en bacs ou larges pots comme l’arbousier, le laurier noble, le troène, la viorne aubier, le cornouiller. Vous pourrez alors aménager votre cour ou balcon et fournir des ressources alimentaires pour les insectes et les oiseaux ! Un bac à plantes est aussi une solution idéale si vous voulez réparer une haie trouée. Si vous ne savez pas quelles espèces choisir, n’hésitez pas à demander conseil à un pépiniériste près de chez vous, mais gardez toujours à l’esprit que les essences doivent être locales.

Réglementation et bon voisinage : ce que dit la loi

La réglementation est un point important à prendre en compte avant la plantation. En limite de propriété, vérifiez que vous respectez la réglementation départementale ou communale concernant les distances de plantation de voisinage. Veillez également à vérifier auprès de votre mairie que l’emplacement choisi est compatible avec le PLU (Plan Local d’Urbanisme) et qu’il n’est pas menacé par un projet d’utilité publique. Le PLU est un document qui définit les grandes orientations d’aménagement du territoire et d’utilisation des sols d’une commune ou d’un groupement de commune, dans un projet global d’urbanisme. Ce document est élaboré dans le respect de trois principes fondamentaux du droit de l’urbanisme : le principe de l’équilibre entre le développement urbain et rural, le principe de diversité des fonctions urbaines et de mixité sociale dans l’habitat et le principe de respect de l’environnement.

Si vous souhaitez planter des haies pour délimiter votre propriété, n’oubliez pas la distance nécessaire entre la bordure et le voisin. En effet, il existe des exigences de distance officielles pour la plantation de haies, qui diffèrent d’un endroit à l’autre. La hauteur de la haie compte souvent. Dans la plupart des régions, les haies d’une hauteur de croissance maximale de deux mètres, par exemple, doivent respecter une distance de délimitation d’au moins 50 centimètres. Si la haie fait moins de 2 mètres de hauteur, laissez 50 cm entre la clôture du voisin et les arbustes. Si elle dépasse 2 mètres, laissez 2 mètres d'espace. Si vous souhaitez des haies encore plus hautes, il est souvent nécessaire de respecter une distance d’un mètre, voire de deux mètres, par rapport à la limite du terrain. Les terrains sont déjà délimités par une clôture ? Dans ce cas, les dispositions légales s’appliquent la plupart du temps.

Bon à savoir ! La distance entre les haies et la limite du terrain est mesurée à l’endroit où le tronc le plus proche de la limite sort du sol. Dans ce cas, les contraintes administratives ne jouent aucun rôle. En ce qui concerne vos autres plantes, nous vous recommandons de respecter les distances adéquates. Ainsi, vous vous assurez d’une part que les plantes ne se gênent pas mutuellement lors de la croissance et d’autre part, vous disposez de suffisamment de place pour entretenir votre haie de manière optimale. Pour ce faire, orientez-vous sur la distance limite applicable aux haies dans votre commune ainsi que les conditions de croissance optimales des plantes voisines.

Illustration des distances légales de plantation de haies par rapport à la limite de propriété

Quelques essences à choisir pour votre haie

Le choix des essences est primordial pour la réussite de votre haie et son adaptation à l'environnement local. Nous vous proposons dans le tableau ci-dessous quelques essences à choisir pour votre haie, avec notamment des essences plus adaptées au contexte méditerranéen (chaud et sec en été). Vous pouvez choisir au moins 4 ou 5 espèces. N’hésitez pas à demander conseil à votre pépiniériste !

Espèces adaptées à différents types de sols et de climats (grande adaptabilité)Espèces adaptées aux climats chauds et secs (type méditerranéen)
Alisier blanc Sorbus ariaNerprun alaterne Rhamnus alaternus
Alisier torminal Sorbus torminalisArbousier Arbutus unedo
Aubépine (Épine blanche) Crataegus oxyacanthaBaguenaudier Colutea arborescens
Aubépine monogyne Crataegus monogynaBuplèbre Bupleurum fruticosum
Buis Buxus sempervirensChêne kermès Quercus coccifera
Charme Commun Carpinus BetulusCornouiller sanguin Cornus sanguinea
Cornouiller sanguin Cornus sanguineaCornouiller mâle Cornus mas
Coudrier Corylus avellanaCoronille Coronilla glauca
Églantier Rosa caninaFilaire à feuilles larges Phillyrea latifolia
Érable champêtre Acer campestreFilaire à feuilles étroites Phillyrea angustifolia
Framboisier Rubus ideausLaurier sauce Laurus nobilis
Fusain d’Europe Euonymus europaeusLaurier tin Viburnum tinus
Houx commun Ilex aquifoliumMyrte commun Myrtus communis
Merisier Prunus aviumOlivier Olea europaea
Noisetier Corylus avellanaPistachier lentisque Pistachia lentiscus
Prunellier (Épine noire) Prunus spinosaPistachier térébinthe Pistachia terebinthus
Sureau Noir Sambucus nigraSumac des corroyeurs Rhus coriaria
Troène commun Ligustrum vulgareTroène commun Ligustrum vulgare
Viorne obier Viburnum opulus

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