Bel arbre fruitier qui offre à la fin de l’été des fruits délicieux et gorgés de soleil, le prunier est un atout précieux dans un jardin. Facile à vivre, ses origines sont incertaines, on sait cependant qu’il est cultivé depuis des siècles et qu’il a beaucoup voyagé. Le prunier fait partie des Rosacées et du genre Prunus qui regroupe des arbres et arbustes souvent cultivés pour leurs fruits mais également pour leur intérêt ornemental. On trouve dans ce genre l’amandier, le pêcher, l’abricotier. Rustique, le prunier vit généralement très longtemps, et c’est au bout d’une vingtaine d’années que sa production est à son apogée, une fertilité qui va durer environ 50 ans.

Les origines et l'évolution du prunier
Il existe un très grand nombre d’espèces et de cultivars dans le groupe des pruniers. Ces différents types de pruniers sont très répandus dans le monde et leurs origines et généalogies restent souvent floues. Ce sont les Romains, grâce à leurs conquêtes mondiales, qui ont implanté en Europe un grand nombre des fruits que l’on cultive encore de nos jours, dont les prunes. C’est dans la province “Narbonnaise” que les Romains ont planté différents types de pruniers.
Le prunier sauvage (Prunus insititia)
Le prunier sauvage est un petit prunier, de 2 à 5 m de hauteur, que l’on trouve dans les haies, dans les bois, formant des fourrés denses grâce à son drageonnement important. Il porte des jeunes rameaux pubescents et parfois épineux. Le prunier sauvage offre des petits fruits de 2 à 3 cm de diamètre, ovales ou globuleux, bleu foncé ou jaunâtre. La chair est très sucrée avec une saveur acidulée, le noyau est lisse et adhère à la chair. Ces prunes sont souvent utilisées pour les eaux-de-vie locales ou bien séchées. Également appelé “prunéolier”, “prunier de Damas”, ou encore “prunier crèque”, cette espèce est réputée provenir de Damas. La légende dit que ce sont les croisés qui l’ont ramenée après leur défaite en Orient (1149) ; il leur a été reproché d’y être allés “pour des prunes”, d’où la célèbre expression !
Le prunier domestique (Prunus domestica)
Le prunier domestique est un arbre de taille moyenne, entre 3 et 7 m de hauteur, aux jeunes rameaux glabres. Sa floraison est précoce, entre mars et avril, mais sa profusion compense généralement les pertes dues aux gelées printanières. Les prunes de cette espèce sont assez grosses, de forme oblongue à sphérique, recouvertes d’une mince pellicule de protection que l’on appelle la pruine. Le prunier domestique est facile à cultiver et rustique. Il avoue une préférence pour les sols silico-calcaires qui sont profonds et bien drainés, mais se développera dans tout type de terrain, excepté les terres trop arides. La plupart des pruniers domestiques sont auto-stériles ; ils ont besoin d’un prunier d’une autre variété pour fructifier.
Le prunier du Japon (Prunus salicina)
Parmi les différents types de pruniers, Prunus salicina est une espèce chinoise de prunier poussant spontanément en Corée, au Laos, au Vietnam ainsi qu’au Japon. C’est un arbre de taille moyenne, pouvant monter jusqu’à 12 mètres de hauteur. Les fleurs, blanches, apparaissent au début du printemps, suivies par des drupes de 4 à 7 centimètres de diamètre. Elles peuvent être jaunes, verdâtres ou violettes, avec une chair claire sucrée et bien juteuse à laquelle le noyau adhère. C’est la deuxième espèce la plus cultivée après le prunier domestique. Incompatible avec le prunier domestique, il peut par contre fort bien s’hybrider avec le prunier myrobolan et les espèces américaines. Il est autostérile.

Les variétés emblématiques et leurs spécificités
Les variétés de pruniers peuvent être regroupées : mirabelles, prunes d'Agen, quetsches et autres reines-claudes sont les descendantes des divers pruniers plus ou moins sauvages.
- Les mirabelles : Le mirabellier mesure entre 4 et 10 m de haut. Prune de petite taille, très sucrée, à épiderme jaune orangé taché de rose. Sa saveur est plus délicate que celle de la prune domestique. Le mirabellier est autofertile et il peut être multiplié par semis, ceux-ci produisant des individus dont la fructification est identique à l’arbre d’origine.
- Les quetsches d’Alsace : Cette petite prune bleue foncée est très répandue dans l’est de la France. Charnu, de forme oblongue, ce fruit a une chair jaune sombre très sucrée et acidulée et mûrit assez tôt, vers la mi-août.
- Les reines-claudes : C’est un sultan ottoman qui a fait cadeau de ce prunier à François 1er. La reine-claude est plutôt un fruit du sud, moins rustique que ses cousines. Ses fruits globuleux ont une peau fine, vert jaune ou jaune pâle à chair sucrée et juteuse, ferme.
- Le prunier d’ente (Prune d’Agen) : C’est à partir du XVe siècle que la culture et le séchage de la prune d’ente se sont développés. Ce prunier mesure jusqu’à 6 m de hauteur, affichant un beau port dressé. Il se plaît en sol fertile et profond, plutôt frais mais sans excès de calcaire. Il fleurit abondamment au mois d’avril. La chair est juteuse, très sucrée et parfumée. Le prunier d’ente est autofertile et très bon pollinisateur.
L’entrée en production : patience et observation
Cultiver un prunier dans son jardin ou son verger est une aventure mêlant patience, soin et observation. Comme beaucoup d’arbres fruitiers, le prunier ne donne pas de récolte immédiate après sa plantation. Il faut attendre plusieurs années avant de voir apparaître les premières prunes. Les arbres se mettent naturellement à fruit à l’âge de 6 à 7 ans. Toutefois, cette précocité varie selon les conditions de culture et la variété choisie. Certaines variétés dites « précoces » comme la Santa Rosa ou la Methley peuvent donner leurs premiers fruits dès la 2ᵉ ou 3ᵉ année.
Facteurs influençant la mise à fruit
Durant les deux premières années, l’arbre se consacre principalement à la croissance de ses racines et à la structuration de son tronc. Il est donc normal de ne pas observer de fleurs ou de fruits durant cette période. Plusieurs éléments déterminent la vitesse à laquelle un prunier produit des fruits :
- Le type de porte-greffe : Il influence fortement la croissance.
- Les conditions environnementales : L’exposition au soleil, la qualité du sol et l’arrosage régulier favorisent le développement de l’arbre.
- La taille de formation : Une taille bien menée favorise l’aération du feuillage, limite les maladies et stimule la ramification.
Une fois entré en production, le prunier peut produire des fruits pendant plusieurs décennies. L’entrée en production du prunier commence par une floraison printanière abondante, signe que l’arbre a atteint une certaine maturité. La présence d’abeilles et d’insectes pollinisateurs est indispensable à la fécondation des fleurs.
Bien comprendre la taille de fructification.
Conseils de culture et entretien
Peu difficile quant à la qualité du sol, le prunier ne craint que les excès en argile ou en sable. Bien que sa floraison très hâtive soit exposée aux gelées blanches, elle est si abondante qu’elle est rarement entièrement compromise de ce fait.
Plantation et sol
Lorsqu’il est temps de planter le prunier, creusez un trou de 50-60 cm de profondeur environ et 80-100 cm de large. Ajoutez au fond du trou du terreau, du compost ou de la corne torréfiée (environ deux poignées) et mélangez cet apport avec de la terre. Coupez légèrement l’extrémité des racines et mettez en place un tuteur pour tenir l'arbre droit. Il bénéficiera d’apports en fertilisants organiques en automne, qui favoriseront sa fructification et son développement.
Taille et soin
La taille du prunier est une opération essentielle pour garantir la santé de l’arbre, la qualité des fruits et une production constante au fil des ans. Après un début de formation en gobelet, laissez la ramure se développer à sa guise, en élaguant seulement son centre pour l’aérer. Comme la majorité des espèces à noyaux, le prunier craint les tailles importantes qui sont génératrices de gomme. La taille de fructification, en automne, ne se réalise pas systématiquement. Elle consiste, environ tous les 3 ans, à renouveler les rameaux qui portent les fruits ainsi qu’à nettoyer l’arbre des branches mortes ou abîmées, des gourmands et à éclaircir son centre.

Gestion des problèmes et maladies
Certains pruniers fructifient mal ou pas du tout, bien que leur végétation soit apparemment satisfaisante. Ce défaut peut être dû à un sol trop riche en azote qui incite l’arbre à pousser “à bois”, plutôt qu’à faire des fruits. Le remède consiste alors à apporter une fumure riche en acide phosphorique et potasse, pour établir un équilibre plus favorable.
Il faut également surveiller les maladies. La moniliose est une maladie fréquente qui touche les fruits et les rameaux. En cas d'attaque, il est conseillé de supprimer les parties atteintes et de traiter l'ensemble de l'arbre à la bouillie bordelaise. Également, pour lutter contre les pucerons ou
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