Le laurier-rose, dont le nom scientifique est Nerium Oleander, est un arbuste ornemental de la famille des Apocynaceae que l’on rencontre fréquemment dans le sud de notre pays. Originaire du pourtour méditerranéen, il est largement cultivé en pleine terre dans les jardins du sud de la France que ce soit en isolé, en massif ou en haie. Dans les régions où la température peut descendre sous -8 °C, il pare également les extérieurs, mais le plus souvent en pot, car il résiste peu à des températures inférieures à ce seuil. Splendide avec son abondante floraison qui perdure de mai à octobre, le laurier-rose présente l’avantage de ne jamais perdre son feuillage qui est persistant.
Derrière cette allure robuste se cache une certaine fragilité, car le laurier-rose peut être sujet à plusieurs maladies et invasions d'insectes nuisibles. Il est bien sûr possible de le cultiver en pleine terre dans d'autres régions bénéficiant d'un climat doux, mais au nord de la Loire, mieux vaut préférer cultiver le laurier-rose en bac afin de le rentrer en automne. Exclusivement cultivé pour sa beauté, il est extrêmement toxique par ingestion (sauf pour les escargots) et ne doit pas être confondu avec le laurier-sauce.

La fumagine : le dépôt noir collant
Cette maladie se manifeste par une pellicule noire et collante sur les feuilles du laurier-rose. Il s’agit d’un champignon microscopique (type Capnodium ou Fumago salicin) qui se développe sur le miellat laissé par les parasites piqueurs-suceurs comme les pucerons, les cochenilles et les aleurodes. Ce liquide collant et visqueux excrété par ces derniers n'est autre que leurs excréments.
La bonne nouvelle est que ce champignon ne pénètre pas dans la plante et n’est pas mortel pour lui-même, mais il bloque les échanges gazeux et la lumière, ce qui rend la plante moins vigoureuse. Dans la mesure où les parasites sont responsables du développement de ce champignon, il sera nécessaire, pour éliminer la fumagine, de traiter l’arbuste contre leur présence. Nettoyez les feuilles avec une solution d’eau savonneuse et renforcez les défenses de la plante avec une décoction de prêle ou un purin d’ortie.
Les pucerons : une invasion fréquente
Il peut arriver que vous constatiez que des pucerons jaunes ou verts envahissent votre laurier-rose. Ici, feuilles recroquevillées et jeunes pousses poisseuses pleines de miellat vont de pair avec l'apparition de colonies de pucerons souvent concentrées sur les extrémités tendres des tiges. Autre indice, une fourmilière peut s'installer à proximité de votre laurier, car les fourmis protègent les pucerons afin de récolter le miellat.
Les pucerons affaiblissent les jeunes pousses de l'arbuste en aspirant leur sève. Si le laurier-rose est fortement infesté, sa floraison et sa vigueur peuvent même être compromises. Pour lutter contre ce problème, il est important d’éliminer tous ces pucerons en pulvérisant un insecticide contre les pucerons adapté aux arbustes à fleurs et utilisable en agriculture biologique, ou un mélange de 3 cuillères à café de savon noir et quelques gouttes d’huile végétale par litre d’eau. Pulvérisez tôt le matin ou tard le soir pour éviter les risques de brûlure du feuillage. Pensez également à introduire les prédateurs naturels, comme les coccinelles et les chrysopes.

Les cochenilles : l'ennemie de longue date
Le laurier-rose peut être victime d’une attaque de cochenilles, des insectes de la famille des Diaspididae (Aspidiotus nerii). Ce qui peut vous alerter, c’est l’apparition de la fumagine et un affaiblissement général de la plante. Les cochenilles sucent la sève des feuilles et des tiges, entraînant le jaunissement du feuillage et ralentissant la croissance.
Il est également possible de remarquer des cochenilles farineuses qui sont reconnaissables au dépôt farineux qu’elles laissent sur la plante. Pour traiter, retirez manuellement les cochenilles visibles avec un chiffon imbibé d'alcool à 70°. Pulvérisez du savon noir dilué dans de l’eau tiède (10 à 15 ml/litre), éventuellement additionné d'une cuillère à café d'alcool à brûler. Renouvelez l’application 2 ou 3 fois à 2 semaines d'intervalle pour atteindre les jeunes larves.
La gale bactérienne
Vous avez constaté des boursouflures vert grisâtre ou noires sur les tiges ? Les nervures des feuilles se courbent ou se déforment ? Votre laurier-rose est alors atteint de la gale du laurier-rose (Pseudomonas syringae ou Pseudomonas savastanoi). Cette bactérie profite d’une blessure ou d’une faiblesse générale de la plante pour se développer, souvent après une taille mal effectuée avec des outils non désinfectés.
Malheureusement, il n’existe pas de traitement curatif efficace. Les excroissances peuvent évoluer en s’élargissant et en se fissurant, libérant une poudre noirâtre. Pour limiter la propagation, coupez toutes les parties atteintes avec un outil bien affûté et désinfectez la lame du sécateur dans l’alcool ou la javel entre chaque coupe. Évacuez les déchets hors du jardin. Si l’arbuste est gravement atteint, arrachez-le pour éviter la contamination.
Désinfection des instruments Chirurgicaux (FR)
Les maladies des taches foliaires et la septoriose
Si les feuilles de votre laurier-rose présentent des taches rondes dont l’intérieur est sec et finissent par tomber, il est atteint de la maladie des taches foliaires. La septoriose, due au champignon Ascochita heteromarpha, se reconnaît à des taches en relief de couleur violette, jaune ou noire, qui se concentrent surtout sur le bord des feuilles.
Ces maladies se développent lorsque le laurier-rose est cultivé dans des conditions qui ne lui sont pas favorables, notamment par temps froid et humide, ou dans des endroits manquant d'aération. Pour lutter contre ce problème, il est nécessaire d’améliorer le drainage du sol en ajoutant du sable, voire du compost. Supprimez immédiatement les feuilles atteintes et ramassez celles au sol. Traitez avec de la bouillie bordelaise en respectant les doses indiquées.
Autres agressions : oïdium, verticilliose et parasites divers
L'oïdium, ou "Blanc" du laurier-rose, est une maladie cryptogamique caractérisée par l'apparition d'une poussière blanche ou grise sur les jeunes feuilles et les boutons floraux. Très courant par temps chaud et humide, il s'élimine en supprimant les parties infectées et en utilisant du soufre.
La verticilliose est une maladie provoquée par un champignon venu du sol (Verticillium spp). On remarque le jaunissement, puis le flétrissement brutal de certaines branches sans raison apparente. Aucun traitement curatif n'existe ; la prévention est donc essentielle : évitez les excès d’eau et aérez le sol.
Enfin, les « tétranyques tisserands », ou araignées rouges, sont de petites araignées orange ou jaunes difficilement visibles. Ce qui peut vous alerter, ce sont des toiles tissées autour des feuilles. Un arrosage en pluie fine le soir peut suffire à les faire disparaître. Quant aux escargots, ils ne sont pas incommodés par la toxicité du laurier et peuvent faire de votre arbuste leur table d’hôte.

Prévention et conditions de culture idéales
Le meilleur moyen d’éviter les maladies du laurier-rose et de préserver sa santé est de lui offrir des conditions de culture adaptées. Cela revient à dire que vous devez l’installer dans un emplacement ensoleillé, dans une zone bien aérée, un sol meuble et parfaitement drainé. L'eau stagnante favorise le développement des champignons pathogènes responsables de nombreuses infections.
Un arrosage irrégulier, un vent chaud, un air sec prolongé ou encore un choc thermique (gel ou canicule) peuvent entraîner le dessèchement des extrémités des feuilles. Arrosez régulièrement mais sans excès, et de préférence au pied de l'arbuste plutôt que sur le feuillage. Une fertilisation douce au printemps avec des produits riches en fer et magnésium permet de redynamiser la plante. Enfin, taillez de temps en temps votre laurier-rose pour favoriser une meilleure aération du feuillage et évitez de le tailler trop fréquemment. Chaque taille s'effectue dans les règles de l'art, avec des outils dont les lames ont été préalablement passées à la flamme ou au désinfectant. Après avoir coupé des parties infestées, brûlez-les pour éviter toute contamination.