
Le secteur agricole en France est confronté à un défi majeur : le renouvellement de ses actifs. Face à la diminution du nombre d’exploitations et au recul de l’âge moyen des exploitants, la formation continue agricole constitue une étape importante, en donnant accès à des diplômes et en ouvrant les parcours à l'installation à des personnes en reconversion professionnelle venant d’horizons divers. En Bourgogne, comme ailleurs, les opportunités de formation, notamment en maraîchage et permaculture, se multiplient pour répondre à ces enjeux. Cet article explore les dispositifs existants, les publics concernés et les parcours possibles pour ceux qui aspirent à un emploi ou à une installation dans l'agriculture durable.
L'engagement des centres de formation pour l'agriculture
Les centres de formation des chambres d'agriculture et les ADF’s sont engagés dans des démarches de qualité qui certifient de toute l’attention portée aux formations proposées. Ils sont également certifiés au regard du référentiel national Qualiopi, ce qui leur permet d’émarger aux fonds publics ou mutualisés pour le financement de la formation. Choisir de se former avec les centres de formation du réseau, c’est l’assurance de suivre une formation de qualité, animée par des formateurs pédagogues et compétents. Pour chacun de vos projets professionnels, il existe une formation adaptée à vos objectifs. Avec 25 % de l’offre renouvelée chaque année, les catalogues du réseau s’enrichissent au gré de vos demandes et des besoins recensés pour répondre à vos préoccupations du moment. En complément des actions proposées au catalogue, les centres de formation du réseau peuvent construire des programmes sur mesure si une des formations vous intéresse ou si vous ne trouvez pas votre bonheur.
Formations spécifiques : Permaculture et agroécologie
Une formation PRF (Programme Régional de Formation) à venir, intitulée « Permaculture et agroécologie », est spécifiquement conçue pour les demandeurs d’emploi ayant un objectif de se préparer à l’installation. Cette formation vise l'apprentissage des techniques et des pratiques nécessaires pour postuler à un emploi en agriculture. Des informations collectives sont régulièrement organisées pour présenter ces opportunités. Par exemple, des sessions ont été prévues le 13 mars à 10h ou le 3 avril à 10h à la MFR de Vézénobres. D'autres sessions ont eu lieu le 1er juillet à 10h ou le 8 juillet à 10h, également à la MFR de Vézénobres. Une information collective est également prévue le 29 octobre à 9h.
Le Brevet Professionnel Responsable d'Entreprise Agricole (BPREA) : Une voie privilégiée
L’obtention d’un diplôme agricole équivalent au baccalauréat, comme le Brevet professionnel responsable d’entreprise agricole (BPREA), donne accès à la capacité professionnelle et aux aides publiques à l’installation, pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros. Ces ressources financières sont d’autant plus nécessaires qu’elles compensent, en partie, l’absence d’héritage productif. Historiquement créés pour lutter contre l’inégalité des chances en assurant la formation et la promotion des travailleurs agricoles, les CFPPA (Centres de Formation Professionnelle et de Promotion Agricoles) font aujourd’hui partie intégrante de l’appareil public de formation continue. Ils étaient 28 à leur création en 1968 et sont désormais 156 répartis sur l’ensemble du territoire.
En 2018, 75 % des volumes horaires réalisés au sein de ces centres publics ont été consacrés à des formations diplômantes ou à finalité professionnelle. Parmi elles, les formations préparant au BPREA constituent leur cœur d’activité. Elles sont de plus en plus ouvertes à de nouveaux publics.
L'évolution des CFPPA et l'adaptation aux nouveaux publics
D’abord destinés à élever le niveau de formation des agriculteurs, les CFPPA ont connu des transformations importantes depuis les années 1980. Contrairement à d’autres centres publics de formation, certains CFPPA ont eu une forte croissance d’activité. Face à la diminution de leur public d’origine, une partie d’entre eux ont fait évoluer leur offre. Ainsi, un BPREA étudié, initialement spécialisé en grandes cultures et destiné aux agriculteurs, enfants d’agriculteurs et salariés agricoles locaux, est aujourd’hui consacré au maraîchage biologique. Il s’adresse à de nouveaux publics, éloignés du monde agricole, bénéficiant de dispositifs destinés aux salariés et aux demandeurs d’emploi.
Accès au BPREA : Différentes voies et financements
L’accès au BPREA dépend du statut d’emploi.
- Le congé individuel de formation (CIF) permet aux salariés de suivre individuellement, et à leur initiative, une formation de longue durée. Elle concerne principalement les salariés en CDI dont l’ancienneté est égale ou supérieure à vingt-quatre mois consécutifs, et qui doivent élaborer un dossier auprès du fonds de gestion des CIF ou, dans certains cas, auprès de leur organisme paritaire collecteur agréé (OPCA), en charge de la sélection des dossiers.
- Les demandeurs d’emploi constituent la deuxième voie d’accès. Les lois de décentralisation ont confié aux Conseils régionaux le financement des places de stagiaires, par le biais de marchés publics.
- Les agents de la fonction publique et les indépendants représentent la troisième voie d’accès au BPREA et sont contraints de financer eux-mêmes la formation (environ 11 000 euros). Les premiers peuvent continuer à percevoir leur revenu mais ils doivent ensuite trois années à l’État. Pour les indépendants, Pôle emploi peut dans certains cas prendre en charge le coût de la formation mais pas les indemnités, ce qui rend particulièrement onéreux son suivi pendant 9 mois.
Profils des stagiaires en reconversion vers l'agriculture
À l’image de l’enseignement agricole secondaire, qui accueille aujourd’hui un public diversifié, cette formation en BPREA maraîchage biologique est suivie par des personnes de profils variés. Une analyse des dossiers de 127 stagiaires ayant suivi cette formation entre 2015 et 2019 a montré que 18 % d’entre elles sont issues des cadres et professions intellectuelles supérieures, 32 % des professions intermédiaires, et 22 % du groupe des employés. Parmi les 23 % d’ouvriers ayant participé à la formation, seulement un tiers sont des ouvriers agricoles.
Une étude approfondie menée auprès d'une classe de 15 stagiaires de la promotion 2017-2018 a permis de distinguer trois grands groupes de profils : les « déclassés », les « désenchantés » et les « détachés ».
Les « déclassés »
Les déclassés sont plutôt des jeunes hommes issus de familles qui accordaient beaucoup d’importance à la scolarité, mais qui n’ont pas pu convertir leur investissement scolaire en statut professionnel. Ils détiennent tous un baccalauréat mais ils ont abandonné leurs études supérieures pour occuper des positions subalternes du salariat. Leur aspiration à l’agriculture se fait moins en rupture qu’en continuité avec leur parcours. Certains cultivaient déjà des légumes au sein de jardins associatifs ou familiaux, avant l’entrée dans la formation, et ils ont appris à entretenir un potager lors de vacances chez des grands-parents agriculteurs, ou lors de luttes d’occupation comme à Notre-Dame des Landes. Ils sont également plusieurs à être passés par des emplois dans la distribution, où ils ont acquis des connaissances en matière de commercialisation et de gestion de la qualité des produits alimentaires.

Les « désenchantés »
Les désenchantés partagent avec les déclassés un investissement familial relativement important dans le domaine scolaire. Dans leur cas, il s’est concrétisé par l’obtention d’un diplôme de l’enseignement supérieur. Titulaires de diplômes pouvant aller jusqu’au doctorat, ils ont eu accès à des emplois stables d’encadrement et de direction. Ces emplois salariés leur ont permis d’avoir des situations financières avantageuses (propriétaires de leur résidence principale et parfois d’une maison secondaire). Mais ils ont vécu des crises qui les ont conduits à un « désenchantement professionnel ». L’accès au statut d’indépendant est alors perçu comme un moyen de mieux conjuguer leurs vies professionnelle et familiale, tout en valorisant leurs compétences. Comme pour les déclassés, la distance à l’agriculture est moins grande qu’elle ne peut s’observer au travers des catégories statistiques. Ils sont relativement proches du monde agricole, en tant qu’enfants ou petits-enfants d’agriculteurs, ou parce qu’ils ont une activité professionnelle au sein du secteur agricole (presse agricole, chantier d’insertion, vétérinaire). Pour autant, leur connaissance des pratiques agricoles était superficielle avant l’entrée dans la formation.
Les « détachés »
Enfin, les détachés sont âgés de plus de 40 ans et ils ne peuvent donc plus prétendre au dispositif public d’aide à l’installation. Leurs parcours scolaire et professionnel ont été moins favorables que ceux des membres des deux autres groupes. Leur titre scolaire a une plus faible valeur que celui des autres stagiaires, soit parce qu’il est d’un niveau inférieur, soit parce qu’il s’est dévalué avec le temps. Ils ont changé plusieurs fois de secteurs d’activité, mais en restant dans des emplois peu qualifiés. Ces stagiaires sont relativement détachés des enjeux professionnels et ils peuvent s’appuyer sur leur conjoint qui ont des emplois plus stables (dans la fonction publique par exemple), pour suivre une nouvelle formation.
Les défis de la formation BPREA et l'accès au métier
Le dispositif de formation du BPREA n’est pas sans contraintes sur les stagiaires. Devoir concilier le temps de formation et les autres activités familiales les met en situation d’urgence, surtout pour celles et ceux qui ont des enfants. La grande diversité des enseignements (comptabilité, agronomie, biologie, production, travaux pratiques) est également une source importante d’incertitude, notamment pour ceux qui ont suivi des cursus généraux. Les formateurs utilisent ces incertitudes pour confronter les stagiaires à la réalité du métier de maraîcher, marqué par une certaine marginalité économique et professionnelle. Or, cette marginalité, nouvelle pour une grande partie des stagiaires, doit s’intégrer dans un cadre économiquement rentable au sein du projet, principal support d’évaluation de fin d’année. Cela renforce le sentiment d’un long trajet à accomplir, qui s’exprime dans les dossiers des stagiaires, où sont mis en récit de manière explicite leur parcours.
Malgré un taux d’échec au BPREA très faible, l’accès au métier d’agriculteur reste difficile pour les anciens stagiaires. Rares sont celles et ceux qui deviennent agriculteurs immédiatement après la formation. L’installation rapide concerne surtout les désenchantés qui ont des ressources économiques importantes. La détention d’un BPREA n’est pas une condition suffisante pour devenir agriculteur, puisque ce diplôme ne peut compenser entièrement l’absence de terres, dont la disponibilité passe principalement par les circuits familiaux et professionnels.
Le rôle de la filiation agricole et les désaccords générationnels
Nombreux sont les stagiaires à être issus directement ou indirectement du monde agricole. La mise en avant de cette filiation peut constituer une stratégie pour faire valoir une proximité avec l’agriculture, au moment d’entrer dans la formation par exemple, mais elle n’en est pas moins réelle pour un certain nombre d’entre eux. Les vacances passées chez des grands-parents agriculteurs ont pu participer à la construction d’une vision idyllique et même romantique de l’agriculture. L’appartenance à des familles d’agriculteurs peut également faciliter l’accès à certaines ressources, comme le foncier. Lors de nos entretiens, ils sont pourtant nombreux à avoir mentionné les difficultés rencontrées avec leurs parents ou grands-parents, au moment de leur annoncer leur volonté de devenir agriculteur. Des désaccords ou des tensions peuvent aussi apparaître sur le type d’agriculture défendue. En effet, le retour à l’agriculture ne signifie pas une reproduction à l’identique des modèles familiaux d’exploitation.
Les parcours post-formation : Attente, emploi salarié et reconversion
Si l’installation rapide après la formation concerne une faible proportion des anciens stagiaires, les situations d’attente sont les plus répandues. Une fois la formation terminée, vient le temps des premières confrontations avec les organisations professionnelles agricoles, plus particulièrement pour celles et ceux qui n’ont pas d’attaches avec le milieu et sont à la recherche d’opportunités foncières. Contrairement à ce que beaucoup espéraient, parmi les désenchantés principalement, le diplôme ne suffit pas à assurer une légitimité auprès des acteurs agricoles traditionnels. Et ces déconvenues ne s’expérimentent pas uniquement auprès des organisations dominantes du secteur. En effet, le passage par la formation participe à transmettre aux stagiaires des connaissances productives pouvant aller à l’encontre des initiatives militantes auxquelles ils avaient adhéré avant d’entrer en formation.
Le passage par le BPREA place donc les anciens stagiaires dans une position d’entre-deux. Socialisés aux contraintes économiques et agronomiques du métier, ils n’adhèrent plus aux modèles les plus hétérodoxes, comme la permaculture, qu’ils valorisaient pourtant jusque-là. Dans le même temps, l’obtention d’un diplôme agricole ne leur suffit pas à avoir une pleine légitimité auprès des structures agricoles traditionnelles.
L'orientation vers le salariat agricole
Face à ces difficultés, certains anciens stagiaires deviennent ouvriers agricoles et leurs revenus sont alors inférieurs à ceux qu’ils tiraient de leur ancien emploi, surtout pour les désenchantés qui occupaient des positions professionnelles à responsabilité. De plus, ce type d’emploi est souvent précaire et à temps partiel, du fait de la saisonnalité du travail agricole, ce qui est éprouvant pour celles et ceux qui avaient auparavant des emplois stables. Cela pèse aussi sur la sphère familiale. Pour les autres, comme les déclassés, qui avaient déjà connu cette instabilité professionnelle au cours de leur carrière, la discontinuité du travail agricole paraît moins contraignante.
L'abandon du projet agricole et ses implications
Le troisième type de parcours se caractérise par un abandon du projet agricole initial. Parfois momentané, le renoncement se traduit par un retour dans son ancien emploi ou par de nouvelles tentatives de reconversion. Même dans ces cas, le passage par le BPREA n’est pas sans incidence. Ainsi, le retour dans l’emploi d’origine peut s’apparenter à une véritable épreuve, surtout si la volonté de se reconvertir a été motivée par des difficultés liées aux conditions du travail d’origine. Ayant gardé des contacts dans leur entreprise et face aux contraintes économiques grandissantes, certains reprennent finalement leur activité initiale, mais en tant qu’indépendants. Les connaissances acquises pendant la formation leur permettent d’envisager autrement leur rapport au travail, même lorsqu’ils ont été salariés toute leur vie. Pour d’autres, le passage par la formation et l’obtention du BPREA procurent une « nouvelle autorité » et une compétence statutaire.
Maîtrise technique et expérience pratique en maraîchage biologique
Le maraîchage biologique diversifié demande une très bonne maîtrise technique. Le nombre d'espèces cultivées est source d'une grande diversité d'itinéraires techniques à maîtriser. Pour chaque espèce, les dates de semis, de repiquage, les problématiques de désherbage, les besoins en fumures changent. La pratique est indispensable et doit faire partie intégrante de votre formation. Il est crucial de réaliser le stage pratique en exploitation sur une saison de production complète (de préférence la saison estivale de Mars à Août), voire sur une année. Il vous faudra soigner cette phase d'acquisition de compétences et consacrer du temps à la formation pratique. Une expérience salariale sur une saison de culture est un très bon moyen de vous former techniquement en plus de vous apporter un revenu. La formation diplômante BPREA est également une clé de la réussite car elle vous confère des compétences en gestion et en comptabilité, en plus des compétences techniques, qui vous seront très utiles dans votre quotidien d'exploitant agricole.

Les dispositifs de financement de la formation
Plusieurs dispositifs existent pour accompagner le financement des formations, qu'il s'agisse de demandeurs d'emploi, de salariés ou de porteurs de projet.
VIVEA
VIVEA finance tout ou partie de vos frais pédagogiques à condition d’être à jour de ses cotisations sociales MSA et dans la limite d’un plafond de 2000 €/année civile. VIVEA peut également financer la formation des porteurs de projet agricoles à titre exceptionnel et sous certaines conditions.
OCAPIAT
OCAPIAT assure la prise en charge totale ou partielle des frais liés à la formation des salariés de la production agricole et métiers associés. OCAPIAT peut également accompagner les employeurs et salariés pour établir le plan d’évolution des compétences.
Le Compte Personnel de Formation (CPF)
Tout actif de plus de 16 ans dispose d’un Compte Personnel de Formation (CPF) alimenté automatiquement chaque année. Grâce au CPF, choisissez et financez librement des formations qui aboutissent à :
- Un diplôme, un certificat de qualification professionnelle (CQP) ou bloc de compétences, inscrits au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles).
- Une certification enregistrée au RS (répertoire spécifique des certifications et habilitations) : CertiCREA, Captav-Cctrov, SST, Certiphyto, BPREA…
Il est possible de découvrir toutes les formations éligibles et de consulter votre porte-monnaie électronique sur le site : www.moncompteformation.gouv.fr.
Le Conseil en Évolution Professionnelle (CEP)
Tout actif souhaitant se reconvertir peut bénéficier d'un accompagnement gratuit des conseillers en évolution professionnelle (CEP) et accéder au financement de formations éligibles au CPF pour mener à bien son projet.
Crédit d'impôt formation
La loi de finance 2025, ne reconduit pas de crédit d'impôt formation. Vous ne pourrez pas bénéficier du crédit d'impôt pour les formations réalisées en 2025.
Service de remplacement
Il est possible de se faire remplacer à coût réduit pour motif de formation. Pour cela, il convient de contacter le service de remplacement de votre département.
Les lieux tests en agriculture : Une opportunité en Bourgogne
Enfin, le passage par un lieu test est une bonne option pour les personnes souhaitant faire l'expérience du métier. En Bourgogne, le programme PACTES a ouvert plusieurs lieux tests. Ces structures permettent aux porteurs de projet de tester leur activité agricole en conditions réelles, avec un accompagnement et un cadre sécurisé, avant de se lancer définitivement.
L'importance du renouvellement des générations en agriculture
Au moment où le renouvellement des actifs agricoles est un défi déterminant, les parcours à l’installation s’ouvrent à des personnes en reconversion professionnelle venant d’horizons divers. Dans ce contexte, la formation continue agricole constitue une étape importante, en donnant accès à des diplômes. L’analyse d’une formation de brevet professionnel « responsable d’entreprise agricole » et de son public montre la variété des profils engagés et leur confrontation à la réalité du métier d’agriculteur. En France, comme dans la plupart des pays de l’OCDE, la question du renouvellement des actifs est au cœur des préoccupations actuelles concernant le monde agricole. Face à la diminution du nombre d’exploitations et au recul de l’âge moyen des exploitants, un Pacte d’orientation pour le renouvellement des générations en agriculture a été présenté par le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. Pour mieux comprendre ces évolutions de trajectoires professionnelles, une recherche a été conduite sur une étape encore peu étudiée des reconversions vers l’agriculture, celle de la formation continue.
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