Les plantes grasses, plus précisément nommées succulentes - un terme signifiant « riches en sèves » tant leur feuillage charnu regorge de promesses - occupent une place de choix dans le végétal d’intérieur et de jardin. Parmi cette vaste famille, les variétés au port érigé se distinguent par leur structure graphique, leur verticalité et leur capacité à capter le regard. Qu’elles soient acaules, arbustives ou en rosette, ces « survivantes vertes » offrent une diversité de formes, de textures et de floraisons qui en font des alliées de choix pour tout passionné de botanique, du débutant au professionnel.

Focus sur l’Haworthiopsis attenuata : L’art vivant
Vous êtes fan de Yayoi Kusama, mais vous n’avez pas (encore) les moyens de vous offrir son fameux potiron tacheté ? Consolez-vous avec une Haworthiopsis attenuata. Originaire d’Afrique du Sud, cette succulente de la famille des Asphodelaceae (anciennement Lilaceae) affiche un feuillage digne des œuvres de l’artiste japonaise. L’Haworthiopsis attenuata était aussi connu sous le nom de Haworthia attenuata.
Identification et caractéristiques
L’Haworthiopsis attenuata est une plante grasse au port érigé. Elle ne dépasse pas quinze centimètres en tous sens. L’Haworthiopsis attenuata est acaule. Ses feuilles poussent en rosette. Étroites et effilées, elles mesurent tout au plus six centimètres de long. Les limbes vert foncé sont ponctués de points blancs en relief. Leur taille et leur répartition varient selon les hybrides et les cultivars.
On confond souvent l’Haworthiopsis attenuata avec l’Haworthiopsis fasciata et l’Aristaloe aristata. Si vous ne savez pas quelle espèce vous tenez entre les mains, observez le dessous du feuillage. Chez l’Haworthiopsis attenuata, le revers est moucheté de blanc. Chez l’Haworthiopsis fasciata, il est uni. Les deux faces sont tachetées ? Une dernière vérification s’impose. Examinez le bord des feuilles. S’il est brodé d’épines, alors la plante n’est pas une haworthie. C’est un Aloe aristata.
L’Haworthiopsis attenuata fleurit au printemps, même sous nos latitudes. Sur une hampe florale de 30 centimètres s’épanouissent des fleurs tubulaires réunies en grappes. Blanches, elles sont striées de brun ou de vert. L’Haworthiopsis attenuata n’est pas toxique. Vous pouvez la manipuler sans risque.
Culture et soins
Pour cultiver les Haworthiopsis attenuata en intérieur, reproduisez les conditions de leur milieu naturel : du soleil, de la chaleur et peu d’eau. Les Haworthiopsis attenuata viennent des régions arides. Ces plantes supportent la sécheresse, mais il faut quand même les arroser. Arrosez uniquement lorsque le substrat est sec, avec de l’eau de pluie à température ambiante. Si vous n’en avez pas, vous pouvez utiliser de l’eau du réseau que vous aurez fait reposer pendant 24 heures.
Pour remplir ses réserves, votre Haworthiopsis attenuata a besoin d’un arrosage copieux. Arrosez la terre jusqu’à ce qu’elle soit complètement humide et que l’eau s’écoule par les trous de drainage du pot. Videz l’eau qui stagne dans la coupelle ou le cache-pot. Les Haworthiopsis attenuata poussent dans les régions arides et n’aiment pas l’humidité.
Au printemps, transférez votre Haworthiopsis attenuata dans un pot plus grand, pour qu’il puisse poursuivre son développement. Les Haworthiopsis attenuata ont besoin d’être rempotées seulement quand leurs racines commencent à sortir du pot. Choisissez alors un pot percé à peine plus grand que le précédent (environ 5 centimètres) et en terre cuite : il favorisera le drainage. Disposez une couche de billes d’argile ou de gravier avant de verser un substrat adapté aux succulentes. Vous pouvez aussi mélanger un tiers de sable à votre terreau.
Vous pouvez retirer les feuilles mortes. Il ne faut surtout pas tailler la pointe des feuilles. Une fois les dernières gelées printanières passées, vous pouvez planter. L’endroit idéal pour planter votre Haworthiopsis attenuata en pleine terre ? Un emplacement ensoleillé en haut d’une pente, pour favoriser l’évacuation des eaux de pluie. Creusez un trou large pour que les racines aient la place de s’étendre. Comme pour un rempotage, disposez une strate de graviers au fond puis une de substrat. Positionnez votre plante au centre et recouvrez avec la terre, éventuellement enrichie de terreau de feuilles mortes.
Le bouturage s’effectue lors de la phase de forte croissance, généralement au printemps et au début de l’été. Séparez une plantule, avec son système racinaire, de la plante mère. Si leurs racines sont entremêlées, sectionnez-les à l’aide d’un couteau propre. Préparez un pot percé en terre cuite. Obturez le trou avec un galet et déposez un lit de graviers. Versez un substrat composé d’un tiers de terreau, d’un tiers de terre et d’un tiers de sable pour favoriser le drainage.
Comment rempoter les boutures ?
Diversité des plantes grasses érigées et succulentes d’intérieur
Au-delà de l’Haworthiopsis, le monde des plantes grasses offre une multitude de variétés. Certaines plantes grasses d’intérieur sont moins retombantes mais leurs feuilles rondes, charnues, d’un vert tendre satiné trônant à l’extrémité de tiges coriaces leur donnent une allure au charme fou. C'est le cas du Pilea peperomioides, cette plante à monnaie chinoise qui aime tant la lumière que sa végétation pointera vers elle. Offrez-lui donc une exposition très lumineuse et changez son orientation régulièrement afin que toute la plante en profite.
Le genre Crassula et ses variétés arbustives
Dans la famille des Crassulaceae, le genre Crassula regroupe près de 300 espèces. La Crassula ovata, ou arbre de jade, est une succulente au port arbustif qui développe avec le temps un véritable petit tronc. Ses feuilles épaisses, vert brillant, parfois bordées de rouge sous forte luminosité, lui donnent une silhouette équilibrée et apaisante. Facile à vivre et durable, elle peut accompagner un intérieur pendant de nombreuses années. Avec l’âge, son tronc s’épaissit et se lignifie, renforçant son allure de mini-arbre sculptural. Dans de nombreuses cultures, l’arbre de jade est associé à la prospérité et à la chance. Il est souvent offert comme plante porte-bonheur, notamment pour symboliser réussite et stabilité.
Les Echeveria : la géométrie naturelle
Le genre Echeveria, également très vaste avec ses quelques 150 espèces, est composé de feuilles charnues organisées en rosette qui rappellent l’esthétisme de l’artichaut. Parmi la profusion de cultivars, vous trouverez des artichauts plus ou moins verts, gris, bleutés ou même pourpres. L’Echeveria agavoides séduit par sa rosette compacte aux feuilles épaisses, triangulaires et parfaitement structurées. D’un vert lumineux, elles se terminent souvent par une pointe rouge intense lorsque la plante reçoit beaucoup de lumière, ce qui accentue son allure graphique. Son nom signifie littéralement « qui ressemble à un agave ».

Principes généraux de culture et entretien des succulentes
Les plantes grasses sont des « survivantes vertes » connues pour nécessiter peu d’eau. Mais qu’est-ce qui est trop peu ? Ou trop ? Il s’agit d’équilibrer correctement ! Les plantes succulentes stockent l’humidité dans leurs racines, leurs tiges et leurs feuilles épaisses. Cela leur permet de facilement faire face aux périodes de sécheresse.
Substrat et drainage
Le substrat choisi sera léger et surtout bien drainé. Tournez-vous vers des produits spécifiques disponibles dans votre jardinerie comme un substrat cactées ou un terreau cactus et succulentes, ou mélangez un terreau universel avec à peu près 1/3 de sable ou de pouzzolane. Le tout sera déposé sur un lit drainant de billes d’argile ou de gravier. Afin que celui-ci soit bien drainant, installez une couche de cailloux ou de perlite au fond du pot.
Arrosage et fertilisation
Les plantes grasses n’aiment pas l’eau calcaire. La règle : toujours attendre que le substrat soit bien sec avant d’arroser de nouveau votre plante. Il vaut mieux donner beaucoup d’eau à une plante succulente en une seule fois et de la laisser sécher pendant quelques semaines, plutôt que de l’arroser un peu chaque semaine ou toutes les deux semaines. Soyez modéré avec l’alimentation des plantes. Le recours à des engrais est souvent inutile si vous les rempotez régulièrement. Si vous constatez quelques faiblesses, tournez-vous vers un engrais spécifique cactées et plantes grasses, faiblement dosé en azote.
Diagnostic des besoins
Si votre succulente devient molle, brune, ou qu’elle commence à avoir des taches sombres, c’est qu’elle souffre d’un excès d’eau. Cela peut arriver si les arrosages sont trop fréquents ou si votre pièce est trop humide. À l’inverse, si votre plante souffre d’un manque d’eau, elle va se dessécher, flétrir ou se rider. Si certaines feuilles noircissent ou brunissent, il s’agit peut-être d’un excès de soleil. Installez votre plante à l’ombre quelques temps.

Les succulentes au jardin : rusticité et adaptation
Croyez-le ou non, il existe un grand nombre de plantes grasses qui peuvent rester à l’extérieur non seulement en hiver, mais aussi tout au long de l’année. On parle notamment des plantes grasses rustiques qui, comme leur nom l’indique, tolèrent très bien le froid et le gel. Pour éviter les faux pas, on vous conseille de déterminer tout d’abord le nom latin de votre plante et de vérifier ensuite sa rusticité.
Espèces résistantes au froid
- Agave : L'Agave est une plante grasse originaire des régions désertiques des Amériques. Cette succulente vivace est connue pour ses grandes rosettes de feuilles épaisses, épineuses et pointues. Les agaves sont généralement rustiques jusqu’à - 9 °C. Agave montana est la plus résistante au froid (- 12 °C).
- Yucca : Avec son port érigé et ses longues feuilles rigides et pointues, le yucca offre une véritable touche exotique au jardin. La plupart des yuccas sont rustiques de - 12 à - 20 °C. Un paillage au pied est bénéfique en hiver.
- Sedum (Orpin) : Le Sedum, ou Orpin des jardins, est une plante grasse de la famille des Crassulaceae qui offre une grande variété de formes et de couleurs. C'est une plante très adaptable, qui résiste particulièrement bien au gel. Certaines variétés peuvent résister jusqu’à - 20°C.
La gestion des saisons
Pendant les mois d’été ensoleillés, les plantes peuvent également être placées à l’extérieur, veillez à ce qu’elles ne soient pas mouillées, car elles ont besoin de peu d’eau. Si vous avez pris l’habitude de sortir vos sujets en extérieur à la belle saison, n’attendez pas que le froid s’installe avant de les rentrer. Où mettre vos plantes grasses en hiver ? Selon les variétés, elles apprécieront les espaces un peu surchauffés de nos pièces à vivre, éloignez les tout de même des sources de chaleur. Elles se satisferont d’une pièce plus fraîche, une véranda bien lumineuse par exemple.
Multiplier ses plantes : techniques de bouturage
Les plantes grasses ne sont pas seulement faciles à entretenir, mais aussi faciles à bouturer. Vous pouvez bouturer les plantes grasses de différentes manières : par bouture de feuille, bouture de tige et bouture de rejet.
La bouture de rejet
C’est la méthode offrant le plus de chances de réussite.
- Trouvez un rejet approprié. Conseil : assurez-vous que les rejets représentent environ 20 % de la taille de la plante mère, ils seront alors suffisamment résistants.
- Retirez délicatement la plante mère du pot, enlevez soigneusement autant de terreau que possible pour bien voir comment les racines se développent.
- Détachez délicatement le rejet de la plante mère. Si vous ne parvenez pas à bien détacher le rejet, coupez-le délicatement de la plante mère avec un couteau propre et tranchant.
- Replantez la plante mère dans le pot et ajoutez éventuellement du terreau frais.
- Vérifiez si le rejet a déjà des racines. Plus il y a de racines, plus le rejet s’enracinera facilement.
- Le rejet n’a pas encore de racines ? Laissez-le alors sécher sur du papier absorbant pendant quelques jours avant de le mettre dans du terreau. S’il en a, plantez-le directement dans un pot avec du terreau spécial cactus et humidifiez légèrement le terreau.
Boutures de feuilles et de tiges
Pour une bouture de feuille ou de tige, vous pouvez simplement détacher une feuille ou une branche latérale de la plante grasse, la laisser sécher sur du papier absorbant pendant une semaine, puis la planter dans un pot avec du terreau humide et du terreau de bouturage. Dans le cas de tiges segmentées comme celle du Schlumbergera, vous prélèverez entre deux points de jointure. Pour des feuillages très gras comme ceux des Echeveria, prélevez une feuille et suivez le même processus.

Classification et diversité botanique
Les plantes grasses (succulentes) existent en de nombreuses variétés et tailles différentes, allant des petites rosettes aux grandes espèces érigées. Elles appartiennent à différentes familles botaniques, notamment :
- Crassulaceae : Cette famille regroupe le plus grand nombre de succulentes, incluant Echeveria, Kalanchoe, Crassula et Sedum.
- Cactaceae : Sphériques ou plats, grands ou petits, robustes ou mignons, verts ou fleuris : tout est possible avec les cactus. L’entretien des cactus diffère légèrement des autres types de plantes grasses. Ils ont en effet besoin de plus de lumière et (encore) moins d’eau.
- Asphodelaceae : Cette famille inclut l' Aloe Vera, souvent appelée plante miracle en raison des propriétés médicinales qui lui sont attribuées.
- Asparagaceae : Inclut le Sansevieria (langue de belle-mère), plante grasse très facile d’entretien qui pousse aussi bien au soleil qu’à l’ombre.
- Agavaceae : Regroupe les agaves, reconnaissables à leurs longues feuilles étroites qui poussent en rosette.
Toutes ces plantes, bien que différentes dans leur morphologie, partagent cette adaptation fascinante au stockage de l’eau. Elles ne contiennent aucune graisse, contrairement à ce que suggère leur nom commun, mais leur feuillage charnu est le résultat d’une évolution millénaire face à des conditions environnementales parfois extrêmes. Leur symbolique, bien que non officielle, est souvent associée à la force et à la résilience, faisant d’elles des compagnons fidèles pour tout intérieur ou jardin.